Janick Allyson, coordonnatrice de CRIO, Annie Castonguay, coordonnatrice de Vallée-Jeunesse, et Lise Paradis, directrice exécutive du Gîte Ami

La lutte à l’itinérance et la pauvreté ont été «oubliées»

La lutte à l’itinérance est passée sous le radar jusqu’à maintenant aux élections municipales à Gatineau alors que la grande majorité des candidats n’ont pas pris d’engagements tangibles envers les personnes vivant l’itinérance et la pauvreté, ont déploré jeudi des représentants d’organismes communautaires.

Lors d’une conférence de presse organisée au Gîte-Ami, les représentantes de trois organismes ont lancé un vibrant « cri du cœur » aux candidats pour leur rappeler l’importance de cet enjeu et leurs attentes face à ce que la ville de Gatineau peut faire pour aider davantage à aider ces personnes. 

« On peut se rappeler la crise vécue ce printemps avec les inondations. Tout le monde a compati avec ce que ces gens vivaient. Moi, également. Mais il faut penser que les gens qui vivent la très grande pauvreté et l’itinérance qui viennent ici au Gîte-Ami sont des gens qui sont sinistrés, qui sont naufragés tous les jours et ne savent pas où trouver les solutions à leur impasse », a souligné Lise Paradis, directrice exécutive du Gîte-Ami, accompagnée de Janick Allison, coordonnatrice du Collectif régional de lutte à l’itinérance de l’Outaouais (CRIO) et d’Annie Castonguay, coordonnatrice de Vallée-Jeunesse,

À la suite de la crise qui avait mené au démantèlement du camping en bordure du ruisseau de la Brasserie, les autorités municipales s’étaient engagées à adopter un plan d’action pour lutter contre l’itinérance. 

« On arrive à la fin de 2017, et il n’y a toujours pas de plan sur la table. Donc, oui on peut dire que la ville fait beaucoup, mais d’autres villes comme Montréal injectent des fonds dans leur programme de lutte à l’itinérance en participant à divers projets comme les abris de chaleur, le centre supervisé d’injection. Est-ce que notre ville ne pourrait pas s’inspirer de ce qui se fait ailleurs pour faire un pas de plus ? », a ajouté Mme Paradis.

L’embourgeoisement du vieux-Hull

La construction de condos de luxe et l’embourgeoisement du centre-ville ont aussi été évoqués comme un problème qui va transformer le quartier du Vieux-Hull. « L’arrivée de gens plus fortunés va avoir un impact sur plusieurs aspects de la gestion et de la vie de quartier et sur les ressources en place. C’est le devoir des élus de contribuer à l’accès à un logement abordable et de viser à l’inclusion », a expliqué Janick Allison, coordonnatrice du Collectif régional de la lutte à l’itinérance de l’Outaouais.

Annie Castonguay, coordonnatrice de Vallée-Jeunesse, a rappelé que les trois ressources en place pour les jeunes en Outaouais dans trois secteurs différents de la ville sont menacées par un plan du CISSO visant à les regrouper à un seul endroit. « Est-ce qu’on a entendu les élus et candidats s’indigner de la situation, décrier une telle décision ? Moi, je ne les ai pas entendus », a mentionné Mme Castonguay, rappelant que le poste de travailleur de rue avait été aboli par la Ville de Gatineau.