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Vérification faite

Vérification faite: la 5G va-t-elle tuer nos abeilles?

L'affirmation: «J’ai plusieurs amis qui ont partagé une vidéo sur Facebook récemment avec cette mention : “Des abeilles meurent sous les antennes 5G. Voici ce qui nous attend.” On constate facilement que la vidéo a été mise en ligne par une organisation anti-wifi, mais j’aimerais savoir si le 5G peut vraiment expliquer la mort de ces abeilles», demande Annie Cloutier, de Montréal.

LES FAITS

La vidéo en question [bit.ly/34empi8] a été tournée par un homme disant se trouver en Sierra Madre, en Californie. On y voit effectivement d’assez nombreuses abeilles au sol entre ce qui est décrit comme deux antennes 5G distantes d’une quinzaine de mètres. «Nous passons souvent par ici, relate l’auteur de la vidéo, et j’avais déjà remarqué les abeilles mortes, mais je n’avais jamais compris ce qui les tuait. Ce n’est que par la suite que j’ai commencé à entendre des choses sur le wifi et la 5G.»

L’homme affirme qu’«elles tombent toutes entre ces deux antennes», mais la vidéo ne montre rien d’autre que l’espace entre les tours et l’homme ne mentionne nulle part qu’il est allé voir ailleurs. Peut-être y avait-il d’autres abeilles mortes plus loin des tours cellulaires, ce qui indiquerait que le problème était ailleurs, mais on ne le saura jamais. Rien n’indique non plus que des tests ont été faits sur ces abeilles pour voir si elles n’auraient pas été empoisonnées par des pesticides (ce qui est toujours possible).

Il est également impossible de savoir à partir de ces seules images vidéo s’il s’agit bel et bien d’antennes 5G ou si ce sont des technologies antérieures, dit Jean-Jacques Laurin, spécialiste des antennes de l’École polytechnique de Montréal. «Ce qui complique encore plus la chose, c’est que dans son déploiement préliminaire, le 5G utilise souvent des équipements 4G», m’a-t-il écrit lors d’un échange de courriels.

Cette vidéo laisse donc en suspens beaucoup trop de points d’interrogation, et de trop importants, pour constituer une preuve de quoi que ce soit. Et de toute manière, rien dans la littérature scientifique ne permet de croire que la 5G (ou n’importe quelles autres ondes radio ou cellulaires) puisse tuer massivement des abeilles.

Dans l’ensemble, il n’est pas clair du tout que les ondes radio/cellulaires peuvent avoir un effet, quel qu’il soit, sur l’abeille domestique. Le hasard faisant (parfois) bien les choses, il s’adonne qu’une revue de littérature sur cette question précise a été publiée ce mardi (!) dans le périodique savant Science of the Total Environment. Les chercheurs européens qui signent l’article  indiquent qu’il n’y a pas suffisamment d’études, loin s’en faut, pour tirer des conclusions fermes, mais que les quelques études dont on dispose suggèrent un effet neutre sur la reproduction et la diversité des espèces d’insectes, et des effets variables sur leur abondance. Le même papier constate aussi que les champs magnétiques des lignes à haute tension semblent avoir un effet négatif sur la cognition des abeilles et des effets variables sur leur comportement.

C’est que l’on trouve des travaux qui, par exemple, ont exposé des abeilles à des ondes de téléphone sans fil et trouvé qu’elles avaient plus de mal à retrouver leur chemin vers la ruche par la suite. D’autres ont conclu que la proximité de tours cellulaires semblait changer les comportements de récolte de nectar des abeilles, ou que les ondes nuisaient à l’éclosion (mais pas au développement subséquent) des reines. Et d’autres encore n’ont, au contraire, pas noté le plus petit effet observable.

Or, quel que soit le type d’effet trouvé (ou non), la mortalité n’en fait pas partie. «Aucune de ces études n’a observé de mortalité massive, ou quel qu’impact que ce soit sur la mortalité des abeilles qu’auraient pu avoir les radiofréquences ou les champs magnétiques aux intensités qu’on rencontre dans l’environnement», m’a confirmé le chercheur post­doctoral en entomologie de l’Université Purdue Sebastian Shepherd, qui a lui-même signé des études sur cette question.

Même son de cloche du côté de Joseph Kirschvink, chercheur à l’Institut de technologie de Californie (Caltech) qui a lui aussi mené des travaux là-dessus. Le comportement de plusieurs espèces, dont les abeilles, peut être influencé par des ondes radio, car ces animaux sont sensibles au champ magnétique terrestre, dont ils se servent pour s’orienter, explique-t-il. Or les ondes dont on parle ici sont des ondes électromagnétiques, soit de l’énergie électrique et magnétique qui se propage dans l’espace un peu à la manière d’une vague à la surface de l’eau. La faculté de «ressentir» les champs magnétiques fournit donc un mécanisme potentiel expliquant pourquoi certaines ondes électromagnétiques peuvent déranger ces espèces.

Cependant, souligne M. Kirschvink, on n’obtient des effets sur ces animaux qu’à des fréquences relativement basses, de moins de 10 mégahertz (MHz, soit moins de 10 millions d’ondulations par seconde), «ce qui est largement en dessous des fréquences utilisées par l’industrie de la téléphonie», dit-il. Les cellulaires émettent généralement à des fréquences de 900 à 2000 MHz, et la 5G utilisera des fréquences encore plus élevées.

«Si moi ou mes collègues avions vu un tel épisode de mortalité massive d’abeilles, la première chose que nous aurions faite aurait été de prélever des échantillons pour voir s’ils contiennent des résidus de pesticides. Parce que c’est une hypothèse absolument essentielle à écarter dans des cas comme celui-là», dit M. Shepherd.

VERDICT

Faux. Cette vidéo laisse trop de questions en suspens pour être une preuve de quoi que ce soit. Et de toute manière, si quelques études suggèrent que les ondes radio/cellulaires pourraient influencer le comportement des abeilles, aucune n’a jamais constaté de mortalité massive.

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DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d’un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n’aime pas les fausses nouvelles.

Actualités

118 femmes tuées au Canada en 2019; taux inférieur au Québec

GUELPH, Ont. - Un rapport dévoilé la semaine dernière révèle que 118 femmes et filles ont été tuées cette année à la suite de violences au Canada, ce qui signifie qu’il y a eu un meurtre de femme à chaque trois jours, en moyenne.

Dans ces dossiers, 87 pour cent des accusés étaient des hommes et 13 pour cent, des femmes.

Le rapport publié par l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation ajoute que les femmes âgées de 25 à 54 ans continuent d’être surreprésentées dans le bilan des meurtres de femmes. Neuf femmes tuées sur dix cette année avaient au moins un enfant.

Un peu plus d’un accusé sur quatre s’est suicidé après le meurtre, la majorité de ces cas impliquant des partenaires intimes masculins actuels ou anciens.

Le rapport précise que les taux les plus élevés de meurtres de femmes et de filles ont été observés dans deux des trois territoires, le Nunavut et le Yukon. Parmi les provinces, les pires taux ont été relevés au Manitoba et en Alberta, alors que les plus faibles ont été compilés en Nouvelle-Écosse, au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les détails sur les meurtres de femmes dans les provinces du Canada révèlent qu’au Québec, 605 femmes et filles ont été assassinées de 1997 à 2015.

D’autre part, en général, il y a eu déclin important du nombre de meurtres au Canada depuis 1975, davantage chez les hommes que chez les femmes.

Le rapport provisoire de l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation a été publié au jour du 30e anniversaire de la tuerie du 6 décembre 1989 qui a coûté la vie à 14 jeunes femmes à l’École polytechnique de Montréal. L’Observatoire basé à Guelph, en Ontario, entend le mettre à jour le mois prochain.

Société

Commission sur la DPJ: les enfants se perdent dans le système, selon des psychiatres

MONTRÉAL - Les enfants se perdent dans les méandres de la DPJ alors que leurs intervenants changent sans cesse avant même d’avoir un portrait global de leur situation, ont déploré deux psychiatres qui ont témoigné mercredi devant la Commission spéciale sur la protection de la jeunesse.

Les médecins psychiatres Louis Morissette et Martin Gignac, qui oeuvrent notamment à l’Institut de psychiatrie légale Philippe-Pinel, et qui sont aussi appelés à réaliser des expertises pour la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), ont relevé des lacunes du système de protection des enfants - et offert quelques suggestions à la commission présidée par Régine Laurent, qui tenait ses audiences à Montréal mercredi.

Leur premier constat portait sur ce qu’ils ont appelé «la rupture dans la prise en charge». Le dossier d’un «enfant signalé» change trop souvent de mains, ont-ils déploré. Il est donc exposé à divers intervenants, tout comme sa famille. Et l’information ne circule pas toujours de façon fluide entre ces différentes personnes, a déploré M. Morissette.

Si deux signalements sont effectués à deux ans d’intervalle, ce ne sont pas les mêmes évaluateurs qui se pencheront sur son cas, et l’enfant ne sera pas suivi par le même travailleur social. Des évaluations sont inutilement faites, jugent-ils, car il y en a parfois déjà une au dossier - celle faite lors du précédent signalement, dans un dossier probablement déjà fermé à la DPJ.

De plus, si une intervention est en cours pour un enfant, pas moyen d’avoir de l’information sur ses frères et soeurs, alors que des problèmes pourraient être détectés. Et il y a plus: dans certains cas, il y a deux intervenants différents pour deux enfants de la même famille, a rapporté le Dr Morissette. «Des fois, ils ne se parlent pas entre eux. C’est assez particulier».

C’est pourquoi les deux psychiatres légistes recommandent un dossier unique pour tous les enfants d’une même famille, ainsi qu’un même intervenant et un même juge. Ainsi, la compréhension des besoins de l’enfant ou de l’adolescent sera facilitée, ont-ils maintenu mercredi.

Et si un travailleur social a déjà été affecté à un enfant dans le passé, c’est le même qui devrait prendre le dossier en main si un autre signalement est effectué, ont-ils ajouté, parmi d’autres recommandations. «Ce serait assez simple à gérer», estime le Dr Morissette.

On voit toutefois un roulement de personnel plus important que par le passé, a souligné le Dr Gignac. Ce qui est dommage, selon lui, car les enfants peuvent développer une relation avec leur intervenant.

En matinée, une professeure au département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais, Mélanie Bourque, avait fait état de la détresse «importante» des travailleuses sociales. Elles sentent que leur voix et leur jugement ne sont pas écoutés, et que leurs décisions cliniques sont écartées pour respecter les processus administratifs en place.

Les audiences de la commission sont suspendues pour cette année; elles reprendront en janvier.

L’élément déclencheur de cette commission a été la mort d’une fillette de sept ans de Granby, retrouvée dans un état lamentable en avril et décédée peu après, même si elle avait fait l’objet d’un signalement auprès de la DPJ.

Environnement

Le Québec est prêt à réduire davantage ses GES pour 2050

QUÉBEC - Le Québec est prêt à réduire encore davantage ses émissions de gaz à effet (GES), tel que le demande un groupe d’experts de l’ONU, mais pas pour 2030.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a fait savoir, mercredi, que le gouvernement était ouvert à fixer une cible encore plus ambitieuse, mais pour plus tard , soit 2050.

C’est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui a demandé cet automne aux États de faire plus d’efforts, pour éviter de graves bouleversements climatiques.

Actuellement, le Québec vise à réduire de 37,5 % ses émissions de GES pour 2030, par rapport au niveau de 1990, conformément à ses engagements internationaux. Et cet objectif ne changera pas , même si le GIEC demande 50 pour cent.

Il est déjà anticipé au Québec que la cible de réduction de 20 % pour 2020 sera un échec, tandis que la cible actuelle pour 2050 est une réduction de 80 % des GES. Or le GIEC exige désormais une économie carboneutre, zéro émission en 2050.

C’est donc cette dernière cible que le gouvernement Legault est prêt à revoir à la hausse , selon ce qu’a laissé entendre M. Charette, en entrevue avec La Presse canadienne.

Le ministre a évoqué une cible plus exigeante pour 2030-2050; toutefois, selon les précisions apportées par la suite par son cabinet, cela ne comprend pas la période 2021-2030, mais plutôt 2031-2050.

«On ne s’y refuse pas pour 2030-2050», a-t-il déclaré en entrevue téléphonique depuis Madrid, où il assiste au grand sommet annuel des Nations unies sur les changements climatiques, la COP25.

Il a toutefois reconnu qu’il s’agira «déjà d’un défi très important», puisqu’on en est encore «très loin» des objectifs, en raison du retard pris sous les gouvernements libéraux, a-t-il laissé entendre.

M. Charette a toutefois précisé que ce sera au prochain sommet, la COP26, à Glasgow au Royaume-Uni, l’an prochain, que les décisions politiques concernant les cibles seront prises.

«On n’exclut pas, avant de se présenter à Glasgow, d’avoir une cible en bonne et due forme pour la période 2030 à 2050 pour répondre à cette invitation.»

En mission en Californie, le premier ministre François Legault a d’ailleurs fait savoir mercredi qu’il participera à la COP26 en 2020. Ce sera sa première COP depuis son arrivée au pouvoir. Il avait toutefois participé à la COP21 à Paris en 2015.

Dans son dernier rapport, en octobre, le GIEC a demandé aux États de diminuer davantage les émissions polluantes pour éviter la catastrophe climatique.

En effet, si les gouvernements ne fixent pas des cibles de réduction plus exigeantes, le réchauffement planétaire pourrait atteindre 3,5 degrés Celsius, plutôt que l’objectif de 1,5 degré convenu dans l’Accord de Paris de 2015.

Un rapport commandé par le ministère de l’Environnement en juin dernier dernier laissait entendre que les cibles actuelles de réduction pour 2030 et 2050 sont encore possibles à atteindre, mais au prix de beaucoup d’efforts et de dizaines de milliards de dollars.

Selon le rapport de la firme Dunsky, il faudrait investir en moyenne 1,7 milliard $ supplémentaires par an pour atteindre la cible de 2030, seulement en solutions technologiques.

Et à compter de 2031 jusqu’en 2050, la facture annuelle passe à 8,5 milliards par an, peut-on lire. Et là encore, la technologie ne suffira pas, prévient-on. Il faudra réduire la consommation à la source et acheter en quelque sorte des droits de polluer, par l’entremise du système de plafonnement et d’échanges des émissions mis sur pied entre le Québec et la Californie.

Note aux lecteurs: Version corrigée. Il faut bien lire que Québec est ouvert à fixer une cible encore plus ambitieuse pour 2050, et non pour 2030 comme il était écrit précédemment.

Actualités

Population accrue au Québec, mais hausse plus faible qu’ailleurs au Canada [VIDÉO]

La population québécoise s’est accrue de 87 000 personnes en 2018 et a atteint 8,48 millions de personnes au 1er juillet dernier, mais son rythme d’accroissement est resté inférieur à celui de la moyenne canadienne.

Le Bilan démographique publié mardi par l’Institut de la statistique du Québec conclut donc que le poids démographique du Québec dans le Canada a diminué légèrement pour se situer à 22,6 pour cent au 1er juillet dernier.

Le nombre de naissances a été estimé l’an dernier à 83 800, comparativement à 83 855 en 2017. L’indice synthétique de fécondité s’est établi à 1,59 enfant par femme, comparativement à 1,60 en 2017.

Cet indice recule depuis le sommet récent de 1,73 enfant par femme enregistré en 2008 et en 2009.

Quant au nombre de décès, il a été estimé à 68 600 en 2018, soit 2300 de plus qu’en 2017. Cette augmentation s’inscrit dans une tendance générale à la hausse du nombre de décès, observée en raison du vieillissement de la population.

L’Institut de la statistique signale que le gain de population lié au solde migratoire international a été de près de 43 000 personnes au Québec en 2018, en baisse par rapport à 44 300 personnes l’année précédente. Il s’agit de la différence entre les 51 100 immigrants internationaux nouvellement admis et les quelque 8300 émigrants.

Les principaux pays de naissance des immigrants admis au Québec en 2018 sont la Chine (10,4 pour cent), la France (7,7 pour cent), l’Inde (7,5 pour cent), la Syrie (5,7 pour cent) et l’Algérie (5,4 pour cent).

Le solde migratoire interprovincial du Québec avec le reste du Canada a été négatif de 5800 personnes en 2018; il avait été négatif de 6000 en 2017, de 10 600 en 2016 et, en moyenne, de 14 000 de 2013 à 2015.

Au 1er juillet dernier, 21 pour cent de la population québécoise avait moins de 20 ans; 60 pour cent était âgée de 20 à 64 ans et 19 pour cent faisait partie du groupe des 65 ans et plus. La part des 20-64 ans dans la population totale diminue, tandis que celle des 65 ans et plus continue d’augmenter.

Le bilan de l’ISQ ajoute que le nombre de mariages a été estimé à 22 800 en 2018, 83 de moins qu’en 2017. Selon les données provisoires, les mariages de conjoints de même sexe ont représenté l’an dernier 3 pour cent de l’ensemble des mariages.

Au Québec, les paramètres actuels de nuptialité indiquent qu’à peine 28 pour cent des hommes et 31 pour cent des femmes se marieraient au moins une fois avant leur 50e anniversaire.

Société

Manifestation pour le logement social à Ottawa

Des manifestants venus de Montréal, de la Montérégie et de l’Outaouais ont débarqué au centre-ville d’Ottawa mardi pour réclamer plus d’investissements du gouvernement fédéral pour le logement social et la lutte à la pauvreté.

« On demande au gouvernement de faire de la crise du logement et de l’itinérance, des vraies priorités et que ça se traduise par des choix budgétaires conséquents », affirme Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Le FRAPRU est à l’origine, avec le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ), de cette manifestation qui a attiré plus de 150 personnes mardi après-midi. Selon la coordonnatrice du RSIQ, Laury Bacro, les logements disponibles sont devenus trop rares dans plusieurs régions du Québec, notamment à Gatineau avec son taux d’inoccupation des logements d’environ 0,5 %.

« Ce que ç’a pour effet, c’est que les loyers augmentent et les gens n’ont plus les moyens d’accéder à un logement », explique Mme Bacro.

« Ça crée plusieurs problèmes, renchérit la coordonnatrice du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO), Janick Allyson. En Outaouais, on a vécu une tornade et des inondations, ça aggrave cette problématique. On voit des gens qui sont prêts à sortir de leur situation d’itinérance, des refuges, qui sont prêts à entrer en logement, mais il n’y a pas de logement pour eux. »

Stratégie critiquée

Mme Laflamme indique de son côté que la Stratégie nationale du logement dévoilée par le gouvernement Trudeau en 2017 ne répond pas aux problèmes les plus pressants.

« Ça va donner des logements trop chers, des logements abordables qu’on demande au privé de construire et qui sont basés sur le loyer du marché ou sur les revenus de l’ensemble des ménages, y compris des propriétaires. C’est sûr que ça ne donne pas des logements qui permettent de répondre aux besoins criants des 244 000 ménages locataires au Québec qui ont des besoins urgents de logements. Ça donne des logements trop chers pour ces gens-là qui ont des revenus entre 17 000 $ et 20 000 $ par année », soutient la porte-parole du FRAPRU.

« On demande au gouvernement d’investir dans le logement social, à la hauteur de 2 milliards $ par année pour la création de nouveaux logements sociaux et la rénovation du parc existant, ajoute Laury Bacro du RSIQ. Le logement social est calculé en fonction d’un pourcentage du revenu de la personne. »

Justice et faits divers

2,6 millions$ pour de l’aide juridique gratuite aux victimes de violence sexuelle

Un premier pas est franchi pour améliorer le soutien aux victimes de violence sexuelle: la clinique Juripop offrira des conseils juridiques gratuits aux victimes, grâce à un coup de pouce de Québec.

L’annonce en a été faite lundi, au cours d’une conférence de presse à Montréal, par la ministre de la Justice et Procureure générale du Québec, Sonia LeBel, en compagnie d’élues provenant des autres formations politiques responsables de ces dossiers et de la directrice générale de Juripop, Me Sophie Gagnon.

Une somme de 2,6 millions $ sera consacrée au projet pilote. La somme sera puisée à même une enveloppe de 50 millions $ sur cinq ans qui avait été annoncée lors du dernier budget.

Juripop a déjà commencé à recruter des partenaires en région, qui vont suivre une formation plus poussée, a précisé Me Gagnon. Dès le printemps prochain, les premières victimes pourront être accueillies. Le projet pilote a cependant cours dès le 1er janvier prochain jusqu’au 31 mars 2021.

La ministre LeBel a bien indiqué qu’il s’agissait d’un «premier pas, une première mesure ciblée» et que d’autres mesures viendront pour faciliter le processus de dénonciation et d’accompagnement des victimes.

«Par cette démarche-là, l’idée c’est de partir des besoins de la victime, de la personne, plutôt que d’essayer qu’elle rentre dans les cases que le système a décidées pour elle. Si elle se présente et dit ‘‘moi, ce n’est pas tant une condamnation que je veux; je voudrais que mon agresseur reconnaisse les torts qu’il m’a faits’’, est-ce qu’on peut aller vers des initiatives de justice réparatrice? Est-ce que c’est plus une poursuite au civil? C’est ça aussi l’idée», a expliqué la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon.

«Ce n’est pas forcer, non plus, les victimes dans un processus judiciaire qui ne leur convient pas. Ce ne sont pas toutes les victimes qui veulent aller devant la cour et ce ne sont pas toutes les victimes qui ont besoin de ça. Juripop sera également là pour les accompagner, leur expliquer les conséquences ou les difficultés et ce qui découle du fait de dénoncer à la police. Elles pourront maintenant prendre leurs décisions de façon beaucoup plus éclairée», a ajouté la ministre LeBel.

Un service d’interprétation pourra même être prévu s’il s’agit d’une victime qui ne parle ni français ni anglais, a noté Me Gagnon.

Le projet pilote est d’abord conçu pour les victimes qui sont majeures, mais si la victime est mineure, Juripop pour donner des conseils pertinents sur la voie à suivre, a noté la ministre LeBel.

Maisons d’hébergement satisfaites

La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes s’est réjouie de cette annonce.

«On est très heureuse aussi que ce soit le service de Juripop qui soit retenu. On sait qu’ils ont une vocation d’enjeux sociaux et ils sont très à l’aise à intervenir auprès des victimes comme ils ont déjà fait auparavant. On est très heureuse et très confiante qu’ils vont faire un excellent travail et mettre en place rapidement leur service», a commenté Manon Monastesse, directrice générale de la fédération.

La fédération se dit également contente que des services d’interprète soient offerts, si nécessaire.

«C’était une de nos préoccupations; nous on le voit: les femmes immigrantes qu’on reçoit en maison, même si elles parlent un peu français, anglais, elles ne sont pas très à l’aise. Et souvent, parler des émotions, des victimisations, ça prend des interprètes qui vont être capables de mettre des mots sur les maux», a résumé Mme Monastesse.

Actualités

Comportements inappropriés au travail: plus de la moitié des travailleurs témoins

MONTRÉAL — Il y a encore du boulot à faire au pays: plus de la moitié des femmes et des hommes ont été témoins de comportements sexuels inappropriés comme des attouchements et des blagues à caractère sexuel dans leur milieu de travail l’an dernier.

Sans surprise, les femmes ont été plus nombreuses à en avoir été la cible, selon une récente enquête de Statistique Canada, la première jamais réalisée sur la sécurité dans les espaces publics et privés. Plus de 43 000 personnes ont répondu à ce questionnaire en 2018.

Cette enquête est particulièrement importante pour deux choses: d’abord, elle devrait combler des lacunes statistiques en matière de violence fondée sur le sexe, car elle ratisse plus large en incluant des comportements qui ne sont pas nécessairement criminels selon le Code criminel. Mais elle fournit aussi un éclairage plus poussé sur les agressions sexuelles: comme ces crimes sont très peu souvent rapportés à la police par les victimes, les statistiques à ce sujet ne reflètent pas l’ampleur de la situation.

En ce qui concerne les comportements sexuels inappropriés en milieu de travail, 53 % des travailleuses et 56 % des travailleurs en ont été témoins en 2018. Près du tiers des femmes en étaient la cible comparativement à 17 % des hommes.

Par comportements sexuels inappropriés, il est question ici d’attentions sexuelles non désirées, d’attouchements, d’avoir été insulté ou maltraité en raison de son genre, d’outrage à la pudeur et de blagues à caractère sexuel - cette dernière catégorie étant la plus fréquemment rapportée par les hommes comme par les femmes.

Selon l’enquête, le type de milieu de travail a eu une incidence sur les comportements rapportés.

Dans un milieu à majorité d’hommes, quatre femmes sur dix (39 %) ont déclaré avoir été victimes de comportements inappropriés. Cette proportion baisse à 28 % dans un milieu où il y a autant d’hommes que de femmes et est similaire à ce qui se produit dans un milieu majoritairement féminin (27 %).

Ce que l’enquête ne révèle toutefois pas est si des collègues de travail sont intervenus pour faire cesser un geste ou rabrouer un propos inapproprié.

Tant les femmes que les hommes ont été affectés par les comportements sexuels non désirés vécus dans un lieu public, comme dans la rue, dans un bar ou un restaurant, ou dans les transports en commun. Cela dit, la prévalence des comportements sexuels non désirés dans les lieux publics était plus de deux fois supérieure chez les femmes (32 %) que chez les hommes (13 %) en 2018. Tant chez les femmes que chez les hommes qui ont subi ces types de comportements, un étranger de sexe masculin en était le plus souvent l’auteur.

De façon plus générale, l’enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés précise que 32 % des femmes et 13 % des hommes ont subi un comportement sexuel non désiré dans un lieu public l’an dernier.

Les types les plus courants de comportements sexuels non désirés subis par les femmes en public étaient les attentions sexuelles non désirées (25 %), les attouchements non désirés (17 %) et les commentaires non désirés au sujet de leur sexe ou de leur genre (12 %).

Tant chez les femmes que chez les hommes, les personnes de 15 à 24 ans ainsi que celles qui n’étaient pas hétérosexuelles étaient les plus susceptibles de subir un comportement sexuel non désiré en public.

Sur une base régionale, Statistique Canada a observé que la proportion de femmes qui ont été victimes de violence à Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec était inférieure de 4,3 % à la proportion notée à l’échelle nationale.

Société

L’«Église de l’athéisme» n’est pas une Église, conclut la Cour d’appel fédérale

Un tribunal fédéral a statué que l’«Église de l’athéisme» n’est pas une Église, en fait, et que l’organisation ne peut donc délivrer de reçus pour dons de charité.

La Cour d’appel fédérale a confirmé le refus du ministère du Revenu national d’enregistrer l’«Église d’athéisme du centre du Canada» comme un organisme de bienfaisance, affirmant que l’organisme sans but lucratif (OSBL) ne respecte pas un ensemble de directives de droit commun quant à ce qui constitue une religion.

«Elle n’a pas démontré que son système de croyances est basé sur un système complet de doctrine et de célébrations», a tranché la juge Marianne Rivoalen dans la décision.

La magistrate a rédigé le jugement au nom d’un groupe des trois juges qui partageaient une opinion unanime après avoir entendu l’affaire à Ottawa à la mi-novembre.

La juge Rivoalen a mentionné que la croyance que l’organisation met dans la «science dominante» n’est pas assez spécifique ni précise.

L’organisation, a-t-elle écrit, a qualifié un document intitulé «Les dix commandements de l’énergie» de texte sacré. Le ministère du Revenu n’avait pas trouvé cela convaincant, a noté la juge Rivoalen, affirmant que la description du document par l’organisation «ne fournit aucune information détaillée sur un système particulier et complet de foi et de culte».

«Compte tenu de la portée et de l’imprécision de ce qui a été affirmé ici, il était raisonnable que le ministère refuse au demandeur la catégorie de l’»avancement de la religion»», a affirmé la juge Rivoalen.

La juge Rivoalen a également rejeté l’argument de l’organisation selon lequel le fait de refuser le statut d’organisme de bienfaisance constituait une violation de la liberté de religion, garantie par la Charte canadienne des droits et libertés de la personne.

«Je conclus que dans ce cas le refus du ministère d’enregistrer le demandeur en tant qu’organisme de bienfaisance n’interfère pas de manière plus que négligeable ou sans conséquence sur la capacité de ses membres à pratiquer leurs convictions athées, lit-on dans la décision. Le demandeur peut continuer à mener à bien ses objectifs et ses activités sans être enregistré comme organisme de bienfaisance.»

Cependant, elle a précisé que le problème n’était pas l’absence de croyance du groupe en Dieu.

«Je conviens avec le demandeur que l’exigence selon laquelle le système de croyances a foi en un Être suprême ou en une entité (...) n’est pas toujours nécessaire pour déterminer le sens du mot «religion»», a écrit la juge Rivoalen.

«Le demandeur a fait valoir à juste titre que le bouddhisme était une religion reconnue qui ne croit pas en un Être suprême ni en aucune entité.»

Société

Un nouveau site pour la Soupière de l’amitié de Gatineau

La Soupière de l’amitié de Gatineau poursuivra ses activités dans le bâtiment de l’ancien restaurant Fridolin.

Lundi matin, l’organisme a procédé à l’ouverture de ses nouveaux locaux devant plusieurs dizaines de personnes au coin de la rue Main et du boulevard Maloney Ouest.

C’est d’ailleurs avec beaucoup d’émotion que la présidente du conseil d’administration, Louise Petitclerc, a présenté le nouveau toit permanent de l’organisme qui offre des repas aux gens dans le besoin.

« Je suis très fière de vous accueillir dans nos nouveaux locaux, a-t-elle lancé d’entrée de jeu, en versant une larme. [...] C’est incroyable ! Ç’a été beaucoup de travail, mais enfin, avec l’aide de toute une communauté, on est ici, aujourd’hui, dans nos locaux. On pourra faire des repas pour les participants, mais aussi faire d’autres choses pour les aider. »

Ces « autres choses », ce sont des services d’aide et de soutien psychologique.

« On va enfin arrêter de se battre et aider les gens pour vrai, a-t-elle mentionné. On va servir des repas et aider ces gens-là à se sentir parties prenantes de la communauté parce que souvent, ils sont mis de côté. Nous, on veut qu’ils sentent qu’ils sont importants pour nous, mais également pour les autres gens de notre société. »

Au cours des dernières années, la Soupière de l’amitié a connu plusieurs difficultés. S’étant établi dans le sous-sol de l’église Unie St-Andrews en 2015 après avoir déclaré faillite, l’organisme a dû déménager puisque l’immeuble était infesté de coquerelles. Depuis ce temps, la Soupière de l’amitié trouvait refuge à l’Église Nouvelle-Alliance et comptait sur l’aide de la Soupe populaire de Hull pour assurer la sous-traitance des repas. Cependant, lundi signifiait un nouveau départ pour l’organisme, qui sera ouvert de 10 h 30 à 13 h 30 pour offrir entre 70 et 100 dîners quotidiennement aux plus démunis, et ce, alors que le temps des Fêtes arrive à grands pas.

« C’est le timing parfait, a soutenu Mme Petitclerc. On va faire notre fête de Noël ici et on va fêter ça en grand ! »

Le député caquiste dans la circonscription de Chapleau, Mathieu Lévesque, s’est également réjoui de cette annonce.

« Pour moi, il était hors de question que la Soupière disparaisse, a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse. Il y a tellement de besoins en Outaouais et dans Chapleau et pour moi, c’est une cause qui me tient à cœur. Je veux être avec ces gens-là et les accompagner. Je suis très heureux de voir que la Soupière va pouvoir poursuivre ses activités. »

Le conseiller municipal Jean-François LeBlanc abonde dans le même sens.

« C’est vraiment une bonne nouvelle pour le secteur, a-t-il tenu à souligner. La Soupière de l’amitié est un pilier du Vieux-Gatineau et il ne faut pas le perdre. On a besoin d’organismes comme ça pour s’occuper des gens et des familles qui ont faim. »

La Soupière de l’amitié de Gatineau a vu le jour en 1986 sur la rue Notre-Dame.

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UN HÉBERGEMENT HIVERNAL DANS LES LOCAUX DE LA SOUPE POPULAIRE

Un hébergement hivernal supplémentaire a vu le jour dans les locaux de la Soupe populaire de Hull, lundi. 

Situés au 297 boulevard des Allumettières, les locaux accueilleront une vingtaine de lits dans lesquels les citoyens dans le besoin pourront dormir pendant la période de grands froids. 

La mise sur pied sur cet hébergement hivernal survient alors que la crise de logement à Gatineau a un impact direct sur la capacité du Gîte Ami à accueillir les personnes en situation d’itinérance à l’approche de l’hiver. 

L’hébergement est ouvert tous les jours de la semaine, incluant les jours fériés, de 20 h à 8 h, et ce, jusqu’au 30 avril prochain. L’admission aux lits se fait de 20 h à 23 h.

Actualités

Un homme de Saguenay propose de démanteler la DPJ

Un père de famille de Saguenay propose le démantèlement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et que son financement soit plutôt dirigé vers la Sûreté du Québec (SQ) et les CLSC. Selon lui, les policiers sont plus aptes que les travailleurs sociaux pour évaluer les situations familiales problématiques.

C’est ce qui ressort du mémoire qu’il a envoyé à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, sous la présidence de Régine Laurent, et qu’il espère pouvoir présenter en avril, à Saguenay. En entrevue avec Le Quotidien, il a également confié l’avoir remis en personne à la ministre Andrée Laforest, députée de Chicoutimi, et qu’il a reçu un très bon accueil.

Actualités

Pénurie de main-d’œuvre: les régions plus visibles à l’étranger

Les délégations du Québec à l’étranger font de la place aux régions. Le gouvernement espère que la pénurie de main-d’œuvre y trouve une partie de solution.

Tous les coins de la province auront dorénavant pignon sur rue dans les 18 pays où logent les 33 délégations générales, délégations, bureaux et antennes internationales du Québec. Ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.

Outre la métropole et la capitale, grâce aux organismes Montréal International et Québec International, les autres régions de la province n’avaient pas souvent l’impression d’être mises en vitrine.

Le gouvernement de François Legault veut remédier à cela. La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, en fera l’annonce vendredi dans le cadre du dévoilement de sa Vision internationale du Québec, à la Maison des régions de Montréal.

La proximité avec les régions du Québec constitue l’un des fondements de cette nouvelle politique de déploiement du Québec sur la scène internationale. On parle autant de tisser de nouveaux liens d’affaires que de réaliser de nouveaux aménagements de bureaux pour accueillir et héberger les émissaires des régions.

Dont l’objectif numéro un sera de «rencontrer les gens et leur expliquer comment c’est agréable de travailler chez nous. Notre offre est différente des grandes villes», affirme Jacques Demers, le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

M. Demers veut «arrêter l’hémorragie» des entreprises qui quittent les régions par manque d’effectifs. «On manque d’employés partout sur notre territoire. Et la perte d’entreprises veut aussi dire la perte de services de proximité», explique celui dont l’organisme regroupe 920 des 1108 municipalités du Québec, surtout les plus petites, ainsi que 86 des 87 municipalités régionales de comté (MRC).

À qui la vitrine?

Avec plusieurs villages de moins de 1000 personnes parmi ses membres et aussi Victoriaville, qui compte 45 000 habitants, reste à voir qui profitera le plus de cette nouvelle vitrine internationale. Reste à voir comment se créeront les contacts entre les régions et les représentations du Québec à l’étranger.

«C’est sûr que les plus dynamiques auront plus de chance d’avancer, c’est comme ça dans tout, estime M. Demers. Tout le monde veut se vendre et on ne peut pas toujours demander que tout soit égal. Le monde municipal a son effort à faire, mais le gouvernement doit nous donner les outils.»

Après Montréal International et Québec International, pas impossible que le besoin se fasse sentir pour la mise sur pied d’un tisseur de lien du type Régions International. «Ça ressemble à ça», constate le président de la FQM.

«Mais il faudra laisser les régions choisir qui elles veulent envoyer, les bonnes personnes pour les représenter. Pour certains, ça peut être des élus, mais pour d’autres des acteurs plus économiques ou autres», dit-il.

Entrepreneurs ou élus des régions pourront se rendre sur place pour vendre leur salade à de futurs employés ou investisseurs, mais pourront aussi plus simplement et à moindre coût utiliser à distance les ressources et contacts des représentants du Québec à l’étranger pour rejoindre leurs cibles internationales.

Actualités

Le Club des petits déjeuners évalue son impact social après 25 ans

MONTRÉAL - Vingt-cinq ans après sa création, le Club des petits déjeuners a annoncé mercredi le lancement d’une enquête de trois ans pour évaluer son impact social.

Conduite par la firme-conseil Credo, l’étude vise «à élaborer un plan directeur capable de répondre efficacement aux besoins nutritionnels des enfants à risque dans les écoles, avec la même qualité de service partout au Canada», a-t-on indiqué par voie de communiqué.

«L’objectif est vraiment de mieux faire, de faire plus, et de le faire ensemble», a quant à elle expliqué Judith Barry, la cofondatrice du Club et la directrice impact et solution durables.

L’enquête comprendra d’abord la consultation de toutes les parties prenantes dans la nutrition en milieu scolaire; l’évaluation des leviers stratégiques et des moyens nécessaires; et finalement, le déploiement du nouveau plan avec des indicateurs de performance évalués annuellement.

Un enfant canadien sur quatre arrive à l’école sans avoir déjeuné, tant au primaire qu’au secondaire, une proportion qui grimpe à un enfant sur deux en milieu autochtone. Le Club des petits déjeuners nourrit chaque matin quelque 250 000 enfants dans plus de 1800 établissements scolaires au pays, mais ce ne serait que la pointe de l’iceberg.

«Ce sont un million de déjeuners qui devraient être servis pour rejoindre l’ensemble des besoins au Canada, a dit Mme Barry. Alors le chemin à parcourir est encore énorme.»

Le Canada serait le seul pays du G7 à ne pas s’être doté d’un programme d’alimentation scolaire et la situation y serait «préoccupante», prévient-on.

«Cette étude d’impact social est un outil nécessaire qui va nous permettre de faire le point sur les impacts obtenus et les différentes perspectives de nos parties prenantes pour l’atteinte de l’objectif ultime, c’est-à-dire rejoindre tous les enfants qui arrivent à l’école sans avoir déjeuné», a expliqué Mme Barry.

Au-delà du manque de ressources et d’accès alimentaires, de nombreuses raisons font qu’un enfant ne prend pas son petit déjeuner le matin comme les longs trajets en bus, la routine matinale précipitée, le manque d’aliments sains, le manque d’appétit, les activités parascolaires ou les urgences familiales.

Société

Près de 284 000 décès au Canada en 2018, un record en près de 100 ans

Le nombre de décès au Canada s’est chiffré à 283 706 l’an dernier, le total le plus élevé depuis la mise en place du Système d’enregistrement et de statistiques de l’état civil en 1921.

Statistique Canada précise que 144 483 hommes et 139 223 femmes ont perdu la vie en 2018, les hommes courant un risque plus élevé de mourir à tous âges que les femmes et ayant une espérance de vie inférieure à celle des femmes au Canada.

Le nombre total de décès augmente généralement chaque année, de pair avec la croissance démographique et le vieillissement de la population.

Le cancer et les maladies du coeur sont demeurés les première et deuxième principales causes de décès en 2018; elles étaient à l’origine de 46,8 % de l’ensemble des morts, comparativement à 48 % en 2017 et 54 % en 2000.

Statistique Canada explique cette baisse par le recul de la proportion de morts causées par les maladies du coeur, qui est passée de 25,3 % en 2000 à 18,7 % en 2018.

Par ailleurs Statistique Canada a observé depuis un siècle une importante baisse du nombre de décès infantiles, attribuable à l’amélioration des conditions de vie et de l’hygiène, à l’accès aux soins de santé ainsi qu’aux avancées en médecine clinique. Plus récemment, le taux de mortalité infantile a continué de diminuer grâce aux meilleurs soins prénataux offerts.

L’an dernier, tout comme depuis 2001, les trois principales causes de décès infantile ont été les malformations congénitales et les anomalies chromosomiques, les anomalies liées à une brièveté de la gestation et à un poids insuffisant à la naissance et les complications de la grossesse chez la mère.

Enfin, Statistique Canada a remarqué qu’en 2018, l’âge auquel a été enregistré le plus grand nombre de décès était 88 ans, tout comme en 2017. Il y a 40 ans, le plus grand nombre de décès était enregistré à des âges plus jeunes, souvent entre 78 et 80 ans.

Société

Réseaux sociaux et commentaires sur l’apparence: une campagne pour changer les habitudes

MONTRÉAL - «Wow, tu es bien belle», «super tes cheveux!», «tu es hyper mince». Au lieu de commenter uniquement l’apparence physique des gens sur les réseaux sociaux, une nouvelle campagne de l’organisme québécois L’ÉquiLibre incite les jeunes - et les moins jeunes - à mettre l’accent sur autre chose que le poids et la beauté physique.

Parce qu’il y a «1000 autres choses à dire», souligne-t-on.

L’organisme lance ainsi la huitième édition de la semaine «Le poids? Sans commentaire!», qui se déroule jusqu’à vendredi sous le thème «Une photo vaut 1000 mots!».

Les gens jugent trop souvent l’apparence des autres sur les réseaux sociaux et ces commentaires peuvent faire très mal à ceux qui sont visés, a expliqué en entrevue la comédienne Marie Soleil Dion, porte-parole de l’organisme et ambassadrice de la campagne.

«Il y a vraiment une espèce de laisser-aller. Les gens ne réfléchissent pas à ce qu’ils écrivent sur internet. Ils mettent des commentaires qui peuvent être vraiment méchants ou blessants, sans penser qu’il y a quelqu’un au bout qui va les lire», dit-elle.

«Alors cette semaine, on essaie-tu de parler d’autre chose?»

Toute la semaine, les adolescents et le grand public sont invités à faire l’effort conscient de commenter autre chose que le poids et l’apparence physique sur les réseaux sociaux.

À une fille qui met en ligne une photo d’elle sur la ligne d’arrivée d’un marathon, on peut commenter: «wow, tu as relevé ton défi» ou «tu m’inspires», a illustré la comédienne que plusieurs ont suivie notamment dans la populaire série «Like-moi!».

On peut mettre l’accent sur la personnalité, l’effort et les réalisations de la personne, précise l’actrice qui dit avoir été bombardée d’images de perfection en grandissant.

Car même si le commentaire sur l’apparence est flatteur, il peut être dommageable si la personne ne se voit pas aussi attrayante dans son miroir le lendemain, sans l’habit de soirée et les filtres de la caméra.

Il s’agit aussi de susciter une réflexion chez tous ceux qui utilisent Instagram, Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux, ajoute la comédienne qui précise que la campagne ne vise pas à cesser à tout jamais les compliments sur l’apparence.

ÉquiLibre encourage aussi à partager les capsules vidéo de la campagne avec le mot-clic  #lepoidssanscommentaire. Des ateliers pédagogiques destinés aux adolescents sont aussi disponibles.

L’organisme s’est donné comme mission de prévenir et diminuer les problèmes liés au poids et à l’image corporelle dans la population. Il organise aussi la «journée sans maquillage» et octroie le «prix ÉquiLibre».

Actualités

Instagram: des jeunes incités à commettre des actes de strangulation et d’automutilation

Shawinigan — Instagram a affiché son côté le plus sombre par l’entremise d’un compte qui, selon des informations obtenues par Le Nouvelliste, encourageait les jeunes à se filmer en train de commettre notamment des actes de strangulation ou d’automutilation ou bien à se jeter d’un ou devant un véhicule en marche. Ce compte privé, qui a disparu des médias sociaux jeudi matin, comptait quelque 1200 abonnés, dont la majorité serait des adolescents du Centre-de-la-Mauricie.

«Plusieurs jeunes se sont inscrits et ils se donnent des défis. C’est clair que ce sont des défis qui peuvent mettre en danger leur santé. On est en train de travailler en collaboration avec la Sûreté du Québec et le CIUSSS pour mettre en place des mesures préventives», explique Denis Lemaire, directeur général de la Commission scolaire de l’Énergie.

Actualités

DPJ: la CAQ veut éliminer les listes d’attente d’ici un an

Le gouvernement québécois veut éliminer les listes d’attente des directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) d’ici un an.

C’est ce qu’a exprimé jeudi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et responsable de la Protection de la jeunesse, Lionel Carmant, durant la période de questions au Salon bleu du parlement de Québec. Son affirmation survient au lendemain de la publication d’un chapitre accablant dans le rapport annuel de la Vérificatrice générale du Québec (VGQ) à propos de trop longs délais d’attente aux DPJ, autant pour le traitement des signalements que pour l’application de mesures de correction. Les constatations de la VGQ utilisaient des statistiques de 2016 à 2018.

«On est en train d’ajouter des ressources partout. Les listes d’attente ont baissé de façon significative. Il y avait 3800 enfants en attente au mois de juin, on est rendu à 2000 enfants sur les listes d’attente. On continue à les éliminer. Nous, on veut les éliminer d’ici un an», a répondu le ministre Carmant, à une question de la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, qui remet en doute le leadership du ministre dans ce dossier.

Moratoire sur la paperasse

M. Carmant rappelle que depuis son élection, il y a un peu plus d’un an, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a investi 65 millions $ et ouvert environ 500 postes chez les 19 directeurs de la protection de la jeunesse. Il a aussi mis sur pied la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent.

Mais en attendant le rapport Laurent, le ministre posera d’autres gestes dès la semaine prochaine. Comme la déclaration d’un moratoire sur les formulaires. Fini l’ajout de nouveaux formulaires pour les intervenants et intervenantes du DPJ jusqu’à la conclusion de la commission, dont le dépôt du rapport final est attendu au plus tard le 30 novembre 2020, soit dans un an.

«On va permettre aux intervenantes de passer plus de temps avec les patients et moins de temps dans la paperasse, dit M. Carmant. Quand j’étais sur le terrain, elles se plaignaient toujours qu’il y avait des nouveaux formulaires qui apparaissaient. Pour le moment, on va les arrêter et on verra ce que la commission Laurent va nous dire sur la fonction du DPJ, parce qu’il n’y a pas grand-chose qui a changé depuis les 40 dernières années.»

Les tâches de transport de la clientèle effectuées par les intervenants et intervenantes seront aussi diminuées, ajoute-t-il.

Première ligne renforcée

Comme solution à plus long terme, le ministre estime qu’un renforcement de la première ligne des services de santé, en amont, désengorgera les listes d’attente des DPJ.

«Il y a beaucoup d’enfants qui vont directement au DPJ sans jamais avoir eu de services en première ligne. C’est inacceptable! Il y a aussi beaucoup d’enfants en attente de services en première ligne et, comme il ne se passe rien, ils sont envoyés au DPJ. Je le répète, mais le DPJ est rendu la salle d’urgence des services sociaux! Il faut que notre première ligne soit plus forte», indique M. Carmant, attribuant l’explosion des listes d’attente aux récentes années de coupes de l’ancien gouvernement libéral dans les services de santé de première ligne.

Après avoir mis des efforts sur le programme Agir tôt concernant les enfants de 0 à 5 ans, le gouvernement investira maintenant dans le programme Jeunes en difficulté, qui se concentre sur les 6 à 12 ans.

Science

La résistance aux antibiotiques pourrait mettre en péril notre mode de vie

LA SCIENCE DANS SES MOTS / Les défenses de l’humanité contre les infections s’affaiblissent de jour en jour, tandis que les microbes qui en sont responsables deviennent de plus en plus forts.

Une infection sur quatre est désormais résistante aux antibiotiques et à d’autres formes connues de traitement. L’an dernier, 5400 Canadiens sont morts de maladies qui, jusqu’à récemment, étaient curables. C’est ce qu’indique un rapport exhaustif évalué par des pairs et présenté cette semaine par le Conseil des académies canadiennes.

Cela constitue environ le double du nombre conjugué d’homicides et de décès par accidents de la route chaque année au Canada.

Ces maladies incluent tant la pneumonie que des infections sanguines, cutanées ou des voies urinaires. Et leur nombre augmente partout puisque le trafic international permet le transport des microbes pathogènes aux quatre coins du monde.

Le rapport, Quand les antibiotiques échouent, a été préparé pour le gouvernement fédéral par un comité d’experts présidé par Brett Finlay, de l’Université de la Colombie-Britannique, et dont j’étais membre. Il décrit en détail les impacts de la résistance aux antimicrobiens (RAM) sur notre économie, notre qualité de vie et notre santé.

L’an dernier, la RAM a réduit le PIB du Canada de 2 milliards de dollars ; nous nous attendons à ce que ce montant se situe entre 13 et 21 milliards de dollars d’ici 2050.

J’espère que ce rapport permettra de faire prendre conscience aux décideurs et au public de l’existence d’une crise de la résistance aux antimicrobiens.

Les miracles des antibiotiques

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que le Canada est dans une excellente position pour prémunir le monde de la catastrophe. Nous pouvons le faire si nous concentrons immédiatement nos formidables ressources à la résolution de ce problème.

Le Symposium de la fondation Gairdner de 2019, un rassemblement scientifique international autour de cette question, a lieu ces jours-ci à l’Université McMaster.

Actualités

DPJ: des délais d’attente inacceptables, dénonce la vérificatrice générale

Un enfant de Québec signalé au DPJ doit attendre en moyenne 202 jours avant que sa situation soit corrigée. Ça veut dire que si le signalement s’effectue le 1er janvier, les solutions n’arrivent que le 21 juillet!

C’est ce que révèle la Vérificatrice générale du Québec (VGQ) dans son rapport annuel publié mercredi, en cette Journée internationale des droits de l’enfant. Dans un volume touffu de 442 pages, Guylaine Leclerc a rendu constatations et conclusions sur une dizaine de sujets chauds.

Notamment sur les longs délais lors d’un signalement auprès d’un directeur de protection de la jeunesse (DPJ). Situation qui n’est pas sans évoquer le décès d’une fillette de sept ans à Granby, fin avril, puis la mise sur pied de la commission Laurent, commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse présidée par Régine Laurent et présentement en cours.

«Les enfants n’ont pas accès rapidement aux services dont ils ont besoin pour que la situation qui compromet leur sécurité ou leur développement soit corrigée. Si on prend en compte le fait que le nombre de signalements ne cesse d’augmenter, le délai d’attente risque de perdurer et même de s’aggraver, si rien n’est fait», constate tristement Mme Leclerc.

Pour en arriver à ces conclusions, la VGQ et son équipe ont audité trois DPJ au cours de l’année 2017-2018, soit ceux de la Capitale-Nationale, de l’Estrie et de la Montérégie. L’attente pour les services dure en moyenne 226 jours en Estrie et en Montérégie, 158 jours.

Mme Leclerc a souligné en conférence de presse qu’un long délai avant l’application d’une solution ne signifie pas qu’aucune action n’est prise par le DPJ et ses intervenants durant tout ce temps.

«Dès que l’intervenant se rend compte qu’un enfant est en danger, on le retire. À n’importe quel moment du processus, on pourra mettre en place des procédures provisoires en attente de l’application qui va avoir été évaluée. Mais nonobstant cela, il y a de plus en plus de signalements, au Québec. Donc, c’est important que le bon geste soit fait au bon moment, dans les délais qui sont nécessaires.»

Pour la période annuelle 2018-2019, on parle de 105 644 signalements, nombre en hausse constante, soit près de 290 par jour.

Pour la Capitale-Nationale, les 202 jours d’attente cumulent cinq étapes à suivre avant l’application de mesures de correction, soit la réception et le traitement du signalement (en moyenne 12 jours), l’attente avant l’évaluation (11), l’évaluation (76), l’orientation (98) et l’attente avant l’application des mesures (5).

«Énormes» écarts

Mme Leclerc indique que selon les normes du DPJ, qui datent de 1988, soit plus de 30 ans, la réception et le traitement d’un signalement doit se faire «dans un délai maximal de trois jours ouvrables».

Dans la Capitale-Nationale et la Montérégie, c’est 12 jours, alors qu’en Estrie, c’est 41!

«Les écarts entre la norme et la réalité, c’est énorme comme différence. Si le problème, c’est la norme, assurez-vous de la revoir. Mais peut-être que ce n’est pas le problème, peut-être que c’est une question d’organisation de travail», analyse la vérificatrice générale du Québec.

Mme Leclerc estime de plus que les DPJ peinent à «repérer certains indices de risque». Comme la récurrence des signalements, où la région de Québec arrive en tête des trois DPJ audités pour les enfants à signalements multiples. Les enfants ayant été signalés plus de 10 fois depuis leur naissance constituent 9,1 % des cas dans la Capitale-Nationale, contre 1,5 % en Estrie et 4,8% en Montérégie.

Agir sans attendre

Alors que le ministre responsable de la Protection de la jeunesse, Lionel Carmant, réserve ses commentaires pour jeudi, l’opposition presse le gouvernement d’agir sans attendre les conclusions de la commission Laurent.

Actualités

L’insécurité alimentaire touche un enfant sur 10 au Québec

MONTRÉAL - Si la grande majorité des enfants de 0 à 5 ans au Québec habitent dans des quartiers jugés sécuritaires par leurs parents, ils sont encore trop nombreux à vivre de l’insécurité alimentaire, indique le portrait dressé cette année par l’Observatoire des tout-petits.

L’Observatoire collige un rapport tous les ans, évaluant un aspect différent de leur vie qui a un impact sur le développement des tout-petits. Cette année, il se penche sur leur environnement de vie alors que l’an dernier, il portait sur leur santé physique et mentale.

Le portrait 2019 est parsemé de bonnes et de mauvaises nouvelles, mais un constat ressort: les environnements dans lesquels les 0-5 ans grandissent s’améliorent depuis les dix dernières années.

L’Observatoire juge important de surveiller les conditions de vie des tout-petits, car elles ont une influence déterminante sur leur développement. Par exemple, les enfants de milieux défavorisés connaissent à l’âge de 3 ans 600 mots de moins que ceux de milieux favorisés, et les écarts sur le plan du développement sont susceptibles d’influencer leur réussite scolaire, peut-on lire dans le rapport.

Bref, «ils ne partent pas sur la même ligne de départ», a souligné en entrevue Fannie Dagenais, la directrice de l’Observatoire.

Parmi les constats jugés préoccupants, celui-ci se démarque: un enfant sur 10 était en situation d’insécurité alimentaire en 2016.

Ceux-ci sont plus à risque de présenter, entre autres, des retards en ce qui a trait à leur développement cognitif et moteur. L’insécurité alimentaire est également un prédicteur de maladies chroniques durant la petite enfance, avertit l’Observatoire. On parle ici d’une insuffisance de nourriture ou d’une diversité d’aliments inadéquate.

L’Observatoire est aussi préoccupé du fait que de nombreux tout-petits fréquentent des services de garde éducatifs qui ne respectent pas encore les exigences de personnel qualifié. En 2015, seulement 18,7 pour cent des garderies non subventionnées étaient conformes au règlement du ministère de la Famille exigeant que deux membres du personnel éducateur sur trois soient qualifiés.

Et puis, le constat est inquiétant, car ce type de garderies accueille de plus en plus d’enfants, a fait remarquer Mme Dagenais.

Par contre, le portrait 2019 révèle aussi que plus de 90 pour cent des enfants de 6 mois à 5 ans habitent dans un quartier où ils peuvent jouer dehors en toute sécurité durant la journée et dans un quartier où il y a des parcs et des terrains de jeux sécuritaires.

Et si la proportion de tout-petits vivant dans une famille à faible revenu est passée de 21 pour cent à 14 pour cent entre 2004 et 2016 - une bonne nouvelle - ce 14 pour cent représente malgré tout 75 000 enfants de 0 à 5 ans, selon les plus récentes données.

Aussi, 13,6 pour cent des familles avec au moins un enfant de 0 à 5 ans habitent d’ailleurs dans un logement non abordable, ce qui signifie souvent que les bambins vivent dans un environnement stressant et qu’ils n’ont pas toujours à manger à leur faim.

L’Observatoire tient à apporter des pistes de solutions pour susciter la discussion et améliorer les conditions de vie des enfants.

Il suggère d’assurer un soutien financier aux familles défavorisées sur le plan économique, en ciblant en priorité les régions ou les quartiers marqués par de fortes proportions de familles à faible revenu. Ce type de mesure peut également contribuer à réduire l’insécurité alimentaire, écrit-il. Offrir du soutien pour que les familles puissent se trouver un logement abordable peut aussi aider celles à faible revenu: cela fait en sorte qu’il leur reste plus d’argent pour l’épicerie, les bottes d’hiver et les mitaines, explique Mme Dagenais.

Il y est aussi question d’offrir à tous les parents de jeunes enfants des mesures de conciliation famille-travail, notamment permettre aux parents un retour au travail plus souple après un congé parental.

Mis sur pied en avril 2016, l’Observatoire des tout-petits est un projet de la Fondation Lucie et André Chagnon qui a pour mission de contribuer à placer le bien-être et le développement des tout-petits au coeur des priorités de la société québécoise. Pour réaliser ce portrait, il s’est servi des données de l’Institut de la statistique du Québec et de celles de divers ministères, dont celui de la Santé et de l’Éducation.

Actualités

DPJ: 20% des jeunes adultes, après le placement, vivent une forme d’itinérance

MONTRÉAL - Environ 20 pour cent des jeunes qui sont sortis du placement, dans le système de protection de la jeunesse, rapportent avoir vécu une forme d’itinérance dans les 13 mois qui ont suivi leur sortie du système.

Cette donnée ressort de l’étude longitudinale sur le devenir des jeunes placés au Québec, qui a été dévoilée mardi lors d’une conférence de presse à Montréal.

L’itinérance est définie comme le fait de dormir dans des endroits publics ou privés sans autorisation, comme dans un parc, un bâtiment inoccupé, dans des voitures, des abris de fortune.

Aux fins de cette étude, les chercheurs ont suivi des cohortes de jeunes adultes, après leur sortie du système de protection de la jeunesse, pour voir comment ils se débrouillaient.

De même, 13 mois après leur sortie du placement, le tiers de ces jeunes se trouvaient dans une forme d’»instabilité résidentielle».

L’étude a aussi démontré que les jeunes placés, puis déplacés et replacés sont «plus à risque d’itinérance», a souligné Martin Goyette, chercheur responsable de l’étude et professeur titulaire à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP).

Elle relève également un lien avec la faible scolarité de ces jeunes.

M. Goyette croit qu’on ne peut pas attendre à 16 ou à 17 ans pour préparer le jeune qui est placé à son autonomie. «Ça doit être réfléchi et préparé bien avant.»

Lorsqu’il atteint 18 ans, le jeune qui était placé vit déjà plusieurs bouleversements, en plus de perdre parfois la présence d’un intervenant qui était un adulte significatif dans sa vie. Il faut donc veiller à ce que tout ne s’interrompe pas en même temps parce qu’il a 18 ans, a noté le chercheur.

«Les soutiens doivent être réalisés bien plus tard, pour favoriser l’autonomie des jeunes qui sortent du placement», a-t-il plaidé.

Cette question du manque de soutien pour les jeunes, après 18 ans, a été soulevée à plusieurs reprises devant la commission sur la protection de la jeunesse présidée par Régine Laurent. Habitués à un certain cadre, ces jeunes se retrouvent trop souvent sans soutien, ou avec un soutien déficient, pour trouver un logement, un emploi, poursuivre leurs études, planifier un budget et autres gestes de la vie quotidienne.

Certains ont évoqué un maintien de la possibilité d’aide jusqu’à 19, 20 ou 21 ans.

Aux fins de l’étude, 1136 jeunes qui ont été placés ont été rencontrés pour un premier entretien. Ils ont été rencontrés de nouveau en 2019 - 800 jeunes l’ont été jusqu’ici - et le seront en 2020 pour suivre leur cheminement.

Éducation

9 % des étudiants universitaires du Québec auraient pensé au suicide

Quelque 9 % des étudiants universitaires du Québec auraient pensé sérieusement au suicide et 1 % d’entre eux auraient fait au moins une tentative de suicide au cours des 12 mois précédant une nouvelle enquête de l’Union étudiante du Québec (UEQ), dont les résultats ont été dévoilés mardi.

Les résultats ventilés selon le cycle montrent que les idéations suicidaires et les tentatives de suicide sont plus nombreuses chez les étudiants au premier cycle que chez les étudiants aux cycles supérieurs. Cela étant dit, près du tiers des étudiants au postdoctorat avouent avoir eu des idées suicidaires.

«La compétition entre étudiants et étudiantes crée de l’anxiété de performance, ça fait en sorte que les gens commencent à vivre de la détresse psychologique, et à partir de là on entre dans un cercle infernal et tout ne fait qu’empirer», a commenté le président de l’UEQ, Philippe LeBel.

À LIRE AUSSI: Détresse psychologique des étudiants: l’Université Laval déterminée à aider davantage

Une personne aux études universitaires sur cinq montrerait des symptômes dépressifs d’une importance suffisante pour avoir besoin de soins.

Quelque 24 000 étudiants universitaires du Québec ont rempli le questionnaire colligé par la firme Léger. Résultat : 58 % d’entre eux font partie du pire quintile de la population générale en ce qui a trait au score de détresse psychologique.

L’enquête ajoute que certains groupes ont été identifiés comme étant plus à risque de vivre des problèmes de santé psychologique : les personnes aux études issues de la diversité de genre, en situation de handicap, issues de la diversité sexuelle ainsi que les personnes aux études de première génération.

Plus conscientisés

La professeure Diane Marcotte, du département de psychologie de l’UQAM, témoigne de plusieurs réserves quant à la méthodologie utilisée pour mener cette enquête, entre autres parce que l’échantillon utilisé ne représente que 16 % de la population étudiante universitaire, mais pas au point d’en invalider entièrement les résultats.

«Il y a une augmentation dramatique du nombre de consultations en santé mentale, ça c’est clair, et il y a une augmentation très importante du nombre de symptômes qui sont rapportés de dépression et d’anxiété, a-t-elle dit. Ça, on n’avait même pas besoin d’une étude pour le savoir.»

Une enquête comme celle-ci démontre aussi, selon elle, que les jeunes d’aujourd’hui font preuve d’une plus grande ouverture face à leurs problèmes de santé mentale, et qu’ils sont davantage prêts à en parler.

«Je pense que ça nous interpelle sur le type d’offres en santé mentale [...] dans les collèges et les universités, a ajouté Mme Marcotte. Il faut sortir de l’offre de services conventionnelle qui est des entrevues un à un, un professionnel avec un étudiant. On ne fournit plus en offrant des services uniquement sur cette base individuelle-là. Il faut penser beaucoup plus à la prévention.»

Un enjeu à examiner

Philippe LeBel estime quant à lui que ces chiffres sont très préoccupants. Il invite le ministre de l’Éducation à mobiliser la communauté universitaire en mettant en place une politique nationale d’amélioration de la santé psychologique étudiante.

«Constat général, le passage à l’université fait mal à la santé psychologique des étudiants, et c’est quelque chose qu’on ne devrait pas laisser aller», a-t-il dit.

M. LeBel réclame des stratégies pour réduire la solitude, améliorer le soutien entre collègues et réduire la compétition entre eux. Il faut aussi réduire la précarité financière des étudiants et améliorer les saines habitudes de vie sur les campus.

«Il faut être attentif à l’augmentation des problèmes de santé mentale au postsecondaire, a dit Mme Marcotte. C’est clair qu’il y a un enjeu de ce côté-là à examiner dans les prochaines années.»

La vaste collecte des données de l’enquête intitulée «Sous ta façade» s’est déroulée du 29 octobre au 25 novembre 2018. Les membres de la communauté étudiante universitaire à travers le Québec qui ont rempli le questionnaire constituaient 16,1 % de l’ensemble de la population étudiante universitaire, selon l’UEQ.

Société

L’UQO marche contre le racisme et la discrimination

Près d’une cinquantaine d’étudiants de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) ont marché contre le racisme et la discrimination systémique vendredi après-midi.

Les marcheurs ont commencé leur parcours à l’angle des rues Portage et Aubry, dans le Vieux-Hull et se sont rendus jusqu’au pavillon Alexandre-Taché. 

Le recteur de l’UQO, Denis Harrisson, ainsi que le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, étaient également sur place et ont condamné le racisme sous toutes ses formes. 

Cette mobilisation des étudiants de l’UQO s’est inscrite dans la foulée d’un incident à caractère raciste survenu en octobre dernier au pavillon Alexandre-Taché alors qu’une étudiante noire a été insultée par un employé de la cafétéria. 

L’employé en question avait ensuite été congédié par l’UQO.

Société

Moisson Outaouais dresse un nouveau bilan de la faim

Plus de 11 700 personnes de l’Outaouais ont eu recours cette année à des services d’aide alimentaire, une augmentation de 11 % par rapport à l’an dernier.

Voilà l’un des éléments-clés qui ressortent du Bilan-Faim 2019 de Moisson Outaouais, publié mardi.

L’organisme, qui précise qu’un ménage sur quatre à faible revenu est touché par cette réalité et que la moitié des gens affectés ne se tournent pas vers de l’aide, affirme que « la faim demeure un enjeu important et préoccupant ». 

Plus du tiers (38 %) des personnes qui bénéficient de provisions alimentaires sont des enfants, dont 210 sont âgés de moins de deux ans, dit-on. Près du quart (23 %) des gens concernés ont reçu de l’aide à plus d’une reprise sur une base mensuelle. 

Les demandeurs d’aide sont majoritairement des personnes vivant d’aide sociale (66 %), alors que dans 17 % des cas, les gens ont un revenu d’emploi ou comme principale source de revenus une pension de vieillesse. 

Moisson Outaouais signale que 44 803 repas et collations ont été servis par sa quarantaine d’organismes membres cette année, soit presque 8000 de plus qu’en 2018. 

Au total, plus de 820 000 kg de denrées ont été amassées et distribuées auprès des organismes communautaires, un bond de 18 % en comparaison avec 2017-2018. Par rapport à 2016-2017, il s’agit d’une hausse marquée de 56 %. 

Le Programme de récupération en supermarché, déployé dans une vingtaine de magasins des grandes bannières comme Provigo, Metro et IGA, a quant à lui permis de récupérer près de 334 000 kg de denrées alimentaires, affirme-t-on. Dans le quart des cas (24 %), il s’agissait de viande. 

L’insécurité alimentaire touche 7 % de la population en Outaouais, soit environ 29 000 personnes.

Société

Davantage de Canadiens prévoient célébrer le jour du Souvenir

TORONTO — Un nouveau sondage suggère que davantage de Canadiens prévoient célébrer le jour du Souvenir cette année, peut-être en hommage aux derniers vétérans vivants de la Seconde Guerre mondiale.

Le sondage commandé par Historica Canada, l’organisation à l’origine de la série de vidéos des «Minutes du patrimoine», indique que le pourcentage de Canadiens qui prévoient assister aux cérémonies du jour du Souvenir a grimpé à 41 %, une augmentation de 2 % par rapport à l’année dernière et de 14 % par rapport à 2016.

Le sondage Ipsos en ligne indique également que 88 % des Canadiens estiment qu’il est important d’assister à de tels événements pendant que des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale peuvent encore être présents.

«Nous sommes conscients que même les plus jeunes de ceux qui ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale - il y a 75, 76 ans - ont aujourd’hui environ 90 ans. Le nombre de militaires ayant servi, qui ont déjà été si communs dans toutes les communautés, diminue vraiment», a déclaré Anthony Wilson-Smith, PDG de Historica.

«Le jour viendra bientôt où ils ne seront plus avec nous, et je pense que les Canadiens estiment collectivement que le moment est venu de dire merci.»

Mais il ne s’agit pas seulement de remercier les anciens combattants, suggère le sondage; il faut aussi apprendre d’eux. La vaste majorité des répondants au sondage - 94 % - ont convenu que le fait d’entendre des anciens combattants parler de leurs expériences était le meilleur moyen pour les jeunes de comprendre le conflit, et 80 % ont déclaré avoir entendu un ancien combattant raconter son histoire.

Cet élément personnel peut être très puissant, estime M. Wilson-Smith.

Ipsos a réalisé le sondage en ligne du 21 au 24 octobre auprès de 1000 Canadiens. Il n’est pas possible de déterminer une marge d’erreur pour ce type de sondage puisque l’échantillon de répondants n’est pas probabiliste.

Actualités

Prostitution: l’éducation sexuelle cruciale pour la prévention

Les cours d’éducation sexuelle sont au coeur de la prévention de la prostitution, a fait valoir une témoin devant la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs, jeudi à Québec.

C’est un ancien proxénète lui-même qui le dit.

C’est ce qu’a rapporté Karine Dubois, productrice du documentaire Trafic, qui a témoigné à la commission avec la réalisatrice Catherine Proulx. Celles-ci se sont penchées ensemble sur les rouages méconnus de l’exploitation sexuelle et de la prostitution juvénile.

Instruire les garçons

La répression ne suffit pas, a fait valoir Mme Dubois, qui insiste qu’il faut agir en amont.

Et l’une des clés de la prévention, c’est l’éducation sexuelle, selon un ancien proxénète rencontré par son équipe, qu’elle a appelé «Kevin».

«On ne nous apprend pas à respecter», a-t-il dit. «Je sais rien moi. Je sais que pour faire un enfant, il faut f... une femme, mais ils ne nous parlent pas du respect. On n’a rien appris de ça», a rapporté Mme Dubois en répétant ses paroles.

On a une responsabilité d’éduquer les garçons. Si la seule éducation sexuelle est trouvée par les jeunes eux-mêmes en ligne, «ne nous étonnons pas que l’exploitation sexuelle puisse leur sembler une avenue à considérer», a-t-elle ajouté devant les élus provinciaux qui sont membres de la commission.

«Nous devons nous demander collectivement comment nous pourrions mieux faire les choses pour que moins de jeunes hommes viennent à penser que le proxénétisme est une forme de criminalité comme les autres.»

Dans les centres jeunesse, des garçons en côtoient d’autres qui ont été «pimps» et ils seront peut-être intéressés à le devenir dans un avenir rapproché, explique Mme Dubois.

«Un jeune en centre nous a déjà fait remarquer que c’est particulièrement intéressant de devenir pimp parce qu’il y a beaucoup moins de chance de se faire prendre [que pour les autres crimes] et que la fille, contrairement à la drogue, est une marchandise qu’on peut revendre plusieurs fois.»

Elle suggère donc que les centres jeunesse se dotent de programmes «costauds» d’éducation sexuelle.

Pour le grand public

Mais elle croit aussi que cela prendrait des programmes de sensibilisation pour le grand public.

Car le client, «c’est Monsieur tout le monde». «Vous en connaissez sûrement un», a-t-elle lancé.

La réalisatrice et la productrice ont d’ailleurs déploré la banalisation de l’achat de services sexuels. Facile, accessible en ligne. Juste un autre onglet à ouvrir sur l’écran d’ordinateur.

«Ce n’est pas un être humain : on commande quelque chose», a tiré comme glacial constat Mme Proulx.

C’est comme si payer dédouanait les clients, a renchéri sa collègue.

Mais «tout est contrôlé pour que le client ne sente pas qu’il est dans un contexte d’exploitation», a souligné Catherine Proulx. La fille sourit, est attentionnée, elle donne l’impression qu’elle «aime ça». Mais elles offrent cette façade pour ne pas recevoir des coups de leur proxénète, rappelle-t-elle.

Éducation

L’immaturité souvent confondue avec un TDAH, selon une chercheuse [VIDÉO]

Les plus jeunes élèves dans une classe sont ceux qui reçoivent le plus souvent un diagnostic du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), selon une chercheuse.

Ce sont aussi ceux qui consomment le plus de médicaments, affirme la sociologue Marie-Christine Brault, professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi.

Mme Brault était à l’Assemblée nationale, mercredi, pour présenter les grandes lignes de sa recherche comparative entre le Québec et la Flandre sur les diagnostics reliés au TDAH. Une commission parlementaire se penche sur cet enjeu jusqu’à vendredi.

La sociologue en vient à la conclusion notamment que l’immaturité développementale est souvent confondue avec le TDAH.

Près de 15 pour cent des jeunes Québécois de 10 à 17 ans se feraient prescrire des psychostimulants, soit une proportion beaucoup plus importante que partout ailleurs au pays.

Selon Mme Brault, l’école québécoise met de la pression pour obtenir un diagnostic pour les enfants agités éprouvant des problèmes d’attention.

Les enseignants vantent souvent les bienfaits de la médication et se permettent même d’administrer des doses, s’est-elle étonnée.

Elle signale qu’en Flandre, la médication est recommandée en tout dernier recours.

Actualités

Commission Laurent: cibler les traumas avant les comportements

Devant la Commission Laurent sur la protection de l’enfance, mardi, le Centre de recherche sur l’enfance et la famille a plaidé pour une approche axée sur le trauma chez le jeune plutôt que sur ses troubles de comportement.

Depuis le début des audiences de la commission présidée par Régine Laurent, plusieurs jeunes adultes qui sont passés par le système de protection de la jeunesse ont effectivement déploré le fait que les intervenants avaient trop mis l’accent sur leurs troubles de comportement — fugues, colères, absences scolaires — plutôt que sur leur vécu, leurs problèmes.

L’approche axée sur le trauma vise à chercher et à comprendre pourquoi le jeune a développé les comportements «défiants» ou «oppositionnels» que l’on déplore, pourquoi il manque d’habiletés sociales, par exemple. Cela suppose une vision «plus holistique» des traumatismes vécus par le jeune, qui répond davantage à ses besoins, a expliqué à la commission Delphine Collin-Vézina, directrice du Centre de recherche sur l’enfance et la famille. En n’évaluant pas ces traumatismes par une approche globale, on risque de les retraumatiser si on se borne à les placer, puis à les replacer ailleurs, quand ce n’est pas de les isoler à cause de leurs comportements.

Mme Collin-Vézina a notamment recommandé d’offrir plus de soutien et de supervision aux intervenants en centre de réadaptation, plus de lieux d’échange par des rencontres. «Investir dans le développement professionnel des intervenants est vu comme une dépense», a-t-elle déploré, s’empressant d’ajouter : «une dépense qu’on peut couper». Pourtant, ce développement professionnel, cette formation, ces échanges entre intervenants donnent des «opportunités de réfléchir et d’arriver avec le meilleur plan d’intervention» possible pour l’enfant, souligne-t-elle.

Elle a également proposé d’offrir de meilleures conditions de travail aux intervenants, afin de les garder dans le système de protection de la jeunesse et qu’une expertise puisse ainsi s’y développer. «C’est un métier difficile, avec des charges de cas de 30, 40 dossiers en évaluation, orientation. C’est une réalité qui est presque impossible. C’est une réelle réforme [qu’il faut avoir] : penser qu’il faut complètement changer le paradigme et s’assurer que les personnes les plus expérimentées, celles qui pourront évaluer la notion de danger, la notion de risque» demeurent en poste, a-t-elle plaidé.

Liens écoles-communauté-famille

Par la suite, la commission s’est penchée sur les moyens de tisser davantage de liens entre l’école, la famille et la communauté.

Trop de portes, dans les écoles, isolent les parents à l’extérieur de la cour et posent obstacle à leur engagement au sein de l’école, a déploré Marie-Claude Gauthier, enseignante dans une école privée, présentée comme «témoin citoyenne».

Elle a notamment proposé la nomination d’un ombudsman pour défendre les droits des enfants au primaire et au secondaire. Celui-ci aurait également le mandat d’analyser les pratiques enseignantes.

«Malgré le professionnalisme, le dévouement et la compétence d’une grande majorité d’enseignants, l’incompétence et les actes professionnels inadéquats de certains enseignants nuisent au développement de l’enfant, et ce, sans conséquence, tant les filets de protection des enseignants sont puissants. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur la négligence de certains adultes en position d’autorité qui œuvrent dans nos écoles en 2019», a lancé Mme Gauthier.

À ses côtés, Julie Bouchard, doctorante à l’Université de Montréal, a recommandé de bonifier la formation en intervention sociale des enseignants.

«Les enseignants sont des intervenants de première ligne, grâce à un contact soutenu avec les enfants. Leur formation gagnerait à être bonifiée afin qu’ils soient en mesure de mieux répondre à ces besoins, notamment en connaissant mieux les différents intervenants des milieux scolaires et leur travail. La collaboration avec ces intervenants devrait d’ailleurs être bonifiée, en accordant davantage de temps aux équipes pour le faire. Leur nombre est nettement insuffisant, surtout dans un contexte où les classes sont surchargées et que les enseignants peinent à reconnaître les besoins de tous les élèves», a affirmé Mme Bouchard.

CPE Halte répit Hochelaga

Le CPE Halte répit Hochelaga-Maisonneuve a ensuite impressionné les commissaires avec son rôle pivot pour les parents qui ont besoin de référence et les enfants qui ont besoin de services. Il a tissé des liens avec les groupes communautaires du quartier, des infirmières du CLSC. Avec une grande capacité d’adaptation, il fait du «sur mesure» pour les familles de la communauté.

Beaucoup d’enfants lui sont référés par le CLSC et il leur réserve 5 % des places, en vertu d’un protocole d’entente. Il offre d’ailleurs des services de garde à temps partiel et des horaires flexibles. Avec des parents bénévoles, il offre des programmes d’éveil à la lecture.

Actualités

Les 65 ans et plus affichent la plus forte croissance de consommation de cannabis [VIDÉO]

MONTRÉAL - Ce sont les personnes âgées de 65 ans et plus qui ont affiché la plus forte croissance en matière de consommation de cannabis, révèlent de récentes données de Statistique Canada mercredi.

Celles-ci proviennent de l’Enquête nationale sur le cannabis (ENC). Elles continuent de révéler des différences générationnelles depuis la légalisation du cannabis récréatif en octobre 2018, souligne l’organisme fédéral de statistiques.

Les 65 ans et plus ont toutefois moins tendance à consommer du cannabis que les personnes des autres groupes d’âge: ils sont 7 pour cent par rapport à 10 pour cent pour les personnes de 45 à 64 ans, à 25 pour cent pour les 25 à 44 ans et à 26 pour cent pour les 15 à 24 ans. Les jeunes demeurent ceux qui consomment le plus.

Cependant, la consommation de cannabis chez les personnes âgées de 65 ans et plus a enregistré une progression bien plus rapide que chez les autres.

En 2012, par exemple, moins de 1 pour cent des personnes âgées (environ 40 000) avaient déclaré consommer, ce qui représente un fort contraste avec les estimations de 2019 indiquant que plus de 400 000 personnes de ce groupe d’âge en avaient fumé, inhalé ou ingéré au cours des trois mois précédents, rapporte Statistique Canada.

Cet usage de leur part a aussi contribué à accroître l’âge moyen des consommateurs de cannabis: il est passé d’environ 29 ans en 2004 à 38 ans en 2019.

Et les plus âgés qui se servent du cannabis sont plus portés à l’acheter exclusivement d’une source légale, ainsi que pour des raisons médicales. Ils sont d’ailleurs moins susceptibles de consommer du cannabis tous les jours ou presque tous les jours.

Les sources d’approvisionnement en cannabis changent

Un plus grand nombre de consommateurs de cannabis ont déclaré obtenir leur cannabis de sources légales au deuxième et troisième trimestres de 2019 (53 pour cent), par rapport aux estimations correspondantes pour la même période en 2018 (23 pour cent), lorsque le cannabis récréatif n’était pas encore légal.

Les proportions de consommateurs déclarant obtenir du cannabis uniquement de source légale ont également augmenté pour se chiffrer à 28 pour cent comparativement à 10 pour cent l’année précédente.

De façon globale, de la mi-août à la mi-septembre, près de 5,2 millions (ou 17 pour cent) des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des trois mois précédents. Cette proportion était inchangée par rapport à celle de l’année précédente, soit avant la légalisation du cannabis récréatif.

Statistique Canada mène l’Enquête nationale sur le cannabis (ENC) tous les trois mois depuis février 2018.

Techno

Hausse marquée de l’utilisation d’Internet entre 2012 et 2018 au Canada [VIDÉO]

OTTAWA - En 2018, la proportion de Canadiens âgés de 15 ans et plus qui ont utilisé Internet s’est élevée à 91 pour cent, comparativement à 83 pour cent de la population canadienne en 2012, selon ce que révèle Statistique Canada.

L’Enquête canadienne sur l’utilisation de l’Internet publiée mardi précise que parmi les provinces, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont enregistré la proportion la plus élevée de personnes utilisant Internet l’an dernier, de 94 pour cent dans les deux cas, alors que Terre-Neuve-et-Labrador a affiché la proportion la plus faible, de 86 pour cent.

Entre 2012 et 2018, la proportion d’aînés âgés de 65 ans et plus qui ont utilisé Internet au Canada est passée de 48 à 71 pour cent.

Dans l’ensemble, 94 pour cent des Canadiens avaient accès à Internet à la maison l’année dernière. Parmi les personnes n’ayant pas eu accès, les raisons les plus souvent invoquées étaient le coût des services Internet (28 pour cent), le coût de l’équipement (19 pour cent) et l’indisponibilité du service Internet (8 pour cent).

L’Enquête canadienne sur l’utilisation de l’Internet dévoile plusieurs autres données.

Entre autres, près de 84 pour cent des utilisateurs d’Internet ont acheté des biens et des services en ligne en 2018. Les dépenses se sont élevées à 57,4 milliards $, comparativement à 18,9 milliards $ en 2012.

D’autre part, 46 pour cent des Canadiens qui utilisent Internet ont déclaré en avoir fait usage plus de 10 heures par semaine en 2018. Et 69 pour cent des utilisateurs ont déclaré payer un abonnement à un service en ligne de diffusion en continu ou utiliser un de ces services.

La plupart des utilisateurs d’Internet ont pris des mesures pour protéger leurs renseignements personnels en 2018: 61 pour cent ont supprimé l’historique de leur navigateur, 60 pour cent ont bloqué des courriels et 42 pour cent ont modifié les paramètres de confidentialité des comptes ou des applications pour limiter l’accès à leur profil ou la quantité de renseignements personnels qui apparaissent sur leur profil.

En 2018, 57 pour cent des Canadiens qui ont utilisé Internet ont déclaré avoir vécu un incident de cybersécurité, y compris le fait d’avoir été redirigé vers des sites Web frauduleux demandant des renseignements personnels, ou d’avoir eu un virus ou une autre infection informatique.

Enfin, Statistique Canada rapporte qu’au cours des 12 mois précédant l’enquête, 30 pour cent des utilisateurs d’Internet canadiens qui avaient un emploi ont déclaré que leur employeur s’attendait à ce qu’ils utilisent Internet pour demeurer connectés en dehors de leurs heures de travail habituelles. Près d’un quart de la population en emploi a déclaré avoir fait du télétravail.