Lundi matin, M. Scheer a envoyé une lettre à la commissaire de la GRC, l'enjoignant de bien lire le rapport sur l'affaire SNC-Lavalin avant de décider s'il y avait matière à enquête policière.

SNC-Lavalin: Scheer à la GRC, Trudeau chez Unifor

Pendant que son adversaire conservateur cognait à la porte de la GRC, Justin Trudeau était reçu les bras grands ouverts par le président d'Unifor, lundi à Québec.

Ce syndicat a déjà lancé une campagne contre Andrew Scheer et l'élection d'un gouvernement conservateur.

Dans un long discours à ses troupes lundi matin, précédant celui de M. Trudeau, le président du syndicat, Gerry Dias, a minimisé les reproches qu'essuie le premier ministre dans l'affaire SNC-Lavalin.

«Ceux qui vivent dans des maisons de verre ne devraient pas lancer des roches», s'est moqué le bouillant personnage, revenant sur le scandale des dépenses du sénateur Mike Duffy et retournant même aussi loin que l'affaire Airbus et le «paiement d'un quart de million de dollars comptant accepté par Brian Mulroney».

«C'est quelque chose lorsque les conservateurs pensent qu'ils peuvent donner des leçons aux Canadiens sur l'intégrité, la morale et l'éthique», a-t-il ironisé.

Les mots de M. Dias ont dû servir de baume au premier ministre Trudeau, blâmé pour conflit d'intérêts par le commissaire fédéral à l'éthique dans un rapport sur l'affaire SNC-Lavalin, la semaine dernière.

Lundi matin, M. Scheer a envoyé une lettre à la commissaire de la GRC, l'enjoignant de bien lire ce rapport avant de décider s'il y avait matière à enquête policière.

«Le rapport du commissaire [...] doit être considéré comme la preuve la plus importante», a écrit M. Scheer à Brenda Lucki.

«Je crois que je parle au nom de millions de Canadiens en vous priant d'utiliser toutes les ressources à votre disposition pour enquêter sur cette affaire, non seulement pour que justice soit faite, mais pour qu'il soit clair que justice est faite», a-t-il ajouté.

Mercredi, conservateurs et néo-démocrates tenteront de forcer l'étude de ce rapport de Mario Dion par un comité parlementaire.

Chez Unifor, on a d'autres préoccupations. M. Dias craint le retour au pouvoir du parti qui a adopté deux lois antisyndicales, deux lois abrogées par les libéraux dès leur élection.

Il est donc revenu sur la campagne lancée en prévision du vote du 21 octobre. Il s'est vanté d'une équipe de 130 militants répartis dans toutes les provinces «qui vont cogner aux portes de plus de 315 000 membres d'Unifor» pour parler des enjeux de cette élection.

«Nous allons célébrer la défaite d'Andrew Scheer», a rugi M. Dias, applaudi par l'assemblée.

Lorsqu'il s'est présenté au micro du congrès d'Unifor à son tour, M. Trudeau a assuré à son public qu'il se range dans son camp.

«Au cours des quatre dernières années, on a été votre partenaire. Mais ce n'est qu'un début. Ensemble, on va aller beaucoup plus loin», a-t-il déclaré.

Il n'a fait aucune allusion à SNC-Lavalin.

Rattrapé par les journalistes à un événement en début d'après-midi, toujours à Québec, M. Trudeau a eu peu à dire sur la lettre de M. Scheer à la GRC.

«Les conservateurs continueront à poser des questions. C'est important pour une opposition officielle. Nous continuerons à défendre les emplois», s'est-il contenté de dire.