Audrey Parker craint ne pas pouvoir obtenir l’aide médicale à mourir à temps.

L’aide à mourir plus tôt que souhaité

HALIFAX — La ministre fédérale de la Santé assure qu’elle a entendu le cri du cœur d’une femme de Halifax qui devrait recourir à l’aide médicale à mourir dès jeudi, plus tôt qu’elle ne l’aurait souhaité. Mais Ginette Petitpas Taylor admet qu’elle ne pourra pas faire grand-chose immédiatement pour l’aider.

Audrey Parker, qui est en phase terminale d’un cancer, a expliqué qu’en vertu de la loi canadienne sur l’aide médicale à mourir, adoptée il y a deux ans, une personne dont la requête a été approuvée doit être consciente et saine d’esprit au moment où elle donne son consentement final pour l’injection mortelle.

Mme Parker, à qui on a diagnostiqué en 2016 un cancer du sein de stade quatre, affirme que si elle devenait subitement inapte, en raison de sa maladie ou des médicaments contre la douleur qu’elle prend, elle ne pourrait plus recourir à l’aide médicale à mourir pour mettre un terme à ses souffrances prolongées. La loi l’oblige donc à choisir de mourir plus tôt qu’elle ne le souhaiterait, pendant qu’elle peut offrir un « consentement éclairé » au moment de l’injection.

Elle estime que la décision des législateurs canadiens d’ajouter ce consentement ultime était un « acte lâche qui a complètement gâché le processus pour des personnes comme moi qui se meurent ». Mme Parker croit que la loi devrait être modifiée pour permettre les « demandes anticipées », ce qui permettrait à des soignants d’administrer le médicament mortel même si la personne était incapable de donner son consentement ultime.

« La mort est une entreprise compliquée », écrit-elle jeudi sur Facebook. « Je ne peux pas prédire à quel moment le cancer va toucher mon cerveau ou quand quelque chose d’autre me rendra plus malade (...) Je voulais me rendre jusqu’à Noël et au Nouvel An, ma période préférée de l’année, mais j’ai perdu cette possibilité à cause d’une loi fédérale mal conçue. »

Mme Parker cite le texte proposé pour un nouveau projet de loi par l’organisme Mourir dans la dignité Canada. Elle demande aux Canadiens d’envoyer des courriels ou des lettres à leur député pour les encourager à modifier la loi afin d’aider les personnes dans sa situation. « Ceux qui ont déjà été évalués et approuvés (pour l’aide médicale à mourir) devraient avoir la possibilité de choisir le moment propice pour mourir », par une demande anticipée, écrit-elle.

Mercredi, à Ottawa, la ministre fédérale de la Santé a déclaré que la législation fédérale ne pourrait être modifiée sans mener à bien des consultations et une étude sur les réformes potentielles. Mme Petitpas Taylor a promis que les questions soulevées par Mme Parker seraient examinées dans un rapport en cours de rédaction par un groupe d’experts, attendu d’ici la fin de l’année.