Un chercheur de l’Université de Waterloo estime que les villes sont mal armées pour réduire leur pollution et lutter contre les catastrophes naturelles.

La menace climatique plane sur les villes

Une étude laisse croire que la plupart des villes canadiennes n’ont pas encore évalué la menace posée par les changements climatiques bien qu’elles soient les plus exposées aux catastrophes météorologiques qu’ils pourraient causer.

Une enquête menée sur 63 municipalités de diverses tailles, d’un océan à l’autre, a révélé des lacunes importantes dans la façon dont la plupart se préparent aux conditions à venir et dans les efforts pour réduire leur contribution au problème.

Jason Thistlethwaite, professeur à l’Université de Waterloo et coauteur de l’article publié dans la revue Climatic Change, a souligné que les gouvernements municipaux sont les plus vulnérables aux changements climatiques au Canada, mais qu’ils disposent pourtant des ressources les plus restreintes pour gérer le problème.

Il est donc impératif, selon lui, qu’ils aient « une stratégie ou un plan » de quelque nature.

La plupart des villes canadiennes doivent encore comprendre le danger du changement climatique.

M. Thistlethwaite et ses collègues ont comparé les plans – ou stratégies – municipaux à 46 indicateurs portant sur les informations de base, les objectifs, la mise en œuvre, l’évaluation et la participation du public.

Selon l’étude, presque tous les plans ont échoué à inclure une évaluation de la vulnérabilité de la municipalité à des impacts particuliers des changements climatiques. Seules sept municipalités ont déterminé des quartiers susceptibles d’être plus vulnérables. Beaucoup de villes n’avaient pas fait assez de recherches pour pouvoir rédiger un plan détaillé.

Les villes sont prises dans une impasse, a déclaré M. Thistlethwaite. Non seulement elles sont déjà à court d’argent pour réparer les nids-de-poule et faire fonctionner le transport en commun, mais leur principale source de revenus peut entrer en conflit avec la nécessité de planifier les mesures relativement aux changements climatiques. « Leurs revenus proviennent des impôts fonciers, ce qui fait qu’elles veulent contribuer à l’expansion (du parc immobilier). Quand elles disent qu’elles vont restreindre le développement dans une zone donnée, cela crée (une) pression incroyable pour qu’elles ignorent les conseils de leur personnel », a-t-il expliqué.

Une absence de planification pour les changements climatiques a des conséquences réelles, rappelle M. Thistlethwaite. « Il est probable que les impôts fonciers augmenteront alors que les municipalités seront obligées de collecter plus d’argent pour payer les dommages aux infrastructures. Il est probable que la valeur des propriétés diminuera dans les zones où les risques sont récurrents », a-t-il fait valoir.

L’exemple de Kingston

L’enquête a conclu que Kingston, en Ontario, dispose du meilleur plan municipal en matière de changements climatiques.

La stratégie à Kingston a été le résultat de plus d’un an d’efforts et le plan comprend une modélisation informatique des projections du climat en 2050. Ces travaux ont permis de conclure que le nombre de jours de chaleur extrême allait probablement passer de quatre à 30, et que le nombre d’événements de précipitations extrêmes doublerait, à neuf en 2050.