La formation pour les juristes visera quatre « niveaux » afin de mieux faire comprendre ce qu’est l’agression à caractère sexuel, les conséquences chez les victimes et « les cas un peu plus complexes comme par exemple quand il y a eu consommation d’alcool ou de drogue ».

Agressions à caractère sexuel: un outil pour mieux former les juristes

Les policiers et les professionnels œuvrant en français dans le domaine de la justice auront sous peu accès à de la formation en ligne visant à mieux les outiller lorsqu’ils doivent traiter de dossiers d’agressions à caractère sexuel.

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) un regroupement « féministe et francophone » d’organismes — a annoncé mercredi à Ottawa le lancement imminent d’un programme francophone de formation destiné aux juristes et aux policiers, une initiative développée grâce à un financement du gouvernement fédéral.

L’Institut de formation de l’AOcFV, qui pilote le projet, offrait déjà depuis quelques années « des formations pour les intervenantes et les professionnels qui travaillent avec les femmes qui sont aux prises avec de la violence », a indiqué sa directrice, Josée Ferland.

La formation pour les juristes visera quant à elle quatre « niveaux » afin de mieux faire comprendre ce qu’est l’agression à caractère sexuel, les conséquences chez les victimes et « les cas un peu plus complexes comme par exemple quand il y a eu consommation d’alcool ou de drogue », tout en proposant des études de cas « pour améliorer les pratiques et pour ultimement améliorer le système », a fait savoir Mme Ferland.

« Le crime de l’agression sexuelle, c’est un crime qui est unique, souligne-t-elle. Ça atteint la victime dans son intimité, c’est une agression physique, psychologique, émotionnelle, et il faut absolument en tenir compte. Il faut que les professionnels du secteur de la justice en tiennent compte dans leurs interactions. »

L’AOcFV souhaite que ses formations permettront de diminuer le nombre de plaintes jugées non fondées par les autorités policières. « On espère surtout que les femmes vont reprendre confiance dans le système de justice », note Mme Ferland.

Le regroupement note qu’une femme est libre de dénoncer ou non la personne l’ayant agressée, mais qu’il faut « que ce soit pour les bonnes raisons, et non pas parce qu’elle n’a pas confiance dans le système de justice ».

Bien que l’AOcFV soit un organisme ontarien, tous les professionnels francophones du pays pourront avoir accès aux formations en ligne gratuites. 

Cinq premiers modules seront lancés prochainement. Il y en aura 20 au total d’ici 2020.