Justice et faits divers

Légalisation de la marijuana: les policiers municipaux réclament plus d’agents évaluateurs

À l’approche de la légalisation de la marijuana au pays, la Fédération des policiers municipaux du Québec réclame qu’au moins dix fois plus d’agents évaluateurs afin de constituer les dossiers de conduite sous l’influence du cannabis qui seront présentés devant les tribunaux.

L’agent évaluateur est un expert en reconnaissance de drogues certifié qui est agréé par l’Association internationale des chefs de police en mesure d’effectuer des évaluations selon l’article 254 (3.1) du Code criminel pour vérifier si la capacité de conduite d’une personne est affaiblie par suite de l’absorption d’une drogue ou d’une combinaison d’alcool et de drogue. 

Offerte à l’École nationale de police du Québec depuis 2008, la formation est  de 80 heures réparties sur dix jours et doit être complétée par un agrément sur le terrain de 40 heures.

On compterait 80 agents évaluateurs dans les services de police municipaux du Québec et une quarantaine d’autres policiers ayant complété la formation théorique en attente de réussir l’agrément sur le terrain.

La Fédération calcule que 10% des policiers municipaux sont formés en tant qu’agents évaluateurs pour l’alcool, mais que moins de 1% le seraient pour la détection du cannabis, une lacune importante étant donné que le cannabis sera légal au Canada d’ici quelques mois.

Cinq corps policiers municipaux n’auraient aucun agent évaluateur et quinze n’en auraient qu’un seul alors que la Fédération souhaiterait qu’il y ait un agent évaluateur par relève par service de police.

«Depuis le 6 septembre, nous demandons au gouvernement de trouver une solution pour former plus d’agents évaluateurs. Quelle a été sa réponse? D’avoir recours aux tests de salive qui sont décriés par les spécialistes», déclare Robin Côté, président de la Fédération des policiers municipaux.

Société

SOS Vanier ne baisse pas les bras

Des militants du groupe de pression SOS Vanier sont venus faire sentir leur présence, dimanche, en se postant devant le bureau de la députée libérale provinciale d’Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers.

Quelques jours après avoir essuyé une défaite lorsque le comité de l’urbanisme de la Ville d’Ottawa a approuvé majoritairement la construction d’un refuge de l’Armée du Salut dans Vanier, et à trois jours du vote du conseil municipal sur le même enjeu, les citoyens opposés au projet fourbissent leurs armes et cherchent de nouvelles avenues pour exprimer leur désaccord.

Dimanche, à l’intérieur du Centre francophone de Vanier où loge le bureau de Mme Des Rosiers, avait lieu l’assemblée générale de l’Association libérale d’Ottawa-Vanier. Au terme de celle-ci, sans grande surprise, Nathalie Des Rosiers a été de nouveau choisie à titre de candidate du Parti libéral de l’Ontario dans la circonscription d’Ottawa-Vanier en vue des prochaines élections provinciales.

Société

D'hier à aujourd'hui

Tous les lundis, Le Droit vous propose un clin d’œil sur l’histoire de notre magnifique région. Par la juxtaposition d’une image du passé et d’un cliché actuel, nous illustrerons le chemin parcouru et de quelle façon certains lieux bien connus ont évolué au fil des années. Nous vous invitons par ailleurs à contribuer à la série « D’hier à aujourd’hui ». Si vous détenez une relique qui sert de témoin de l’histoire d’un paysage ou d’un endroit important de la région, contactez-nous afin de partager cette image. Il peut s’agir d’à peu près n’importe quoi, une rue, un carrefour, un commerce ou encore un parc. Pourvu qu’il s’agisse d’une photo d’un lieu urbain qui a un certain âge.

Gare de Templeton Est (Date inconnue — 2017)

Un exemple de plus des transformations que la région a connu au cours du dernier siècle dans le cadre de cette chronique historique.

Autrefois, ce sont des rails qui côtoyaient ce petit bâtiment érigé au centre du secteur de Templeton.

Aujourd’hui, c’est un sentier communautaire qui se trouve à cet endroit. Toutefois, malgré les ressemblances évidentes, il ne s’agit pas du même bâtiment.

Société

48e défilé du père Noël d’Ottawa: grelots et grésil

Il en fallait du courage pour franchir les 3,3 km de parcours du défilé du père Noël d’Ottawa samedi, avec un facteur de refroidissement éolien faisant chuter le mercure à -8 °C, un petit vent assassin de 20 km/h et le grésil qui commença à tomber dès que les premiers véhicules motorisés ou tractés du défilé s’ébranlèrent.

Dès le départ, les organisateurs savaient qu’ils livraient là un contre-la-montre : clore le défilé avant que la première tempête hivernale annoncée ne s’abatte sur Ottawa.

C’est la première fois en neuf ans que le défilé du père Noël d’Ottawa, le fameux Help Santa Toy Parade, emprunte son parcours original, soit de l’hôtel de ville à la Place TD, en empruntant les rues Laurier et Bank. Les travaux routiers des dernières années avaient forcé les organisateurs à modifier les itinéraires.

Quoi qu’il en soit, pour une 48e année, une longue armada de chars, divisions de fanfare et mascottes de tous genres s’ébranlèrent à 11 h pile pour aller à la rencontre des quelque 100 000 spectateurs que l’on attendait le long des trottoirs. 

En tout, ce sont 69 chars allégoriques et structures diverses qui ont défilé, samedi, entourés de 3000 participants et 200 pompiers ; ces derniers étant essentiellement chargés de tendre des seaux à la foule pour recueillir de l’argent ou des jouets neufs pour les enfants de la région d’Ottawa, car les jouets d’occasion sont des dons désormais interdits au défilé à cause de quelques mésaventures survenues dans le passé.

Le défilé du père Noël d’Ottawa est le plus ancien du genre dans la région. Il règne sur la ville depuis 1969 et en 48 ans, près de 1,8 million $ y ont été amassés à l’intention des enfants dans le besoin. 

Le vrai défilé commence en février

Il s’agit là d’une énorme organisation qui commence ses préparatifs dès février chaque année. 

Quand l’hiver n’est même pas encore terminé, la coprésidente du Help Santa Toy Parade, Emma Turpin, prépare déjà le prochain défilé : fermetures de rues, permis, gestion générale, recherche de commanditaires et de bénévoles... Une machine bien huilée à laquelle elle participe depuis maintenant huit ans. 

« Chaque sou que nous recueillons le long du parcours sert à acheter des jouets qui sont ensuite distribués, par le biais de l’Armée du Salut, aux familles dans le besoin. Donc, nos commanditaires couvrent nos dépenses et tout ce que nous amassons durant le défilé est destiné aux familles », explique madame Turpin.


Patrick Brunet, un cultivateur de houblon de Saint-Isidore, est arrivé en matinée avec sa famille et ses deux chevaux. Il promène quelques enfants de la fondation Rêves d’enfants dans sa carriole de paysan décorée pour l’occasion. Il en est à son quarantième défilé, environ, comme figurant. 

« On veut faire le plus de parades qu’on est capable de faire », raconte-t-il.

Le grésil s’est maintenant changé en pluie.

Société

Le côté obscur de l'écran

La deuxième édition de la Grande Semaine des tout-petits battra son plein au Québec, du 19 au 25 novembre, avec comme objectif avoué de sensibiliser la population à faire de la petite enfance une priorité, tout en mettant en lumière les défis reliés à l’univers des 0 à 5 ans. Dans ce contexte, Le Droit propose aujourd’hui un bref regard sur un phénomène qui prend de l’ampleur dans les chaumières de la vaste majorité des pays développés: l’exposition des jeunes enfants aux médias numériques et les conséquences sur la santé et le développement qui sont rattachées à cette omniprésence de l’écran dans nos vies familiales.

Quel parent propriétaire d’un appareil numérique, qu’on parle d’un téléphone intelligent ou d’une tablette électronique, n’a jamais laissé son bambin jouer avec le gadget en question afin de distraire ce dernier qui se fait quelque peu bruyant au restaurant? Le téléviseur, cette boîte à images qui meuble le salon de la plupart des Canadiens, peut aussi être à l’occasion un «gardien» de prédilection lorsque maman et papa en ont plein les bras à la maison.

L’exposition aux médias numériques chez les plus jeunes est sous la loupe de chercheurs depuis déjà plusieurs années. Dans un rapport publié en juin dernier émanant du recensement de nombreuses études faites au fil des ans sur le sujet, la Société canadienne de pédiatrie (SCP) met de l’avant quatre grandes recommandations destinées aux parents et autres personnes ayant à charge des enfants en bas âge. 

D’abord, le document de principes préconise de limiter le temps d’écran chez les 0 à 5 ans. Essentiellement, les enfants âgés de deux ans et moins ne devraient pas utiliser d’écrans numériques, alors que le temps d’écran devrait être limité à une heure par jour pour les petits âgés de 2 à 5 ans, soulignent les spécialistes qui signent les conclusions de la SCP. 

Ensuite, l’association propose d’atténuer les risques associés aux écrans en accordant la priorité à des émissions éducatives et interactives adaptées à l’âge de l’enfant. L’adulte doit aussi être présent et engagé lorsque les enfants sont devant un écran et peut par exemple regarder le contenu avec eux.

Finalement, la SCP recommande d’être attentif à l’utilisation de tous les écrans à la maison et de donner l’exemple d’habitudes positives.

Mettre la culpabilité au rencart

Pour Joanne Lehrer, professeure régulière en éducation préscolaire à l’Université du Québec en Outaouais, ces recommandations de la SCP tombent sous le sens. Cette dernière a participé à la réflexion entourant la diffusion des résultats émanant de la recension des écrits dans le cadre d’un projet piloté par la Direction régionale de la santé publique de Montréal, en 2014. Ledit projet visait à élaborer un guide pour une saine utilisation des écrans chez les tout-petits. Des universitaires de l’Équipe de recherche Qualité des contextes éducatifs de la petite enfance, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ont participé aux travaux. Les grandes lignes dressées dans le guide en question sont à peu près les mêmes que les conclusions auxquelles arrivent la SCP.

Un bémol s’impose cependant, estime Mme Lehrer. Les recommandations en question ne doivent pas servir de règles absolues. «Il ne faut surtout pas culpabiliser les parents», lance Mme Lehrer.

C’est une véritable réflexion de société qui s’impose face au phénomène de la prédominance de l’écran, lequel est possiblement le reflet d’une place non suffisamment importante accordée à la petite enfance dans la vie de tous les jours, avance la professeure. «On parle de l’obésité et du fait que les enfants sont en mode sédentaire, mais qu’est-ce qui nous mène à mettre nos enfants devant des écrans de plus en plus? On doit s’attarder comme société à la place qui est faite aux jeunes enfants dans les lieux publics. Quand on sort au restaurant, on voit souvent des enfants qui jouent sur la tablette. Le parent qui donne la tablette le fait généralement parce qu’il se sent jugé quand son enfant parle fort ou qu’il court dans le restaurant. Si on mettait davantage nos efforts sur convaincre les parents et le public que nos petits sont bienvenus dans tous les lieux publics, peut-être que les parents ressentiraient moins de pression», affirme-t-elle.

La clé pour le bon développement chez les 0-5 ans demeure de miser sur un éventail varié d’activités, ajoute Mme Lehrer.

«Il faut utiliser son gros bon sens avec son enfant et être attentif à lui. S’il démontre des comportements qui donnent l’impression qu’il est accroc à l’écran, c’est autre chose qu’un enfant qui passe un peu de temps devant la tablette et qui va ensuite aller jouer avec ses LEGOS ou va demander de pouvoir lire un livre. C’est l’équilibre et la diversité des activités qu’il faut viser pour stimuler toutes les sphères de développement de l’enfant.»

Société

La neutralité religieuse devant un tribunal

La controversée Loi sur la neutralité religieuse a été débattue pour une première fois devant un tribunal vendredi: une demande de suspension de l’article qui prévoit que les services gouvernementaux doivent être livrés et reçus à visage découvert a été plaidée, puis prise en délibéré par le juge qui l’a entendue au palais de justice de Montréal.

Le juge Babak Barin, de la Cour supérieure, a promis de rendre son jugement dès que possible.

Ceux qui contestent la loi sont le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et une citoyenne québécoise musulmane portant le voile intégral, Marie-Michelle Lacoste.

Ils allèguent que l’article 10 de la loi viole des droits protégés par les chartes, dont l’égalité et la liberté de religion, et qu’il devrait être invalidé.

Vendredi, l’avocate en charge de cette contestation, Catherine McKenzie, a demandé une suspension temporaire de cet article, en attendant un débat judiciaire en profondeur et un jugement.

Elle a plaidé l’urgence, considérant l’effet significatif de la loi pour les femmes musulmanes portant le voile intégral dans leur vie quotidienne. Un dommage qui ne pourra être réparé, a fait valoir l’avocate.

Selon deux femmes portant le voile intégral, qui ont signé des déclarations assermentées remises au juge Barin, elles craignent de devoir enlever leur voile si elles reçoivent des services gouvernementaux. L’une prend uniquement le métro pour se déplacer désormais, car elle redoute les chauffeurs d’autobus, et n’assiste qu’à ses cours se donnant à l’Université McGill car l’institution a indiqué qu’elle ne forcerait personne à enlever son voile. De plus, l’agressivité et les insultes des gens ont augmenté depuis que la Loi sur la neutralité religieuse a été adoptée en octobre, disent-elles.

La prohibition est totale, et il n’y a aucune disposition pour offrir des accommodements, soutient Me McKenzie. En fait, l’article 11 le prévoit, mais il n’est pas en vigueur, contrairement au reste de la loi.

Pour cette raison notamment, Me McKenzie plaide que la suspension demandée ne causera pas de tort au gouvernement québécois, qui, de toute façon, n’avait pas vraiment fini de rédiger sa loi. Pas plus qu’elle ne causera de tort aux citoyens, a-t-elle ajouté.

Le gouvernement a défendu sa loi. L’avocat du Procureur général du Québec, Éric Cantin, a d’abord plaidé qu’il y a une présomption à l’effet qu’une loi adoptée par le gouvernement est dans l’intérêt public. Et que pour réfuter cette présomption, les demandeurs n’ont pas présenté assez de preuves.

Puis, il a soumis au juge Barin que la preuve de la discrimination subie par les deux femmes musulmanes est faible: elles ne font état que de «craintes», a-t-il insisté. Selon leurs déclarations, elles sont en mesure d’obtenir les mêmes services de la même manière qu’avant, a-t-il plaidé.

Quant au fait que l’article 11, qui prévoit les accommodements religieux, n’est pas encore en vigueur, Me Cantin a fait valoir que ce n’est pas très grave, puisqu’il ne fait que codifier ce qui existe déjà dans la jurisprudence.

«La notion d’accommodement n’est pas née avec l’article 11», a plaidé Me Cantin.

Pourquoi alors avoir adopté cet article, et en plus, l’avoir suspendu? a demandé Me McKenzie.

Après l’audience vendredi, Mme Lacoste, qui cherche à faire invalider l’article 10, a réagi au fait que le procureur a dit que le préjudice allégué découlait seulement de «craintes» des deux femmes et non pas de l’effet de la loi.

«Il ne connaît pas de quoi il parle. Je l’invite à rentrer dans mes souliers pendant une semaine», a-t-elle dit, refusant de faire d’autres commentaires.

Justice et faits divers

Cellulaire au volant: sanctions quadruplées?

Le gouvernement du Québec songe à quadrupler les sanctions liées à l’utilisation du téléphone cellulaire au volant dans sa toute prochaine réforme du Code de la sécurité routière.

Selon un document obtenu par Cogeco Nouvelles, l’amende se situera entre 300 $ et 400 $ selon la gravité de l’infraction. Actuellement, les amendes varient de 80 $ à 100 $ et quatre points d’inaptitude sont inscrits au dossier de conducteur du contrevenant.

Dans le nouveau Code de la sécurité routière, il n’y aurait toutefois pas d’ajout de points d’inaptitude.

Si le Québec adoptait de telles sanctions, leur sévérité se rapprocherait de celles constatées en Ontario et en Colombie-Britannique.

Cogeco Nouvelles ajoute que le ministre des Transports, André Fortin, n’a cependant pas l’intention d’imposer des moyens techniques tels les brouilleurs d’ondes pour empêcher l’utilisation du téléphone au volant.

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) croit que parler au cellulaire en conduisant quadruple le risque d’accident alors que texter au volant l’augmente de 20 fois.

Société

Armée du Salut à Vanier: les opposants se multiplient

Au terme de deux intensives journées, plus de la moitié des 170 personnes inscrites se sont exprimées sur la relocalisation du refuge de l’Armée du Salut dans le secteur Vanier devant le comité de l’urbanisme de la Ville d’Ottawa.

Comme ce fut le cas la veille, la majorité des personnes se sont prononcées contre le projet de l’organisme qui a pignon sur rue dans la Basse-Ville depuis 1963.

« Si l’on regarde attentivement, il y a trois refuges à 500 mètres du site proposé, alors on recommande que la Ville évalue quels établissements respectent la définition de refuge afin de prendre une décision en toute transparence », a entre autres dit l’avocat Peter Kucherapa.

La courtière immobilière Natalie Belovic, résidente du quartier Manor Park mais également propriétaire d’un immeuble à Vanier, croit que l’Armée du Salut a failli à sa tâche d’explorer tous les scénarios possibles avant d’arrêter son choix sur ce site.

« Je peux comprendre que le marché (By) n’est pas le bijou touristique que vous souhaiteriez, mais ce n’est pas mieux de déplacer le problème. Est-ce que Vanier est le seul endroit où on pouvait déménager les installations ? Pourquoi pas les plaines LeBreton ? La cour Bayview ? Lincoln Fields ? Ce sont tous des secteurs près de sources d’emploi et du transport en commun. Ces facteurs n’ont pas été pris en considération », a-t-elle lancé.

La réunion du comité d’urbanisme reprendra vendredi après une pause de 24 heures. Rien n’indique pour l’instant qu’elle pourrait se prolonger la semaine prochaine.

Statistiques

Moins de Canadiens satisfaits de la conciliation travail-vie personnelle

MONTRÉAL - La conciliation travail-vie personnelle pose de plus en plus de problèmes aux Canadiens.

Statistique Canada indique mardi qu’en huit ans, la proportion de Canadiens qui se disent satisfaits ou très satisfaits de la conciliation entre leur emploi et leur vie personnelle a chuté de 10 points, passant de 78 à 68 %.

Il s’agit bien ici de la vie personnelle des gens, et non seulement de la vie familiale, puisque les proportions sont les mêmes pour les Canadiens qui vivent avec ou sans enfant.

Ce sont ainsi 67 % des Canadiens vivant avec des enfants et 69 % de ceux qui vivent sans enfant qui se déclarent satisfaits ou très satisfaits de la conciliation entre leur travail et leur vie.

De même, les femmes et les hommes étaient concernés dans des proportions presque similaires, soit 66 et 70 % respectivement.

« Toujours la course »

Au cours d’une entrevue, mardi, la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec s’est même dite surprise que 68 % des gens se disent satisfaits ou très satisfaits de cette conciliation.

« On voit sur le terrain qu’effectivement, ce n’est pas évident de concilier le travail, la vie personnelle ou les études. Ce qu’on voit, nous, sur le terrain, c’est toujours la course : au niveau du transport, les gens passent de plus en plus de temps dans la voiture pour arriver à la maison le soir et il y a les devoirs, l’école, la garderie. Il y a de plus en plus de gens qui sont essoufflés », a souligné Sylvie Lévesque, directrice générale de la fédération.

« Et si on rajoute dans tout ça les proches aidantes — à cause de la population vieillissante, on prend soin de nos pères, mères, conjoints, etc. Je trouve ça étonnant, même, que c’est 68 % », a opiné Mme Lévesque.

Elle invite le gouvernement à adopter des mesures pour faciliter cette conciliation.

« C’est la maladie du siècle, si on peut dire. Ça fait plusieurs années ; ça fait plus de 20 ans qu’on parle de conciliation famille-travail. On voit, encore en 2017, que c’est encore présent. Il faudrait peut-être avoir des mesures en conséquence », a-t-elle suggéré.

Technologie omniprésente

Dans cette analyse tirée des données de l’Enquête sociale générale, on confirme également à quel point la technologie a envahi nos vies.

Ainsi, 90 % des Canadiens possédaient deux appareils numériques ou plus, en 2016, et 80 % en possédaient trois ou plus.

De plus, 71 % possédaient un ordinateur portable ou miniportable ; 54 % une liseuse ou une tablette et 50 % un ordinateur de bureau.

Comme on pouvait s’y attendre, l’utilisation de la technologie n’est plus l’apanage des jeunes.

« Alors que les enquêtes précédentes indiquaient une prédominance des jeunes en ce qui concerne l’utilisation d’Internet, l’enquête ‘Les Canadiens au travail et à la maison’ révèle que cette tendance a changé en 2016. Les groupes d’âges plus avancés acquièrent une part croissante dans le monde numérique », souligne Statistique Canada.

Ainsi, 91 % des Canadiens de 15 ans et plus ont utilisé Internet au moins quelques fois au cours du mois qui a précédé l’enquête, comparativement à 86 % en 2013.

Par exemple, chez les personnes âgées de 65 à 74 ans, la proportion est passée de 65 à 81 % durant cette période. Et chez les personnes âgées de 75 ans et plus, elle est passée de 35 à 50 %.

Statistique Canada a tiré ces conclusions à partir de l’Enquête sociale générale, qui a été menée d’août à décembre 2016. Elle concerne les Canadiens âgés de 15 ans et plus. L’échantillon était de 19 609 personnes.

En bref...

— 68 % des Canadiens satisfaits ou très satisfaits de la conciliation travail-vie en 2016

— 67 % de ceux qui vivent avec des enfants et 69 % de ceux qui vivent sans enfant

— 90 % des Canadiens possèdent 2 appareils numériques ou plus

— plus de 80 % en possèdent 3 ou plus

Justice et faits divers

Décès d'une Témoin de Jéhovah: la mort choisie en toute liberté

C’est de façon autonome et sans influence indue de sa communauté religieuse que la Témoin de Jéhovah Éloïse Dupuis a refusé une transfusion sanguine, qui aurait été la seule solution médicale afin de lui permettre de recouvrer la santé, en octobre 2016. Elle est décédée à l’Hôtel-Dieu de Lévis une semaine plus tard.

C’est la conclusion à laquelle est arrivé le coroner Luc Malouin dans le dossier de la jeune femme de 27 ans de Sainte-Marguerite, et aussi dans celui de Mirlande Cadet, une autre Témoin de Jéhovah de 46 ans décédée en octobre 2016 après son accouchement au Centre hospitalier de St. Mary, à Montréal. Cette dernière avait aussi refusé toute transfusion, mais avait finalement reçu des produits sanguins tardivement avec l’accord de son conjoint.

Le coroner a noté qu’Éloïse Dupuis avait, dès son entrée à la maison de naissance de Lévis, donné des directives claires quant à son refus de toute transfusion de sang ou de produits dérivés sanguins en raison de ses croyances religieuses.

Des complications médicales sont survenues après la naissance par césarienne, notamment une hémorragie majeure, et une hystérectomie a été pratiquée. Son état s’est ensuite détérioré jusqu’à son décès d’une défaillance multiorganique résultant d’un choc hémorragique.

«L’absence de nouveau produit sanguin pouvant remplacer les pertes sanguines de Mme Dupuis, souffrant d’abord d’hémorragie importante et, par la suite, d’anémie sévère, a provoqué un dérèglement de ses organes vitaux qu’il a été impossible médicalement de contrôler, ce qui a conduit à l’exitus final», a résumé Me Malouin dans son rapport.

La seule solution

Le coroner indique aussi que la seule solution qui aurait pu lui permettre de retrouver la santé était de recevoir des produits sanguins, mais que la patiente avait toujours refusé de le faire. «Le refus de toute transfusion sanguine est noté à de nombreuses reprises dans les dossiers médicaux», souligne le coroner.

Me Malouin indique que les médecins et le personnel médical ont informé la patiente et sa famille de l’importance des transfusions sanguines pour lui sauver la vie et de la conséquence fatale sans transfusion. «La patiente a maintenu son refus. Finalement, le coroner conclut que la communauté religieuse n’a pas eu d’influence indue dans le dossier», poursuit-il.

Il a ajouté que chaque personne au Québec avait cette liberté de choix. «Cette liberté a été exercée ici en accord avec les règles de droit. Il appartient à chacun de faire ses choix et d’en assumer pleinement les conséquences», explique-t-il au sujet du décès d’Éloïse Dupuis.

Recommandations

Suite aux cas Dupuis et Cadet, le coroner Malouin a tout de même recommandé de bonifier le plan de mesures à prendre dans le cas d’un accouchement pour les patientes qui refusent les transfusions sanguines.

Ainsi, il a suggéré à l’Hôtel-Dieu de Lévis d’ajouter à leur plan d’action la rédaction d’un plan de traitement particulier pour chaque patiente dans le but de prévoir les gestes médicaux à poser en cas de pertes sanguines importantes.

Il recommande aussi d’impliquer tous les médecins appelés à travailler avec ces patientes à participer activement à la mise en place d’un plan de traitement particulier, notamment en rencontrant cette patiente et en planifiant avec elle chacun des gestes à être posés en cas de problème.

Finalement, il demande au ministère de la Santé et des Services sociaux de prendre connaissance de son rapport et de le diffuser à tous les établissements de santé du Québec où se pratique l’obstétrique.

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