La proportion des personnes vivant seules ne cesse d’augmenter, selon l'ISQ

ISQ: la proportion de personnes vivant seules a doublé en 35 ans

Alors que la plupart des partis politiques à Québec veulent proposer des mesures pour soutenir les familles, en cette année électorale, la proportion des personnes vivant seules ne cesse d’augmenter.

En fait, elle a doublé en 35 ans, passant de 8,4 pour cent en 1981 à 17,2 pour cent en 2016, révèle mardi l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Ce sont ainsi 1,2 million de personnes de 15 ans et plus qui vivaient seules, au Québec, en 2016.

«C’est une proportion qui aurait plus que doublé en 35 ans environ. D’ailleurs, c’est un des changements les plus importants, en termes de situation domestique, dans la deuxième moitié du 20e siècle. C’est un phénomène quand même très important», a commenté au cours d’une entrevue, mardi, Anne Binette Charbonneau, démographe à l’ISQ.

Bien que ce phénomène ne soit pas propre au Québec, la démographe souligne que «dans l’ensemble du Canada, le Québec est la province où la part de personnes vivant seules est la plus élevée».

Elle cite quelques facteurs qui expliquent ce phénomène, comme le vieillissement global de la population, l’augmentation de l’instabilité conjugale et «la mise en union cohabitante» qui survient plus tardivement.

«Cela s’explique par divers changements de comportements et de normes sociales ayant eu lieu dans le domaine de la famille», ajoute-t-elle dans son étude.

Hommes-femmes

Ce sont les femmes qui vivent plus souvent seules que les hommes. En 2016, on dénombrait ainsi 613 900 femmes vivant seules comparativement à 561 300 hommes vivant seuls.

Mais avec l’âge, leur proportion augmente. Chez les personnes de 85 ans et plus, on compte trois femmes vivant seules pour un homme.

Chez les plus jeunes, cependant, ce sont surtout les hommes qui vivent seuls. Ils représentent environ 60 pour cent de l’ensemble des personnes vivant seules entre 25 et 49 ans.

La démographe note aussi que comme les hommes et les femmes vivent plus longtemps qu’avant, et en meilleure santé, cela retarde l’entrée dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ou une résidence privée pour personnes âgées - ce qui fait aussi augmenter le nombre de personnes qui vivent seules. Ce phénomène est aussi favorisé par les programmes de maintien à domicile, a-t-elle ajouté.