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Société

Fierté Montréal se fait connaître à l’international

La candidature de Montréal n’a peut-être pas été retenue pour l’organisation du WorldPride de 2023, qui aura lieu à Sydney en Australie, mais Fierté Montréal qui a piloté le dossier depuis près de deux ans, rentrera au pays la tête haute.

C’est ce qu’a souligné le vice-président de l’organisme, Jean-Sébastien Boudreault, joint au téléphone par La Presse canadienne à Athènes, en Grèce, quelques heures après l’annonce officielle.

Santé

Plus du tiers des adolescents au Québec en détresse psychologique, selon une étude

MONTRÉAL - Un portrait du bien-être des jeunes au Québec révèle que plus du tiers des adolescents âgés de 15 à 17 ans se situent à un niveau élevé sur l’échelle de détresse psychologique, soit 37,3 pour cent.

L’étude dévoilée jeudi par la Fondation Jeunes en Tête précise que plus d’un jeune sur deux dit s’être senti triste ou déprimé au cours du dernier mois et que les filles sont presque deux fois plus portées à déclarer vivre de la détresse psychologique que les garçons.

Catherine Burrows, directrice des Services jeunesse de la Fondation, a observé que pour certains indicateurs, l’étude révèle que les adolescents se portent mieux qu’avant, alors que pour d’autres, c’est l’inverse. Elle précise que le phénomène de la détresse psychologique est au coeur de la mission de la fondation.

Le portrait du bien-être des jeunes démontre que des actions concertées des différents intervenants dans la vie des jeunes, que ce soit les écoles, les professionnels de la santé, le gouvernement, ont des effets prometteurs et durables sur eux.

Le Portrait du bien-être des jeunes au Québec a été réalisé à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) par l’Observatoire Jeunes et Société (OJS). Il a mesuré le bien-être des jeunes à propos de leurs conditions matérielles, de l’éducation, de la santé physique et mentale de même que de leur milieu de vie, notamment, à partir de données provenant d’enquêtes de Statistique Canada, de l’Institut de la Statistique du Québec et de ministères québécois.

Il y a cinq mois, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a annoncé que son gouvernement investirait 40 millions $ afin d’améliorer les services en santé mentale pour les jeunes et réduire les listes d’attente. Un forum intitulé Jeunes et santé mentale regroupant quelque 200 experts, chercheurs, médecins, jeunes souffrant de troubles mentaux et leur famille a eu lieu à Québec.

Société

Manifestation contre la loi sur la laïcité de l’État à Gatineau

Des citoyens de Gatineau se sont rassemblés dimanche devant les Galeries de Hull afin de manifester contre la Loi provinciale sur la laïcité de l’État.

Plusieurs dizaines de personnes se sont déplacées pour dénoncer la loi mise en place par le gouvernement caquisque de François Legault. 

Les manifestants étaient d’ailleurs invités à porter le signe religieux de leur choix en plus d’arborer un macaron sur lequel on peut voir les mots «Loi 21» barrés par une ligne rouge. 

Plusieurs manifestants ont exprimé leur désaccord avec cette loi, affirmant qu’elle viole la Charte canadienne des droits et libertés et qu’elle limite les possibilités d’emploi à cause de leur religion.

Rappelons que la Loi interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État dans l’exercice de leurs fonctions. 

La campagne «Non à la loi 21» avait lieu conjointement dans trois autres villes québécoises, soit à Québec, à Montréal et à Sherbrooke.

Actualités

Consommation excessive d’alcool dans les campus: première canadienne en novembre

La consommation excessive d’alcool sur les campus a fait l’objet de discussion, jeudi, lors d’un symposium à Sherbrooke. Il s’agissait du premier symposium scientifique. Des spécialistes canadiens ont notamment abordé le changement de la culture d’alcool sur les campus et les approches éducatives pour prévenir la consommation à risque élevé. Une première enquête de surveillance canadienne menée en collaboration avec Santé Canada et Statistique Canada sera par ailleurs lancée sur les campus en novembre prochain. Les universités Bishop’s et de Sherbrooke ont accepté de participé à ce coup de sonde.

« On aura de nouvelles données », commente Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politiques au Centre canadien sur les dépendances et l’usage des substances (CCDUS).

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Les étudiants ont fêté «trop fort», déplore Gingues

Vérification faite

Vérification faite: 2 milliards d’arbres contre les GES?

L’AFFIRMATION: «Cela nous aidera aussi à atteindre près de 40 % de nos cibles de réduction des émissions [de gaz à effet de serre]», lisait-on dans un communiqué de presse du Parti libéral du Canada à propos de sa promesse de planter 2 milliards d’arbres d’ici 10 ans.

LES FAITS

Il est vrai que les arbres captent du CO2 dans l’atmosphère pour le transformer (avec de l’eau et de l’énergie solaire) en sucres. La question est : 2 milliards d’arbres en capteront-ils suffisamment pour combler 40 % des cibles canadiennes de GES?

Les objectifs du Canada en cette matière sont ceux de l’Accord de Paris, dont les signataires se sont engagés à ramener d’ici 2030 leurs émissions à 30 % sous leurs niveaux de 2005. Le Canada a rejeté 732 mégatonnes (Mt) de gaz carbonique (et équivalents) en 2005, si bien qu’il doit couper ce chiffre de 219 Mt d’ici la fin des années 2020. Les libéraux ont également évoqué une autre cible dans leur communiqué, soit celle d’en arriver à «zéro émission nette» d’ici 2050.

Or, dans un cas comme dans l’autre, les 2 milliards d’arbres sont loin de représenter 40 % des objectifs. Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué en conférence de presse que ces arbres allaient retirer 30 Mt de CO2 de l’atmosphère d’ici 2030. Mais cela représente moins de 14 % de l’Accord de Paris (-219 Mt d’ici 2030).

Le constat est le même pour l’autre cible de «zéro émission nette d’ici 2050». D’après le plus récent bilan fédéral, le Canada a émis 704 Mt de GES en 2017. Si rien n’est fait au cours des trois prochaines décennies, cela représente 21 120 Mt d’émissions totales. D’après certaines sources crédibles [bit.ly/2SSe9jM et bit.ly/2K5igX5], un arbre de bonne taille peut capter environ une tonne de CO2 sur 40 ans. Si l’on présume que les 2 milliards d’arbres promis survivent tout ce temps, cela représente donc à 2000 Mt d’ici 2060, donc moins de 10 % de l’objectif à atteindre — avec 10 ans de retard. Et encore, c’est un calcul très optimiste. Par exemple la firme québécoise Arbre Évolution, qui a notamment travaillé avec le Grand Prix de Trois-Rivières pour compenser ses émissions, compte toujours beaucoup moins qu’une tonne par arbre afin de tenir compte de la mortalité, notamment.

Alors comment le PLC arrive-t-il à ce chiffre de 40 %? D’après les réponses des relationnistes du parti, il semble que les libéraux se soient livrés à quelques manipulations statistiques. Environnement Canada a récemment fait des modélisations pour tenter de prédire l’effet des mesures adoptées (taxe sur le carbone et autres) sur les émissions à venir, et a conclu qu’elles n’étaient pas suffisantes pour respecter l’Accord de Paris : les mesures actuellement en vigueur ou prévues manqueraient la cible par 79 Mt [bit.ly/2ntnVh7, p. 5/29]. Et c’est à ce 79 Mt que les libéraux ont comparé le 30 Mt qui sera capté par les arbres plantés, ce qui fait 38 %.

Si l’on appelle les choses par leur nom, cependant cela représente donc 38 % du chemin qu’il resterait à parcourir, pas 38 % «des objectifs».

Et soulignons que l’on parle ici de projections : on n’est pas sûr que les mesures en place réduiront les émissions de GES autant que ne le prévoient les modèles.

Dernier élément pertinent : quand on compense des émissions en plantant des arbres, la règle générale est qu’il faut avoir une forme de «garantie» que les arbres seront conservés pendant au moins 30 ans, sinon 50 — le propriétaire du terrain où ils sont plantés peut s’y engager dans un contrat, par exemple. Or le PLC a éludé une question explicite du Soleil sur ces garanties, disant simplement que «nous travaillerons avec des experts» et «[réfléchirons] soigneusement au type d’arbres que nous plantons et à l’endroit où nous les plantons afin d’arriver à notre objectif».

LE VERDICT

Très exagéré. Pour arriver au chiffre de 40 %, les libéraux ont dû jouer avec les chiffres : ils ont comparé l’effet de leur promesse non pas aux objectifs de l’Accord de Paris, mais au chemin qu’il resterait à faire (en présumant que certaines prévisions se réalisent), ce qui gonfle artificiellement le pourcentage. En réalité, les 2 milliards d’arbres plantés représentent moins de 15 % des objectifs fédéraux.

Société

AccèsLogis Québec: manifestation devant les bureaux de Lacombe

Des intervenants du milieu communautaire en Outaouais pressent le gouvernement provincial de modifier les règles du programme AccèsLogis Québec afin d’accorder une prolongation de deux ans pour les logements de transition destinés aux personnes démunies et fragilisées.

Une quinzaine de manifestants ont débarqué devant le bureau du ministre responsable de l’Outaouais et député de Papineau, Mathieu Lacombe, lundi matin, dans le secteur Buckingham, afin de tenter de convaincre ce dernier d’intervenir auprès de sa collègue Andrée Laforest, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation.

Société

Courir pour Leucan, ça aide pour vrai

Près de 200 coureurs et marcheurs se sont donnés rendez-vous au parc Moussette, samedi matin, à Gatineau, à l’occasion de la septième édition de Courir pour Leucan.

La mauvaise humeur de Dame Nature n’a toutefois pas empêché les coureurs de se présenter en grand nombre et de participer à l’événement avec le sourire. Même que selon certains, il était plus agréable de courir dans cette température fraîche que sous un soleil chaud et plombant.

« La température était plutôt agréable pour courir parce qu’il ne faisait pas trop chaud et il a arrêté de pleuvoir juste au moment où nous sommes sortis pour courir », souligne la conseillère municipale Maude Marquis-Bissonnette, qui était présente en tant qu’ambassadrice pour Leucan Outaouais.

Cette année, la présidence d’honneur était assurée par Jean-Marc Richard, directeur de district à la financière Fairstone.

À LIRE AUSSI: Leucan Outaouais: courir pour une bonne cause

« Nos confrères et consœurs de travail ont des enfants. Certains ont la chance d’avoir des enfants en santé alors que d’autres malheureusement non, indique-t-il. Si notre petit don de 1 $, 5 $ ou 10 $ peut faire une différence dans la vie d’un enfant et de leur famille, et bien, pourquoi pas ? »

En date de samedi matin, l’organisme avait amassé 50 924 $ en dons. L’objectif est de 55 000 $. Le montant final des dons recueillis sera dévoilé plus tard cette semaine.

L’histoire de Kaleb

Outre cette collecte de fonds qui permettra de venir en aide à quelque 70 familles de la région dont un enfant est atteint d’un cancer, Courir pour Leucan aide pour vrai. Parlez-en à Kaleb !

Alors qu’il semblait en parfaite santé, ce jeune homme âgé de neuf ans s’est vu diagnostiquer une redoutable maladie en janvier 2014 : la leucémie.

« Il venait tout juste d’avoir quatre ans », se rappelle sa tante Kassandra Charbonneau. Moi et Kaleb on est très proches. C’est mon premier neveu. Juste pour te donner une idée, il est venu dormir chez moi pour la première fois alors qu’il n’avait que trois semaines ! »

Aussitôt qu’elle a appris la nouvelle, Kassandra voulait s’impliquer pour aider Kaleb et sa famille. Ainsi, depuis cinq ans maintenant, elle forme une équipe pour l’événement Courir pour Leucan dans le but d’amasser des fonds et de sensibiliser les gens à la cause. Et chaque année, elle amène Kaleb avec elle.

« Il adore ça, confie-t-elle. Quand il voit la quantité de gens sur place, il me dit : “Wow ! Tout ce monde-là est ici pour nous aider”. Il se sent aimé et encouragé. Il a même dit que ça l’avait aidé à mieux guérir ! »

En effet, Kaleb est aujourd’hui en rémission. Cependant, rien n’est gagné à 100 %.

« Vers les mois de mars-avril 2017, Kaleb a sonné la cloche au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario pour dire qu’il avait vaincu le cancer. Mais il est encore suivi régulièrement pour s’assurer que tout va bien et que ça ne revient pas. »

Société

Une étude quantifie le gaspillage alimentaire des ménages

Au terme de plusieurs semaines de fouilles dans les rebuts de dizaines de ménages, des chercheurs affirment avoir brossé le portrait le plus fidèle à ce jour du gaspillage alimentaire des Canadiens.

Michael Von Massow, de l’Université de Guelph, a reconnu que la tâche a parfois été salissante.

Il ajoute toutefois que c’était la seule façon de savoir quelle portion des aliments qui auraient pu être mangés s’est retrouvée à la poubelle.

Son équipe a calculé que les familles ont gaspillé suffisamment de fruits, de légumes, de pain et de viande pour ajouter un invité chaque soir, cinq jours par semaine.

Cela correspond à environ deux kilos et demi de nourriture par semaine, d’une valeur de 18 $.

M. Von Massow a dit que la production et l’élimination de ces aliments gaspillés ont produit environ 23 kilos de gaz à effet de serre (GES) chaque semaine.

Il a étudié 94 familles de Guelph, en Ontario, pendant des périodes de trois ou quatre semaines en 2017 et 2018.

Note aux lecteurs: Version corrigée. Le poids de la nourriture gaspillée par les ménages chaque semaine était de deux kilos et demi, et non de six kilos, tel qu’écrit par erreur dans une version précédente.

Actualités

Parents en processus d'adoption: fini les questions sexuelles explicites

Trois-Rivières — Devant le tollé suscité par les révélations du Nouvelliste concernant un questionnaire plutôt explicite imposé aux postulants pour l’adoption en banque mixte dans la région, le CIUSSS-Mauricie et Centre-du-Québec retire son questionnaire du processus de sélection. Une décision survenue jeudi après-midi après que le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant ait demandé des comptes au CIUSSS-MCQ.

Rappelons que dans notre édition de jeudi, Le Nouvelliste mettait en lumière l’existence d’un questionnaire explicite sur les habitudes sexuelles des postulants pour l’adoption par le biais de la banque mixte dans la région. Les questions portaient sur certaines habitudes sexuelles, mais également sur les habitudes de masturbation, la pénétration, la lubrification vaginale, et la capacité des partenaires d’atteindre l’orgasme par différents moyens, pour ne nommer que ceux-là.

Actualités

Habitudes sexuelles: un questionnaire choque des personnes en processus d'adoption

Trois-Rivières — À quelle fréquence vous masturbez-vous? Est-ce qu’il arrive à votre conjoint d’éjaculer sans avoir une érection complète et dure? Est-ce que la pénétration est impossible parce que vous manquez de lubrification ou à cause de la contraction de votre vagin? Pouvez-vous atteindre l’orgasme par la stimulation de vos organes génitaux à l’aide d’un vibrateur ou d’autres moyens, tels que l’eau courante, frottement d’un objet, etc?

Ces quelques questions ne sont pas tirées d’un questionnaire à remplir au sortir d’une rencontre chez un sexologue. Elles font partie d’une série de 26 questions de même nature à laquelle doivent se soumettre, depuis environ six mois, tous les couples de la Mauricie et du Centre-du-Québec qui souhaitent procéder à l’adoption d’un enfant par le biais de la banque mixte de la Direction de la protection de la jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec. Un questionnaire qui a fait grandement sursauter un couple en particulier, qui se questionne aujourd’hui sur ses réelles intentions d’aller plus loin dans le processus. Le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, de son côté, explique que ce questionnaire s’inscrit dans une évaluation beaucoup plus large et globale, tirée des meilleures pratiques scientifiques utilisées dans le réseau depuis de nombreuses années déjà, et que l’exercice vise à contrer toute forme d’abus pour assurer le bien-être des enfants.


À lire aussi: Questionnaire portant sur les habitudes sexuelles: «C’est absolument inconcevable»

Justice et faits divers

La plupart des actes haineux pas dénoncés, selon une étude

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse demande au gouvernement du Québec d’élaborer un plan de lutte contre le racisme et la discrimination, dans la foulée d’un nouveau rapport sur les actes haineux commis à l’égard de certaines minorités.

Myrlande Pierre, vice-présidente de la commission, a soutenu mardi en conférence de presse à Montréal que les groupes de défense des droits de la personne et d’autres organisations de la société civile réclament depuis 20 ans une réelle politique de lutte contre le racisme, mais déplore que les gouvernements successifs n’y aient jamais donné suite.

Armés d’un rapport de 319 pages détaillant des actes haineux commis contre des dizaines de personnes — principalement des musulmans et des personnes issues des minorités visibles —, les commissaires soutiennent que le gouvernement du Québec se doit maintenant d’agir. Le rapport cite des entretiens avec 86 personnes qui affirment avoir été victimes d’actes haineux fondés précisément sur la «race», la couleur, l’origine ethnique ou nationale et la religion — alors que la Charte des droits et libertés de la personne du Québec interdit 14 motifs de discrimination.

Houda Asal, une chercheuse qui a participé à l’étude, soutient que ce qui a surtout frappé les auteurs, c’est le sentiment d’exclusion vécu par ces gens nés au Québec ou qui vivent ici depuis 30 ans, qui ont parfois des enfants nés au Québec et qui sentent qu’ils sont encore étrangers ici — qu’ils le seront en fait toujours.

Sur les 86 personnes interrogées par les auteurs du rapport, 72 se sont identifiées comme noires ou arabes, tandis que 51 se sont déclarées de confession musulmane.

Ces témoins ont parlé de harcèlement dans la rue, de crachats, d’agressions physiques ou de vandalisme sur leurs biens. En moyenne, chaque personne interrogée a témoigné de trois actes relevant de la xénophobie ou de l’islamophobie entre 2007 et 2017.

Par ailleurs, 35 % des victimes disent avoir dû changer leurs habitudes de vie à la suite d’actes haineux subis; 78 % des actes subis n’ont toutefois pas été rapportés à une autorité compétente.

«Retournez chez vous»

«Dans un bar [...] C’était un party avec des collègues, avec d’autres amies qui dansaient, raconte un homme arabe de la région de la Capitale-Nationale. Un homme m’a poussé et frappé en me disant : “Retournez chez vous, vous arrivez ici, vous volez nos jobs et nos femmes.”»

Une femme de Montréal qui porte un hijab, mais qui n’est pas issue d’une minorité visible a raconté qu’on lui avait lancé : «L’Halloween, c’est passé depuis deux semaines! Va-t’en en Afghanistan!»

Les sept répondantes portant le hijab évoquent d’ailleurs des agressions relativement graves, survenues parfois plus d’une fois : l’une d’elles rapporte qu’une voiture a foncé sur elle volontairement, une autre a été poussée avec son enfant qu’elle tenait dans ses bras dans les transports en commun, une autre encore a reçu une bouteille en plastique sur la tête dans la rue.

Cette étude menée sur une période de deux ans avait été commandée par le précédent gouvernement libéral dans le cadre de ses initiatives contre la radicalisation. Le premier ministre Philippe Couillard avait également chargé la Commission des droits de la personne de tenir des consultations publiques sur le racisme systémique au Québec, mais devant les critiques de l’opposition et d’experts, il y avait finalement renoncé. Son successeur, le premier ministre François Legault, a déclaré à plusieurs reprises que le Québec n’avait pas de problème de racisme systémique.

Racisme systémique

Quand on lui demande son avis en conférence de presse, Myrlande Pierre est sans équivoque : «Le racisme systémique, ou structurel, existe. Le Québec n’est pas exempt de ce phénomène-là.

«Alors, pourquoi on parle de discrimination ou de racisme systémique? C’est parce qu’on veut aussi des réponses systémiques au phénomène pour s’assurer que les actions gouvernementales soient pérennisées dans le temps, a expliqué la vice-présidente de la commission. Il faut vraiment avoir une vision à long terme [...] et ça passe à travers des politiques publiques, des programmes gouvernementaux.»

Mme Asal rappelle que beaucoup de répondants ont parlé de législations, de politiques gouvernementales et de débats politiques qui, à leur avis, avaient un lien avec les actes haineux dont ils ont été victimes. Les répondants ont notamment évoqué le débat sur les accommodements raisonnables, au milieu des années 2000, et sur la «charte des valeurs» du gouvernement du Parti québécois, en 2013.

Justice et faits divers

Faut-il nommer les prêtres visés par des «allégations crédibles» d’agressions?

TORONTO — Un groupe de survivants d’agressions sexuelles au sein de l’Église catholique demande aux évêques canadiens de suivre les traces de leurs collègues américains et de divulguer les noms de membres du clergé qui sont visés par des «allégations crédibles».

Des survivants, liés par leur expérience commune plutôt que par une organisation parapluie, sont présents cette semaine à la réunion annuelle de la Conférence des évêques catholiques du Canada, à Cornwall, en Ontario.

«Ce n’est pas aux survivants de révéler les noms: c’est aux institutions qui nous ont fait du mal», a déclaré Gemma Hickey, dont le propre cas d’agression commise par un prêtre a été réglé à l’amiable.

Gemma Hickey fait partie d’un groupe qui a rencontré dimanche sept évêques canadiens pour discuter de leurs expériences et formuler leurs revendications. Les survivants d’agressions ont appelé les évêques à dévoiler les noms de membres du clergé visés par des allégations crédibles - des cas étayés par des documents tels que des factures de thérapeutes et des règlements à l’amiable. Ils aimeraient aussi savoir comment l’Église a traité par la suite ces agresseurs.

«Le fait d’être agressé sexuellement par un prêtre isole encore plus, car lorsque vous parlez d’accords de confidentialité et d’une culture du secret au sein de l’Église, ça affecte également la santé mentale des personnes», soutient Gemma Hickey.

«On nous a dit que la question des agressions sexuelles commises par des membres du clergé n’était pas nécessairement au centre de l’assemblée plénière. Nous essayons d’en faire le centre. Nous pensons que c’est le problème le plus important auquel l’Église est confrontée à l’heure actuelle. C’est une crise mondiale.»

L’Église catholique oeuvre depuis des décennies pour s’attaquer à de nombreux scandales d’agressions sexuelles à travers le monde, mais les efforts se sont intensifiés ces dernières années à mesure que de nouvelles preuves émergent, suggérant des dissimulations aux niveaux les plus élevés de la hiérarchie.

Un sommet au Vatican

En février, le pape François a tenu un sommet au Vatican, invitant les évêques du monde entier à se rencontrer pour discuter d’une approche plus unifiée. Le pape a publié un décret quelques mois plus tard, obligeant les prêtres et les religieuses catholiques du monde entier à dénoncer aux autorités de l’Église les agressions sexuelles, mais aussi les dissimulations par des supérieurs hiérarchiques.

Certains évêques américains sont allés plus loin. Au début du mois de septembre, un évêque de l’archidiocèse de Kansas City-St. Joseph a publié les noms de 19 membres du clergé qui étaient visés par des allégations crédibles. En août, des diocèses de l’Alaska et du Vermont ont publié des listes similaires; la première comportait sept noms, tandis que la deuxième en comptait 40.

Mais une porte-parole de la Conférence des évêques catholiques du Canada a maintenu que ce n’était pas la stratégie la plus efficace au Canada, où l’Église a déjà mis en place des politiques pour garantir le traitement des allégations. «Quand un diocèse ou un ordre religieux reçoit une allégation crédible d’agression d’un mineur, la police en est informée», a écrit Lisa Gall. «Il appartient ensuite à la police de déterminer s’il est dans l’intérêt public de divulguer les détails de son enquête, y compris, le cas échéant, le nom du présumé agresseur.»

Mme Gall a souligné que si l’accusé devait être reconnu coupable d’un crime sexuel, son nom serait enregistré dans une base de données publique.

Société

L’Université d’Ottawa solidaire dans la lutte contre les changements climatiques

L’Université d’Ottawa (Ud’O) se montre solidaire du mouvement mondial de conscientisation aux changements climatiques mené par les étudiants, et invite même les siens à participer à la journée mondiale de sensibilisation du 27 septembre alors que des marches auront lieu à Ottawa et à Gatineau.

L’institution d’enseignement postsecondaire maintiendra ses activités académiques et administratives régulières, mais le personnel sera invité à accommoder les étudiants qui voudront prendre part au mouvement citoyen ce vendredi. 

«L’Université a pris des engagements concrets pour combattre les changements climatiques grâce à l’excellence en enseignement et en recherche, une gestion efficace de ses opérations et de ses infrastructures, ainsi que par un portefeuille de placements responsables à long terme», a notamment indiqué la direction de l’Ud’O dans un communiqué.

Environnement

Climat: les villes ont un rôle à jouer, dit Valérie Plante

MONTRÉAL - Rappelant que plus des deux tiers de la population mondiale habiteront les centres urbains en 2050, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé lundi que les villes ont un rôle important à jouer dans la lutte aux changements climatiques.

Lors d'une courte allocution lors du Sommet des Nations unies pour le climat, à New York, Mme Plante a assuré que les villes travaillent «activement» pour contrer les changements climatiques, «mais qu'il y a encore beaucoup plus à faire».

Elle a ensuite ajouté qu'elles ont «absolument» besoin de l'aide des États et du secteur privé pour le faire.

«On connaît la recette et on sait exactement ce qu'on doit faire», a-t-elle dit.

La mairesse Plante a cité en exemple une réduction des déplacements solitaires en voiture, une augmentation des déplacements actifs et la mise en place d'immeubles carboneutres.

Soulignant que la lutte aux changements climatiques permet aussi de protéger la biodiversité locale, elle a rappelé que son administration a stoppé un vaste projet immobilier qui aurait «détruit les derniers grands espaces verts de Montréal et encouragé la venue d'environ 10 000 voitures».

Elle a conclu son allocution en remerciant les jeunes qui se mobilisent et «nous rappellent tous les jours que cette Terre, on ne l'hérite pas de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants».

Société

Marche des jeunes pour le climat: le ministre de l’Éducation rabroué

MONTRÉAL — Le metteur en scène et porte-parole du Pacte pour la transition écologique, Dominic Champagne, reproche au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, d’avoir la mauvaise attitude face aux jeunes Québécois préoccupés par les conséquences des changements climatiques.

M. Champagne a fortement critiqué le ministre qui avait déclaré plus tôt cette semaine que «la solution aux problèmes environnementaux, elle est à l’école, elle n’est pas dans la rue».

Dans une entrevue à La Presse canadienne diffusée ce week-end, M. Champagne a qualifié l’affirmation du ministre de «niaiseuse, stupide et rétrograde». Il a même invité le ministre «à faire sa job pour qu’il y ait un programme d’éducation, à la hauteur de la crise actuelle, pour instruire les enfants dès la 1ère année».

Depuis plusieurs jours, les jeunes se mobilisent un peu partout sur la planète pour réclamer de leurs élus des actions concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le Québec n’échappe pas au mouvement, si bien que la Commission scolaire de Montréal a décrété une journée pédagogique pour permettre à ses élèves et à leurs parents de participer à la journée de grève mondiale pour le climat, vendredi. D’ailleurs, l’égérie mondiale du mouvement, la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, a confirmé qu’elle participera à la manifestation de Montréal.

Des dirigeants internationaux se réuniront lundi au siège des Nations unies à New York pour le Sommet Action Climat.

Vérification faite

Vérification faite: de mal en pis pour la classe moyenne?

L'affirmation: «J’aimerais dire que la vie est plus facile pour la classe moyenne canadienne, mais je ne le peux pas. Les gens travaillent plus fort que jamais, mais peinent à joindre les deux bouts», a déclaré le chef conservateur Andrew Scheer, plus tôt cette semaine, alors qu’il annonçait des baisses d’impôts pour venir en aide à la classe moyenne.

Les faits

Qu’il faille baisser les impôts ou non ne concerne pas de la vérification factuelle — cela relève en bonne partie des valeurs individuelles. Mais la question de savoir si la situation des classes moyennes se dégrade, si les gens triment de plus en plus pour, en bout de ligne, voir leurs finances stagner ou se détériorer, elle, se vérifie.

Le déclin de la classe moyenne est un phénomène assez bien documenté aux États-Unis, où les salaires n’ont pas suivi le coût de la vie. Mais c’est beaucoup moins clair en ce qui concerne le Canada et le Québec. En fait, selon des chiffres de Statistique Canada, même en tenant compte de l’inflation, le revenu médian est passé de 57 000 $ en 2000 à 67 000 $ en 2017 (en dollars constants de 2017). De la même manière, le taux de pauvreté qui oscillait entre 12 et 15 % dans les années 90, est passé à 10-12 % dans les années 2000, puis autour de 10 %.

Dans une étude parue en 2014, le Centre de recherche en fiscalité et finances publiques de l’Université de Sherbrooke n’a pas trouvé de raison de croire que la classe moyenne s’érodait au Québec ou au Canada. Cependant, les auteurs ont constaté que les transferts gouvernementaux et la fiscalité jouaient un rôle plus important qu’avant pour «protéger» la classe moyenne. Ainsi, si l’on ne regarde que les «revenus de marché avant impôts» (salaires et autres sources de revenus «privés», grosso modo), la proportion des ménages québécois qui faisaient partie de la classe moyenne est passée de 37 à 29 % entre 1976 et 2010. Mais si l’on tient compte des transferts (allocations familiales et autres) et de l’impôt, alors cette proportion s’est maintenue autour de 46 % depuis une quarantaine d’années, ont conclu les chercheurs.

On pourrait sans doute interpréter ce dernier point comme montrant que la classe moyenne québécoise ou canadienne est quand même «sous pression», jusqu’à un certain point. Ce ne serait pas farfelu, mais ce n’est pas un signal très fort non plus.

Or il y a tout de même quelques indicateurs qui suggèrent une «pression» plus forte qu’avant sur M. et Mme Tout-le-Monde. Les Canadiens ont beau avoir de meilleurs revenus (même en tenant compte de l’inflation), ils sont aussi plus endettés qu’avant — en bonne partie parce que le prix des logements a énormément augmenté depuis 20 ans.

En 1990, la dette des ménages canadiens représentait en moyenne 87 % de leurs revenus annuels. En 2005, c’était presque 130 %. Et en 2018, on en était à 175 %. Comme l’hypothèque représente une grande partie de ces dettes, la valeur de ce que les gens possèdent a elle aussi augmenté, si bien que le ratio actif-passif s’est maintenu autour de 17 % depuis 1990. Mais le fait que les dettes totales aient augmenté beaucoup plus vite que les revenus demeure significatif.

Le nombre de gens «insolvables» (qui font faillite ou qui proposent un règlement à leurs créanciers en vertu de la protection de la loi sur les faillites) raconte un peu la même histoire. Au plus fort de la crise économique de la fin des années 2000, on comptait près de 6 cas d’insolvabilité par 1000 consommateurs (en 2009). Ce taux est redescendu autour de 4,3 pour 1000 et s’y est maintenu pendant les années 2010, mais cela reste nettement plus que les 2 à 3 pour 1000 des années 1990.

On ne peut donc pas dire que l’affirmation de M. Scheer ne tient sur rien. Il y a bel et bien des indicateurs (pas tous, mais quand même) qui suggèrent une détérioration des finances des ménages canadiens.

Il y a cependant un point sur lequel les faits donnent clairement tort au chef conservateur : les gens ne travaillent pas plus qu’avant. Si l’on regarde le groupe des 25 à 54 ans (afin d’éviter que des phénomènes comme la retraite ou l’entrée plus ou moins tardive sur le marché du travail ne viennent fausser les moyennes), la semaine de travail moyenne de ceux qui ont un emploi à temps plein était de 41,1 heures en 2000, contre 40,2 heures en 2018.

Verdict

Pas tout à fait vrai. Les statistiques d’endettement suggèrent bien que les ménages canadiens ont plus de mal qu’avant à joindre les deux bouts. Mais d’autres indicateurs, et non les moindres (salaires et taux de bas revenu), semblent au contraire montrer que le sort de M. et Mme Tout-le-Monde s’est amélioré depuis une vingtaine d’années. Difficile d’en conclure que cela va de mal en pis quand on considère tout cela (même si tout n’est pas rose). Une chose est claire, cependant : on ne travaille pas plus qu’avant.

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DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d’un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n’aime pas les fausses nouvelles.

Mérite estrien

Vers une percée pour la compréhension du cerveau

Kevin Whittingstall s’est intéressé tôt à la physique pure. Après son baccalauréat à l’Université Concordia de Montréal, c’est à la maîtrise puis au doctorat à la Dalhousie University d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, qu’il a commencé à s’intéresser à l’imagerie médicale chez l’humain. Un nouvel intérêt qui a mené cet homme originaire de l’Estrie à passer cinq années à faire un postdoctorat consacré aux neurosciences en Allemagne.

Pendant ce temps, à Saint-Jean-sur-Richelieu, grandissait un adolescent passionné par les mathématiques qui s’ennuyant à l’école dans cette matière dans laquelle il excellait. Pour se donner un objectif, pour se dépasser, Michaël Bernier a alors choisi de consacrer toutes ses énergies à l’informatique… alors qu’il n’y avait jamais eu d’ordinateur chez lui. Cette nouvelle passion allait l’amener à la maîtrise à l’Université de Sherbrooke (UdeS). Il aimait les ordinateurs, oui, mais il voulait aussi que son savoir permette un jour d’aider les gens… et les neurosciences allaient devenir toutes indiquées pour ça.

Justice et faits divers

Registre public de délinquants sexuels: «silence radio» des caquistes

Les députés caquistes se sont fait attendre dimanche, devant le parlement, alors qu’une cinquantaine de personnes s’y rassemblait pour réclamer un registre public de délinquants sexuels au Québec.

«Est-ce que Sylvain Lévesque est là? Mme Geneviève Guilbault peut-être? François Paradis? On est surpris, nos invitations n’ont pas eu de nouvelle, a déclaré l’avocat des victimes Marc Bellemarre, d’un ton évidemment sarcastique. Les délinquants sexuels, on les voit dans les médias chaque jour. Sauf qu’on ne peut pas se souvenir de tout ça. Le registre, c’est de pouvoir, dans un seul endroit, avoir toutes les données.»

L’an dernier, six candidats caquistes (dont quatre ont été élus) étaient présents lors d’une manifestation similaire, ils avaient clamé haut et fort qu’ils s’engageaient à rendre public un registre de pédophiles au Québec. Depuis les élections, c’est «silence radio».

«Je trouve ça inquiétant qu’on ne me dise pas ce qui se passe. Je ne veux pas que ce soit remis à plus tard. Ils étaient tous là l’an dernier! Ça me crève un peu le cœur, mais je garde espoir», a commenté Sophie Dupont, visiblement émue. Mme Dupont manifeste pour un tel registre depuis plus de 15 ans, après qu’un membre de sa famille ait été victime d’agression.

Même si la Coalition avenir Québec assure que le dossier est toujours dans les plans, Mme Dupont s’inquiète, elle aimerait des déclarations plus concrètes. Elle estime que le gouvernement pourrait la tenir au courant des développements du dossier. Elle sait aussi que plusieurs autres sujets sont sur la table pour les députés dans la prochaine année, mais que le registre ne semble pas en faire partie.

Pour éviter le pire

En plus de MBellemarre et Mme Dupont, d’autres personnes impliquées dans cette bataille ont pris la parole devant les manifestants, notamment Michel Surprenant, le père de Julie Surprenant, disparue en novembre 1999 à Terrebonne. Le voisin de la maison familiale des Surprenant était le suspect numéro un dans l’affaire, qui reste aujourd’hui irrésolue.

«Si le registre avait existé il y a 20 ans, si j’avais été averti, j’aurais déménagé et la disparition de Julie ne serait pas arrivée. Le registre se doit d’être accessible 24h sur 24 et sept jours sur sept. Il faudrait au minimum que ça soit accessible par tous les corps policiers du Québec.»

Pour avoir accès au registre fédéral déjà existant, les policiers doivent en faire la demande aux agents de la Sûreté du Québec. M. Bellemarre déplore d’ailleurs qu’étant donné qu’un registre existe déjà, il paraît simple de le réviser pour ainsi le rendre public. 

«Ça peut être de la même façon qu’en Alberta, sur le site de la Sécurité publique. Ça reste géré par le gouvernement, c’est eux qui décident de l’information accessible», ajoute Mme Dupont.

Elle insiste pour dire que ce registre pourrait prévenir plusieurs agressions et sauver la vie de nombreux enfants.

Alimentation

Près du tiers de nos calories viennent d'aliments peu nutritifs

Chips, pâtisserie, alcool et compagnie : les Québécois tirent près de 30 % de leurs calories d’«aliments à faible valeur nutritive», d’après une étude récente de l’Université Laval parue dans le «Nutrition Journal». Avec les conséquences que l’on devine sur le poids et le tour de taille.

«C’est une réalité : on est poussé vers ça par nos styles de vie, on est bousculé par le temps, on ne cuisine plus, on mange plus vite, etc. Ce n’est pas juste l’individu qui décide de mal manger le matin, c’est un effet de société», analyse le chercheur en nutrition de l’UL et auteur «sénior» de l’étude, Benoît Lamarche.

Celui-ci et ses collègues ont suivi plus de 1100 personnes du Québec pendant 21 jours, au cours desquels elles ont dû remplir à trois reprises des questionnaires détaillés sur ce qu’elles avaient mangé la veille. Les chercheurs ont ensuite établi des seuils à partir desquels des aliments étaient considérés comme «à faible valeur nutritive» — très riches en gras saturés/trans, par exemple, ou en sucre, ou en sodium, ou une combinaison.

Ils ont ensuite calculé combien de calories ces aliments peu nutritifs contenaient et ont conclu qu’ils représentaient 29 % de toutes l’apport énergétique total consommés chaque jour. «Cette étude-là est un suivi d’une autre publiée plus tôt cette année, dans laquelle la même cohorte avait obtenu des scores alimentaires assez faibles. Et là, on explique en partie pourquoi : c’est parce que beaucoup de leurs calories viennent d’aliment qui n’ont pas de valeur nutritive, ou presque», explique M. Lamarche.

En tout, environ 700 calories (kcal) par jour provenaient de ces aliments «pauvres». Or pour chaque tranche de 250 kcal, l'indice de masse corporel augmentait de 1,7 et le tour de taille de 0,6 cm. Cela avait également un effet négatif sur le cholestérol sanguin.

Il est difficile de dire si ces 29% sont pires ou moins pires que ce qui se passe ailleurs en Occident, dit-il, puisque la catégorie «faiblement nutritif» n’est pas définie de la même manière par tous. Mais des résultats préliminaires font croire à M. Lamarche que c’est proche de la moyenne canadienne.

Fait intéressant, l’études a examiné dans le détail d’où provenaient toutes ces «calories vides», comme on les appelle. Hormis une catégorie «sources variées» (condiments, fritures, suppléments, etc.) qui représente 22 % de ces aliments peu nutritifs, ce sont les pâtisseries (gâteau, biscuits, beignes, etc.) qui forment le groupe le plus important, avec 18 % des «calories vides». Viennent ensuite les alcools (15 %), les sucreries (friandises, chocolat, sirops, etc. : 13 %), ainsi que les chips et le pop-corn (6 %).

Fait intéressant, les boissons gazeuses, qui occupent une grande place dans le débat public sur l’obésité, ne semblent pas être une cause aussi importante qu’on le croit. Elle ne représentent en effet que 6 % de nos calories vides, d’après l’étude de M. Lamarche.

Société

Leucan Outaouais: courir pour une bonne cause

En soutien aux enfants atteints de cancer, dont Benjamin, un Gatinois de 10 ans qui a reçu un diagnostic de medulloblastome en octobre dernier, des centaines de personnes enfileront leurs espadrilles à la fin du mois pour l’événement Courir Leucan.

En guise de soutien aux quelque 70 familles de la région confrontées à un cancer infantile et qui bénéficient des services de Leucan, la population est conviée le 28 septembre au parc Moussette, à Gatineau, où un défi sportif amical les attend, qu’il s’agisse de course à pied (3, 5 ou 10 km) ou encore de marche (1 à 3 km).

Environnement

Un outil statistique pour voir ce qui se passe dans la tête des gens sur le climat

MONTRÉAL - Vous vous demandez ce que pensent vos voisins des changements climatiques? Ou encore ce qui trotte dans la tête des Canadiens à l’autre bout du pays au sujet de la taxe sur le carbone? Juste à temps pour l’élection fédérale d’octobre, un professeur de l’Université de Montréal, avec des collègues d’universités américaines, a réalisé un travail statistique monstre pour créer un outil interactif permettant de scruter les opinions et les perceptions des gens sur le climat, d’un océan à l’autre, par province et même au niveau très local, par circonscription.

Il s’agit d’une première application au Canada d’un tel modèle statistique, souligne Erick Lachapelle, un professeur agrégé de sciences politiques de l’Université de Montréal qui est derrière cette initiative.

Cette version 2019 est une mise à jour d’un premier modèle confectionné en 2016, peu de temps après l’élection du premier ministre Justin Trudeau.

Cet outil permet de vérifier une foule de choses, de réfléchir sur les différences d’opinions entre les habitants de certaines provinces, mais aussi de voir si les désirs des électeurs d’une circonscription sont bien représentés par leurs élus. Il peut aussi aider à briser des mythes sur les façons de voir des citoyens de certaines provinces.

«Notre étude montre qu’une vaste majorité des Canadiens croient aux changements climatiques et soutiennent les politiques en la matière partout au pays», conclut le professeur Lachapelle à l’aide de son outil.

Il précise certains de ses constats: cette compilation révèle qu’à l’échelle nationale, 83 pour cent des Canadiens croient que la Terre se réchauffe, mais les nouvelles cartes de l’opinion publique montrent de nettes différences entre les provinces et les circonscriptions. Alors que plus de 70 pour cent des adultes croient au réchauffement climatique en Alberta, ils sont 89 pour cent à partager cette opinion au Québec. À l’échelle des circonscriptions électorales, ces chiffres varient de 60 pour cent pour la circonscription de Souris-Moose Mountain, en Saskatchewan, à 93 pour cent pour la circonscription de Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Il relève aussi de fortes correspondances entre l’opinion publique et certaines politiques à l’échelle des provinces: après l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec est la province qui soutient le plus fortement le marché du carbone, alors que la Colombie-Britannique est la plus favorable à une taxe sur les combustibles fossiles, explique M. Lachapelle. «Ces résultats suggèrent qu’il n’y a pas eu de réaction de rejet à l’égard de ces politiques lorsqu’elles ont été mises en oeuvre», dit-il.

Les Cartes de l’opinion publique canadienne sur le climat (COPCC) ont été créées à l’aide d’un modèle statistique basé sur les réponses de plus de 9000 participants à des sondages nationaux menés entre 2011 et 2018. Elles sont accessibles à tous sur le site de l’Université de Montréal. L’Université de Californie à Santa Barbara a contribué à développer le modèle pour la mise à jour et pour la version originale, à laquelle les universités Yale et celle l’Utah ont aussi travaillé.

«Cela va aider à nourrir le débat public», juge M. Lachapelle qui croit que les changements climatiques seront l’un des enjeux les plus importants du prochain scrutin fédéral.

Mais l’outil sera aussi utile aux décideurs politiques, aux chercheurs et à tous ceux qui veulent savoir comment les gens voient les choses ailleurs au pays.

Il montre aussi l’évolution de la pensée chez les Canadiens en ce qui a trait aux changements climatiques. Entre 2011 et 2018, plus de gens attribuent les changements climatiques à l’activité humaine qu’avant et sont d’avis que cela les affecte dès maintenant, explique le professeur.

Toutes les estimations sont dérivées d’un modèle statistique et géographique validé par la littérature universitaire et appliqué à des données issues de sondages pancanadiens administrés depuis 2011 par le chercheur lui-même. Ces données ont été utilisées pour estimer les différences d’opinions entre des groupes géographiques et démographiques tirés des données de Statistique Canada. Les résultats tiennent compte des changements d’attitude au fil du temps, précise-t-on.

Les cartes sont accessibles au : umontreal.ca/climat

Insolite

Clonage: la Chine se met aux chats, avant les pandas...

PÉKIN — Une entreprise pékinoise est parvenue à cloner un chat, une première en Chine où cette expérience pourrait constituer une avancée scientifique vers le clonage du panda, symbole mondial des espèces en danger.

Sept mois après la mort de son chat baptisé Ail, son propriétaire, Huang Yu, a eu la joie de retrouver son protégé sous la forme d'un adorable chaton gris et blanc.

Santé

Sept fois plus d'opioïdes au Canada qu'en Suède [VIDÉO]

VANCOUVER — Les patients canadiens et américains ont utilisé leurs prescriptions d’opioïdes à la suite d’une intervention chirurgicale mineure à un taux sept fois plus élevé qu’en Suède, révèle une nouvelle étude, qui suggère que les antidouleurs créant une forte dépendance pourraient être utilisés de manière plus judicieuse en Amérique du Nord.

Les chercheurs ont examiné les prescriptions utilisées par les patients au cours de la première semaine suivant l’une de quatre opérations à faible risque visées pour les besoins de l’étude dans les trois pays. En Suède, seulement 11 pour cent des patients ont eu recours aux opioïdes, contre 79 pour cent au Canada et 76 pour cent aux États-Unis.

Parmi ceux qui se sont prévalus d’une prescription d’opioïdes, la quantité accordée était considérablement plus élevée aux États-Unis par rapport au Canada et à la Suède, apprend-on dans l’étude publiée mercredi dans «JAMA Network Open», une revue supervisée par l’Association médicale américaine.

«Je pense qu’il y a beaucoup de données, y compris dans cette étude, qui suggèrent que les patients reçoivent plus d’opioïdes que nécessaire, même pour des interventions chirurgicales mineures», a déclaré en entrevue le docteur Karim Ladha, coauteur de l’étude et chercheur clinicien à l’Institut du savoir Li Ka Shing de l’hôpital St. Michael’s Hospital à Toronto.

«Le vrai problème, c’est que l’on contribue à augmenter l’offre d’opioïdes dans la communauté.»

En outre, l’étude soulève la question de savoir si les opioïdes sont nécessaires à la gestion de la douleur après une opération, souligne le docteur Ladha. Les chercheurs ne disposaient pas d’informations sur le niveau de douleur postopératoire ressenti par les patients, mais il semble que beaucoup de Suédois «se débrouillent» sans opioïdes après avoir subi les mêmes interventions chirurgicales, a-t-il ajouté.

«En avons-nous réellement besoin? Bien que cette étude ne puisse pas répondre à cette question, elle nous pousse vers ce que nous allons faire ensuite, soit une étude contrôlée randomisée pour véritablement tester cette hypothèse», a fait savoir le chercheur, en révélant être déjà engagé dans le processus de demande de bourse pour poursuivre la démarche.

Différences dans le type d’opioïdes prescrits

L’échantillon étudié comprenait environ 129 000 patients aux États-Unis, 85 000 au Canada et 9800 en Suède. Les sujets étaient âgés de 18 à 64 ans et avaient subi soit une ablation de la vésicule biliaire, une appendicectomie, une réparation méniscale ou le retrait d’une masse dans un sein.

La cohorte en Suède était moins nombreuse en raison de la taille de la population de ce pays et du fait que les données disponibles ne couvraient que la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014, a justifié le docteur Ladha.

Les données américaines couvrent la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015, tandis que les données canadiennes couvrent la période du 1er juillet 2013 au 31 mars 2016. Les données canadiennes ont été extraites de trois bases de données ontariennes.

Le nombre de prescriptions d’opioïdes exécutées était constant pour les quatre procédures chirurgicales. Des taux très similaires ont été observés entre les États-Unis et le Canada, mais ceux-ci étaient bien inférieurs en Suède, indique l’étude.

Des différences significatives ont été observées dans le type d’opioïdes prescrits. La codéine et le tramadol étaient souvent prescrits au Canada et en Suède, mais rarement utilisés aux États-Unis, alors que des préparations combinées d’opioïdes étaient beaucoup plus répandues en Amérique du Nord.

Les résultats illustrent probablement les différences dans l’approche des médecins envers la prescription d’opioïdes d’un pays à l’autre, dans la perception du public vis-à-vis du rôle des opioïdes dans le traitement de la douleur, ainsi que dans la commercialisation et la réglementation des médicaments, estime l’étude.

La prescription postopératoire excessive d’opioïdes a été associée à des risques accrus de détournement de médicaments, à une utilisation à long terme et aux troubles de consommation d’opioïdes, note-t-on dans le document.

Près de 4500 personnes sont mortes de causes liées aux opioïdes au Canada l’an dernier.

Vérification faite

Vérification faite: «consensus» sur l'ère glaciaire?

L’AFFIRMATION: «Nous vivons actuellement un réchauffement planétaire. Mais dans les années 1970, apparemment, les scientifiques disaient qu’on se dirigeait vers une petite ère glaciaire. Peut-on savoir si c’était effectivement le cas et pourquoi les scientifiques le croyaient?» demande Denis Pelletier, de Québec.

LES FAITS

C’est un argument qui revient souvent chez les climatosceptiques : le consensus scientifique actuel autour du réchauffement ne veut pas dire grand-chose, avancent-ils, puisqu’il y a déjà eu un consensus scientifique sur le contraire dans les années 1970, au point que certains prédisaient une nouvelle glaciation. Alors il vaut la peine de s’y attarder.

Dans les années 1960 et 1970, la climatologie était encore une discipline très jeune qui devait travailler avec des ressources beaucoup plus limitées que de nos jours — peu de satellites, séries de données moins longues et moins nombreuses, etc. À cette époque, les chercheurs se rendaient compte qu’il y avait eu un réchauffement planétaire depuis le milieu du XIXe siècle, mais que la tendance s’était inversée et que le climat semblait refroidir depuis quelques décennies. En effet, entre le début des années 1940 et le milieu des années 1960, la température moyenne mondiale a perdu 0,4 °C et elle ne reprendra ses niveaux antérieurs qu’à partir des années 1980.

L’idée que ce refroidissement allait se poursuivre à long terme n’a toutefois jamais rallié assez de savants pour parler d’un «consensus scientifique», loin s’en faut. À l’époque, on connaissait le pouvoir réchauffant du CO2 et l’on savait que ses concentrations augmentaient dans l’atmosphère, mais on savait aussi que la pollution industrielle contenait également d’énormes quantités de particules fines et d’aérosols qui bloquent les rayons du Soleil et les renvoient vers l’espace, ce qui a un effet refroidissant. La question était alors de savoir si l’un de ces deux effets allait prévaloir à long terme, et lequel.

Dans un petit historique de la climatologie de l’époque paru en 2008 dans le Bulletin of the American Meteorological Society (BAMS), trois climatologues ont passé en revue toutes les études sur le sujet parues entre 1965 et 1979. Ils en ont trouvé sept qui penchaient en faveur du refroidissement, 20 qui étaient neutres et 44 qui estimaient que la tendance au réchauffement reprendrait dans l’avenir. Ils ont également compté le nombre de citations amassées entre 1965 et 1983 par chacun de ces articles afin d’en mesurer l’influence dans la communauté scientifique, mais cela n’a pas vraiment changé le portrait : 325 citations pour les articles en faveur du refroidissement, 424 pour les neutres et plus de 2000 pour le réchauffement.

Notons que le site climatosceptique Watts Up With That a contesté ces chiffres et a repris l’exercice à sa manière. Ce site n’est certainement pas une source aussi crédible que le BAMS et l’on peut/doit douter de ses conclusions, mais il est assez parlant que son auteur n’ait pu trouver «mieux» que 86 articles penchant pour le refroidissement, 58 neutres et 45 pour le réchauffement pour la période 1965-1979. C’est signe que même en mettant les choses au pire du pire (et peut-être même en y mettant un grain de mauvaise foi, chose que Watts Up With That, un site très orienté, a souvent été accusé de faire dans le passé), on ne peut toujours pas dire qu’il y avait un «consensus» sur le refroidissement planétaire. L’idée a déjà été débattue en science — c’est le plus loin que l’on puisse possiblement aller. Et encore, je le répète, pas si l’on se fie aux meilleures sources, comme le BAMS et des sites crédibles comme RealClimate.org et le site de la NASA.

Ce qui semble s’être passé entre 1940 et 1970, lit-on dans un résumé de la littérature scientifique paru en 2012 dans ce même BAMS, c’est que la fin de la Seconde Guerre mondiale a marqué le début d’une période de croissance économique mondiale rapide, qui s’est accompagnée d’une forte augmentation de la pollution (et donc des aérosols refroidissants). Plusieurs fortes éruptions volcaniques, qui émettent elles aussi de grandes quantités de ces aérosols, se sont aussi produites.

À partir des années 1980, cependant, les pays occidentaux ont adopté des lois pour réduire leurs émissions de ces particules et aérosols (notamment pour réduire les pluies acides), si bien que leur effet refroidissant a en bonne partie disparu, laissant plus de place à l’effet du CO2. La tendance à long terme au réchauffement a alors repris. Depuis les années 2000, cependant, on constate qu’en Inde et en Chine le rayonnement solaire est de plus en plus bloqué, à cause de la forte croissance économique de l’Asie, de sa dépendance au charbon et de la pollution qui en découle.

Dernière chose : tant dans l’article de 2008 du BAMS que dans d’autres sources, on constate que les médias ont grandement contribué à faire naître et à entretenir le «mythe» autour du consensus scientifique sur le refroidissement. Dans les années 1970, le Science Digest’s, par exemple titrait : «Préparez-vous à un nouvel âge glaciaire». Newsweek parlait d’un «monde en refroidissement» et évoquait un éventuel «déclin dramatique de la production alimentaire», et nombre d’autres articles parlaient (abusivement) de «signes précurseurs d’une glaciation» qui s’accumulaient.

Bref, tout indique que les médias de l’époque ont vu là une trame narrative vendeuse et qu’ils lui ont accordé beaucoup plus d’espace qu’elle n’en méritait.

LE VERDICT

Faux. On ne peut pas dire que «les» scientifiques prédisaient un refroidissement global dans les années 1970. Certains l’ont fait, oui, l’idée a été débattue. Mais elle n’a jamais eu l’importance que les médias du temps et que les climatosceptiques d’aujourd’hui lui ont accordée. Et elle a d’ailleurs été abandonnée, depuis, par une écrasante majorité de climatologues.

Justice et faits divers

Prostitution juvénile: «J’étais passée le stade d’avoir des émotions»

Laurie*, 15 ans, était en fugue du centre jeunesse L’Escale au début janvier 2017. Elle voulait des sous pour partir en appartement avec son amoureux. L’adolescente a mis les pieds dans l’univers glauque de la prostitution juvénile.

La brune jeune fille, aux yeux très noirs, a aujourd’hui 18 ans. Elle témoigne au procès de Joey-Brant Fournier, 24 ans, accusé de proxénétisme. 

Fournier avait plaidé coupable il y a environ un an et demi, puis a demandé à être relevé de son plaidoyer de culpabilité, contestant plusieurs faits.

Assis dans le box de détention, il rouspète et soupire en écoutant Laurie.

La plaignante n’est pas dans la salle d’audience. Comme c’est le cas dans presque tous les dossiers du genre, la Couronne présente, à titre de témoignage, l’interrogatoire vidéo de Laurie par l’enquêteur Christian Lachance du Service de police de la Ville de Québec, le 20 mars 2017.

À cette date, l’enquêteur Lachance en connaît déjà un bout sur la prostitution juvénile.

Le policier a été patrouilleur sur la Grande-Allée, à l’époque où 13 bars animaient l’artère de la Haute-Ville. Il a été en contact avec les suspects du Wolf Pack et les jeunes filles sous leur joug. L’enquêteur a aussi été enquêteur jeunesse et policier dans les écoles. Depuis 2017, Christian Lachance travaille exclusivement à la lutte au proxénétisme au sein d’une équipe provinciale. Des centaines de jeunes filles lui ont raconté leur histoire.

Laurie lui parle sans gêne, d’un ton vif et plutôt détaché. Après s’être sauvée du centre jeunesse, l’adolescente a fait une journée de «brosse» chez une amie. 

Son copain de l’époque, Thomas Chenêvert, lui envoie un ami, Joey-Brant Fournier, en attendant qu’il puisse venir la retrouver.

Chênevert a depuis plaidé coupable aux accusations de proxénétisme et écopé de six ans de pénitencier.

Laurie est conduite dans un logement du quartier Saint-Roch. Il y a un matelas au sol, dans une chambre. Fournier lui aurait alors annoncé qu’elle allait se prostituer et gagner beaucoup d’argent. 

Politique

Le fédéral veut réduire de moitié l’itinérance chronique d’ici 10 ans [VIDÉO]

Le gouvernement fédéral veut diminuer de moitié l’itinérance chronique d’ici 10 ans et double le financement pour amener les sans-abri vers un domicile fixe.

Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a indiqué que cette cible était fixée à l’échelle du pays pour 2027-2028. 

«C’est un objectif qui est conservateur, dit le ministre Duclos. Ce que le milieu de [lutte contre] l’itinérance nous dit, au Canada et au Québec, c’est qu’on peut faire beaucoup mieux.»

Le ministre Duclos se trouvait à la Maison Lauberivière pour annoncer la conclusion de deux ententes entre les gouvernements du Canada et du Québec pour assurer la mise en œuvre du programme fédéral de lutte contre l’itinérance appelé Vers un chez-soi. 

Au total, ces deux ententes représentent un investissement de 175 millions $ sur cinq ans, du 1er avril 2019 au 31 mars 2024. 

Le ministre Duclos a souligné que l’entente permettra notamment d’aider des organismes comme la Maison Lauberivière à offrir un hébergement temporaire. Elle permettra aussi d’offrir des services de santé aux itinérants et des formations pour se trouver un emploi. 

L’aide financière fédérale, a ajouté Jean-Yves Duclos, aidera aussi les itinérants à se loger temporairement. «Souvent, l’itinérance, c’est une question d’argent. On a besoin de leur fournir un peu d’argent au départ pour qu’ils puissent se loger convenablement.»

Vers un chez-soi, la nouvelle stratégie de lutte contre l’itinérance du gouvernement fédéral est «axée sur les résultats», précise le communiqué du gouvernement fédéral. 

Angles morts

S’ils jugent que l’objectif des réduire de moitié l’itinérance chronique est légitime, plusieurs organismes l’itinérance s’inquiète que cette orientation crée des angles morts dans la lutte contre l’itinérance. 

«Ce qui nous inquiète, ce n’est pas tant l’orientation en elle-même que ce qu’elle ne permet pas de financer», dit Laury Bacro, coordonnatrice au Réseau de solidarité itinérance du Québec. 

Science

Le «gène gai» : suite et fin ?

On le cherche depuis des décennies. Des études sur l’orientation sexuelle de jumeaux suggèrent continuellement son existence. On avait bien cru le trouver récemment, quelque part sur le chromosome X. Mais tout indique maintenant que le «gène gai» n’existe tout simplement pas : il y a des centaines de gènes qui influencent le fait d’avoir eu ou non une relation avec le même sexe et, même tous ensemble, ils n’expliquent qu’une partie relativement mineure de l’homosexualité, selon une étude parue jeudi dans Science, la plus vaste jamais entreprise sur le sujet.

«Il n’y a pas de jauge pour déterminer si quelqu’un a un partenaire du même sexe, a dit Andrea Ganna, premier auteur de l’étude et chercheur en génétique à l’Université Harvard, lors d’une conférence téléphonique tenue plus tôt cette semaine. Par exemple, nous n’avons pas trouvé de signal fort sur le chromosome X, contrairement à ce qui avait été rapporté précédemment dans la littérature scientifique. Les comportements sexuels, en fait, sont très polygéniques [NDLR : influencés par de nombreux gènes], ce qui est similaire à ce qu’on voit pour bien d’autres traits comportementaux.»

L’étude en question a consisté à scanner tout le génome de près de 500 000 personnes, provenant des banques de données de la compagnie 23andMe, qui vend des tests génétiques au grand public, et d’une banque de données britannique. En mettant ces données en relation avec les comportements sexuels (homo ou hétéro) autodéclarés des participants, les chercheurs ont trouvé cinq principaux sites sur le génome associés au fait d’avoir déjà eu une relation sexuelle avec quelqu’un du même sexe. Mais même tous ensemble, ces cinq sites expliquent moins de 1 % du phénomène.

En ajoutant par-dessus ces cinq «gènes» toutes les autres différences génétiques de moindre importance, au nombre de centaines, sinon de milliers, M. Ganna conclut que le génome explique au total «entre 8 et 25 % de la variance dans les comportements homosexuels autorapportés». Le reste viendrait de l’«environnement», à comprendre ici au sens large : éducation, culture, tout ce qui se passe in utero, stress divers, etc.

Fait à noter, les gènes impliqués ne sont pas tous forcément liés à l’attraction pour les gens du même sexe. Certains traits de personnalité, comme l’ouverture aux nouvelles expériences ou le degré d’aversion (ou d’insensibilité) au risque, peuvent avoir une incidence sur la décision d’un individu d’avoir ou non une relation avec une personne du même sexe, indépendamment de l’attirance.

«Je pense que tout ceci montre que [les comportements homosexuels] font partie d’une variabilité normale et naturelle de notre espèce», a pour sa part indiqué Benjamin Neale, lui aussi de Harvard et un des auteurs «séniors» de l’article de Science.

«Enfin»

Ces conclusions sonnent comme de la musique aux oreilles de Michel Dorais, chercheur en travail social à l’Université Laval qui, sans être généticien lui-même, mène des recherches sur l’homosexualité depuis une quarantaine d’années.

«Je suis content parce que ce type de recherche-là [sur les origines biologiques de l’homosexualité], habituellement, c’est du temps perdu. Mais pour une fois, ce n’est pas du temps perdu tant que ça parce que les auteurs disent : regardez, ça ne donne plus rien de faire ça, ça ne mène nulle part. Mais ça fait des décennies qu’on sait ça, parce que la conduite sexuelle, et même les désirs, c’est tellement complexe qu’à l’évidence, ça ne peut pas être un comportement automatique comme manger. Quand vous avez des désirs sexuels [qui sont différents des comportements à proprement parler, NDLR], d’abord il faut que vous décidiez si vous les réalisez ou non, il faut décider avec qui, comment approcher cette personne-là, etc. Alors les comportements sexuels sont des comportements extrêmement complexes qui ne peuvent tout simplement pas être régis par des réflexes automatiques et génétiques», dit M. Dorais.

Pour tout dire, les résultats de Science montrent une telle complexité que certains appellent à abandonner ou modifier certaines «échelles» d’attraction sexuelle utilisées en recherche, comme la classique «échelle de Kinsey» qui montre une gradation allant de l’hétérosexualité exclusive à l’homosexualité exclusive, car elles seraient trop simplistes.

«C’est un de nos résultats les plus intéressants, mais les plus provocants aussi, a commenté M. Ganna : d’un point de vue génétique, il n’y a pas de continuum unique qui irait des comportements hétérosexuels jusqu’aux comportements homosexuels. En d’autres termes, les variantes de gènes qui sont associées au fait d’avoir déjà eu un partenaire de même sexe une fois dans sa vie ne sont pas les mêmes variantes qui sont associées au fait d’avoir eu plus de partenaires du même sexe que de partenaires du sexe opposé. Alors il n’y a pas d’échelle unique qui ferait que plus une personne est attirée par l’autre sexe, moins elle l’est par le même sexe.»

Monde

On soulage le stress de Facebook... sur Facebook

Les internautes soulagent le stress que leur cause leur utilisation de Facebook en se divertissant ailleurs sur Facebook, au lieu de carrément se débrancher, ont constaté des chercheurs européens.

Un examen des habitudes de 444 utilisateurs de Facebook a ainsi démontré qu’ils alternent entre une conversation avec des amis, la lecture de nouvelles et la mise à jour de leur profil au fur et à mesure que chaque activité devient stressante, ce qui augmenterait le risque de dépendance envers la technologie.

Les chercheurs de l’Université de Lancaster, de l’Université de Bamberg et de Friedrich-Alexander Univeristät Erlangen-Nürnberg précisent que Facebook devient alors un mécanisme d’adaptation au stress dont il est lui-même responsable.

Même si cela peut paraître paradoxal, il n’y a là absolument rien de surprenant, a assuré Nadia Seraiocco, une doctorante de l’UQAM.

«Les créateurs de ces plateformes-là les ont conçues, et de plus en plus continuent à les concevoir, pour retenir notre attention, a-t-elle dit. Le réseau qui [...] est la cause de notre anxiété, au lieu de s’en distancier et d’aller faire autre chose, on va dire, “distrayez-vous ici”. Ça ne peut pas être sain.» Dans le cas précisément de Facebook, poursuit-elle, on a essayé de reproduire le plus d’éléments possible de ce qu’était notre quotidien avant l’arrivée de telles plateformes gigantesques, à l’époque où notre activité en ligne était morcelée entre plusieurs lieux.

«On ouvrait notre ordinateur, on allait voir nos courriels, on allait sur le site d’un média, de là on allait voir ce qui se passait sur YouTube..., a-t-elle illustré. Tandis que maintenant, quand vous arrivez sur Facebook, vous pouvez rester captif de la plateforme pendant plusieurs heures parce que tout ce que vous voulez faire, même un peu de [magasinage] avec Marketplace, vous allez le trouver sur la plateforme. Tous vos amis pratiquement sont là, les causes et les médias que vous suivez ont aussi une présence sur Facebook.»

Et c’est ce que Facebook souhaite, ajoute Mme Seraiocco. Il n’y a aucun hasard à entendre Facebook évoquer la possibilité de présenter sur son site de la musique, des films ou même des séries télévisées.

Plusieurs anciens employés ne s’en cachent d’ailleurs pas : tout est pensé et conçu pour nous retenir le plus longtemps possible.

Les conclusions de cette étude sont publiées par Information Systems Journal.

Santé

Ottawa surveille de près les cas présumés de maladies liés au vapotage

HALIFAX - Les directions de la santé publique de tout le Canada sont aux aguets pendant qu’une enquête se poursuit aux États-Unis sur près de 200 cas de maladies respiratoires graves qui pourraient être liées au vapotage.

Le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse a déclaré que ses services avaient accru leur surveillance. Le docteur Robert Strang a aussi transmis des demandes informelles par courriel aux pneumologues et aux unités de soins intensifs des hôpitaux de la province afin de déterminer si des cas similaires avaient été signalés en Nouvelle-Écosse.

Selon le docteur Strang, Santé Canada songeait déjà à renforcer sa réglementation sur les cigarettes électroniques avant même cette crise aux États-Unis. Les responsables de la santé publique collaboraient déjà à un projet de réglementation visant surtout à renforcer la protection des jeunes. On étudie également les réglementations provinciales pour voir si elles peuvent être resserrées.

Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada confirment qu’ils surveillent étroitement les éclosions récentes aux États-Unis de maladies pulmonaires aiguës et d’un décès qui seraient tous liés à l’utilisation de produits de vapotage.

Maryse Durette, porte-parole des deux agences fédérales, a déclaré que les responsables canadiens de la santé n’avaient pas encore constaté de telles éclosions au Canada.

Selon Mme Durette, Santé Canada et l’Agence de la santé publique sont en contact étroit avec leurs homologues américains, notamment l’Agence des aliments et des médicaments (FDA) et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Santé

Éduc’alcool en campagne sur la consommation de cannabis et alcool [VIDÉO]

Alors que la rentrée bat son plein dans les établissements scolaires, Éduc’alcool adapte son message aux jeunes et y ajoute des informations sur la consommation combinée d’alcool et de cannabis.

Sa publication «Alcool et cannabis un bien mauvais mélange» est d’ailleurs distribuée dans les collèges, universités et maisons de jeunes du Québec lors de la rentrée.

Au cours d’une entrevue mardi, Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool, s’est défendu de vouloir être moralisateur ou de faire ringard avec ses mises en garde. «On n’esssaie pas de faire la morale aux jeunes en leur disant «fais ci, fais ça», on dit: «voici ce qu’il est important que tu saches». On n’en fait pas un psychodrame national. On fait davantage des appels à la prudence plutôt que des appels à l’abstinence, de manière à ce qu’ils puissent faire leurs choix eux-mêmes», a insisté M. Sacy.

«De toute façon, quand bien même qu’on voudrait leur dire quoi faire, la dernière chose dont ils se préoccupent, c’est de ce qu’on pense qu’ils devraient faire. Ultimement, ils vont faire ce qu’ils veulent. Alors nous, notre travail, c’est de faire en sorte qu’ils prennent leurs décisions en ayant le meilleur éclairage possible», a-t-il ajouté.

Reconnu pour le slogan qu’il a popularisé, «la modération a bien meilleur goût», Éduc’alcool a fouillé la littérature scientifique sur la consommation combinée de l’alcool et du cannabis, maintenant que le cannabis a été légalisé.

Par exemple, selon l’étude de Lukas en 2001, l’ordre dans lequel on consomme l’alcool et le cannabis importe. Les molécules de cannabis seraient absorbées dans le sang plus rapidement lorsqu’il y a eu consommation d’alcool, parce que ce dernier dilate les vaisseaux sanguins.

«La consommation d’alcool engendre une dilatation des vaisseaux sanguins du corps, dont ceux des poumons et du système digestif. Ainsi, à chaque inhalation ou mouvement à travers le système digestif, si le cannabis est consommé par voie orale, une plus grande quantité de THC s’infiltre dans le système sanguin», rapporte-t-on dans la documentation d’Éduc’alcool.

L’organisme rappelle que le cannabis amplifie les effets de l’alcool et qu’il importe de ne pas conduire de véhicule lorsque l’un des deux ou les deux ont été consommés.

Éduc’alcool estime que mélanger alcool et cannabis est une «très mauvaise idée» et que les effets ressentis «peuvent alors être imprévisibles, même pour des consommateurs expérimentés».