Lucie Lafleur, présidente, Daniel Coutu et Élaine Dupras, présidente de campagne

Centraide Outaouais: un objectif «réaliste»

Centraide Outaouais souhaite pouvoir venir en aide à 63 670 personnes fragilisées de la région grâce à sa campagne de financement 2017, dont l’objectif de 4,6 millions $ est un peu moins élevé que celui qui avait été fixé l’an dernier.

C’est dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté que Centraide Outaouais a lancé mardi soir, à la Maison de la culture de Gatineau, sa campagne 2017, dont la présidence est assumée par la directrice générale de la Sporthèque, Élaine Dupras.

L’organisme doit composer depuis quelques années déjà avec des campagnes qui se terminent sous l’objectif fixé. L’an dernier, Centraide Outaouais souhaitait amasser 4 725 000 $, mais avait dû se contenter de 4 465 696 $. L’objectif de 2017, fixé à 4,6 millions $, se veut donc ce qu’il y a de plus « réaliste », indique la présidente du conseil d’administration de Centraide Outaouais, Lucie Lafleur.

En atteignant son objectif, l’organisme estime qu’il pourra venir en aide à 63 670 personnes. Mme Lafleur reconnaît que dans le cas de Centraide, certaines personnes peuvent avoir de la misère à cerner à quoi leur don peut servir.

« Pour tout ce qui touche la santé, par exemple, on se dit que ça pourrait nous arriver, note-t-elle. Quand on parle de pauvreté, d’abus ou de vie dans la rue, il n’y a pas personne qui pense que ça peut lui arriver, parce que c’est loin et c’est souvent caché ces choses-là. Donc c’est difficile de faire voir aux gens que le besoin est là. »

Les besoins sont pourtant bien réels en matière de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale, souligne Mme Lafleur en donnant l’exemple des neuf banques alimentaires de la région qui « font du dépannage alimentaire à tous les mois pour des familles ou des personnes seules ».

« Il n’y a personne qui choisit de vivre ça, précise-t-elle. Il y a de gens qui ont fait de mauvais choix, mais personne ne choisit d’avoir faim. »

Centraide Outaouais tente par ailleurs de s’adapter à « la nouvelle génération de travailleurs », puisque leur façon de contribuer n’est pas nécessairement la même que celle des baby-boomers. À l’opposé, l’organisme tente de garder parmi ses donateurs les nouveaux retraités qui contribuaient depuis des années par une retenue à la source. Ce mode de prélèvement peut d’ailleurs rebuter certains fonctionnaires en raison des ratés du système de paye Phénix du gouvernement fédéral, avoue Mme Lafleur, qui insiste pour dire que la situation est hors du contrôle de Centraide Outaouais et qu’il y a d’autres moyens de contribuer à la campagne de financement pour les employés ayant des craintes à cet égard.