48e défilé du père Noël d’Ottawa: grelots et grésil

Il en fallait du courage pour franchir les 3,3 km de parcours du défilé du père Noël d’Ottawa samedi, avec un facteur de refroidissement éolien faisant chuter le mercure à -8 °C, un petit vent assassin de 20 km/h et le grésil qui commença à tomber dès que les premiers véhicules motorisés ou tractés du défilé s’ébranlèrent.

Dès le départ, les organisateurs savaient qu’ils livraient là un contre-la-montre : clore le défilé avant que la première tempête hivernale annoncée ne s’abatte sur Ottawa.

C’est la première fois en neuf ans que le défilé du père Noël d’Ottawa, le fameux Help Santa Toy Parade, emprunte son parcours original, soit de l’hôtel de ville à la Place TD, en empruntant les rues Laurier et Bank. Les travaux routiers des dernières années avaient forcé les organisateurs à modifier les itinéraires.

Quoi qu’il en soit, pour une 48e année, une longue armada de chars, divisions de fanfare et mascottes de tous genres s’ébranlèrent à 11 h pile pour aller à la rencontre des quelque 100 000 spectateurs que l’on attendait le long des trottoirs. 

En tout, ce sont 69 chars allégoriques et structures diverses qui ont défilé, samedi, entourés de 3000 participants et 200 pompiers ; ces derniers étant essentiellement chargés de tendre des seaux à la foule pour recueillir de l’argent ou des jouets neufs pour les enfants de la région d’Ottawa, car les jouets d’occasion sont des dons désormais interdits au défilé à cause de quelques mésaventures survenues dans le passé.

Le défilé du père Noël d’Ottawa est le plus ancien du genre dans la région. Il règne sur la ville depuis 1969 et en 48 ans, près de 1,8 million $ y ont été amassés à l’intention des enfants dans le besoin. 

Le vrai défilé commence en février

Il s’agit là d’une énorme organisation qui commence ses préparatifs dès février chaque année. 

Quand l’hiver n’est même pas encore terminé, la coprésidente du Help Santa Toy Parade, Emma Turpin, prépare déjà le prochain défilé : fermetures de rues, permis, gestion générale, recherche de commanditaires et de bénévoles... Une machine bien huilée à laquelle elle participe depuis maintenant huit ans. 

« Chaque sou que nous recueillons le long du parcours sert à acheter des jouets qui sont ensuite distribués, par le biais de l’Armée du Salut, aux familles dans le besoin. Donc, nos commanditaires couvrent nos dépenses et tout ce que nous amassons durant le défilé est destiné aux familles », explique madame Turpin.


Patrick Brunet, un cultivateur de houblon de Saint-Isidore, est arrivé en matinée avec sa famille et ses deux chevaux. Il promène quelques enfants de la fondation Rêves d’enfants dans sa carriole de paysan décorée pour l’occasion. Il en est à son quarantième défilé, environ, comme figurant. 

« On veut faire le plus de parades qu’on est capable de faire », raconte-t-il.

Le grésil s’est maintenant changé en pluie.