Seule halte francophone pour femmes à Ottawa, le Centre espoir Sophie offre une panoplie de services pour permettre aux femmes vivant en situation de pauvreté et d’itinérance de réduire l’isolement et de regagner leur autonomie.
Seule halte francophone pour femmes à Ottawa, le Centre espoir Sophie offre une panoplie de services pour permettre aux femmes vivant en situation de pauvreté et d’itinérance de réduire l’isolement et de regagner leur autonomie.

Itinérance: comment informer ses clientes quand elles n’ont pas accès à l’information?

Un organisme d’Ottawa qui vient en aide aux femmes francophones démunies peine à les rejoindre pour les informer de sa réouverture et de ses nouveaux services adaptés aux mesures sanitaires liées à la COVID-19.

Comme pour la plupart des organismes humanitaires, la COVID-19 a ajouté tout un lot de nouveaux défis dans la prestation du soutien et des services.

Seule halte francophone pour femmes à Ottawa, le Centre espoir Sophie offre une panoplie de services pour permettre aux femmes vivant en situation de pauvreté et d’itinérance de réduire l’isolement et de regagner leur autonomie.

La pandémie a entraîné la fermeture des portes de l’organisme au mois de mars.

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Or, après une mobilisation de l’équipe pour adapter ses services aux mesures sanitaires, le centre est rouvert depuis le 21 mai.

Le problème : les membres s’attendaient à une hausse de l’achalandage, mais c’est le contraire qui est survenu.

Pourtant, la COVID-19 a plongé de nombreuses femmes de la région dans la précarité.

La directrice générale du centre, Nassila Sellal, croit que les femmes qui bénéficiaient déjà des services de l’organisme, ou celles qui pourraient en bénéficier à l’avenir, ne savent pas que les portes ont été rouvertes. «Il faut trouver une façon de communiquer plus largement, mais nos clientes n’ont pas de téléphone ou de moyens pour se tenir informées.»


« [...] Imaginez une personne qui n’a pas de logement, qui n’est pas sûre de pouvoir prendre un repas, comment elle a dû vivre cette situation de pandémie. »
Nassila Sellal

Jusqu’à présent, Mme Sellal a compté sur les affiches et sur le bouche-à-oreille pour informer les femmes, mais son équipe réfléchit à de nouvelles stratégies pour mieux les rejoindre.

Une deuxième explication pourrait aussi justifier la baisse d’achalandage du centre, croit la directrice générale. «Il est probable que nos clientes viennent au Centre espoir Sophie parce qu’elles ont besoin d’un panier de nourriture, mais elles ne viennent pas que pour ces raisons. Elles viennent aussi pour socialiser, pour jouer à des jeux, pour discuter, mais nous avons temporairement suspendu ces activités.»

L’équipe du centre espoir Sophie se penche aussi sur de nouvelles idées d’activités qui n’existaient pas forcément avant, comme des marches et des pique-niques, notamment. «Tout ça demande beaucoup de réflexion et de réorganisation.»

En attendant, Mme Sellal s’inquiète pour le bien-être des femmes qui ont besoin de son organisme.

«On a vu que des personnes qui sont installées correctement dans leur vie ont eu de la difficulté à faire face à cette situation. Donc imaginez une personne qui n’a pas de logement, qui n’est pas sûre de pouvoir prendre un repas, comment elle a dû vivre cette situation de pandémie. C’est un défi supplémentaire, et le fait de ne pas pouvoir compter sur une organisation comme la nôtre a dû être une difficulté de plus.»

Mais la directrice générale du Centre espoir Sophie est confiante que son organisme pourra relever le défi.

«Je pense qu’on peut revenir vers beaucoup de prestations pour appuyer les femmes et pour les aider. C’est sûr que ce sera plus complexe. Mais c’est possible. Nous devons le relever, parce que nous avons un engagement envers ces femmes et envers la communauté.»