Maïra Martin, directrice générale de l'AOCVF.

Démystifier la violence psychologique

Humiliation, dénigrement, critiques, cris, menaces et chantage ne sont que quelques facettes de la violence psychologique. Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOCVF) lance une nouvelle campagne de sensibilisation sur ce type de violence conjugale souvent jugée invisible.

L’objectif de la nouvelle campagne est de rejoindre l’entourage des femmes victimes de violence. L’organisme souhaite démystifier la violence psychologique afin de pouvoir l’identifier et reconnaître les signes avertisseurs.

« Il ne faut pas s’attendre forcément à des bleus ou à voir des femmes blessées physiquement, la violence psychologique c’est beaucoup plus subtil que ça, explique Maïra Martin, directrice générale d’AOCVF. Il faut savoir que dans la majorité des cas de violence conjugale il n’y a pas forcément de violence physique, mais il y a très souvent de la violence psychologique et c’est grâce à elle que le conjoint arrive à prendre le contrôle sur sa conjointe. »

La directrice generale de l’AOCVF, Maira Martin.

La campagne de sensibilisation se fera à l’aide de supports audio, vidéo et visuel. Les affiches montrent le visage d’une femme entouré d’une main d’homme pour illustrer l’emprise du conjoint. De plus, le site Internet voirlaviolence.ca propose des outils à l’entourage des victimes.

Se sortir de la violence conjugale est un long processus, rappelle Mme Martin. Certaines femmes vont rester toute leur vie dans une situation de violence et ça peut prendre plusieurs années pour sortir définitivement de cette relation.

« Les femmes qui sont victimes tombent souvent dans les mythes. Beaucoup ne savent pas, ne réalisent pas ou ne comprennent pas qu’elles sont aux prises avec la violence. [...] Parfois, elles vont quitter leur conjoint et revenir avec lui. Ça peut prendre de sept à dix fois avant de réussir à mettre un terme définitif à la relation. Tout ça peut s’expliquer par l’emprise psychologique qu’a le conjoint », soutient Mme Martin.

Différents organismes offrent du soutien à cette clientèle. À Ottawa, la Maison d’amitié offre 30 lits aux femmes victimes de violence. En 2016-2017, l’organisme a hébergé 188 femmes et enfants et 406 personnes ont dû être aiguillées vers d’autres services par manque de capacité, selon les données du rapport annuel.