Les pères en font plus qu’avant, mais la charge mentale reste dans la sacoche de la maman», selon une conférencière présente au congrès de l’ACFAS qui se déroule à l’Université du Québec en Outaouais.

«La charge mentale à la mère»

Les pères québécois en font plus qu’avant pour prendre soin des enfants, mais «la charge mentale reste dans la sacoche de maman», a exposé la sociologue Valérie Harvey au congrès de l’ACFAS, en lançant quelques pistes de solutions pour se rapprocher d’un équilibre.

Dans le cadre de sa thèse de doctorat à l’Université Laval, Valérie Harvey a interviewé une trentaine de pères travaillant en informatique, en multimédia ou dans le domaine des jeux vidéo, des secteurs à prédominance masculine.

Ces entrevues lui ont entre autres permis de déceler que la «légitimité» de prendre les congés parentaux revient presque toujours aux mères. «J’ai attendu qu’elle me l’offre, je ne lui ai pas demandé», a par exemple confié un père qui a passé 22 semaines avec son bébé.

D’autres sont par ailleurs réticents à demander à leur employeur de prendre plus que les cinq semaines de paternité. Certains se sont sentis moins utiles à leur retour au travail, leur équipe ayant réorganisé les tâches avec une personne en moins. D’autres sentaient que ce serait un casse-tête pour leur employeur qu’ils s’absentent plus longtemps que cinq semaines.

Citant une étude sur la question, Mme Harvey a souligné qu’au sein des familles québécoises, les pères sont «presque à égalité» avec les mères dans leur implication pour les soins enfants.

Ce n’est cependant pas le cas pour la charge mentale, qui implique par exemple la prise de rendez-vous, le paiement des factures ou la gestion des activités scolaires. Il peut toutefois s’agir, dans certains cas, d’une hésitation de la part des mères à déléguer certaines tâches aux pères.

La répartition du congé parental — qui peut atteindre 32 semaines au Québec — peut donc jouer sur la place que prennent les pères à la maison, croit la sociologue.

«Si on changeait la façon qu’on envisage la répartition du congé, s’il y avait plus de négociation […] à mon avis, on se ramasserait avec des papas qui sont plus souvent seuls à faire certaines semaines», estime Valérie Harvey.

Un père a notamment confié que sans congé parental, il aurait peut-être jugé sa conjointe en la trouvant en pyjama en revenant du travail.

«Alors que quand tu l’as vécu, tu sais que des fois, tu as à peine le temps de manger, de prendre ta douche», avait mentionné ce papa.

La sociologue croit qu’il existe des solutions «afin d’éviter d’encourager la division traditionnelle des rôles».

L’une des avenues serait d’offrir des congés de maternité et de paternité d’une durée équivalente.

À l’heure actuelle, le programme de base du Régime québécois d’assurance parentale prévoit 18 semaines réservées aux mères et cinq semaines pour les pères.