Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario a mis en place « un protocole d’intervention pour les élèves en situation préoccupante ».
Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario a mis en place « un protocole d’intervention pour les élèves en situation préoccupante ».

Baisse de signalements pour enfants vulnérables à Ottawa: colmater une brèche

Les portes des écoles ontariennes étant closes pour le reste de l’année scolaire, les organisations comme le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) ont dû déployer un éventail de mesures pour maintenir le contact avec les enfants vulnérables. L’objectif ultime : qu’aucun d’entre eux ne passe entre les mailles du filet.

« Dès la fin mars, cet enjeu-là a été soulevé et on a travaillé étroitement avec les autorités de la santé publique et la Société d’aide à l’enfance (d’Ottawa) pour un peu faire un état des lieux et commencer à réfléchir à ce qui pouvait être fait pour tenter de colmater cette brèche-là de la façon la plus efficace possible dans les circonstances », affirme d’emblée Sylvie Tremblay, surintendante à l’éducation.

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Le CEPEO a donc mis en place « un protocole d’intervention pour les élèves en situation préoccupante ».

« De façon sommaire mais explicite, on a rappelé à tous les membres du personnel qu’ils sont dans une situation privilégiée pour être en mesure d’observer si les enfants ou les ados se trouvent dans une situation préoccupante. On leur a rappelé leur obligation légale, s’ils ont des soupçons de mauvais traitement ou de négligence, par exemple.», explique-t-elle.


« On a aussi convenu avec la Société d’aide à l’enfance qu’il y ait un certain espace, pour que les gens puissent faire des appels préventifs, si quelque chose n’a pas l’air de tourner rond, sans qu’il y ait nécessairement des soupçons. »
Sylvie Tremblay

Dans le contexte d’apprentissage à distance, tous les enseignants devaient par exemple entrer en contact sur une base hebdomadaire avec chacun des élèves de leur groupe.

« Ça pouvait se faire via une rencontre virtuelle, mais on leur a dit que chaque élève devait avoir entendu parler d’eux ou vu leur visage au moins une fois par semaine. Les profs connaissent leurs élèves, ils savent pour qui c’était peut-être plus difficile d’être à la maison, ceux qui étaient anxieux. La fréquence des contacts pouvait être plus grande, au besoin, que ce soit par téléphone, courriel ou encore le chat. On laissait au personnel le soin de choisir le moyen de communication le plus efficace. [...] Il fallait faire attention pour ne pas avoir une approche trop intrusive, alors les gens étaient équipés avec un script, avec des questions simples à poser aux enfants et aux parents. Par exemple, ils pouvaient leur demander : qu’est-ce que tu trouves le plus difficile dans le fait de ne pas pouvoir retourner en classe ? », dit Mme Tremblay.

Elle ne cache pas que lorsqu’on aborde des questions sensibles, « le mode virtuel n’est pas le moyen optimal ». À la mi-mai, grâce à la collaboration de la Croix-Rouge, des bénévoles sont allés cogner aux portes des maisonnées pour qui le conseil scolaire avait de plus grandes inquiétudes. 

« On allait voir si tout allait bien, en disant aux gens que l’école aimerait entendre parler d’eux. On leur donnait une lettre avec des coordonnées, sinon on laissait le tout dans la boîte aux lettres. Ç’a connu un certain succès. Parmi nos 17 000 élèves, on peut presque les compter sur les doigts d’une main ceux de qui on n’a pas entendu parler », conclut Sylvie Tremblay.