C'est une bien triste nouvelle qui attendait les lecteurs de l'hebdomadaire «La Gatineau» mercredi matin.

La fin pour «La Gatineau» après 62 ans de nouvelles

Plombé par d’importantes difficultés financières, l’hebdomadaire «La Gatineau» fermera ses portes «au cours des prochaines semaines» après 62 ans de publication dans la Vallée-de-la-Gatineau.

L’hebdomadaire a fait l’annonce de sa fermeture imminente par le biais d’un texte non signé intitulé «Journal La Gatineau: Les jours de votre hebdo sont comptés», publié mercredi midi sur son site Internet.

Le texte souligne que le journal, dont la toute première édition a été publiée le 2 novembre 1955, «n’a pas été épargné par la crise qui frappe la presse écrite». Tout en rappelant que de nombreuses interventions ont été faites auprès du gouvernement fédéral ces dernières années pour lui signaler «l’urgence d’agir» pour sauver la presse écrite, l’équipe de La Gatineau affirme vivre un déclin «depuis plusieurs années». «Ces dernières années, assurer la viabilité de La Gatineau est devenu la préoccupation principale de l’équipe du journal. Plusieurs idées ont été mises sur la table, plusieurs formules ont été essayées. Mais pendant ce temps, le déclin continuait. La ferme volonté de publier chaque semaine un journal de qualité n’a pas résisté au manque de ressources.»

C’est donc «avec un énorme regret» que le conseil d’administration conclut que les Éditions Gatineau Ltée «devront mettre fin à la publication du journal La Gatineau au cours des prochaines semaines».

Cette fermeture ne sera pas sans conséquence pour les employé. L’équipe se compose «en temps normal» de deux journalistes, trois personnes au département de l’infographie, deux employés aux ventes, une personne à la direction et une autre assurant la comptabilité.

Depuis le milieu des années 1990, le journal est détenu par quelques dizaines d’actionnaires, tous des hommes et des femmes d’affaires de la Haute-Gatineau. L’hebdomadaire La Gatineau est distribué à raison de 11 300 exemplaires par édition, tandis que «plus de 15 000 personnes» visitent son site Internet chaque semaine.

L’équipe de La Gatineau dit avoir tenté de s’adapter, en vain, à la migration des lecteurs du papier vers le web. 

«Malgré des efforts concentrés au niveau de la sollicitation de ventes auprès de potentiels annonceurs, le seuil de rentabilité n’a pu être atteint, lit-on sur le site Internet de l’hebdomadaire. Par conséquent, les résultats financiers teintés de rouge se sont donc accumulés.»

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, a indiqué qu’il s’agissait d’une triste nouvelle, disant espérer qu’un autre journal pourra éventuellement être lancé.

«C’est très dommage, car c’est un journal très lu, même la copie papier. Tout le monde se lançait sur les exemplaires et les kiosques se retrouvaient souvent vides. Il ne faut pas oublier que ce c’est pas tout le monde en Haute-Gatineau qui a accès à Internet. [...] J’ose espérer qu’une autre publication pourra être créée ou qu’on trouvera une autre idée pour s’assurer que les gens soient informés. Il faut trouver une solution», a-t-elle dit. 

Invitée à réagir, la mairesse de Maniwaki, Francine Fortin, n’a pas rappelé Le Droit, tout comme la députée de Gatineau et ministre responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, qui a longtemps habité à Maniwaki.

Avec Daniel LeBlanc, Le Droit