Éducation

Le mot «Amérindiens» retiré de manuels d’histoire

Tous les livres d’histoire de 3e et 4e secondaires du Québec ont dû être remplacés (ou le seront prochainement), a décrété le ministère de l’Éducation. Au recyclage, la vieille version. Pourquoi? Surtout parce qu’on y lisait le mot «Amérindiens», aujourd’hui honni et remplacé par «Premières Nations» et «Autochtones».

Les commissions scolaires l’ont appris au début des vacances estivales. On leur annonçait alors que les livres neufs acquis en 2016 et 2017 lors de l’implantation du nouveau programme d’Histoire du Québec et du Canada n’étaient plus bons; il fallait bonifier le contenu traitant des peuples autochtones, disait une sous-ministre. La nouvelle n’avait pas fait grand bruit.

Société

Un Frigo-Partage installé dans Pointe-Gatineau

Grâce à l’initiative du Centre d’Animation Familiale (CAF), un Frigo-Partage a maintenant pignon sur rue au beau milieu du quartier Pointe-Gatineau, un secteur défavorisé durement affecté par les inondations du printemps 2017.

Le projet, lancé jeudi en collaboration avec l’Escouade anti-gaspillage, consiste à inviter les gens à déposer ou prendre gratuitement de la nourriture 24 heures sur 24 dans un réfrigérateur installé aux abords des locaux de l’organisme sis au 1312, rue Saint-Louis. L’objectif avoué est double : donner un coup de pouce aux gens souffrant d’insécurité alimentaire et contrer le gaspillage alimentaire.

Société

Un rapport dénonce le traitement des anciens combattants

Un nouveau rapport dénonce le traitement des anciens combattants par le gouvernement fédéral.

Le document indique ainsi que les anciens combattants doivent patienter des mois de plus que ce qu’on leur avait promis avant de savoir s’ils sont admissibles à des prestations d’invalidité ou à une autre aide.

Société

La Soupe populaire de Hull reprend du service

Grâce à un partenariat innovateur avec de nombreux autres organismes communautaires, la Soupe populaire de Hull parvient à rouvrir son comptoir du boulevard Saint-Joseph.

Des difficultés financières ont forcé la Soupe à fermer le Centre Frédéric-Ozanam durant l’été 2017. Un peu plus d’un an plus tard, le local situé près du boulevard Mont-Bleu reprend vie grâce à une collaboration avec, notamment, la Manne de l’Île, le Rassemblement des cuisines collectives de Gatineau (RCCG) et l’Escouade anti-gaspillage alimentaire. Un projet baptisé « POP TA SOUPE ».

Actualités

Lise Payette (1931-2018): une grande pionnière en quatre temps

La journaliste, animatrice, ministre et auteure de téléromans à succès Lise Payette s’est éteinte mercredi à l’âge de 87 ans. Femme de convictions, elle a su tout au long de sa vie utiliser ses talents de communicatrice pour faire avancer les causes auxquelles elle croyait, notamment l’égalité des femmes et la souveraineté du Québec. Parcours en quatre temps d’une femme d’exception.
  • Journaliste et animatrice

Lise Payette entame sa carrière de journaliste à la radio à Trois-Rivières, en 1954, puis à Rouyn-Noranda. Mariée au journaliste de Radio-Canada André Payette depuis 1951, elle part avec lui pour Paris dix ans plus tard. À l’époque, elle est mère de trois jeunes enfants, mais continue à collaborer à plusieurs journaux et magazines (Châtelaine, Le Nouveau Journal), et anime une émission à la radio de Radio-Canada, Interdit aux hommes. De retour au pays, elle devient vite une vedette de la radio avec Place aux femmes, en compagnie de Guy Provost, de 1966 à 1972. Avec l’arrivée des années 1970, elle devient une véritable star de la télé avec son talk-show Appelez-­moi Lise, qui, de 1972 à 1975, fracasse des records d’écoute, même si l’émission est diffusée à 23h. Maîtrisant l’équilibre subtil entre les entrevues d’émotions et le divertissement, Lise Payette aime les coups d’éclat, surtout s’ils font vibrer sa fibre féministe, comme le fait d’organiser le concours du plus bel homme du Canada ou de remplacer le gardien de but lors d’un exercice du club de hockey Canadien. Lise Payette revient au journalisme en novembre 2007, alors qu’elle tient une chronique hebdomadaire au Devoir. Une sélection de ces chroniques avait été publiée en 2012 : Le Mal du pays.

  • Femme politique

Avec les années, l’appel de l’engagement politique se fait sentir de plus en plus chez Lise Payette. Un jour de 1976, elle téléphone à René Lévesque, chef du Parti québécois. «Est-ce que je peux vous être utile?» lui demanda-t-elle. Le 15 novembre 1976, elle est élue députée de Dorion, puis accède au conseil des ministres — où elle sera la seule femme autour de la table. Elle n’accomplira qu’un seul mandat, de 1976 à 1981, mais qui fut bien rempli. D’abord ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières, elle revoit et élargit la protection du consommateur. Ministre d’État à la Condition féminine, elle rédige une première politique globale, Pour les Québécoises : égalité et indépendance, elle étend l’accès aux garderies, supervise une réforme du droit de la famille et finance les centres d’aide aux femmes victimes de violence, notamment. C’est aussi grâce à elle que les enfants peuvent aujourd’hui, depuis 1981, porter le nom de famille de leurs deux parents. Mais son passage en politique sera surtout marqué par une réforme majeure et controversée : celle de l’assurance automobile, qui élimine la notion de responsabilité lors d’un accident. Elle fera en outre remplacer sur les plaques d’immatriculation «La Belle Province» par «Je me souviens», en 1978.

Élections 2018

Plus verte et moins chère, l’hydroélectricité?

L’AFFIRMATION: «La plus grande contribution environnementale que le Québec peut faire pour la planète serait d’exporter plus d’hydroélectricité. On est chanceux, on a des barrages hydroélectriques et on pourrait en ajouter d’autres. L’important c’est de remplacer des centrales au charbon, au gaz et nucléaires qu’il y a chez nos voisins. […] C’est mieux pour l’environnement et c’est moins coûteux que les autres centrales», a déclaré le chef caquiste François Legault lors d’un point de presse, mardi matin.

LES FAITS

D’un point de vue purement technique, si on construisait des barrages dans tous les secteurs qui peuvent s’y prêter, on pourrait plus que doubler la production hydroélectrique au Québec, selon une estimation de l’Association canadienne de l’hydroélectricité. La «puissance installée» (les barrages déjà en place) est de 38 400 mégawatts (MW) alors qu’il reste un potentiel de 42 400 MW qui serait techniquement harnachable dans la Belle Province.

Et ce serait en effet une très belle contribution environnementale si le Québec vendait plus de son électricité propre sur les marchés nord-américains dominés par le gaz et le charbon, dit Pierre-Olivier Pineau, professeur aux HEC et spécialiste des questions énergétiques. L’ennui, ajoute-t-il cependant, c’est que «techniquement faisable» ne veut pas dire «rentable». Le potentiel restant au Québec est largement constitué de rivières éloignées où il coûte cher de construire, et dans plusieurs cas, dit-il, «cela ne respecterait probablement pas les débits minimaux qu’on veut que les rivières conservent pour préserver leurs écosystèmes» — ce qui serait une «contribution» assez paradoxale pour l’environnement.

Et c’est sans compter que la topographie autour de plusieurs de ces rivières «potentielles» ne permettrait pas de construire de gros réservoirs, ce qui impliquerait que ces barrages ne produiraient pas à l’année, ou du moins qu’ils devraient réduire leur production à la fin de l’été et en automne, quand les débits sont faibles. «À ce moment-là, l’hydroélectricité n’a pas plus d’intérêt que l’éolien», signale le physicien Normand Mousseau, qui a coprésidé la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, en 2013.

En outre, disent MM. Mousseau et Pineau, le principal frein aux exportations québécoises d’électricité n’est pas la production (Hydro-Québec est prise avec des surplus bien documentés), mais plutôt les lignes de transport d’électricité, qui sont saturées. Il y a des projets de raccord à l’étude présentement, mais ils sont coûteux et politiquement très sensibles. Que l’on songe au projet Northern Pass, qui devait amener de l’électricité québécoise vers le Massachusetts en passant par le New Hampshire et qui a été rejeté récemment — le promoteur songe maintenant à passer par le Maine.

«Cela dit, je ne sais pas pourquoi M. Legault s’entête à vouloir construire de nouveaux barrages», se questionne M. Pineau. S’il est vrai que l’électricité produite par les barrages qui sont finis de payer est très peu chère, à moins de 1 ¢ du kilowatt-heure (kWh), il en va autrement d’un barrage que l’on devrait construire demain matin. Hydro-Québec avance le chiffre de 6,4 ¢/kWh pour son nouveau complexe La Romaine, mais cette estimation a été remise en question par divers experts, dont certains parlent plutôt de 10 ¢/kWh.

Selon des chiffres de l’Administration américaine d’information sur l’énergie, un barrage dont on commencerait la construction cette année pour une mise en service en 2022 aurait un coût de revient de 7,4 ¢/kWh. C’est moins que le nucléaire de dernière génération (9 ¢/kWh), mais c’est plus que l’éolien (4,8 ¢/kWh), le solaire (5,9 ¢/kWh) et le gaz naturel (4,8 ¢/kWh).

Or, souligne M. Mousseau, 7,4 ¢/kWh, c’est plus que ce que va chercher Hydro-Québec à l’exportation. «En moyenne, on est à 4,6 ¢/kWh si on regarde les résultats de l’an dernier», dit-il, en bonne partie parce que les lignes de transmission sont saturées aux heures de grande consommation et que les seuls moments où l’on peut exporter plus d’énergie, les prix sont complètement déprimés.

Société

Les enfants canadiens souffrent plus qu’on le croit, selon un rapport

TORONTO — Une nouvelle étude vient sérieusement ébranler certaines certitudes réconfortantes sur le bien-être physique et émotionnel des enfants canadiens.

Le rapport de l’organisme Children First Canada et de l’Institut O’Brien de santé publique de l’Université de Calgary rappelle que les taux élevés de suicide, de maltraitance juvénile, de mortalité infantile et d’hospitalisation en santé mentale soulèvent de sérieux doutes quant à la réputation du pays, parfois décrit comme un «paradis pour élever des enfants».

Actualités

Un accident virtuel pour sensibiliser les jeunes

Trois-Rivières — Il n’est pas rare qu’un party de jeunes se continue sur la route, dans une voiture où ils sont plusieurs à s’entasser et à déconcentrer le conducteur. Il n’est pas rare non plus que malgré toutes les campagnes de sensibilisation, on en voit encore qui textent au volant ou qui prennent la route avec les facultés affaiblies.

La Société d’assurance automobile du Québec a donc décidé d’ajouter un nouveau moyen de sensibilisation contre ces attitudes qui fauchent des vies en offrant aux jeunes conducteurs de 16 à 24 ans, cet automne, l’occasion d’expérimenter l’effet d’un accident de voiture grâce à la réalité virtuelle.

Société

Ottawa-Québec pour le logement social

« On a encore des gens qui sont dans la rue, on a encore des gens qui vivent dans des taudis, dans des logements inabordables. Il faut que ces gens soient hébergés correctement. »

Ce sont des réalités que vivent des milliers de moins bien nantis en Outaouais et ailleurs au Québec qu’a partagées Patrick Villeneuve, de Gatineau, avant d’amorcer dimanche avec d’autres personnes une marche de 28 jours qui les mène de la colline parlementaire à Ottawa jusqu’à Québec afin d’interpeller les gouvernements et la population au droit au logement.

Société

C'est la fin pour «La Revue»

Une page d’histoire se tourne dans la région. À peine un mois et demi après avoir voulu donner « un vent de renouveau » à La Revue avec l’appellation Le Gatineau Express, Lexis Media met la clé dans la porte de cet hebdomadaire ouvert il y a près de 60 ans.

Journaliste de longue date et ancien directeur de l’information de La Revue, Sylvain Dupras a confirmé au Droit que l’annonce de cette fermeture a été faite mardi après-midi par les dirigeants de Lexis Media. Selon nos informations, cette décision ne touche que Le Gatineau Express, de sorte que Le Bulletin et La Petite-Nation continueront d’être publiés. La dernière édition du Gatineau Express devrait être publiée le 5 septembre.

M. Dupras, qui œuvrait pour l’hebdomadaire depuis 1983, a parlé d’un « jour très triste » et de la « perte d’une voix démocratique ». « C’est déplorable. C’est quand même un média qui avait sa place, elle était complémentaire aux autres, a-t-il mentionné. On essayait de ne pas jouer dans la cour des grands, on essayait de jouer dans notre propre carré de sable. »

La publication aura survécu moins d’un an entre les mains de Lexis Media, qui l’avait achetée de TC Media en décembre 2017. À l’interne, des craintes étaient présentes. Le tirage avait été modifié par Lexis Media, passant de 95 000 à 50 000 exemplaires par édition. 

« Je dois avouer que du moment où ils ont changé le nom en juillet, ça a comme sonné une cloche que la fin était proche (...) Je me rappelle les années où c’était très rentable et où on pouvait monter des journaux de 80 ou même 100 pages », se rapelle M. Dupras. À la mi-juillet, la directrice principale de Lexis Media, Véronique Gauthier, avait annoncé que l’appellation Le Gatineau Express remplaçait La Revue dans le cadre d’une « série de changements » devant permettre au journal « de poursuivre son travail auprès de la communauté qu’il dessert ».

Invité à commenter la décision de l’entreprise, le président de Lexis Media, Frédéric Couture, a répondu par courriel qu’il était « dans l’impossibilité de parler ».

Dans un message publié sur Facebook, la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s’est dite « attristée ».

« La perte d’un média d’information n’est jamais une bonne nouvelle, particulièrement en région où les sources d’information sont plus rares, estime la FPJQ-Outaouais. En l’absence d’une diversité de médias d’information, on crée un environnement où les mécanismes de surveillance de nos institutions sont laissés à eux-mêmes. Il s’agit également d’un bon moment pour rappeler que la FPJQ croit que les programmes d’aide à la presse des gouvernements doivent être bonifiés. »

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a quant à lui réagi en qualifiant la disparition de ce média de « coup dur pour Gatineau, mais aussi pour la démocratie locale ».

« S’informer sur ce qui se passe dans sa région, dans sa ville, c’est se donner les moyens de prendre des positions, de comprendre les enjeux qui nous entourent, de renforcer nos communautés. On sait aussi que le taux de vote aux élections est directement proportionnel à la couverture médiatique locale. Perdre un média, c’est donc aussi risquer de voir la participation au vote s’effriter encore plus », a-t-il déclaré.

Le député fédéral de Gatineau, Steve MacKinnon, s’est dit abasourdi par la nouvelle. 

« C’est absolument dévastateur, je craignais une telle éventualité évidemment avec un changement de propriétaire, le changement de nom et le départ de personnel clé. Malheureusement, les nuages s’en venaient. La Revue, on l’appelait toujours ainsi, était un incontournable dans le quotidien des gens de Gatineau, avec entre autres les annonces pour les organismes communautaires », a-t-il indiqué.

Pour sa part, le député sortant dans Chapleau, Marc Carrière, a souligné qu’il s’agissait d’une « journée triste pour l’information régionale », ajoutant qu’il avait grandi avec La Revue de Gatineau pour laquelle il avait un attachement particulier.

Fondé par Gérard Bonicalzi, La Revue est parue pour la toute première fois le 3 septembre 1959. Son slogan de l’époque était « Sers le bien, le vrai et le beau ». Le journal a par la suite eu plusieurs propriétaires dont les hommes d’affaires Fernand Philipps et Claude Bérard, Publications Dumont ainsi que Cogeco. En 1996, Transcontinental acquiert l’hebdomadaire et en demeure propriétaire jusqu’en 2017.