Il y a encore un déficit au chapitre de la construction de logements abordables ainsi qu’un taux d’inoccupation très bas.
Il y a encore un déficit au chapitre de la construction de logements abordables ainsi qu’un taux d’inoccupation très bas.

Autre plaidoyer pour le logement social

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Plus d’une centaine de ménages sont toujours sans logis à Gatineau. Et la situation ne semblent guère s’améliorer puisqu’il y a encore un déficit au chapitre de la construction de logements abordables ainsi qu’un taux d’inoccupation très bas, a indiqué jeudi l’organisme Logemen’occupe.

«La crise du logement ne tourne pas uniquement autour du 1er juillet. Elle est maintenant permanente», a illustré le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy, à la suite d’une séance d’information sur la situation des familles sans logis.

Une vingtaine de familles à Gatineau habitent présentement dans des logements de dépannage encadrés par les Oeuvres Isidore Ostiguy ou dans des motels. Plusieurs dizaines d’autres ménages sont hébergées chez des amis ou de la parenté, dans des centres pour femmes victimes de violence, au Gîte Ami ou à l’aréna Guertin.

La situation est notamment difficile chez les nouveaux arrivants qui ont souvent des familles nombreuses.

«Il y a un nombre important de familles avec plusieurs enfants, cinq, six, sept. On a même une famille avec huit enfants qui est dans un motel et qui occupe trois chambres. C’est vraiment un problème majeur à cause de la pénurie de logements, et de logements spacieux. Plusieurs familles, même avec une aide gouvernementale, n’arrivent pas à se trouver un logement», a partagé M. Roy, tout en signalant que le coût des loyers «a explosé au cours des dernières semaines, des derniers mois», à Gatineau.

M. Roy craint les effets d’une fin des mesures d’urgence des gouvernements pour l’hébergement en hôtel et motel, et les familles qui sont plus souvent qu’autrement bénéficiaires de l’aide au revenu sont inquiètes, dit-il. 

«Ce sont toutes des familles qui sont à haut risque de se retrouver à la rue, a indiqué M. Roy, saluant le travail des organismes communautaires qui leur viennent en aide. La principale préoccupation de ces parents est de se retrouver à la rue et de se faire retirer la garde des enfants (par la DPJ)».


« La crise du logement ne tourne pas uniquement autour du 1er juillet. Elle est maintenant permanente. »
François Roy

Le coordonnateur de l’organisme de défense du droit au logement demande davantage d’investissements publics pour le logement social. Il est d’ailleurs en attente d’une réponse du ministre de la Famille et ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour obtenir une rencontre avec la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest. Cette rencontre devrait avoir lieu en septembre, après la reprise des travaux parlementaires, a fait savoir le bureau de M. Lacombe.

La construction de logement social au cours des dernières années à Gatineau varie en moyenne de 70 à 90 unités par année, alors qu’il en faudrait de quatre à cinq fois plus, a indiqué François Roy. Ce dernier prêche depuis des années sur l’importance de construire davantage de nouveaux logements sociaux. Il affirme qu’il existe un manque de volonté politique à Ottawa et à Québec pour s’attaquer de front à la situation.

«Pour l’année qui s’est terminée au 31 mars, il s’est réalisé au Québec 1000 logements social et communautaire pour l’ensemble du Québec. C’est une goutte d’eau dans l’ensemble des besoins. Mille unités, ça prendrait ça à Gatineau pour commencer à s’attaquer véritablement à la crise du logement», a mentionné François Roy.

Le coût moyen des logements a fait un bond de 4,5 % à Gatineau entre octobre 2018 et octobre 2019, la plus forte croissance en plus de 15 ans, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Un appartement de deux chambres à Gatineau se louait en octobre 2019 au prix moyen de 847 $.

Le taux d’inoccupation des logements à Gatineau était de 1,5 % à l’automne 2019.