Après avoir eu pignon sur rue dès sa création il y a 33 ans dans un édifice sis au 306, rue Notre-Dame, la Soupière de l’amitié a temporairement établi ses pénates à l’automne 2015 au sous-sol de l’église unie St-Andrews, relançant ses activités après avoir déclaré faillite.

La Soupière de l’amitié réclame 300 000 $

Sans domicile fixe et trop à l’étroit dans les locaux que lui sont actuellement prêtés, la Soupière de l’amitié s’estime dans « une situation plus que précaire » et cogne à la porte du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) afin d’obtenir une somme de 300 000 $ pour acheter un immeuble convoité.

Dans une lettre datée du 11 février, l’organisme demande que lui soit alloué ce montant, car il « souhaite offrir aux personnes participantes un lieu stable, sécuritaire et une plaque tournante vers les autres ressources ». Ses administrateurs y écrivent que « sans toit permanent, il est difficile de sortir de l’urgence et d’aller de l’avant avec de nouveaux projets » et ajoutent que l’édifice souhaité ne pourra être acquis « sans un appui financier important des bailleurs de fonds ».

Après avoir eu pignon sur rue dès sa création il y a 33 ans dans un édifice sis au 306, rue Notre-Dame, la Soupière de l’amitié a temporairement établi ses pénates à l’automne 2015 au sous-sol de l’église unie St-Andrews, relançant ses activités après avoir déclaré faillite. Puis, en octobre dernier, l’organisme a été contraint de quitter les lieux, car ceux-ci étaient infestés par des bestioles. Des réparations majeures devaient aussi être effectuées à l’immeuble pour remédier au problème, selon une firme spécialiste en la matière, mais les propriétaires ont refusé d’aller de l’avant.

Depuis, la Soupière est dans « une situation d’itinérance » et loge à l’église Nouvelle-Alliance, sur la rue East. Pour l’offre des repas, l’organisation religieuse lui prête un local pouvant accueillir au maximum 40 personnes.

« L’endroit est bien, mais c’est très petit. Nous sommes incapables de préparer notre propre nourriture et on ne peut y faire notre propre vaisselle [qui est rangée dans un entrepôt]. On doit utiliser des contenants compostables et ça occasionne de grandes dépenses. On parle de 75 000 $ juste pour les repas. On ne peut également pas y faire autant d’interventions et de rencontres que l’on voudrait. Le directeur travaille sur une table dans la salle à manger, ce n’est pas l’idéal. C’est très accueillant, sauf que ce n’est pas évident pour la confidentialité, les gens ne veulent pas ébruiter leurs problèmes », se désole la présidente du conseil d’administration, Louise Petitclerc.

Les repas sont préparés par la Soupe populaire de Hull, puis transportés par camion une quinzaine de kilomètres plus loin.

Depuis l’automne, l’organisme n’est en mesure d’accueillir sa clientèle qu’entre 10 h et 13 h 30.

« Après cette période, si quelqu’un arrive en crise, on ne peut pas l’aider, nous n’avons pas d’endroit pour le recevoir. Nous sommes conscients qu’on finit par tourner les coins ronds par rapport à notre mission », avoue Mme Petitclerc.

Local permanent dans la mire

S’abstenant d’en dévoiler l’adresse pour l’instant, la Soupière de l’amitié a un local permanent en vue dans le secteur Notre-Dame. Le conseil d’administration a fait une offre conditionnelle d’achat en novembre dernier, jugeant que l’endroit « répond réellement aux besoins de l’organisme ».

Le coût global du projet s’élève à 515 000 $, incluant l’équipement d’une cuisine fonctionnelle et d’une chambre froide, qui permettrait à la Soupière de préparer les repas et d’offrir des cuisines collectives, entre autres.

L’organisme estime sa mise de fonds à environ 150 000 $, tenant compte d’un legs, de son fonds de réserve et de la vente possible de l’un de ses terrains dont la valeur marchande est de 75 000 $. Considérant que l’hypothèque avoisinera les 85 000 $, la subvention demandée se chiffre à 300 000 $.

« On espère vraiment avoir de l’aide financière. Mais on a d’autres avenues à étudier si nous n’obtenons pas de fonds substantiels du CISSSO. On va pouvoir faire quelque chose pour sauver les meubles », conclut Mme Petitclerc.

La porte-parole du CISSSO, Patricia Rhéaume, indique que la demande de financement formulée par la Soupière de l’amitié est encore à l’étude.