Les femmes victimes d’actes de violence des hommes ont été commémorées mercredi soir au parc Minto à Ottawa.

La violence dénoncée à Ottawa

Plusieurs dizaines de roses ont été déposées devant le Monument des femmes mercredi soir à Ottawa au terme d’une cérémonie tenue dans le cadre de la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

Plus de 200 personnes se sont rassemblées au parc Minto afin de commémorer les 14 femmes assassinées lors de la tuerie de l’École polytechnique à Montréal en 1989, et se rappeler aussi des mères, des sœurs, des filles, des amies, des collègues de travail et des voisines qui ont été blessées ou tuées par des hommes lors d’actes de violence.

Nathalie Vilgrain, qui œuvre au sein d’un comité réunissant des organisations qui interviennent auprès de femmes violentées, n’était pas née lors du massacre de Polytechnique. 

Lors de son allocution devant la foule, la jeune femme de 21 ans s’est dite triste chaque jour de constater que la violence contre les femmes est toujours présente, quotidiennement.

« On ne se rend pas compte vraiment de la violence faite aux femmes jusqu’à temps que nous, en tant que femmes, en tant que jeunes femmes, en soyons victimes, a précisé Mme Vilgrain. En tant qu’intervenante, je n’aurais jamais cru que moi aussi je serai un jour une victime. Je pense qu’il a voulu me briser, je pense qu’il a voulu prendre une partie de moi. Heureusement, je ne l’ai pas laissé faire ».

C’est la militante contre la violence faite aux femmes, Julie Lalonde, qui a présidé la cérémonie. 

« On utilise souvent le mot ‘survivante’ dans notre travail. Je suis une survivante de violence dans une relation intime, et de harcèlement criminel. Je vois d’autres personnes ici qui sont survivantes de violence dans une relation intime. Je suis heureuse d’être ici. Je suis heureuse de vous voir toutes ici, mais il est important que nous reconnaissions que ce n’est pas tout le monde qui s’en sort, et que ce n’est pas toutes les victimes qui sont ici », a précisé Mme Lalonde avant la tenue d’une minute de silence en mémoire des victimes d’actes de violence faits par des hommes.

Des hommes aussi

La majorité des personnes présentes à la cérémonie de mercredi soir était des femmes. 

Des hommes étaient présents, dont Sean McKenney, d’Ottawa, qui a tenu à commémorer les femmes victimes de violence. 

Il n’a pas été sans souligner le procès très médiatisé de Basil Borutski à Ottawa, qui a d’ailleurs été condamné mercredi à 70 ans de pénitencier pour le meurtre de trois femmes dans le comté de Renfrew en 2015.

« Il y a beaucoup de violence contre les femmes, a précisé M. McKenney. Plusieurs constatent qu’il y a encore beaucoup de travail à faire afin que nos enfants et nos petits-enfants ne soient pas soumis à la même violence que nous, et d’autres avant nous, ont été témoins », a partagé M. McKenney, qui s’est dit reconnaissant que les hommes puissent assister à la cérémonie.

« Nous voulons montrer aux femmes qu’il y a beaucoup d’hommes qui ne tolèrent d’aucune façon toute forme de violence contre les femmes, ou quiconque », a-t-il précisé.

À Montréal

À Montréal, 14 faisceaux lumineux ont été allumés à quelques secondes d’intervalle, à l’appel du nom de chacune des 14 victimes de Marc Lépine, le 6 décembre 1989, à l’École polytechnique.