La liste des corps non réclamés du Bureau du coroner s’étend longuement.

Des cadavres orphelins

Trois cent une personnes n’ayant à la base rien en commun se partagent actuellement un lien parfois teinté d’une profonde solitude. Âgées de 29 à 95 ans, demeurant aux quatre coins du Québec, ces personnes sont décédées tantôt dans l’anonymat, tantôt dans l’indifférence. D’autres fois, leurs proches n’ont tout simplement pas voulu ou n’ont pas pu s’occuper de leur dépouille.

La liste des corps non réclamés du Bureau du coroner s’étend longuement. Au bout de chacun des 301 noms qui y figurent se trouvent quelques minces détails : une date de naissance, une adresse et la date à laquelle l’avis a été donné au coroner. Ce dernier n’intervenant que dans certains cas précis, d’autres corps non réclamés sont sous la responsabilité du ministère de la Santé.

Chef du service des morgues et des transporteurs funéraires au Bureau du coroner, Sylvain Gallant explique que « dès que le coroner prend en charge un corps à la suite d’un décès qui relève du Bureau du coroner », des démarches sont entreprises pour retrouver des proches. Les corps peuvent parfois être pris en charge la journée même, mais d’autres fois, il faut attendre que certaines « expertises » soient réalisées, précise M. Gallant.

Lorsqu’aucun proche ne se manifeste, une recherche est effectuée en collaboration avec les autorités policières.

« Si cette recherche s’avère infructueuse ou si les proches trouvés ne souhaitent pas réclamer le corps, ce dernier est considéré comme étant non réclamé, explique le Bureau du coroner sur son site Internet. Il est alors inhumé dans un endroit dont le Bureau du coroner conserve la trace pour l’éventualité où le corps serait réclamé dans le futur. »

Différentes raisons peuvent expliquer qu’un corps ne soit pas réclamé. Les conflits, les frais ou encore la complexité des démarches en font partie, note M. Gallant. « Les gens ne sont pas toujours bien informés, ajoute-t-il. Nous, on les informe sur ce qu’ils ont à faire, mais des fois, il y a une crainte de prendre charge d’un corps, parce que les gens ont souvent l’impression que c’est relié avec un paquet de dettes ou des choses comme ça, alors que dans les faits, le corps est complètement dissocié de la succession. […] On peut prendre charge d’un corps sans prendre charge d’une succession et on peut prendre charge d’une succession sans prendre charge d’un corps. »

M. Gallant rappelle d’ailleurs qu’une prestation de décès d’un montant maximal de 2500 $ peut être obtenue par les proches d’un défunt ayant suffisamment cotisé au Régime des rentes du Québec.

La très grande majorité des personnes qui se trouvent sur la liste des corps non réclamés du Bureau du coroner ont déjà été inhumées.

« Une fois un corps inhumé, c’est très rare qu’il soit réclamé », souligne M. Gallant, qui précise que les dépouilles se retrouvent alors dans l’un des deux cimetières de la province détenant un contrat de service avec le Bureau du coroner. L’un se trouve dans la région métropolitaine, l’autre dans la région de Québec.

Bien que « ça arrive malheureusement trop souvent » qu’une famille ne réclame pas un corps, M. Gallant souligne qu’il y a aussi « des gens qui ont bien de la peine de ne pas être en mesure d’offrir des funérailles décentes à un proche ».

Douze défunts qui demeuraient en Outaouais se trouvent à l’heure actuelle dans la liste des corps non réclamés publiée par le Bureau du coroner. Ils avaient entre 58 et 87 ans au moment de leur décès.

Le Bureau du coroner précise qu’« il est en tout temps possible de réclamer la dépouille d’une personne décédée » dont le nom se trouve dans la liste publiée sur Internet. Des détails à ce sujet peuvent être obtenus en composant le 1-888-CORONER, poste 21225.

Corps non réclamés en Outaouais

  • Mme Lucile Dubé, née le 16 mars 1930. Elle demeurait au 213, rue Bourque, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 11 juin 2017.
  • M. Gérald Horan, né le 26 mars 1954. Il demeurait au 6-303, rue Guillemette, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 1er juin 2017.
  • Mme Cathy Legacy, née le 17 avril 1958. Elle demeurait au 274, rue McDougall, à Maniwaki. Le coroner a pris avis le 22 janvier 2017.
  • M. Luc Poirier, né le 27 septembre 1950. Il demeurait au 26, rue John, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 25 octobre 2016.
  • M. Neil Ryan, né le 10 janvier 1959. Il demeurait au 35, rue John-Gibeault, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 21 septembre 2016.
  • Mme Jo-Anne Leonard, née le 21 avril 1957. Elle demeurait au 3, rue Jacqueline, à Messines. Le coroner a pris avis le 9 septembre 2016.
  • M. Gilles Bertrand, né le 11 décembre 1947. Il demeurait au 81, rue Morin, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 11 mars 2016.
  • M. Gilles Guenette, né le 9 novembre 1954. Il demeurait au 297, rue Saint-André, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 25 août 2015.
  • M. Willie Martin, né le 22 avril 1948. Il demeurait au 59, rue Edgar-Chénier, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 5 février 2016.
  • M. Marc-André Depot, né le 25 juillet 1937. Il demeurait au 1205, rue Alexandre, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 5 février 2016.
  • M. François Martineau, né le 28 décembre 1933. Il demeurait au 906-50, boulevard Sacré-Coeur, à Gatineau. Le coroner a pris avis le 5 avril 2015.
  • M. François Latour, né le 21 juillet 1951. Il demeurait au 5, chemin principal, à Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau. Le coroner a pris avis le 4 novembre 2014.