Gatineau devra se pencher sur le dossier avant le 1er juillet alors qu’Ottawa, on rappelle que l’Ontario a déjà statué sur la consommation de cannabis.

Gatineau attend et Ottawa suivra la loi

La Ville de Saint-Jérôme a annoncé mercredi qu’elle interdirait le cannabis dans les lieux publics. Et elle ne sera pas la seule. Alors que la Ville d’Ottawa sera soumise à la législation ontarienne qui prévoit qu’il sera défendu de consommer du cannabis récréatif dans un endroit public, dans un lieu de travail ou encore dans un véhicule à moteur, la Ville de Gatineau n’a pas encore statué sur cette question.

Chez Santé publique Ottawa (SPO), on rappelle que la nouvelle loi ontarienne vise à protéger la santé des citoyens, tout particulièrement celle des enfants et des adolescents, en limitant l’exposition à la fumée et au vapotage secondaires. En vertu de cette législation, il ne sera permis de fumer du cannabis récréatif que dans une résidence privée.

Les personnes autorisées à consommer du cannabis à des fins médicales seront quant à elles assujetties aux mêmes règles que celles qui régissent la consommation de produits du tabac et l’utilisation de la cigarette électronique. 

Il leur sera interdit de fumer ou vapoter dans des lieux de travail clos, des lieux publics clos et d’autres endroits où il est interdit de fumer. 

Les limites imposées aux fumeurs de marijuana seront semblables à celles régissant la consommation de produits du tabac et de boissons alcoolisées. 

Le projet de loi sur la vente et la distribution de cannabis a été adopté à 63 voix contre 27 à Queen’s Park. 

Rappelons qu’Ottawa a été l’une des villes pionnières du mouvement antitabac au pays lorsqu’elle a adopté en 2001 son règlement antitabac dans tous les lieux publics. 

Ce n’est que cinq ans plus tard que le gouvernement provincial a emboîté le pas à la capitale nationale. 

À Gatineau

Sur la rive québécoise, la conseillère Renée Amyot, qui préside la commission Gatineau ville en santé, rappelle qu’un groupe de travail a été mis en place avant même l’adoption du projet de loi sur la légalisation du cannabis au Canada par la Chambre des communes. 

Le groupe de travail gatinois « s’est penché sur différents aspects, par exemple le volet sur l’urbanisme et le zonage pour les lieux de distribution et de vente, etc. », note Mme Amyot. 

Parmi « l’inventaire des enjeux » à traiter se trouve aussi celui de la consommation dans les lieux publics.

La commission Gatineau ville en santé et ses partenaires devront ainsi se pencher sur le dossier « avant la mise en œuvre de la loi, qui est prévue pour le 1er juillet », rappelle Mme Amyot. 

La commission soumettra ensuite des recommandations au comité exécutif, qui lui fera de même auprès du conseil municipal. 

Il est donc « absolument impossible » pour Renée Amyot de présumer, à l’heure actuelle, si Gatineau ira « dans le même sens que la Ville de Saint-Jérôme », où le maire Stéphane Maher souhaite interdire la consommation de cannabis dans les lieux publics.

Ce que prévoit Québec

Le gouvernement du Québec laissera chaque ville décider si elle veut être plus restrictive et empêcher la consommation de cannabis dans certains parcs ou dans les rues. 

Le projet de loi 157, dont l’étude reprendra la semaine prochaine, prévoit que les joints de cannabis pourront être fumés aux mêmes endroits où la cigarette est permise, soit à l’extérieur, à 9 mètres des édifices. La consommation de cannabis sera toutefois interdite sur les terrains des écoles, des cégeps et des universités. Si les municipalités sont à l’aise avec ces règles, elles n’auront rien à faire lorsque la loi sera adoptée. Si toutefois elles veulent être plus sévères, elles auront le droit d’agir en vertu de leur compétence actuelle d’assurer la paix, l’ordre et le bien-être général de leur population. 

« Le respect de l’autonomie des villes est un élément auquel on attache beaucoup d’importance. Mais on étudie en ce moment comment les villes qui veulent interdire le cannabis dans certains lieux pourraient être soutenues par le gouvernement », indique Alexandra Régis, attachée de presse de Lucie Charlebois, ministre de la Santé publique. 

Patricia Cloutier, Le Soleil