Des chercheurs de l’Université d’Ottawa, de l’université Carleton et de l’Université du Québec en Outaouais s’intéressent à la relation entre les immigrants et le quartier où ils choisissent de s’installer.

La résilience des immigrants à l’étude

Jusqu’à quel point un quartier, avec ses logements, ses services, ses habitants et son environnement, peut influencer la résilience des immigrants qui s’y installent ? Voilà la question sur laquelle se penchent des chercheurs universitaires qui souhaitent recruter des participants du Mont-Bleu et de deux quartiers d’Ottawa.

Dans le cadre du projet «Immigration et résilience en milieu urbain», qui est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, les chercheurs compareront la réalité des participants du quartier Mont-Bleu, à Gatineau, à celle des quartiers Overbrook-Cummings et Ledbury-Heron Gate-Ridgemont-Elmwood, à Ottawa.

« La question du logement est un enjeu super important », note d’entrée de jeu Luisa Veronis, professeure agrégée de géographie à l’Université d’Ottawa. Mais il y a aussi d’autres éléments qui peuvent jouer sur la résilience des immigrants. « Il y a le rôle des écoles, des garderies, l’accès au travail, le transport en commun et tous les services qui sont offerts », poursuit la chercheuse, qui collabore pour cette étude avec des collègues de l’Université Carleton et de l’Université du Québec en Outaouais.

La langue est aussi un enjeu, souligne Mme Veronis, qui note que certains immigrants francophones choisissent de s’établir à Ottawa – en situation minoritaire – en raison des services qui y sont offerts.

Les quartiers ciblés ont été choisis « en collaboration » avec des partenaires de la communauté. Mme Veronis souligne d’ailleurs que le quartier Mont-Bleu a été choisi des mois avant le passage de la tornade destructrice de septembre dernier, puisque de nombreux nouveaux arrivants s’y établissent.

Luisa Veronis, professeure de géographie à l'Université d'Ottawa

Les chercheurs souhaitent interroger de 12 à 15 personnes pour chacun des trois quartiers choisis. Pour le Mont-Bleu, quatre entrevues ont déjà été réalisées, de sorte que les personnes intéressées à participer à l’étude peuvent encore se manifester.

« Nous cherchons des gens relativement nouvellement établis, [...] qui ont des familles ou des personnes à charge, parce qu’ils consomment plus de services, indique Mme Veronis. Le statut migratoire et le pays d’origine n’importent pas, et nous cherchons un équilibre hommes/femmes pour avoir une dimension de genre. Les personnes peuvent s’exprimer en français ou en anglais. »

Deux rencontres sont prévues avec les participants, qui sont aussi invités à prendre des photos de leur quartier entre les deux entrevues.

L’équipe de recherche procédera ensuite à une analyse préliminaire des résultats obtenus. Le rapport final pourrait être présenté au courant de l’été prochain.

En parallèle, des démarches similaires sont effectuées par d’autres chercheurs dans différentes agglomérations du pays, dans le but de dresser un portrait comparatif de la résilience des immigrants à chaque endroit.

« On remarque que la notion de résilience a beaucoup d’influence, souligne Mme Veronis. [...] Le Canada reçoit beaucoup d’immigrants, alors ça servira à voir comment la résilience peut être utilisée comme concept et théorie pour améliorer les politiques publiques. »

Les personnes intéressées à participer à l’étude peuvent communiquer avec Lina El Bakir (assistante de recherche) au 613-562-5800, poste 1064, ou par courriel à l’adresse lelba072@uottawa.ca.