Justice et faits divers

Quatre vignettes de stationnement saisies en quatre jours à l’Hôpital Civic

Les agents d’application des règlements municipaux à Ottawa ont à l’œil les automobilistes utilisant un permis de stationnement pour personnes handicapées falsifié ou appartenant à une autre personne. Uniquement à l’Hôpital Civic situé sur l’avenue Carling, quatre permis ont été saisis en quatre jours cette semaine auprès d’automobilistes stationnés frauduleusement.

« C’est un nombre assez important, a indiqué vendredi Alison Sandor, porte-parole au service d’application des règlements municipaux à la Ville d’Ottawa. Nous surveillons toujours cela puisque c’est un abus du système et c’est injuste envers les personnes qui ont vraiment besoin de ces espaces ».

Environnement

Alimentation et climat, le Giec montre les choix à faire

GENÈVE — Nourrir correctement les milliards de Terriens ou lutter contre le réchauffement climatique? Pour ne pas être un jour confronté à ce dilemme, il est indispensable de repenser l’usage des terres et nos habitudes alimentaires, avertit le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’ évolution du climat (Giec).

Les humains ont dégradé un quart des terres émergées : érosion des sols, désertification, déforestation, perte de biodiversité. Et le changement climatique accentue cette pression. Ce mélange explosif représente une menace pour la sécurité alimentaire d’une population grandissante, qui dépasse les 7 milliards d’individus.

Telles sont les conclusions majeures du rapport spécial du Giec sur «le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres» dévoilé jeudi.

«La pression humaine sur les terres grandit, les terres font partie de la solution, mais ne peuvent pas tout», a résumé Debra Roberts, du groupe des experts climat de l’ONU, lors d’une conférence de presse à Genève.

Le système alimentaire dans son ensemble génère «jusqu’à un tiers de nos émissions» de gaz à effet de serre, a souligné Eduardo Calvo Buendia, coprésident du Giec.

Le temps est compté, alors que le réchauffement des terres émergées atteint déjà 1,53°C, le double de la hausse globale (océans compris), selon le rapport.

Risques pour l’alimentation

Les risques d’instabilité en termes d’approvisionnement alimentaire pourraient être «élevés» avec un réchauffement global de 1,5°C et «très élevés» à 2°C, a expliqué Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.

Il faut agir vite, insiste le Giec, qui énumère une série de mesures applicables à court terme, adaptées aux spécificités régionales. Des passages ont d’ailleurs été ajoutés au résumé de 65 pages pour les décideurs politiques, adopté au terme de cinq jours de discussions entre les 195 pays membres, pour tenir compte du problème des villes et de l’urbanisation galopante.

La marge est étroite si l’on veut à la fois contenir le réchauffement et ses effets dévastateurs sur les terres, et nourrir convenablement une population qui pourrait dépasser 11 milliards d’individus à la fin du siècle.

«Nous devons penser de manière beaucoup plus approfondie à la façon dont nous allons utiliser chaque hectare. Les terres doivent permettre de cultiver notre nourriture, fournir la biodiversité et l’eau douce, donner du travail à des milliards de personnes et capturer des milliards de tonnes de carbone», commente Piers Forster, professeur sur le changement climatique à l’université de Leeds.

Le Giec a élaboré différents scénarios pour limiter le réchauffement à 1,5°C ou bien en dessous de 2°C par rapport à la période pré-industrielle. Ils incluent des mesures d’atténuation basées sur les terres et des changements d’usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies.

Moins de viande

Les scénarios nécessitant d’importantes conversions de terres (reboisement pour capturer du CO2, champs dédiés aux bioénergies...) pour lutter contre le réchauffement pourraient avoir «des effets secondaires indésirables»: désertification, dégradation des terres, insécurité alimentaire...

Tout est une question d’échelle. «Nous montrons à quel point l’importance des surfaces cultivées pour produire cette biomasse peut être une pression supplémentaire sur l’utilisation des terres», a expliqué Valérie Masson-Delmotte.

Pour le Giec, outre les indispensables réductions de gaz à effet de serre, des solutions existent du côté du système alimentaire et des habitudes de consommation, car les changer ne nécessite pas de consommer plus d’espaces.

Actuellement, de «25 à 30 % de la production totale de nourriture est gaspillée», souligne le rapport, alors qu’environ 820 millions de personnes souffrent de la faim.

Si dans les régions pauvres, l’apport en protéines animales est parfois insuffisant, dans les pays riches, il dépasse les recommandations nutritionnelles de l’Organisation mondiale pour la santé. Deux milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses et «25 à 30 % de la production totale de nourriture est gaspillée».

Le rapport souligne l’importance de réduire le gaspillage et l’intérêt pour l’environnement et la santé de régimes moins riches en viande. Mais «le Giec ne prescrit pas les régimes des gens», a insisté son coprésident Jim Skea.

Ce travail est le deuxième d’une série de trois «rapports spéciaux» du Giec, après celui sur la possibilité de contenir le réchauffement à 1,5°C, l’an dernier, et avant celui sur les océans et la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires) attendu fin septembre, au moment où l’ONU organisera un sommet sur le climat à New York.

Techno

Twitter : des données personnelles utilisées sans consentement explicite

PARIS — Le réseau social Twitter a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi que des données personnelles de ses utilisateurs avaient été utilisées à des fins publicitaires depuis mai 2018 sans leur consentement explicite.

Le réseau précise que l’erreur a été corrigée lundi et qu’une enquête est en cours pour déterminer combien d’utilisateurs ont pu être concernés, conseillant au passage à ces derniers de revoir leurs réglages en matière de partage des données.

Selon Twitter, cela concerne deux cas de figure particuliers : si un utilisateur a regardé ou cliqué sur une publicité pour une application mobile d’une part, ou en envoyant des publicités basées sur l’appareil utilisé pour se connecter au réseau d’autre part.

«Depuis septembre 2018, nous avons pu vous montrer des publicités basées sur des déductions que nous avons réalisées à partir de l’appareil que vous utilisez, même si vous ne nous en avez pas donné la permission. Les données concernées sont restées aux mains de Twitter et ne concernaient pas des informations comme les mots de passe ou les adresses mail», a expliqué le réseau dans une note explicative publiée sur son centre d’aide en ligne.

Twitter, qui présente ses excuses aux utilisateurs concernés, assure mettre en place les «étapes nécessaires pour nous assurer que cela ne se reproduira plus», et invite ses utilisateurs à contacter son bureau de protection des données via un formulaire.

Ces deux problèmes, liés au respect du consentement explicite des utilisateurs dans l’usage de leurs données personnelles, sont apparus après l’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement européen de protection des données (RGPD).

Le RGPD a notamment imposé aux plateformes et sites web de s’assurer du consentement explicite des utilisateurs pour collecter leurs données, notamment à des fins de ciblage publicitaire et lorsque cette collecte se fait pour des entreprises tiers.

Le RGPD oblige également toute entreprise victime d’une perte de données personnelles d’en avertir les autorités compétentes du pays où se trouve son siège européen, en l’occurrence pour Twitter l’Irlande, dans les 48 heures suivant la découverte de cette fuite, et les personnes concernées le plus tôt possible.

Société

Moisson Outaouais: nouvelle campagne pour nourrir les enfants

La rentrée scolaire approche à grands pas. Moisson Outaouais profite de cette période de l’année pour lancer sa nouvelle campagne « Aidez les enfants de l’Outaouais une collation à la fois » pour aider les familles à faible revenu à se procurer des collations saines et nutritives.

Chaque mois en Outaouais, 3900 enfants utilisent les services d’aide alimentaire via le réseau de Moisson Outaouais, a souligné le directeur général de l’organisation, Armand Kayolo. 

À LIRE AUSSI : Chronique de Denis Gratton: Sonner l’alarme

« Le besoin de collations nourrissantes dans les dépannages alimentaires augmente et les réserves se vident très rapidement. Ces collations sont souvent très coûteuses et les parents aux moyens financiers limités ont tendance à acheter des aliments moins sains pour leurs enfants », a expliqué M. Kayolo. 

Une grande partie de l’alimentation des enfants est constituée de collations. 

Les enfants devraient manger aux trois heures environ car ils ont besoin de faire des réserves, a signalé Moisson Outaouais. 

Les dons monétaires recueillis seront spécifiquement dédiés à l’achat de collations saines tels que des fruits frais, des compotes de fruits, des barres de céréales, des yogourts et des fromages. 

Moisson Outaouais préparera des sacs de collations qui seront distribués aux organismes communautaires qui servent des enfants. 

Dans la région, indique Moisson Outaouais, ce sont 29 000 personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire, soit 7 % de la population. 

De ce nombre, 5300 sont des enfants de moins de 12 ans. 

Société

Un pardon plus facile pour la possession simple de cannabis

Il est désormais plus facile d’obtenir le pardon pour avoir été en possession simple de cannabis avant sa légalisation.

La loi C-93, votée par le gouvernement fédéral au printemps dernier, est en vigueur depuis le 1er août.

Les personnes reconnues coupables de possession simple de cannabis peuvent maintenant demander leur pardon gratuitement, en ligne, auprès de la Commission des libérations conditionnelles.

Les personnes qui ont toutefois été reconnues coupables d’avoir possédé du cannabis dans le but d’en faire le trafic n’auront pas la tâche aussi facile.

La loi élimine du même coup les frais de 631 $ associés aux demandes de pardon, pour toute personne possédant un casier judiciaire pour possession simple de cannabis.

Le cannabis est légal au Canada depuis le 17 octobre 2018.

Ces demandes de pardon seront facilitées même si des amendes reçues dans le cadre de cette condamnation n’ont pas encore été payées.

La seule condition est celle d’avoir purgé sa peine.

« Fournir un accès immédiat gratuit aux pardons aux personnes précédemment reconnues coupables de possession simple de cannabis leur facilitera l’accès aux possibilités d’emploi, à l’éducation, au logement et au bénévolat. Bref, ces personnes devraient maintenant être en mesure de vivre leur vie. Cela est particulièrement important pour les communautés marginalisées au Canada étant donné que l’application de la loi concernant le cannabis a eu un impact disproportionné sur elles par le passé », a commenté le ministre de la Justice du Canada, David Lametti, ministre de la Justice et procureur général du Canada.

La Commission des libérations conditionnelles du Canada a mis un formulaire et une adresse courriel en ligne, ainsi qu’un numéro de téléphone à la disposition des personnes qui veulent obtenir ce pardon.

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INFORMATION:

Canada.ca/cannabis-suspension-du-casier

1-800-874-2652 

cannabis-suspension@pbc-clcc.gc.ca.

Environnement

La désobéissance civile nécessaire, selon des militants écologistes

Les militants écologistes qui luttent contre le changement climatique veulent augmenter la pression sur les gouvernements qu’ils accusent d’inaction face à l’urgence mondiale décriée par les scientifiques de la planète. La prochaine étape pourrait bien être la désobéissance civile et un expert estime que leur argument est de plus en plus solide.

Le 13 juillet dernier, 25 militants associés au groupe Extinction Rébellion Québec ont été volontairement arrêtés, sans aucune résistance, au terme d’un sit-in qui aura duré près de cinq heures sur la rue Sherbrooke au centre-ville de Montréal.

Climat

Des pluies diluviennes en Nouvelle-Écosse soulèvent un débat sur le climat

ANTIGONISH — Une vidéo virale montrant un chemin de la Nouvelle-Écosse littéralement éventré par des pluies diluviennes a ouvert un débat dans les médias sociaux sur les changements climatiques.

Tareq Hadhad, réfugié syrien qui a fondé une chocolaterie au bout de ce chemin privé, a publié la vidéo lundi, après le passage de l’orage. Les météorologues d’Environnement Canada affirment que des orages isolés ont fait tomber 66 millimètres de pluie dans la région d’Antigonish entre 15 h et 18 h lundi.

Les climatosceptiques se sont déchaînés et deux climatologues ont déclaré en entrevue que des événements isolés pouvaient rarement être liés de manière concluante au réchauffement climatique causé par l’activité humaine.

Mais Megan Kirchmeier-Young, chercheuse à Environnement Canada, estime qu’il existe des preuves scientifiques solides selon lesquelles de telles précipitations se produiront plus fréquemment en raison d’une hausse des températures liée à l’activité humaine.

Monde

L'humanité a déjà épuisé les ressources de la planète pour l'année

PARIS — L’humanité vit à crédit à partir de lundi, car elle a déjà consommé toutes les ressources naturelles qu’offre la planète, soit deux mois plus tôt qu’il y a 20 ans, selon les calculs de Global Footprint Network.

«L’humanité utilise actuellement les ressources écologiques 1,75 fois plus vite» que les capacités de régénération des écosystèmes, souligne l’ONG dans un communiqué.

«Nous grignotons le capital naturel de notre planète, amenuisant d’autant sa capacité régénérative future», avertit encore l’ONG.

Lire aussi : Le «jour du dépassement», symbole de la surconsommation humaine

Les modes de consommation selon les pays présentent d’énormes écarts : «le Qatar atteint son jour du dépassement après seulement 42 jours, tandis que l’Indonésie a consommé toutes les ressources pour l’année entière après 342 jours», relève WWF, associé à Global Footprint Network. «Si tout le monde vivait comme les Français, il faudrait 2,7 planètes» et cinq si tout le monde adoptait le monde de consommation des Américains.

Pour ramener le jour du dépassement au 31 décembre, «le principal levier d’action concerne nos émissions de gaz à effet de serre qui représentent à elles seules 60 % de notre empreinte écologique mondiale», fait valoir WWF. «En diminuant les émissions de CO2 de 50 %, nous pourrions gagner 93 jours dans l’année, soit faire reculer le jour du dépassement à octobre», estime l’ONG.

«En divisant par deux la consommation de protéines animales, nous pourrions repousser la date du jour du dépassement de 15 jours par an» et en divisant le gaspillage alimentaire par deux, on pourrait gagner dix jours, poursuit WWF.

Chacun peut calculer son empreinte écologique sur http://www.footprintcalculator.org

Politique

Québec dit non aux friandises au cannabis [VIDÉO]

Les Québécois qui espèrent se procurer chocolats, jujubes et autres friandises au cannabis après leur légalisation au Canada ne pourront pas en trouver sur les tablettes, le gouvernement provincial ayant décidé d’en interdire la vente.

Jugeant insuffisantes les mesures prévues par Ottawa pour encadrer la légalisation prochaine de la vente de produits comestibles au cannabis, Québec a dévoilé mercredi les règles additionnelles plus strictes qu’il prévoit imposer.

Le gouvernement provincial annonce ainsi qu’il interdira la vente de friandises, de confiseries, de desserts - incluant le chocolat - et de «tout autre produit attrayant pour les mineurs».

Les produits solides contenant du cannabis ne pourront contenir une quantité de tétrahydrocannabinol (THC) supérieure à 5 mg par unité et à 10 mg par emballage. Pour les liquides, la limite sera de 5 mg par emballage.

Ottawa légalisera les nouveaux produits le 17 octobre prochain, mais calcule qu’il faudra au moins 60 jours après cette date pour que les produits se retrouvent sur les tablettes, ce qui repousse à la mi-décembre la disponibilité de toute une gamme de nouveaux produits contenant du THC.

Mesures fédérales «insuffisantes»

Trois nouvelles catégories de produits seront alors permises au pays: le cannabis comestible, les extraits de cannabis et le cannabis à usage topique.

Selon Québec, les mesures du gouvernement fédéral pour encadrer ces nouvelles catégories de produits ne seront pas suffisantes pour permettre à la province «d’atteindre ses objectifs en matière de santé et de sécurité publiques».

Le gouvernement provincial souhaite ainsi en faire davantage pour réduire la banalisation du cannabis, son attrait pour les jeunes, les risques d’intoxication involontaire et les risques de santé associés aux produits à concentration élevée en THC.

Parmi les autres mesures imposées par Québec, on note l’interdiction d’ajouter, dans les extraits de cannabis en vente, des additifs ou d’autres substances destinées à modifier l’odeur, la saveur ou la couleur du produit.

Le gouvernement provincial limite par ailleurs à 30 pour cent la concentration en THC des produits de cannabis, à l’exception des produits de cannabis comestibles. Une disposition encadrant l’augmentation du potentiel d’effets psychologiques intoxicants des produits de cannabis par l’ajout de composants, y compris du cannabinoïde, sera aussi ajoutée.

Le cannabis à usage topique ne sera pas autorisé à la vente au Québec «pour le moment», note-t-on également.

Société

Recours aux banques alimentaires: deux extrêmes à Ottawa

Près d’une personne sur six a eu recours à une banque alimentaire en 2018 dans la circonscription d’Ottawa-Vanier, ce qui en fait de loin l’endroit où une telle aide a été la plus sollicitée à travers la province, selon une nouvelle étude publiée mercredi par Feed Ontario.

Un peu plus de 16 500 personnes ont cogné à la porte de la Banque alimentaire d’Ottawa l’an dernier dans cette circonscription, soit 15 % de la population. Du nombre, plus du tiers des bénéficiaires de cette aide (37 %) étaient des enfants. Au total, on a enregistré plus de 80 000 visites à la banque alimentaire de la part de gens d’Ottawa-Vanier. 

Dans ce triste palmarès, Ottawa-Vanier est suivie par les circonscriptions d’Hamilton-Centre (12 %) et de Thunder Bay Atikokan (11 %). 

« C’est très préoccupant de constater que la circonscription où le taux de recours à une banque alimentaire par habitant est le plus élevé soit située dans une ville aussi riche qu’Ottawa. Le rapport souligne le besoin urgent de solutions concrètes à long terme qui auront un impact notable sur les causes profondes de la pauvreté », de dire le directeur général de la Banque alimentaire d’Ottawa, Michael Maidment.

L’organisme vient en aide à environ 37 500 personnes par mois. 

Deux autres circonscriptions de la région de la capitale fédérale font cependant partie du top-10 des endroits où les gens ont eu recours aux services d’une banque alimentaire, soit Ottawa-Sud (5e rang, 9 %) et Ottawa-Ouest-Nepean (9e rang, 8 %). Dans ces deux circonscriptions, respectivement 10 500 et 8500 personnes ont eu besoin d’une telle aide à au moins une reprise en 2018. 

La circonscription provinciale d’Ottawa-Centre est non loin derrière avec une proportion de 7 % de la population ayant eu besoin d’un coup de pouce pour regarnir son réfrigérateur et son garde-manger. 

La circonscription d’Orléans s’en tire beaucoup mieux alors que 3 % des habitants (environ 3300 personnes) ont sollicité de l’aide alimentaire à au moins une occasion en 2018. Du nombre, 45 % étaient des enfants. 

Société

Ottawa soutient des organismes qui aident les vétérans en situation d’itinérance

Un projet de la Mission Old Brewery à Montréal, qui vise à aider les anciens combattants en situation d’itinérance à trouver notamment un logement, figure parmi les 22 initiatives du secteur communautaire qui seront soutenues par un fonds fédéral.

Un autre projet aidera à répertorier les quelque 900 organisations, y compris des communautés du nord et autochtones, qui soutiennent les anciens combattants à travers le pays.

Un montant total de 3 millions $ provenant du Fonds pour le bien-être des vétérans et de leur famille, créé en 2017, sera consacré cette année à des initiatives liées aux vétérans sans abri, à l’embauche des vétérans, aux vétéranes et à la santé mentale.

Un total de 22 projets ont été sélectionnés pour 2019-2020, parmi 114 candidatures d’organismes déjà actifs sur le terrain partout au Canada. Le gouvernement veut «appuyer la création d’initiatives, de recherches et de projets novateurs pour améliorer le bien-être des vétérans et de leur famille».

Matthew Pearce, président de la Mission Old Brewery, à Montréal, a déclaré que les fonds fédéraux serviront aux «Sentinelles», qui aideront les vétérans sans abri à trouver un logement et à avoir accès aux services nécessaires.

La campagne «Respect», également de Montréal, utilisera le soutien du fonds fédéral pour organiser le Forum de la campagne Respect, «une initiative nationale de réseautage visant à promouvoir des approches de collaboration pour la prestation de services aux vétérans, aux premiers intervenants et à leur famille».

«En appuyant les initiatives communautaires, Anciens Combattants Canada démontre son intention de collaborer avec les intervenants de première ligne qui travaillent à mettre fin à l’itinérance chez les vétérans au Canada», a estimé Matthew Pearce, de la Mission Old Brewery.

Santé

Crier après un enfant ou le gifler pourrait modifier son cerveau, selon une étude québécoise

MONTRÉAL - Crier après un enfant, lui donner une fessée, le gifler ou le secouer sur une base régulière pourrait altérer ses circuits cérébraux de la peur, prévient une étude menée par des chercheurs de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine.

À l’adolescence, les enfants qui ont subi de telles «pratiques parentales coercitives» pourront peiner à différencier ce qui est épeurant de ce qui ne l’est pas et avoir de la difficulté à identifier leurs émotions, a expliqué la première auteure de l’étude, la chercheuse postdoctorale Valérie Alejandra La Buissonnière-Ariza.

Ce type de pratiques parentales provoque des changements dans le fonctionnement de leur cerveau, notamment en ce qui concerne la peur et l’anxiété, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

On note aussi un impact sur le comportement des enfants jusqu’à leur adolescence.

«L’étude ne portait pas sur des comportements qui vont avoir lieu une fois de temps en temps, a dit Mme La Buissonnière-Ariza. Ça arrive à tout le monde d’élever la voix. On parle vraiment des gens qui vont utiliser ça comme façon de punir leur enfant de façon régulière.»

Des examens IRM fonctionnels du cerveau des jeunes pendant une tâche de conditionnement de la peur ont montré des différences marquées dans la façon dont celui-ci traitait la peur.

Les 84 sujets pour qui les chercheurs ont obtenu des données valides au niveau de l’imagerie participaient à deux études longitudinales québécoises accessibles par l’intermédiaire du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant et l’Institut de la statistique du Québec. La moitié d’entre eux étaient victimes de pratiques parentales coercitives.

«Indépendamment de l’anxiété, les jeunes qui subissaient des pratiques parentales coercitives élevées avaient une moins bonne différenciation des signaux de peur vs sécurité au niveau de l’amygdale, une structure qui est responsable du traitement de la peur, a expliqué Mme La Buissonnière-Ariza. On voit qu’ils ont de la difficulté à différencier ce qui est menaçant de ce qui n’est pas menaçant.»

En d’autres mots, a-t-elle ajouté, les jeunes sans coercition étaient à même de bien différencier le stimulus effrayant du stimulus rassurant, tandis que les jeunes qui avaient été victimes de pratiques parentales coercitives traitaient les deux stimuli de la même façon.

Les chercheurs ont aussi trouvé des différences au niveau de la communication entre l’amygdale et l’insula, une région du cerveau qui est entre autres impliquée dans le traitement des sensations viscérales, comme l’anxiété.

«Une réduction de la communication entre ces régions a été observée par exemple chez les gens qui souffrent de troubles dépressifs ou de troubles anxieux, a dit la chercheuse. Il y aurait une moins bonne conscience émotionnelle chez ces enfants-là, ils seraient moins conscients de ce qu’ils éprouvent. Ils vont ressentir quelque chose, mais ils ne savent pas c’est quoi, ils ne peuvent pas le mettre en mots.»

Aucun jeune n’a été suivi au-delà de l’âge de 16 ans. Mme La Buissonnière-Ariza admet qu’il serait pertinent de pousser les recherches encore plus loin.

«Les pathologies psychiatriques se développent souvent au début de l’âge adulte, au début de la vingtaine, a-t-elle dit. Ce serait très intéressant de les retester dans cinq ans.»

En attendant, elle lance un appel à la prudence aux parents.

«Cette recherche démontre que les pratiques parentales coercitives ne sont peut-être pas aussi inoffensives ou bénignes qu’on le pense, a-t-elle prévenu. On ne peut pas établir de lien de causalité ou savoir ce qui va se passer plus tard, mais on voit clairement que c’est associé à des modifications dans le cerveau.

«Ce ne sont pas des pratiques qu’il faut prendre à la légère. On va souvent minimiser ce genre de pratiques là, et encore une fois on ne parle pas de gens qui vont perdre patience de temps en temps parce que leur enfant est insupportable. Si c’est votre façon de faire avec votre enfant, même si ce n’est pas facile, il faudrait aller s’informer sur les autres techniques disciplinaires qui pourraient mieux fonctionner.»

Cette étude a été supervisée par le professeur Franco Lepore, de l’Université de Montréal, et la docteure Françoise Maheu du CHU Sainte-Justine, qui a reçu une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada pour ce projet. Les conclusions sont publiées par le journal médical Biological Psychology.

Actualités

Réforme du droit de la famille: les grands-parents plaident leur importance

Dans la foulée des consultations publiques du ministère de la Justice entourant la réforme du droit de la famille, l’Association des grands-parents du Québec (AGPQ) demande à ce que les ascendants ne soient pas écartés de la vie de l’enfant, indépendamment du contexte familial et toujours dans son intérêt.

L’association présentait le 28 juin un mémoire pour la reconnaissance de la valeur et de l’importance des grands-parents dans la société québécoise.

Chaque année, la ligne d’écoute pour aînés et grands-parents reçoit une moyenne de 1000 appels, «concernant des cas de la protection de la jeunesse ou des histoires de chèques d’allocation familiale», illustre Henri Lafrance, président de l’AGPQ. 

Fondée il y a 30 ans à Beauport, l’association est devenue un organisme national en 2004. Depuis, l’AGPQ intervient régulièrement auprès du gouvernement provincial. Elle a notamment participé aux consultations publiques sur le projet de loi 125 modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse et d’autres dispositions législatives, tenues en 2006, celles sur la qualité de vie des aînés, en 2009, puis, sur l’adoption, en 2010.

L’intérêt de l’enfant d’abord

Rupture du couple, décès de l’un des parents, nouveau conjoint auprès du parent gardien : peu importe le contexte, les petits-enfants doivent conserver le droit d’avoir une relation personnelle avec leurs grands-parents ou ascendants, si c’est dans leur intérêt supérieur, selon l’AGPQ. 

Et l’intérêt de l’enfant est ce qui guidera les décisions du gouvernement dans la réforme du droit de la famille, une réflexion qui s’appuie entre autres sur le rapport Roy, publié en 2015. «L’intérêt et les droits de l’enfant doivent être au cœur des priorités», concluait alors le rapport. 

«Les enfants doivent bénéficier de l’apport de la famille élargie, fait valoir Henri Lafrance. C’est important pour contrer certains abus aux aînés et pour la stabilité des enfants.» Il estime qu’il doit y avoir une cohérence entre la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse et le droit de la famille. La commission a été mise sur pied le 30 mai dernier, suivant le drame de la fillette de Granby. 

Rappelons que la grand-mère de la victime avait mené un long combat auprès de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et des tribunaux pour que la garde de l’enfant soit retirée du père, de son fils, donc. «La famille nucléaire est souvent isolée dans ce genre de décision», indique M. Lafrance.

«Dans la plupart des cas, les grands-parents sont écartés parce que le parent gardien rejette ses anciens beaux-parents ou lors d’une adoption», ajoute-t-il. 

Le rapport du Comité consultatif sur le droit de la famille de 2015 n’aborde d’ailleurs pas la situation des familles élargies dans le contexte d’une adoption légale, selon l’AGPQ. L’association souhaite que la ministre de la Justice se penche sur les dispositions visant les droits de l’enfant à conserver des liens et des relations avec sa famille biologique élargie à la suite de l’adoption légale d’un enfant au Québec.

Société

La croissance de la population devrait se poursuivre en Outaouais

L’Outaouais devrait voir son nombre d’habitants croître de 15,8 % d’ici 2041, un horizon d’ici lequel la région doit aussi s’attendre à ce que le vieillissement de la population gagne du terrain, révèlent les plus récentes prévisions démographiques de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

À partir des données de 2016, l’ISQ a projeté la Belle Province dans l’avenir. « Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la population du Québec devrait passer de 8,4 millions d’habitants en 2018 à 9 millions d’habitants en 2030, et s’élever à près de 10 millions en 2066 », estime l’ISQ, dont les prévisions ont été dévoilées dans un rapport rendu public jeudi.

« Il va y avoir une hausse continue, il n’y a pas de déclin, mais la croissance ralentit », a souligné en entrevue une démographe de l’ISQ, Ana Cristina Azeredo.

En raison d’un plus grand « niveau d’incertitude » dans l’analyse des données par région, l’ISQ s’est limité à un horizon d’un quart de siècle, en proposant des projections sur les variations qui devraient être observées entre les données de 2016 et celles de 2041.

Alors que la population du Québec devrait augmenter de 13,7 % pendant cette période, celle de l’Outaouais est appelée à connaître une hausse de 15,8 %. Cela signifie que la région, qui comptait 385 300 habitants en 2016, aurait une population de 446 200 habitants en 2041.

En zone urbaine, la croissance prévue est encore plus substantielle. Pour la portion québécoise de la Région métropolitaine de recensement (RMR) d’Ottawa-Gatineau, la population devrait connaître une hausse de 17,7 % en un quart de siècle.

Le poids démographique de l’Outaouais dans le Québec devrait demeurer assez stable. « Parmi les régions dites intermédiaires (Capitale-Nationale, Mauricie, Estrie, Outaouais, Chaudière-Appalaches et Centre-du-Québec), seule la région de l’Outaouais augmenterait son poids démographique entre 2016 et 2041, et ce, de manière infime, passant de 4,7 % à 4,8 % », indique le rapport de l’ISQ.

Vieillissement accru

Les services aux personnes âgées seront davantage sollicités au cours des prochaines décennies. « D’ici 2041, le nombre d’aînés sera en forte croissance dans toutes les régions administratives », note l’ISQ.

Sur l’ensemble des RMR, Gatineau est celle qui devrait connaître la plus forte variation dans la catégorie des 65 ans et plus, avec une hausse prévue de 109 %.

Mme Azeredo a souligné qu’en observant la « pyramide d’âges » pour l’Outaouais, « il y a plus de personnes de la génération des baby-boomers que dans l’ensemble du Québec ». « Ces personnes vont toutes passer au groupe d’âge des 65 ans et plus, c’est pour ça qu’on s’attend à une hausse importante », a-t-elle ajouté.

La part des 65 ans et plus sur l’ensemble de la population de la région devrait tout de même rester — de peu — sous la moyenne québécoise. Alors que les aînés représentaient 15 % de la population de l’Outaouais en 2016, cette proportion est appelée à atteindre 25 % en 2041, selon les prévisions de l’ISQ. À l’échelle provinciale, cette proportion devrait passer de 18 à 26 % au cours de la même période.

L’année à laquelle l’Outaouais comptera plus de décès que de naissances est prévue pour 2034, soit deux ans plus tard que pour l’ensemble de la province.

Science

D’où vient l’habitude de pointer du doigt?

Quand vous montrez quelque chose du doigt, est-ce que votre index pointe directement vers l’objet en question ? Il y a de bonnes chances que non, que votre index pointe à côté de la «cible», et ce n’est pas simplement parce que vous manquez de «visou». Ce serait plutôt parce que vous avez pris cette habitude en tentant de toucher des objets quand vous étiez bébé, et non en voulant montrer leur position, d’après une étude parue mercredi dans revue savante Science Advances.

«Dans toutes les cultures humaines qui ont été étudiées, les nourrissons commencent à montrer du doigt vers l’âge de 9 à 14 mois, typiquement. (...Et pourtant) nous ne savons presque rien des origines de ce comportement», écrivent les trois auteurs de l’article, dirigés par la chercheuse en psychologie Cathal O’Madagain, de l’Institut Max Planck, en Allemagne.

Par le passé, des scientifiques ont suggéré plusieurs hypothèses : par exemple, cela pouvait simplement découler du fait que les enfants voient leurs parents montrer des choses du doigt et les imitent. Mais s’il ne s’agissait que d’imitation, soulignent M. O’Madagain et ses collègues, de grandes différences entre les cultures auraient forcément fini par apparaître. Or ce n’est pas le cas : toutes les cultures pointent à peu près à l’identique.

D’autres ont avancé que cela pouvait provenir de l’habitude qu’ont les bébés d’étirer le bras pour attraper quelque chose. Mais les différences entre prendre et pointer — main ouverte dans un cas et fermée (hormis l’index) dans l’autre, intention d’informer absente dans un cas et présente dans l’autre, etc. — sont trop importantes pour que l’un mène à l’autre, estiment les auteurs de l’étude de Science Advances.

Habitude de toucher

Eux croient plutôt que ce comportement vient de l’habitude de toucher, souvent avec l’index, qu’ont les bébés. Pour le savoir, ils ont fait trois expériences. Dans l’une d’elle, 55 personnes d’âges différents (18 mois, 3 ans, 6 ans et adultes) ont été filmées en train de pointer une série d’objets à 1,5 mètre d’elles. En analysant ensuite la direction que montrait l’index sur des images arrêtées, le trio d’auteurs a réalisé qu’elle n’était pas particulièrement juste : même chez les adultes, elle s’écartait typiquement de 10 à 20 degrés de la «cible». C’était plutôt l’axe entre l’œil et le bout de l’index qui pointait le plus précisément vers l’objet, ne s’en écartant que de 1 à 10 degrés.

C’est là, selon M. O’Madagain et ses collègues, un indice montrant clairement que c’est le fait de toucher qui mène à pointer.

Les auteurs ont fait deux autres expériences (l’une sur l’angle du poignet selon l’emplacement d’une cible à pointer sur une boîte, et l’autre sur l’interprétation d’image montrant une personne qui pouvait être en train de montrer ou sur le point de toucher des objets), qui ont corroboré l’hypothèse du toucher.

Le passage du toucher au pointage viendrait de la «ritualisation» du geste, un peu comme l’habitude de lever les mains chez les enfants humains et primates.

«Un nourrisson va commencer par lever ses mains pour tenter de grimper, littéralement, à sa mère. Le voyant faire, la mère va le prendre au lieu de le laisser grimper tout seul. L’enfant finit par réaliser qu’il n’a qu’à lever les bras pour que sa mère le prenne, et le comportement de lever les mains est acquis», écrivent-ils. Le même genre de «ritualisation» pourrait expliquer que le toucher mène au pointage.

Société

Le nombre d’aînés faisant usage du web a doublé de 2007 à 2016 au Canada

Le nombre d’aînés canadiens qui utilisent le web a doublé de 2007 à 2016, ce qui a représenté une croissance plus rapide que pour tout autre groupe d’âge au pays.

Statistique Canada a toutefois constaté que le pourcentage d’aînés sur web est encore très inférieur à celui des autres groupes de population.

Ainsi, le taux d’aînés qui utilisent le web est passé de 32 pour cent en 2007 à 68 pour cent en 2016. Cependant, ce taux est considéré comme faible comparativement au taux d’utilisation de 97 pour cent parmi les Canadiens.

L’agence fédérale soutient que le fait de ne pas utiliser le web pourrait être une source d’exclusion sociale.

Les taux d’utilisation du web varient en fonction des groupes d’âge de la population des aînés. Environ 81 pour cent des gens âgés de 65 à 69 ans s’en servent, comparativement à 74 pour cent chez ceux âgés de 70 à 74 ans, 64 pour cent des gens âgés de 75 à 79 ans et 49 pour cent des aînés âgés de 80 ans et plus.

Le niveau de scolarité et le revenu sont aussi des prédicteurs importants de l’utilisation d’Internet chez les personnes âgées, d’après Statistique Canada.

En 2016, 89 pour cent des aînés qui avaient fait des études universitaires étaient des utilisateurs du web, comparativement à 46 pour cent de ceux sans diplôme d’études secondaires (DES). Chez les personnes âgées dont le revenu du ménage se situait entre 60 000 $ et 79 999 $, la probabilité d’utiliser le web était de 73 pour cent, comparativement à 54 pour cent chez celles ayant un revenu de moins de 20 000 $ et à 79 pour cent ayant un revenu de 100 000 $ et plus.

Actualités

La moitié des enfants autochtones en situation de pauvreté au Canada

OTTAWA - Les enfants autochtones font face aux taux de pauvreté les plus élevés du pays, avec près d’un sur deux se trouvant dans un ménage à faible revenu, indique une nouvelle étude qui montre que la situation s’est peu améliorée au cours de la dernière décennie.

L’étude publiée par Upstream Institute, et rédigée par des chercheurs de l’Assemblée des Premières Nations et du Centre canadien de politiques alternatives, révèle que 47 pour cent des enfants des Premières Nations vivant dans les réserves et hors réserve se trouvent en situation de pauvreté.

Ce chiffre atteint 53 pour cent lorsque l’on considère uniquement les enfants des Premières Nations vivant dans des réserves - soit le taux de pauvreté chez les enfants le plus élevé au Canada.

Le taux de pauvreté infantile dans les réserves est environ trois fois plus élevé que le taux à l’échelle du pays de 17,6 pour cent enregistré lors du recensement de 2016.

Après avoir approfondi une décennie de données de recensement, les chercheurs ont constaté que les taux de pauvreté avaient à peine baissé pour la plupart des communautés autochtones entre les recensements de 2006 et 2016.

Parallèlement, le nombre d’enfants dans les réserves est resté stable durant cette période à 120 000, ce qui veut dire qu’il ne s’agit pas d’une question d’une population en croissance faisant peser un poids plus lourd sur les programmes sociaux et la croissance économique. Les chercheurs estiment que le portrait «pointe vers un échec à entreprendre des solutions efficaces».

Point positif au Québec

Néanmoins, il y avait quelques exceptions.

Les taux de pauvreté chez les enfants vivant dans les réserves au Québec étaient inférieurs en 2016 à ceux de toutes les autres provinces, en grande partie grâce aux accords conclus avec les gouvernements des Premières Nations sur le partage des revenus provenant des ressources naturelles.

Le taux de pauvreté infantile chez les Métis est passé de 27 pour cent à 22 pour cent, mais cela s’est fait alors que le nombre de personnes se déclarant métisses est monté en flèche. Les chercheurs estiment que la baisse des taux de pauvreté pourrait être due au fait que davantage de personnes plus aisées se décrivent comme Métis dans les formulaires de recensement.

Les taux de pauvreté infantile chez les Inuits sont passés de 27 pour cent à 25 pour cent entre 2006 et 2016. Cependant, environ la moitié de la population inuite est exclue des statistiques de pauvreté, car elle réside dans les territoires. Statistique Canada ne croit pas que ses mesures de faible revenu y seraient fiables.

Les statistiques officielles sur la pauvreté n’examinent pas les situations dans les réserves, sauf lors des recensements, une situation qui doit changer selon les chercheurs pour mieux suivre les efforts de lutte contre la pauvreté.

Plus tôt cette année, Statistique Canada a signalé qu’en 2017, l’année la plus récente disponible, environ 622 000 enfants vivaient sous le seuil de pauvreté officiel récemment adopté, soit une baisse de 278 000 depuis 2015.

«Il est temps de reconnaître officiellement que la pauvreté existe dans les réserves et dans les territoires», indique l’étude. «Les causes de la pauvreté chez les peuples autochtones sont variées. Les solutions doivent tenir compte de cette complexité. Une première étape nécessaire nécessite un ensemble d’objectifs clairs et des critères transparents.»

Vérification faite

Vérification faite: non, on ne «mange» pas une carte de crédit par semaine...

L’affirmation «Chaque personne ingère en moyenne environ 5 grammes de plastique par semaine ­[...­soit] l’équivalent d’une carte de crédit», lit-on dans un rapport récent du World Wildlife Fund (WWF), une organisation environnementaliste internationale. L’idée d’avaler une carte de crédit par semaine a manifestement marqué les esprits, puisque ce rapport a joui d’une couverture médiatique mondiale. Alors, voyons de quoi il retourne.

Les faits

Le rapport en question, No Plastic in Nature : Assessing Plastic Ingestion From Nature to People [http://bit.ly/327Vwf] est basé sur une étude commanditée par le WWF et faite par deux chercheurs de l’Université de Newcastle, en Australie. Ceux-ci ont passé la littérature scientifique en revue afin d’évaluer les quantités de plastiques qui se trouvent dans l’eau potable, le poisson, le sel, etc., et que nous avalerions donc en mangeant. Mais de l’aveu des chercheurs eux-mêmes, il reste encore de grands «trous» dans ce secteur de recherche qu’ils ont dû «boucher» par des hypothèses et des extrapolations. En outre, leur travail n’a pas encore été publié dans une revue savante et les détails méthodologiques ne seront pas dévoilés avant publication. Il y a donc, pour l’instant, un gros point d’interrogation au-dessus de leurs calculs.

Cependant, à en juger par ce qui a été révélé, il y a deux choses qui clochent dans ces résultats. La première, note le chimiste de l’Université Laval Normand Voyer, c’est que les chercheurs de Newcastle semblent avoir retenu des valeurs extrêmes de contamination au plastique. Ils se sont par exemple basés sur une étude menée à Dongguan [http://bit.ly/2XrlbBG], une ville chinoise très polluée. Ils citent également une étude qui conclut que la contamination des mollusques au microplastique est «minime» et «bien moindre que celle découlant des fibres textiles que l’on ingère quand on prend un repas à la maison» [http://bit.ly/2XP9WlT], mais le rapport du WWF place quand même les fruits de mer au deuxième rang des sources de contamination, avec 180 particules avalées par semaine — la première source, et de loin, étant l’eau potable à 1770 particules, pour un total hebdomadaire de près de 2000.

Notons tout de même qu’une autre étude récente est arrivée à des chiffres semblables, mais en comptant les particules (surtout des fibres textiles) que l’on respire [http://bit.ly/2Xq8X7w] — que le document du WWF considère comme une quantité négligeable, mais passons.

La deuxième chose qui cloche, c’est que même en imaginant un scénario du pire qui se rendrait jusqu’à l’absurde, il est impossible de se rendre à 5 grammes de plastique par semaine avec les chiffres du rapport du WWF. Celui-ci compte en effet les particules de 0 à 1 millimètre de diamètre. Alors supposons qu’absolument tous ces petits morceaux aient le volume maximal considéré par le rapport, soit 1 mm3. C’est totalement impossible puisque les études citées par le WWF indiquent que plus de 90 % des particules dans l’eau potable font moins de 0,1 mm de diamètre, mais «mettons que», comme on dit. Imaginons aussi que tout ce plastique est d’un type pas mal plus dense que la moyenne, à 1,3 gramme par cm3. Même dans ce scénario, qui exagère énormément le poids du plastique ingéré, on obtient : 2000 particules/semaine x 1 mm3/particule x 0,0013 g/mm3 = 2,6 grammes par semaine, et non 5 grammes. (M. Voyer m’a confirmé la validité du calcul.)

Il est possible que des «détails méthodologiques» encore non révélés viennent éventuellement changer la donne. Mais comme le rapport du WWF tient déjà compte de la principale source d’exposition aux microplastiques, soit l’eau potable, et comme mon calcul présume que toutes les particules font 1 mm³ (ce qui multiplie par au moins 1000 le volume des 90 % d’entre elles qui font moins de 0,1 mm de côté), on voit très mal comment on peut se rendre jusqu’à 5 grammes par semaine.

À l’heure d’écrire ces lignes, le chercheur principal derrière l’étude commandée par le WWF, Dr Thava Palanisami, n’avait pas répondu à un courriel du Soleil.

Verdict

A priori très douteux. On ne pourra être certain de rien avant la publication du fin détail méthodologique, mais sur la base des chiffres publiés dans le rapport du WWF, l’ingestion de microplastiques ne peut tout simplement pas atteindre «une carte de crédit [5 g] par semaine», ni même s’en approcher. Cela ne signifie pas que la pollution au plastique n’est pas un problème, mais simplement qu’on n’en ingère pas tant que ça.

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DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d’un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n’aime pas les fausses nouvelles.

Actualités

Plus de 40 familles sans logis

Une quarantaine de familles se trouvent toujours sans logis à Gatineau.

Huit d’entre elles trouvent refuge dans des logements de dépannage, six dans des motels et près d’une trentaine habitent temporairement chez des amis ou de la parenté.

Société

Diversification de l'économie de l'Outaouais: la Chambre de commerce veut «des actions directes»

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson, estime que toutes les données sont maintenant disponibles pour que le gouvernement du Québec mette en place «des actions directes» pour aider l’Outaouais à diversifier son économie.

Alors que le développement économique fait partie des trois grands axes à améliorer selon le «Dossier Outaouais 2019», M. Samson juge que l’«écosystème économique de la région» est assez bien défini pour que le gouvernement provincial agisse.

Société

Immigration: le système Arrima est lancé

MONTRÉAL — Le gouvernement du Québec a lancé, jeudi, un système qui devrait accélérer considérablement le traitement des demandes d’immigration et permettre de mieux arrimer l’immigration aux besoins du marché du travail.

Ce nouveau système, Arrima, doit aussi favoriser la régionalisation de l’immigration au Québec, a souligné le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse à Montréal.

Société

Projet pilote en CPE: pour que les enfants «mangent à leur faim» le matin

Les crêpes sont plus populaires que le gruau, mais ce n’est pas tant ça l’important. C’est plutôt « que les enfants mangent à leur faim le matin », insiste le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Pichet de jus à la main, le ministre ne s’est pas fait prier pour remplir les verres d’enfants du Centre de la petite enfance (CPE) gatinois Au pays de Cornemuse, jeudi matin, avant de dresser le bilan du projet pilote des petits déjeuners en milieu de garde.

Lancé à la fin 2018, le projet mis sur pied en partenariat avec le Club des petits déjeuners a jusqu’à présent permis à quelque 370 petits Québécois de partir la journée le ventre plein. 

En vigueur jusqu’au printemps 2021, le projet pilote touche 15 services de garde en milieu défavorisé répartis dans 14 régions administratives.

« Ça fait une différence qui est énorme, parce qu’un enfant qui commence la journée le ventre vide, ce n’est pas un enfant qui est bien disposé à apprendre, ce n’est pas un enfant qui développe son plein potentiel, a souligné le ministre Lacombe. Donc de voir plein de petits sourires ce matin avec de belles assiettes colorées, ça fait mon bonheur. »

Le projet pilote nécessite un investissement de 1,5 million $ en trois ans. 

Même si une analyse des résultats devra être réalisée en 2021, Mathieu Lacombe n’hésite pas à dire que s’ils sont concluants, le gouvernement « pourra penser à agrandir ça ». « Si les résultats sont là, je pense qu’on ne sera pas très durs à convaincre », a-t-il mentionné.

Le directeur général du Club des petits déjeuners, Tommy Kulczyk, a fait savoir que déjà, d’autres CPE ont indiqué qu’ils « aimeraient recevoir le même programme ».

La directrice générale du CPE Au pays de Cornemuse, Line Kelly, affirme que les éducatrices voient « une différence » chez les enfants qui mangent bien le matin, que ce soit au niveau de leur concentration ou de leur participation aux activités.

Le CPE tente d’exposer les enfants « à une grande variété d’aliments » et à diverses textures, par exemple en servant des œufs cuits de différentes manières.

Sur la soixantaine de petits Gatinois qui ont accès aux déjeuners grâce au projet pilote, la participation peut varier. 

Le jour des crêpes, ils peuvent être une vingtaine à en déguster. « Disons que [pour] le gruau, il faut qu’on habitue les enfants », a lancé Mme Kelly.

Société

Un journal bilingue vole du contenu et siphonne des fonds publics

TORONTO — Un discret groupe médiatique encaisse depuis plus d’une décennie des revenus publicitaires en publiant des journaux bilingues remplis d’articles volés à d’autres. Les gouvernements leur ont, à un moment ou à un autre, acheté de la publicité ou accordé de généreuses subventions.

Basé à Vancouver, Nouvelles communautaires/Community Digest compte quatre éditions: une pour l’Ontario, une autre pour l’Alberta et deux en Colombie-Britannique, chacune publiée à 25 000 copies, distribuées au moins deux fois par mois, selon le site du journal.

Malgré son apparence artisanale, le journal imprimé en format 8,5 par 11, a obtenu près de 2 millions de dollars en fonds publics, en seulement quelques années.

Des articles volés

Depuis plus de dix ans, le bimensuel prend, sans autorisation, du contenu des autres médias pour remplir ses pages, a pu constater ONFR+ dans le cadre d’une enquête, qui l’a amené à interroger plus d’une vingtaine d’intervenants et à analyser et vérifier des éditions du journal publiées au cours des deux dernières décennies.

Des textes de médias francophones et anglophones ont été copiés dans leur intégralité, au fil des ans. Certains sont signés du nom de leur véritable auteur, d’autres portent une signature fictive. «Étienne Boulle» et «Michel Lahmi» semblent ainsi des plumes prolifiques. Dans les faits, les textes qui accompagnent ces signatures ont été volés.

L’Agence France-Presse, La Presse Canadienne, l’Express de Toronto et le Métropolitain/Le Régional ont tous confirmé n’avoir jamais autorisé l’utilisation de leurs articles, qui sont pourtant publiés dans ce journal. Radio-Canada, dont les textes se retrouvent abondamment dans les éditions récentes, n’a pas non plus d’entente avec Nouvelles communautaires.

«C’est du vol qualifié», a tempêté François Bergeron, rédacteur en chef de L’Express, en apprenant la nouvelle. Même son de cloche au Métropolitain. «C’est une arnaque. S’ils prennent nos textes, c’est fait sans notre autorisation», lance Denis Poirier, propriétaire du groupe Altomédia, qui publie Le Métropolitain.

Société

Crise du logement: Québec réactive son plan d’urgence de 2005

Le gouvernement du Québec a annoncé, mercredi, qu’il réactivait le plan national d’urgence qui avait été mis en place pour faire face à la crise du logement de 2005.

Le conseil des ministres a adopté une série de mesures qui permettront aux offices d’habitation de la province d’offrir plus d’aide aux personnes à la recherche d’un logement à l’approche de la date fatidique du 1er juillet.  

Québec octroie aux municipalités des subventions pour le remboursement d’une partie des dépenses liées à de l’hébergement temporaire, à l’aide au déménagement et à l’entreposage de biens. 

Des sommes seront aussi versées aux villes où la crise frappe le plus fort et qui choisiront d’adopter une aide d’urgence complémentaire pour accompagner des ménages qui en feront la demande. 

Québec consent aussi à octroyer des subventions d’urgence de supplément au loyer. 

Cette dernière mesure touche moins Gatineau puisque la Ville a déjà obtenu 60 subventions d’urgence du même type pour faire face à sa situation particulière à la suite de la tornade de 2018 et des inondations du printemps. 

Alors qu’une crise de confiance vient d’éclater au grand jour dans le milieu du logement en Outaouais, à la suite des propos du directeur général de l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO), la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, affirme, dans un communiqué de presse que Québec travaillera en « étroite collaboration » avec les offices d’habitation pour que la situation demeure « sous contrôle au cours des prochains jours ». 

Société

Vérification d'antécédents judiciaires: fin de gratuité pour les bénévoles à Ottawa

Dès la fin de l’été, les bénévoles devront sortir leur portefeuille pour la vérification de leurs antécédents judiciaires par l’entremise du Service de police d’Ottawa (SPO).

La Commission des services policiers a tranché lundi et a statué que dès le 1er septembre, un tarif de 10 $ sera imposé aux bénévoles qui effectueront une telle demande, un service qui était jusqu’à maintenant offert sans frais. 

Les frais doubleront par la suite à compter du 1er janvier 2020, passant à 20 $ par vérification. 

À l’inverse, il a été décidé que les frais exigés pour les employés seront abaissés de 90 $ à 65 $. 

On estime qu’il en coûte en moyenne 63 $ pour faire une telle vérification, si bien qu’avec les 75 000 demandes par an, la facture s’élève à plus de 4,7 millions $. 

Or, en raison de la gratuité pour les bénévoles, la Ville estimait qu’il y avait un manque à gagner de 2,4 millions $. 

Selon la Ville d’Ottawa, 68 % des vérifications d’antécédents judiciaires sont effectuées pour des employés, tandis que 32 % concernent des bénévoles. Dans près de neuf cas sur dix (88 %), il s’agit d’adultes. 

L’an dernier, un sondage avait permis d’apprendre que 69 % des citoyens jugeaient que les bénévoles ne devraient pas débourser pour ce type de service. 

Près des deux tiers (64 %) des répondants privilégiaient le statu quo pour la tarification (90 % pour les employés et gratuité pour les bénévoles).

Ce dossier a aussi fait jaser sur la rive québécoise ces derniers mois alors que plusieurs organismes communautaires et sportifs ont dénoncé la perte de la gratuité de la vérification des antécédents judiciaires des bénévoles

Une lettre ouverte a entre autres été envoyée au premier ministre François Legault à ce sujet. 

Depuis 2015, la vérification ne se fait plus gratuitement auprès de la Sûreté du Québec mais plutôt auprès de firmes privées, si bien que le coût s’élève jusqu’à 80 $ par cas. 

La Fédération des centres d’action bénévole du Québec indiquait en avril qu’elle négocie depuis deux ans avec le gouvernement pour qu’il revienne sur sa décision.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) effectue quant à lui toujours cette vérification sans frais.

Société

Les gens sont honnêtes et rendent un portefeuille perdu, selon une étude

NEW YORK — Les gens sont plus susceptibles de rendre un portefeuille perdu s’il contient de l’argent - et plus il y a d’argent, plus ils sont honnêtes.

Telle est la conclusion surprenante à laquelle en viennent des chercheurs qui ont «perdu» plus de 17 000 portefeuilles dans 355 villes de 40 pays et noté combien de fois quelqu’un contactait les présumés propriétaires.

La présence d’argent - l’équivalent d’environ 13 $ US en monnaie locale - a fait grimper ce taux de réponse à environ 51 pour cent, contre 40 pour cent pour les portefeuilles sans argent. Cette tendance s’est manifestée dans presque tous les pays, même si les chiffres ont varié.

Les chercheurs ont augmenté la mise aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Pologne. La réponse a grimpé à 72 pour cent pour les portefeuilles contenant l’équivalent d’environ 94 $ US, contre 61 pour cent pour ceux contenant 13 $ US. Si le portefeuille ne contenait pas d’argent, le taux était de 46 pour cent.

Comment cela s’explique-t-il?

«Les gens ont tendance à se soucier du bien-être des autres et ils ont peur d’être perçus comme des voleurs», a fait valoir l’un des auteurs de l’étude publiée jeudi par la revue «Science», Alain Cohn de l’Université du Michigan.

Un autre auteur, Christian Zuend de l’Université de Zurich, a expliqué qu’»on a soudainement l’impression de voler» quand il y a de l’argent dans le portefeuille. «Et cela ressemble encore plus à un vol lorsque la somme dans le portefeuille augmente», a-t-il ajouté. Cette idée est corroborée par les résultats des sondages effectués par les chercheurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Pologne, a-t-il déclaré devant des journalistes.

Des étuis transparents

Les portefeuilles de l’étude étaient en réalité des étuis de cartes de visite transparents, choisis de manière à ce que les gens puissent voir l’argent à l’intérieur sans les ouvrir. Treize assistants de recherche se présentaient comme des personnes qui venaient de retrouver les étuis et les ont remis dans des banques, des théâtres, des musées ou d’autres établissements culturels, des bureaux de poste, des hôtels, des postes de police ou d’autres lieux publics. La question clé était de savoir si l’employé recevant l’étui contacterait son prétendu propriétaire, dont le nom et l’adresse électronique étaient affichés sur trois cartes de visite identiques.

Les cartes de visite avaient été conçues pour donner l’impression que le prétendu propriétaire était une personne de la région, et une liste de courses à faire se trouvait également dans le portefeuille. Certains étuis contenaient également une clé, et ceux-ci étaient plus susceptibles d’être rendus que les étuis sans clé. Cela a poussé les chercheurs à conclure que l’intérêt pour les autres jouait un rôle puisque, contrairement à l’argent, une clé est précieuse pour son propriétaire, mais pas pour un étranger.

L’effet de l’argent inclus s’est manifesté dans 38 des 40 pays, à l’exception du Mexique et du Pérou. Il y a eu beaucoup de variations selon les pays dans la fréquence à laquelle le «propriétaire» du portefeuille était contacté. En Suisse, le taux était de 74 pour cent pour les portefeuilles sans argent et de 79 pour cent pour ceux qui en contenaient, alors qu’en Chine, il était de 7 pour cent et 22 pour cent, respectivement. Les chiffres des États-Unis étaient de 39 pour cent sans argent et 57 pour cent avec de l’argent.

L’étude a mesuré la façon dont les employés agissent lorsqu’on leur présente un portefeuille sur leur lieu de travail. Mais ces mêmes personnes agiraient-elles différemment si elles trouvaient un portefeuille sur un trottoir?

«Nous ne le savons pas», a admis un autre des auteurs de l’étude, Michel Marechal, de l’Université de Zurich. Mais il a ajouté que d’autres analyses suggèrent que ces nouveaux résultats reflètent le degré général d’honnêteté de la population.

Société

Vapotage: hausse de 74% en un an chez les jeunes canadiens

La Société canadienne du cancer (SCC) appelle à des interventions des gouvernements après avoir pris connaissance de données qu’elle juge troublantes sur une forte hausse du taux de vapotage chez les jeunes au Canada.

La SCC demande notamment aux provinces d’augmenter à 21 ans l’âge légal pour pouvoir acheter des produits du tabac ou des produits de vapotage, tout comme 16 États américains l’ont déjà fait.

Les données citées par la SCC sont contenues dans une étude dirigée par le professeur David Hammond, de l’Université de Waterloo. Elles signalent que le taux de vapotage chez les Canadiens âgés de 16 à 19 ans a fait un bond impressionnant de 74 pour cent de 2017 à l’an dernier, passant de 8,4 à 14,6 pour cent.

La Société canadienne du cancer affirme que les jeunes qui se servent de cigarettes électroniques contenant de la nicotine peuvent développer une dépendance et courent un risque élevé de devenir des fumeurs.

L’étude a également permis d’observer que le taux de consommation de la cigarette chez les 16 à 19 ans, durant la même période de 2017 à 2018, a augmenté de 45 pour cent, passant de 10,7 à 15,5 pour cent. Différents sondages menés avant et pendant l’année 2017 avaient démontré un déclin continu du tabagisme chez les jeunes, mais ces résultats indiquent que la consommation chez cette clientèle pourrait être à la hausse, d’après la SCC.

Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer, rappelle que les cigarettes électroniques sont censées s’adresser aux fumeurs adultes qui n’ont pas réussi à renoncer à cette habitude. À son avis, il faut à tout prix éviter qu’une nouvelle génération d’adolescents développe une dépendance à la nicotine par l’intermédiaire des produits de vapotage.

La Société canadienne du cancer demande aussi que les provinces interdisent la vente de produits de vapotage aromatisés, sauf dans les boutiques spécialisées réservées aux adultes.

Elle recommande au gouvernement fédéral d’agir vite pour adopter une réglementation limitant la publicité sur les produits de vapotage, en s’assurant qu’elle soit au moins aussi restrictive que pour la publicité sur le cannabis, incluant le cannabis médicinal. Ottawa devrait en outre imposer des restrictions à l’utilisation d’arômes dans les produits de vapotage, en plus de l’adoption de nouvelles dispositions réglementaires, d’après la SCC.

Le tabagisme constitue la principale cause évitable de maladie et de mortalité au Canada, tuant près de 45 000 Canadiens chaque année, soit 30 pour cent de tous les décès liés au cancer, de rappeler la Société canadienne du cancer.

L’augmentation du taux de vapotage chez les jeunes a été révélée dans le British Medical Journal.

Actualités

Une photographe granbyenne accueille une famille africaine

La vie d’une famille africaine arrivée il y a un mois à Granby fera l’objet d’une exposition photo. La photographe Julie Gavillet a été jumelée par SERY avec la famille québécoise de Petrina Niagu et celle de Lazare Ekane-Moké et de Clémence Pélagie-Kponingbo. Après avoir fui leur pays d’origine et passé 13 ans au Niger, ces derniers tentent maintenant de refaire leur vie à Granby.

Le 20 juin est la journée mondiale des réfugiés et, pour la souligner, Mme Gavillet annonce que son projet sera exposé à pareille date l’an prochain.

Actualités

Le milieu funéraire doit s’adapter à l’aide médicale à mourir

L’entrée en vigueur de la loi provinciale encadrant l’aide médicale à mourir le 10 décembre 2015 a provoqué un changement de paradigme pour le milieu funéraire. Le deuil s’aborde différemment lorsque la date, l’heure et la manière dont la mort surviendra sont connues.

«Un homme très droit est entré dans la maison funéraire. Il savait qu’il allait décéder la semaine prochaine», laisse tomber Chantal Brochu, directrice funéraire à la Maison Edgar Mercier et fils, à Sainte-Marie, en Beauce. «Il a rédigé son avis de décès, il a géré l’envoi des épreuves photo. Les arrangements deviennent hyper personnalisés.»

Quelque 80 thanatologues et directeurs funéraires étaient réunis au pavillon La Laurentienne de l’Université Laval, mardi, pour un campus de deux jours sur l’évolution du domaine funéraire, organisée par la Corporation des thanatologues du Québec. 

Devant les questionnements du milieu, soutient la Corporation, le docteur Alain Naud et la travailleuse sociale Michelle Girard ont tenté d’éclairer le «nouveau rapport au deuil» avant et après la mort programmée. 

«On sait combien de temps il reste, relève M. Naud. Il y a une urgence de communiquer, de boucler la boucle familiale et relationnelle. L’aide médicale à mourir revoit la volonté du défunt.»

«Quitter paisiblement»

«Les préarrangements funéraires, on en fait tout le temps», fait valoir Chantal Brochu. «Mais une famille ou un défunt qui réserve la date et l’heure exactes des funérailles, c’est nouveau.» Déjà, le rituel et le deuil s’enclenchent quelques jours avant l’intervention.

Pour Simon Garneau, conseiller aux familles et thanatopracteur au Groupe Garneau Thanatologue, c’est le processus avec la famille qui se voit le plus transformé. «Une fois le décès survenu, les échanges avec la famille sont assez sereins, plus faciles.» 

«Je vous quitte paisiblement», marque un avis de décès publié le matin d’une mort programmée en après-midi. Selon Alain Naud, cette sérénité est indissociable de l’aide médicale à mourir. 

«Les soins palliatifs existent depuis 40 ans, mais la fin de vie peut être violente, dramatique, dit-il. À partir du moment où elle est acceptée, on voit un apaisement et un soulagement chez le malade.» 

Actualités

Le châtiment corporel des enfants devient de plus en plus marginal au Québec

MONTRÉAL - Autrefois la norme, le châtiment corporel des enfants est en forte baisse, quoique toujours présent.

La difficile conciliation travail-famille a toutefois amené au fil des ans un plus grand nombre de parents à recourir à la violence verbale lorsqu’ils perdent patience avec leurs enfants.

La quatrième édition de l’enquête sur la violence familiale dans la vie des enfants, qui est menée périodiquement depuis 1999, démontre que la proportion d’enfants qui ont reçu des tapes à mains nues sur les fesses, les mains, les bras ou les jambes au moins une fois dans l’année a chuté de moitié, passant de 48 pour cent en 1999 à 26 pour cent en 2018.

Les résultats de l’enquête, dévoilés mercredi par l’Institut de la statistique du Québec, montrent aussi et surtout que l’occurrence de sévices plus graves, tels que frapper sur les fesses ou ailleurs avec un objet dur, donner un coup de poing ou secouer un enfant de moins de 2 ans ont aussi chuté de moitié pour devenir l’exception, passant de 7 pour cent en 1999 à 3,4 pour cent en 2018.

Cette baisse résulte d’une évolution marquée et mesurable des mentalités en matière de punition corporelle. Et même si les pères ont traditionnellement une attitude plus rigide que les mères à l’égard de la punition corporelle, tous les deux ont connu un changement de mentalité marqué.

Ainsi, en 2004, une mère sur quatre (25,7 pour cent) et un père sur trois (33,8 pour cent) estimaient que «certains enfants ont besoin de tapes pour apprendre à bien se conduire». En 2018, il n’y a plus qu’un père sur dix (10,9 pour cent) et moins d’une mère sur 10 (7,1 pour cent) qui ont toujours cette opinion.

De même, sur l’utilisation de la fessée comme «méthode efficace pour éduquer un enfant», plus d’une mère sur dix (11,8 pour cent) était de cet avis en 2004, mais elles ne sont plus qu’une mère sur 25 (4,4 pour cent) en 2018. Chez les pères, la chute est encore plus évidente, la proportion de pères ayant cette vision de la fessée étant passée de 16,3 pour cent à 5,7 pour cent entre 2004 et 2018.

Le volet de l’enquête qui porte sur la violence verbale et psychologique subie par les enfants vient par ailleurs ébranler certains préjugés. Les chercheurs ont établi au fil des enquêtes une corrélation selon laquelle les parents qui se livrent à des agressions psychologiques sur leurs enfants sont davantage susceptibles de se trouver en situation aisée, de travailler et d’être plus scolarisés.

Cette corrélation s’explique, selon l’hypothèse avancée dans cette enquête et ses précédentes par les auteurs, par un manque de mesures de conciliation travail-famille qui augmente considérablement le niveau de stress des parents.

Une donnée rassure cependant les chercheurs, soit que le nombre d’enfants ayant subi ce genre de traitement a connu une légère baisse en 2018 par rapport à 2012, après une croissance inversement proportionnelle à la baisse de la violence physique durant les années précédentes.

Il n’en reste pas moins que près de la moitié des enfants (48 pour cent) se sont fait crier ou hurler après, traiter de noms ou menacer de recevoir la fessée ou de se faire frapper à trois reprises ou plus durant une année.

Une bonne nouvelle est que l’écrasante majorité des enfants vivent avec des adultes qui répondent à leurs besoins essentiels de sécurité et de développement (83 pour cent et 94 pour cent).

En contrepartie, de 5 à 16 pour cent des enfants ne voient pas leurs besoins cognitifs ou affectifs, de supervision ou physiques être comblés de manière optimale. Les résultats montrent, entre autres, que 5 pour cent des enfants âgés de 6 mois à 5 ans sont à risque sur le plan cognitif parce qu’ils ne reçoivent pas assez d’affection, alors que 12 pour cent des adolescents de 13 à 17 ans sont davantage à risque sur le plan de la supervision, c’est-à-dire, par exemple, de ne pas se trouver en présence d’une personne de confiance.

L’enquête «La violence familiale dans la vie des enfants du Québec» a été réalisée en 1999, 2004, 2012 et 2018. Pour l’édition de 2018, 5184 répondants, soit 3984 mères et 1200 pères, ont répondu à un questionnaire téléphonique.