Près de 200 000 enfants autochtones ont fréquenté plus de 700 externats gérés par le gouvernement fédéral dans les années 1920.

Externats pour Autochtones: un projet de règlement conclu pour indemniser les élèves

Le gouvernement fédéral a conclu une entente de principe avec d’anciens élèves d’«externats indiens», qui prévoirait le versement d’une indemnisation de 10 000 $ à chaque survivant, a annoncé mardi la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Les élèves qui ont subi des agressions physiques et sexuelles auraient également droit à une indemnité supplémentaire de 50 000 $ à 200 000 $, en fonction de la gravité des crimes.

Près de 200 000 enfants autochtones ont fréquenté plus de 700 externats gérés par le gouvernement fédéral dans les années 1920; beaucoup d’entre eux ont subi là-bas des traumatismes, et parfois des violences physiques et sexuelles. Les externats pour Autochtones fonctionnaient séparément des pensionnats, de triste réputation, et n’étaient pas inclus dans la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, approuvée en 2006.

La ministre Bennett a parlé de l’entente de principe comme d’une étape historique, ajoutant que le Canada s’était engagé à réparer les erreurs du passé dans un esprit de réconciliation.

Selon Mme Bennett, l’entente proposée permet de se rapprocher encore davantage d’une «résolution durable et importante pour les survivants», afin de tourner la page sur ce «chapitre sombre et tragique de l’histoire du Canada».

Le projet de règlement fait suite à des discussions entre le gouvernement et les parties impliquées dans une action collective intentée à l’origine en 2009 au nom des élèves autochtones et des familles de ceux qui avaient fréquenté les externats. Le représentant dans l’action collective, Garry McLean, est décédé d’un cancer il y a environ un mois.

«Nous sommes tous si tristes qu’il n’ait pas vécu ce jour», a déclaré mardi Mme Bennett, reconnaissant que son «courage» et son «plaidoyer» avaient ouvert la voie au règlement.

Une histoire méconnue

De nombreux Canadiens sont conscients de l’héritage tragique des pensionnats pour Autochtones, mais beaucoup ne connaissent toujours pas l’histoire des «externats indiens», a souligné la ministre Bennett.

«Même si les enfants qui fréquentaient les externats indiens quittaient l’école à la fin de la journée, de nombreux élèves ont été traumatisés et soumis à des agressions physiques et sexuelles de la part d’individus à qui l’on avait confié leurs soins», a-t-elle déploré. «En raison de la politique du gouvernement, les enfants se sont vu refuser la possibilité de parler leur langue et ont été forcés d’abandonner leur culture.»

Ces traumatismes continuent d’être transmis à des générations de familles et de communautés autochtones, a-t-elle ajouté.

Le tribunal examinera les commentaires formulés par les membres de l’action collective, les arguments de leurs avocats et du gouvernement afin de déterminer si l’entente de principe est équitable, raisonnable et dans le meilleur intérêt des membres du groupe, a indiqué la ministre.

«J’espère sincèrement que ce sera le début d’un processus de guérison réussi pour toutes les personnes impliquées», a-t-elle conclu.