La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, affirme que le gouvernement ne cherche pas particulièrement des moyens d’améliorer les taux de réponse des municipalités, mais que s’il y a plus à faire, le gouvernement fédéral en tiendra compte.

Beaucoup de municipalités ne signalent pas les débordements d'eaux usées

Plus de 100 systèmes de traitement des eaux usées municipaux n’ont pas signalé la quantité d’eaux usées brutes ayant débordé de leurs conduites en 2017, mais Environnement Canada fait enquête sur seulement deux de ces municipalités pour violation de la réglementation fédérale.

Les fonctionnaires d’Environnement et Changement climatique Canada n’ont pas voulu commenter sur la nature de ces enquêtes puisqu’elles sont en cours, refusant même de dire quelles municipalités sont impliquées ou même quelles étaient précisément les violations.

Les données fournies à La Presse canadienne ont révélé récemment que plus de 1000 milliards de litres d’eaux usées brutes se sont déversés dans les voies navigables canadiennes entre 2013 et 2017, dont 215 milliards en 2017 seulement, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2013.

Les responsables au ministère attribuent la majeure partie de l’augmentation à un plus grand nombre de municipalités se conformant aux exigences en matière de signalements. Cependant, selon Krystyn Tully, vice-présidente de Swim Drink Fish Canada, organisation de défense de la protection de l’eau, seuls 159 des 269 systèmes municipaux concernés ont fait rapport en 2017. « La conformité est tellement mauvaise », a soutenu Mme Tully.

Selon elle, la quantité réelle de débordements d’eaux usées brutes est probablement beaucoup plus élevée que ce qui a été rapporté, étant donné que 110 systèmes n’étaient pas comptabilisés dans les seules données de 2017.

Mme Tully a fait valoir que les gouvernements peuvent difficilement s’attaquer au problème s’ils ne savent même pas l’ampleur des fuites dans les systèmes.

La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, affirme que le gouvernement ne cherche pas particulièrement des moyens d’améliorer les taux de réponse des municipalités, mais que s’il y a plus à faire, le gouvernement fédéral en tiendra compte.

Mme McKenna a déclaré mardi que le changement climatique devrait provoquer des tempêtes plus fréquentes, comme les inondations soudaines survenues à Toronto il y a une semaine, qui ont laissé les eaux du port couvertes de débris des toilettes de millions d’habitants de Toronto. « C’est un vrai problème », a dit Mme McKenna.

La ministre a affirmé qu’Ottawa avait pris un engagement de 2 milliards $ dans des projets d’infrastructure de traitement des eaux et des eaux usées, à coûts partagés avec les gouvernements provinciaux et municipaux. « Les provinces doivent prioriser ces projets avec les villes, mais nous sommes certainement présents en tant que partenaires », a-t-elle affirmé.

La plupart des villes ne déclarent que des données calculées sur la base de modèles informatiques indiquant la quantité d’eaux usées qui devrait s’écouler en fonction d’un certain niveau de précipitations. Selon les informations de Mme Tully, Kingston, en Ontario, est la seule ville qui a des écrans dans les canalisations pour mesurer exactement le nombre de fuites et en rendre compte publiquement immédiatement.

Plusieurs villes prennent déjà des mesures pour faire face aux débordements d’eaux usées et de conduites d’eau pluviales combinées. Ottawa et Toronto construisent tous deux des tunnels de stockage pour éviter que les systèmes ne soient surchargés pendant une tempête. Le projet de 3 milliards $ de Toronto sera construit en plusieurs phases et la première phase sera mise en service vers 2027, tandis que le projet de 232,3 millions $ à Ottawa a débuté en 2016 et doit être terminé en 2020.