Société

Marche contre la violence faite aux femmes à Ottawa

Des centaines de personnes sont attendues au centre-ville d’Ottawa, samedi matin, pour manifester contre la violence faite aux femmes.

Cette marche se tient en solidarité avec le mouvement qui se tient à Washington chaque année depuis l’élection du président américain, Donald Trump. Des milliers de femmes avaient alors dénoncé l’élection d’un homme qui avait tenu des propos sexistes durant la campagne. Des enregistrements où on l’entend se vanter d’avoir commis des attouchements sur de nombreuses femmes avaient également été rendus publics, avant sa victoire électorale.

«Nous marcherons en solidarité avec les centaines de milliers de femmes à Washington, nous exprimerons notre solidarité envers celles et ceux faisant partie de rassemblements semblables partout au Canada et dans le monde pour soutenir les droits des femmes et mettre fin à la violence contre les femmes et les filles», peut-on lire sur la description de l’événement ottavien, sur Facebook.

Le Service de police d’Ottawa soutient qu’il faut s’attendre à des fermetures de rue à compter de 11h15. Les manifestants doivent quitter la colline parlementaire pour marcher en direction sud sur la rue Bank, jusqu’au parc Lansdowne. Les rues Bank et Wellington, ainsi que les promenades Marché et Exhibition devraient être partiellement fermées entre 11h15 et 15h, samedi.

Société

Les Canadiens gaspillent plus de nourriture qu’ils n’en consomment

Plus de la moitié de la nourriture produite au Canada est perdue et une cuisine moyenne gaspille des centaines de dollars de produits alimentaires chaque année, révèle une étude que les chercheurs qualifient de « première mondiale en son genre ».

L’étude publiée jeudi avait été commandée par l’organisme torontois Second Harvest, qui œuvre à la réduction du gaspillage alimentaire. La recherche, largement financée par la Fondation Walmart, serait la première à mesurer les déchets alimentaires à l’aide de données provenant de l’industrie et d’autres sources, plutôt que des estimations, a soutenu Martin Gooch, de l’entreprise Value Chain Management International, qui a mené l’étude.

Société

Les Canadiens consomment un peu moins de sucre, révèle une étude de Statistique Canada

MONTRÉAL — Les Canadiens consomment un peu moins de sucre, révèle une analyse de Statistique Canada rendue publique mercredi.

Il s’agit de la première étude à se pencher sur la tendance à long terme de la consommation de sucre au moyen des plus récentes données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes datant de 2015, a fait savoir l’organisme fédéral de statistiques.

Dans l’ensemble, la consommation de sucres totaux - qui comprennent les sucres libres et les sucres d’origine naturelle - a diminué pour tous les groupes d’âge de 2004 à 2015.

Les données ont été recueillies auprès de plus de 45 000 Canadiens âgés de 2 ans et plus.

La consommation quotidienne moyenne de sucres totaux en 2015 était de 101 grammes ou l’équivalent (comparativement à 104 grammes en 2004) chez les enfants de 2 à 8 ans, de 115 grammes (comparativement à 128 grammes) chez les enfants de 9 à 18 ans, et de 85 grammes (comparativement à 93 grammes) chez les adultes.

À quoi correspondent 100 grammes de sucres? À environ 24 cuillères de thé, est-il indiqué dans l’étude.

Cette diminution est notamment attribuable à une baisse de la consommation de boissons sucrées, ce qui inclut les boissons gazeuses et les boissons aux fruits comportant moins de 100 pour cent de jus.

Malgré ce constat, les boissons sucrées constituent toujours la principale source de sucres totaux chez tous les Canadiens, représentant 22 pour cent des sucres totaux chez les jeunes enfants, 30 pour cent chez les enfants plus âgés et 24 pour cent chez les adultes, a-t-il été calculé.

Ce que la Coalition québécoise sur la problématique du poids n’a pas manqué de relever.

Au Québec, un enfant sur cinq boit des boissons sucrées chaque jour, une mauvaise habitude qui augmente les risques d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires et de caries dentaires, indique la Coalition.

Elle y voit là l’importance de poursuivre et d’intensifier les actions pour diminuer la consommation de boissons sucrées.

«Depuis quelques années, de nombreux professionnels de la santé et organismes, comme la Coalition Poids, ont concentré leurs efforts à sensibiliser et éduquer sur les méfaits de la surconsommation de ces bonbons liquides. Nous sommes ravis de constater que cela porte fruit, mais il y a encore beaucoup de travail à faire: les boissons sucrées demeurent la principale source de sucre dans l’alimentation des Canadiens», souligne Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids, dans un communiqué diffusé mercredi.

Santé

Les hommes se rappellent plus de la douleur que les femmes, dit une étude

MONTRÉAL — Les hommes ont un souvenir plus net que les femmes de la douleur qu'ils ont ressentie dans le passé. Et pour cette raison, les mâles anticipent avec stress la prochaine douleur et y sont donc plus sensibles, révèle une récente étude dirigée par des chercheurs basés à Montréal et Toronto.

Ce résultat a été une surprise pour les chercheurs.

Car il est bien connu, disent-ils, que les femmes sont plus sensibles à la douleur que les hommes, et aussi qu'elles sont aussi généralement plus stressées qu'eux.

Bref, de voir que les hommes réagissaient plus dans le cadre de l'étude a été une découverte étonnante pour eux.

Ces travaux ont été réalisés alors que les scientifiques croient de plus en plus que l'un des principaux déterminants de la douleur chronique semble être le souvenir de la douleur antérieure. Et la recherche démontre une différence entre les hommes et les femmes: ils se souviennent de façon différente de leur douleur.

L'équipe dirigée par des chercheurs de l'Université McGill à Montréal et de l'Université de Toronto a publié jeudi ses résultats - observés sur des souris et des humains - dans la revue scientifique «Current Biology».

Parce que les hommes se souvenaient plus de leur douleur passée, ils étaient plus stressés dans le cadre de l'étude, et donc hypersensibles à la douleur subséquente causée au même endroit où elle avait été ressentie la première fois. Les femmes - et les souris femelles - ne semblaient pas stressées par leurs expériences antérieures de douleur, a expliqué en entrevue téléphonique Jeffrey Mogil, professeur au département de psychologie de l'Université McGill et l'auteur principal de la recherche. L'homme est aussi titulaire de la Chaire de recherche sur la douleur E.-P.-Taylor au Département de psychologie et au Centre Alan-Edwards de recherche sur la douleur de l'Université McGill.

Pour l'instant, les découvertes sont limitées à un contexte où une douleur subséquente a été appliquée au même endroit que la première, dans un laps de temps relativement court. On ne parle donc pas d'une cheville cassée et, un mois plus tard, d'une coupure au visage: il faudra plus de recherches pour extrapoler les résultats de cette façon.

L'étude avait deux étapes sur les souris comme chez les humains: la première était une application de chaleur sur le corps (une douleur faible), puis, une douleur plus intense causée par un brassard chez l'humain, et une injection de vinaigre chez les souris.

«À notre avis, les souris et les hommes anticipaient la pose du brassard ou l'injection du vinaigre, et chez les sujets mâles, ce stress d'anticipation a accru la sensibilité à la douleur», avance le professeur Mogil. On parle ici de la douleur thermique, car ils craignaient alors la pose du brassard. «Nous nous attendions à ce que la sensation douloureuse soit plus intense le deuxième jour, mais non à ce qu'elle le soit chez les mâles seulement. C'était complètement inattendu.»

Surtout que les femmes et les hommes avaient donné la même intensité à la douleur ressentie lors de la première application de chaleur. Mais pas à la deuxième: les hommes la jugeaient plus douloureuse.

Mais sait-on pourquoi? «Non, c'est la grande découverte surprenante. On n'en a aucune idée» s'est exclamé le docteur.

Il a une théorie, qui n'est toutefois pas scientifiquement prouvée: «les femmes ont plus grande expérience de la douleur. Peut-être que c'est pour cela qu'elles sont moins stressées par la douleur».

Cela confirme-t-il la croyance selon laquelle les femmes oublient la douleur de l'accouchement, ce qui fait en sorte qu'elles ne refusent pas net d'avoir un autre bébé après?

«Les gens disent cela. Je trouve cela intéressant et ce n'est pas impossible, a commenté le chercheur. Peut-être que notre recherche est plus large que nous le pensons et nous touchons à cela avec nos résultats.» Mais il ne peut dire si cela est bel et bien vrai.

La similitude des résultats obtenus chez l'être humain et la souris confirme la solidité de l'observation, avancent les scientifiques. L'effectif du volet humain de l'étude comprenait 41 hommes et 38 femmes de 18 à 40 ans.

Quant à l'intérêt de cette recherche, les chercheurs estiment que les résultats obtenus pourraient éventuellement aider à développer des traitements pour la douleur chronique, qui afflige de très nombreuses personnes.

De plus, le fait de confirmer qu'il y a une autre différence entre les hommes et les femmes sur la façon de ressentir la douleur permettra de mieux cibler les soins à leur offrir - et la recherche.

Jusqu'à très récemment, presque personne n'effectuait ses recherches animales sur des spécimens femelles, dit le chercheur.

«Les femmes constituent la majorité des patients souffrant de douleur chronique, alors pourquoi diable faisons-nous nos recherches sur les mâles?», se demande le professeur Mogil.

Actualités

La résilience des immigrants à l’étude

Jusqu’à quel point un quartier, avec ses logements, ses services, ses habitants et son environnement, peut influencer la résilience des immigrants qui s’y installent ? Voilà la question sur laquelle se penchent des chercheurs universitaires qui souhaitent recruter des participants du Mont-Bleu et de deux quartiers d’Ottawa.

Dans le cadre du projet «Immigration et résilience en milieu urbain», qui est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, les chercheurs compareront la réalité des participants du quartier Mont-Bleu, à Gatineau, à celle des quartiers Overbrook-Cummings et Ledbury-Heron Gate-Ridgemont-Elmwood, à Ottawa.

Actualités

Tatouer pour la cause

C’est en mémoire de son amie décédée en novembre 2017 que Julie Orphanos sillonne le Québec, depuis plus de deux mois, afin de laisser une trace permanente sur la peau des gens qu’elle rencontre. La tatoueuse porte en elle et dépose sur les autres un vibrant message d’espoir. De ville en ville, elle tatoue un point-virgule sur les corps des gens. Grâce à ce projet, l’artiste tatoueuse a remis plus de 5000 $ à divers organismes.

Julie Orphanos a décidé de souligner le premier anniversaire du décès de son amie d’une façon unique. Avec l’accord de la mère de la défunte, elle s’est lancée dans ce projet qui devait initialement durer une seule journée. Le succès est plus qu’au rendez-vous, puisque la tatoueuse n’a pas cessé depuis. 

« La mère de mon amie a été la première participante à la collecte de fonds. C’était son premier tatouage », explique la jeune femme. Environ 40 % des participants en sont à leur premier tatouage. 

Depuis le 3 novembre, l’instigatrice a eu l’occasion de tatouer des personnes âgées de 16 ans à 78 ans. Les participants en profitent pour marquer leur peau en famille, en fratrie et même en groupe de travail. 

La première visite au Lac-Saint-Jean de Julie Orphanos aura permis de marquer une centaine de personnes, alors que des événements ont eu lieu jeudi et vendredi derniers à Saint-Nazaire et à Alma. À la fin de sa première journée en sol jeannois, la principale intéressée estimait avoir tatoué plus de 550 points-virgules, alors qu’une cinquantaine de participants l’attendaient, le lendemain, à Alma.

Forte signification

Le tatouage de ce signe de ponctuation n’a rien d’anodin alors qu’une signification bien précise entoure le point-virgule. « En littérature, le point-virgule, c’est quand l’auteur aurait pu mettre un point à sa phrase, mais qu’il décide de la poursuivre. C’est un symbole qui signifie de continuer. Cela touche beaucoup de choses, comme la dépression, le suicide, la maladie mentale et la dépendance, explique-t-elle. Tout le monde, que ce soit de près ou de loin, risque d’être touché. »

Les séances de tatouage n’ont rien de banal. Julie Orphanos rencontre des gens avec des histoires bien particulières. Les pleurs sont parfois du rendez-vous. « Il y a de belles histoires et des histoires très tristes. Les gens prennent rendez-vous en me racontant leur histoire, la raison du tatouage », témoigne celle qui coordonne le tout bénévolement, en compagnie d’une amie. La jeune femme de Saint-Lambert, sur la rive sud de Montréal, consacre près de 60 heures par semaine à ce projet. 

Cette activité fait partie du processus de guérison pour certains. « On me dit : “J’ai besoin de ce tatouage, d’une tape dans le dos, de souligner mon courage, que ce soit moins tabou et moins lourd.” », exprime Mme Orphanos. 

Un tarif minimum de 20 $ est demandé par tatouage. La moitié de l’argent est remise à l’Association québécoise de prévention du suicide. Certaines journées sont également dédiées à des organismes spécifiques. Ceux-ci sont toujours reliés à la signification du point-virgule, soit à la santé mentale, à la dépression ou à la dépendance. Jusqu’à présent, la jeune femme a remis plus de 5300 $ en dons.

La principale intéressée se laisse porter par la demande. Le projet voyage grâce au bouche-à-oreille et aux réseaux sociaux. Les prochaines semaines la conduiront notamment à Joliette, à Sherbrooke et en Gaspésie. Elle prévoit revenir bientôt au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les détails se retrouvent sur sa page Facebook, Orphanos tattoos.

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Si vous avez besoin d’aide ou remarquez qu’un proche est en détresse, n’hésitez pas à contacter 1866 APPELLE (277-3553). Une aide immédiate, offerte par un intervenant formé en intervention de crise suicidaire, est accessible 24 heures par jour et sept jours par semaine. Le service est sans frais et confidentiel. 

Société

Le désir de changement au Nouvel An, pourquoi?

Qu’est-ce qui nous pousse, au début de chaque nouvelle année, à nous fixer d’ambitieuses résolutions?

Pour la sociologue à l’Université d’Ottawa, Diane Pacom, c’est un «phénomène de fin et de recommencement» combiné à de vieilles traditions provenant d’une époque où la religion occupait une place plus importante dans notre société.

«Ça ne peut pas se passer à Pâques ou à une autre date. On peut retrouver ça sur un plan plus personnel à notre anniversaire», souligne Mme Pacom.

De son côté, la directrice générale de la Sporthèque, Élaine Dupras, croit que le mois de décembre est éreintant pour la majorité d’entre nous et nous amène à souhaiter un changement à nos habitudes. Ce qui explique pourquoi les centres d’activité physique comme le sien observent annuellement une forte croissance de l’achalandage en janvier.

«Souvent, les gens ont négligé l’entraînement avant les Fêtes parce qu’ils sont trop occupés. Pendant les Fêtes, on mange trop et on ne bouge pas, soutient Mme Dupras. En janvier, c’est un bon moment pour tout le monde de reprendre l’entraînement parce qu’on se sent un peu ankylosé.»

Pour la sociologue Diane Pacom, il s’agit d’un phénomène fascinant dans une société «rationnelle et cynique» où une majorité s’adonne simultanément à la pensée magique.

«Tout d’un coup, on espère, pour des raisons complètement irrationnelles, qu’on n’aura pas de défaut. Les défauts qu’on traîne depuis l’adolescence vont, comme ça, miraculeusement disparaître», observe Mme Pacom.

Cette dernière est toutefois loin de considérer qu’il s’agit d’un processus malsain, aussi irrationnel soit-il.

«Avoir cet élan, c’est peut-être un peu enfantin et utopique, mais pourquoi pas? Ça nous donne des ailes, ça nous permet de pardonner à nous et aux gens autour de nous, croit la sociologue. Il y a énormément de gens qui embarquent. Même s’il n’y a que 5 ou 10% des gens qui réussissent, je trouve ça quand même extraordinaire.»

La santé comme objectif

Les principales résolutions prises chaque Nouvel An ont habituellement un lien avec la santé, croit Diane Pacom. Que ce soit de faire plus d’activité physique, de manger mieux ou d’arrêter de fumer.

La réalité d’aujourd’hui fait en sorte que de plus en plus de gens prennent des résolutions liées au temps passé devant des écrans, notamment les appareils mobiles. Encore là, c’est un objectif qui peut avoir des bienfaits pour la santé mentale, estime Diane Pacom.

Parmi les nombreux nouveaux visages qui se franchissent les portes de la Sporthèque, Élaine Dupras constate que la santé est effectivement au centre des préoccupations.

«Je pense qu’on est tous vraiment sensibilisés aujourd’hui au fait qu’adopter de saines habitudes de vie, c’est vraiment la pilule miracle pour se garder en santé. Pour vivre plus longtemps avec une qualité de vie plus intéressante, explique Mme Dupras. Personnellement, quand je regarde le système de santé qui est difficile d’accès, je me dis que la dernière chose qu’on veut, c’est d’être malade.»

Santé

La menace des opioïdes varie d’un océan à l’autre

VANCOUVER — Lorsqu’un de ses grands amis est mort d’une surdose d’opioïdes, seul dans sa chambre, Brandon Bailey a commencé à partager son numéro de cellulaire sur les réseaux sociaux.

Le toxicomane en rémission a un message pour les consommateurs d’opioïdes : si vous vous apprêtez à en prendre, appelez-le. « Je viendrai vous voir et m’assurerai que vous êtes en sécurité », écrit M. Bailey dans un message Facebook.

Politique

Ottawa craint que la technologie pousse des travailleurs «vulnérables» au chômage

OTTAWA — Craignant que les emplois exigeant des compétences technologiques poussent les travailleurs «vulnérables» hors du marché du travail et viennent alourdir les programmes de prestations d’aide du gouvernement, des responsables fédéraux cherchent discrètement des moyens de stimuler l’emploi chez les Autochtones, les nouveaux arrivants et les personnes handicapées, révèlent des documents internes du gouvernement.

Lors d’une présentation portant la mention «secrète» offerte l’an dernier aux plus hauts fonctionnaires de l’État, le gouvernement disait souhaiter trouver un moyen de briser les stéréotypes qui constituent des obstacles à l’emploi.

Par exemple, les documents soulignent que des employeurs sont souvent réticents à engager des personnes handicapées, croyant qu’il sera trop difficile d’adapter leur environnement de travail.

Augmenter le taux d’emploi d’à peine un pour cent dans chaque groupe de travailleurs dits «vulnérables» permettrait d’accroître l’économie du Canada d’environ un demi-point de pourcentage, selon les estimations du gouvernement. Un gain considérable alors que la croissance annuelle est d’environ deux pour cent.

De plus, comme l’omniprésence des nouvelles technologies force les entreprises à chercher de la main-d’oeuvre hautement qualifiée, et que bon nombre de travailleurs parmi ces groupes sont considérés comme peu qualifiés, les fonctionnaires craignent que l’évolution du marché du travail ne les condamne au chômage.

Le phénomène pourrait aussi faire mal à bon nombre de travailleurs qui occupent actuellement un emploi et qui pourraient éventuellement le perdre en raison du progrès technologique. Tout cela aurait pour conséquence d’augmenter le nombre de prestataires des programmes de revenus de soutien et de grever les finances fédérales.

«L’imprévisibilité de la nature changeante du marché du travail et les pressions démographiques pourraient exacerber les vulnérabilités et faire basculer, parmi les groupes vulnérables, ceux qui se trouvent tout juste sur le seuil», prévient le document.

La Presse canadienne a obtenu ces documents en vertu de la Loi sur l’accès à l’information alors que le gouvernement libéral parle déjà publiquement de se servir du budget 2019, le dernier avant l’élection générale, pour stimuler la formation technique.

Une façon de faire obsolète

Le ministre du Développement social, Jean-Yves Duclos, a déclaré récemment au cours d’une entrevue de fin d’année qu’il fallait en faire davantage pour favoriser la formation professionnelle afin de s’assurer que les gens qui ont de la difficulté à intégrer le marché du travail puissent avoir une véritable chance d’y arriver.

Le gouvernement procède actuellement à une vaste évaluation de ses programmes de formation professionnelle et technique.

Les documents du ministère des Finances au sujet de la révision en cours indiquent que, par exemple, les programmes de formation au Canada ciblent d’abord les besoins immédiats des travailleurs qui viennent de perdre leur emploi.

Mais l’évolution des nouvelles technologies a rendu cette façon de faire obsolète. Au lieu de trouver un nouvel employeur qui va embaucher la personne pour effectuer le même type de travail, il faudrait plutôt permettre à l’individu d’acquérir de nouvelles compétences lui permettant de réintégrer le marché du travail à long terme. La révision cherche justement à déterminer «la pertinence des programmes actuels et où devraient être consacrés les futurs investissements».

En s’intéressant particulièrement aux personnes peu qualifiées, qui n’ont généralement pas d’éducation postsecondaire, ce sont 128 000 travailleurs de plus qui pourraient intégrer le marché du travail si leur taux d’emploi augmentait de seulement un pour cent. L’économie canadienne gagnerait du même coup un bonus de croissance de 0,4 pour cent, prédisent les fonctionnaires fédéraux.

Si l’on s’attarde uniquement à la situation des nouveaux arrivants, une augmentation du taux d’emploi des immigrants d’un pour cent permettrait d’ajouter 9500 travailleurs et 0,03 pour cent au produit intérieur brut du pays. Des chiffres semblables s’appliquent aux Premières Nations.

Pour ce qui est des personnes handicapées, une hausse de l’emploi d’un pour cent représenterait 23 400 nouveaux travailleurs et une croissance économique additionnelle de 0,07 pour cent.

ACTUALITÉ

Résolution du Nouvel An: réduire le temps d’utilisation des réseaux sociaux

Il n’y a pas si longtemps, la résolution du Nouvel An des gens était de se remettre en forme, de mieux manger ou d’arrêter de fumer. Aujourd’hui, bon nombre de personnes ont pour objectif de réduire le temps d’utilisation des réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram, Snapchat et Twitter.

Marie-Claude Paradis-Vigneault, 35 ans et William Bélisle, 20 ans, ont décidé récemment de faire attention au temps qu’ils passent sur les différents médias sociaux. Durant tout le mois de janvier, à l’aide d’une application mobile, les deux Sherbrookois pourront connaître leurs habitudes en terme de temps passé sur leurs téléphones et apporter des changements au quotidien.

À lire aussi: La vie sans écrans

Selon Mme Paradis-Vigneault, le problème ne se compte pas en minutes. « Ce n’est pas le temps tant que le sentiment. J’ai un sentiment de dépendance et je n’aime pas ça. Ce sentiment de dépendance me fait penser à mon ami, qui lui est dépendant à la marijuana. [...] Je n’ai pas toujours du fun et ce n’est pas toujours pertinent ce que je lis. Quand j’entre de travailler et que je fais du scroll, c’est comme un pilote automatique de fatigue », exprime-t-elle. 

Celle qui est également attachée de presse de la députée Christine Labrie a déjà fait une trêve des médias sociaux. « Je suis allée au parc de la Mauricie durant trois ou quatre jours. Je n’ai pas fermé mon cellulaire, s’il se passait quelque chose de gros je l’aurais su, mais j’ai fermé mes réseaux sociaux. Il y a quelques semaines, je me suis dit que j’allais me couper des médias sociaux durant 72 heures. Je suis quelqu’un qui a besoin de communiquer. Ces 72 heures, c’est comme s’il elles s’étaient condensées, donc je me suis mise à écrire plus, et des choses que je ne mettais pas sur les réseaux sociaux. De là est venu le projet d’écrire un roman autobiographique. Ça m’a emmenée sur mon besoin de communiquer », explique celle qui estime passer environ trois heures par jour sur les réseaux sociaux et qui aimerait réussir à décrocher 48 heures par semaine de ce monde virtuel.