La ministre ontarienne Lisa MacLeod tend une facture de 200 millions au gouvernement fédéral.

La tension monte entre Ottawa et Queen’s Park

Ottawa rajuste sa stratégie pour gérer l’épineux dossier des migrants dans un nouvel effort pour calmer l’Ontario.

Lundi, le Groupe de travail intergouvernemental spécial sur la migration irrégulière a tenu une réunion par téléphone, la dernière à laquelle auront pris part les ministres fédéraux de l’Immigration et de la Sécurité publique, et qui aura été présidée par le ministre Marc Garneau.

Dominic LeBlanc, nommé ministre des Affaires intergouvernementales au remaniement du mois dernier, prend la relève à la tête du groupe de travail. Le nouveau ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, remplace ses collègues Ahmed Hussen et Ralph Goodale.

Lundi après-midi, à l’issue de la réunion téléphonique qui réunissait ministres fédéraux, provinciaux et le maire de la ville de Toronto, la ministre ontarienne Lisa MacLeod s’est félicitée de ne plus avoir le ministre Hussen comme interlocuteur. Elle a dit espérer rencontrer les ministres LeBlanc et Blair aussi tôt que mardi. Mais lors d’une conférence de presse donnée à Ottawa, elle ne s’est pas montrée conciliante.

« Le gouvernement fédéral a l’obligation de payer pour l’échec de ses politiques », a-t-elle lancé après avoir offert les détails de la facture de 200 millions $ qu’elle tend à Ottawa.

Elle calcule que l’hébergement temporaire coûte à la Ville de Toronto 74 millions $, alors que le gouvernement fédéral lui a versé seulement 11 millions $. Elle estime également que la Ville d’Ottawa débourse 12 millions $ en logement pour cette population migrante et que son gouvernement verse 90 millions $ en aide sociale et 20 millions $ en services scolaires.

Quelques minutes plus tard, dans un point de presse à Toronto, le ministre Blair a rappelé la demande fédérale – rejetée par l’Ontario – d’une participation de la province au système de triage promis depuis avril et qui ne s’est pas encore matérialisé. « La province (de l’Ontario) a un rôle significatif à jouer dans ceci », a-t-il insisté.

« Nous ne participerons pas à ça. C’est une question pour le gouvernement fédéral », venait de répéter la ministre MacLeod.

Québec attend
Pour sa part, le Québec, dans une déclaration du porte-parole du ministre David Heurtel, a rappelé qu’il attend toujours le système de triage promis. Ce système doit permettre de diriger rapidement les migrants qui arrivent, presque tous, par le chemin Roxham au Québec, mais dont un grand nombre veut s’établir en Ontario. Mais il a surtout insisté sur l’importance de réduire le délai d’examen des dossiers.