78 cas de féminicide ont été rapportés par les médias pendant la première moitié de l’année.

Des chercheuses ont recensé 78 féminicides au Canada depuis le début de 2018

Un groupe de recherche espère attirer plus d’attention sur les féminicides - entendus comme les meurtres de filles et de femmes - en dévoilant publiquement les noms des victimes canadiennes.

L’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation a publié cette semaine une liste de 78 victimes dont les cas ont été rapportés par les médias pendant la première moitié de l’année.

La liste prend la forme d’un répertoire de la violence contre les filles et les femmes - le plus souvent de nature conjugale. Les victimes y sont identifiées par leur âge, leur lieu de résidence et leur nom, lorsque c’est possible.

Certains noms sont toutefois absents.

«Ceci est largement dû à la tendance grandissante dans certaines régions de ne pas dévoiler les noms des victimes», explique l’Observatoire sur son site web.

«Nous jugeons qu’il est quand même important d’inclure ces personnes pour se souvenir d’elles en tant que victimes de féminicide.»

La majorité des cas ont été recensés en Ontario, suivi du Québec, du Manitoba et de l’Alberta.

Sur les 78 victimes dénombrées, 12 sont identifiées comme autochtones - un facteur que les auteures du rapport tenaient à souligner «en raison des hauts risques auxquels font face les femmes et les filles autochtones et de l’enquête nationale en cours sur cette situation».

Mais les auteures signalent que ce chiffre est sans doute plus important, parce que les médias ne précisent pas toujours l’ethnicité des victimes.

L’Observatoire a été mis sur pied l’an dernier par le Centre d’étude des réponses juridiques et sociales à la violence de l’Université de Guelph, en Ontario, avec pour objectif de documenter les cas de féminicide et les interventions subséquentes des institutions gouvernementales.

Plusieurs cas de disparitions et de morts dites suspectes ou accidentelles rapportées dans les médias de janvier à juin n’ont pas été inclus dans le rapport, précisent ses auteures. Le nombre de victimes recensées pourrait donc être révisé à la hausse selon l’issue des enquêtes sur ces morts et disparitions.