Les organismes qui offrent du logement de dépannage sont débordés rappelle François Roy, de Logemen’Occupe.

Des mesures d’exception nécessaires

CHRONIQUE / La grande journée de déménagement du 1er juillet risque d’être particulièrement pénible cette année en raison de la crise du logement.

Au point où plusieurs organismes communautaires s’entendent sur la nécessité de mesures d’exception afin d’y faire face. 

Parmi ces moyens, l’ouverture d’un centre d’hébergement temporaire figure en tête de liste, selon des organismes comme Logemen’Occupe, le Gîte Ami ou encore le CIPTO.

Ce ne serait pas la première fois que la Ville de Gatineau ouvre un tel centre pour accueillir les « sinistrés » du 1er juillet.

Entre 2002 et 2004, la municipalité avait réquisitionné à cette fin le centre communautaire Père-Arthur-Bériault alors qu’une autre grave crise du logement frappait l’Outaouais urbain.

L’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence présente plusieurs avantages, indique François Roy, coordonnateur de Logemen’Occupe.

« C’est plus facile d’intervenir auprès des familles et de les aider à se relocaliser rapidement si elles sont toutes abritées dans un même centre », a-t-il expliqué.

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La tornade du Mont-Bleu et les inondations ont aggravé la crise du logement qui frappe de plein fouet les locataires à faibles revenus de Gatineau. 

Les organismes qui offrent du logement de dépannage sont débordés. « Chez nous, les délais de séjour ont augmenté ces dernières années. On a des familles qui sont en dépannage depuis plus d’un an », raconte François Roy de Logemen’Occupe.

Même son de cloche au Gîte Ami. Le refuge pour sans-abri déborde depuis l’automne dernier. « On ne peut pas accepter plus que 60 personnes par nuit. Chaque soir, on doit refuser du monde. Et on n’a pas de solution de rechange à leur offrir », déplore Lise Paradis, directrice du refuge.

Pas étonnant que bien des sans-abri profitent du retour de la chaleur pour dormir dehors, à peu de frais. Les campings de fortune ont d’ailleurs recommencé à pousser aux abords du ruisseau de la Brasserie.

Outre l’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence, les organismes suggèrent aussi de mettre en place un guichet unique. Celui-ci permettrait de centraliser les demandes de logement et de mieux documenter la crise actuelle. Une autre demande consiste à bonifier le programme de supplément au loyer. Celui-ci permet aux ménages moins nantis de payer un loyer correspondant à 25 % de leurs revenus. Le gouvernement Legault s’est montré ouvert à une telle proposition.