L’Outaouais devrait voir son nombre d’habitants croître de 15,8 % d’ici 2041, un horizon d’ici lequel la région doit aussi s’attendre à ce que le vieillissement de la population gagne du terrain.

La croissance de la population devrait se poursuivre en Outaouais

L’Outaouais devrait voir son nombre d’habitants croître de 15,8 % d’ici 2041, un horizon d’ici lequel la région doit aussi s’attendre à ce que le vieillissement de la population gagne du terrain, révèlent les plus récentes prévisions démographiques de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

À partir des données de 2016, l’ISQ a projeté la Belle Province dans l’avenir. « Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la population du Québec devrait passer de 8,4 millions d’habitants en 2018 à 9 millions d’habitants en 2030, et s’élever à près de 10 millions en 2066 », estime l’ISQ, dont les prévisions ont été dévoilées dans un rapport rendu public jeudi.

« Il va y avoir une hausse continue, il n’y a pas de déclin, mais la croissance ralentit », a souligné en entrevue une démographe de l’ISQ, Ana Cristina Azeredo.

En raison d’un plus grand « niveau d’incertitude » dans l’analyse des données par région, l’ISQ s’est limité à un horizon d’un quart de siècle, en proposant des projections sur les variations qui devraient être observées entre les données de 2016 et celles de 2041.

Alors que la population du Québec devrait augmenter de 13,7 % pendant cette période, celle de l’Outaouais est appelée à connaître une hausse de 15,8 %. Cela signifie que la région, qui comptait 385 300 habitants en 2016, aurait une population de 446 200 habitants en 2041.

En zone urbaine, la croissance prévue est encore plus substantielle. Pour la portion québécoise de la Région métropolitaine de recensement (RMR) d’Ottawa-Gatineau, la population devrait connaître une hausse de 17,7 % en un quart de siècle.

Le poids démographique de l’Outaouais dans le Québec devrait demeurer assez stable. « Parmi les régions dites intermédiaires (Capitale-Nationale, Mauricie, Estrie, Outaouais, Chaudière-Appalaches et Centre-du-Québec), seule la région de l’Outaouais augmenterait son poids démographique entre 2016 et 2041, et ce, de manière infime, passant de 4,7 % à 4,8 % », indique le rapport de l’ISQ.

Vieillissement accru

Les services aux personnes âgées seront davantage sollicités au cours des prochaines décennies. « D’ici 2041, le nombre d’aînés sera en forte croissance dans toutes les régions administratives », note l’ISQ.

Sur l’ensemble des RMR, Gatineau est celle qui devrait connaître la plus forte variation dans la catégorie des 65 ans et plus, avec une hausse prévue de 109 %.

Mme Azeredo a souligné qu’en observant la « pyramide d’âges » pour l’Outaouais, « il y a plus de personnes de la génération des baby-boomers que dans l’ensemble du Québec ». « Ces personnes vont toutes passer au groupe d’âge des 65 ans et plus, c’est pour ça qu’on s’attend à une hausse importante », a-t-elle ajouté.

La part des 65 ans et plus sur l’ensemble de la population de la région devrait tout de même rester — de peu — sous la moyenne québécoise. Alors que les aînés représentaient 15 % de la population de l’Outaouais en 2016, cette proportion est appelée à atteindre 25 % en 2041, selon les prévisions de l’ISQ. À l’échelle provinciale, cette proportion devrait passer de 18 à 26 % au cours de la même période.

L’année à laquelle l’Outaouais comptera plus de décès que de naissances est prévue pour 2034, soit deux ans plus tard que pour l’ensemble de la province.

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Le défi de la main-d’œuvre

Le vieillissement de la population viendra jouer sur la quantité de travailleurs disponibles au cours des prochaines années en Outaouais.

Les prévisions démographiques rendues publiques jeudi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) laissent entrevoir que  le renouvellement de la main-d’oeuvre sera «plus problématique à l’extérieur de Montréal».

Selon le rapport de l’ISQ, l’Outaouais fait partie des sept régions qui «pourraient compter plus de personnes de 20 à 64 ans en 2041 qu’en 2016». Une variation est toutefois prévue d’ici là dans la quantité de jeunes adultes prêts à prendre la relève de ceux qui partent à la retraite.

Le rapport de l’ISQ contient des données sur l’indice de remplacement de la main-d’oeuvre, qui établit le rapport entre le nombre de personnes dans le groupe des 20-29 ans et celui dans le groupe des 55-64 ans.

«Si l’indice est plus élevé que 100, ça veut dire qu’on a plus de jeunes que de gens qui sont en train de prendre leur retraite, a expliqué Ana Cristina Azeredo, démographe à l’ISQ. Mais si c’est inférieur à 100, c’est parce qu’on a moins de jeunes.»

Pour l’Outaouais, cet indice s’établissait à 84 en 2016. Il devrait chuter et se situer à 79 en 2026, avant de remonter pour atteindre 93 en 2041.