Le directeur général de la Soupe populaire de Hull, Michel Kasongo

Halte-chaleur de la Soupe populaire de Hull: près de 4200 visites et un décès par surdose évité

La halte-chaleur de la Soupe populaire de Hull a enregistré près de 4200 visites en trois mois, tout en évitant une fin potentiellement tragique à une personne victime d’une surdose aux opioïdes.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et la Soupe populaire de Hull ont présenté jeudi le bilan de la halte-chaleur, mise en place au cours de la saison froide en raison du contexte de pénurie de logements abordables et de hausse de la demande pour les places disponibles au Gîte Ami.

Du 21 décembre au 31 mars, la halte-chaleur a compté 4170 visites, ce qui représente une moyenne de 41 visites par nuit. Le directeur général de la Soupe populaire de Hull, Michel Kasongo, a fait savoir qu’initialement, l’organisme s’attendait à recevoir seulement de 20 à 25 visites par nuit. Le phénomène de l’«itinérance cachée», qui est difficilement quantifiable, pourrait notamment expliquer cet écart, a indiqué M. Kasongo.

En plus d’offrir un endroit où passer la nuit, des vêtements et un repas chaud, la halte-chaleur a permis diverses interventions, dont une qui a «probablement» sauvé la vie d’une personne.

M. Kasongo a expliqué que l’équipe de nuit de la halte-chaleur a constaté «la nécessité d’intervenir après d’une personne présentant des signes d’une surdose aux opioïdes. «Ils sont intervenus dans l’immédiat et ils ont appelé les services d’urgence», a-t-il relaté en soulignant que si la halte-chaleur n’avait pas été ouverte, la personne aurait pu se trouver dans la rue, sans ressource pour réagir rapidement.

Pour le CISSSO, l’initiative a représenté une dépense de 80 000$, qui a récemment été remboursée par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Les différents partenaires impliqués dans la mise en place de la halte-chaleur ignorent encore si elle reverra le jour l’an prochain. Le directeur en santé mentale et dépendance du CISSSO, Alain Godmaire, a indiqué que des travaux sont en cours pour lutter contre l’itinérance. «L’esprit de la lutte à l’itinérance, en fait, c’est d’être capable de reloger dans du logement stable, adéquat et abordable», a-t-il mentionné.