C’est la famille Bourbonnais qui gère et opére le traversier Masson-Cumberland, aimerait bien faire partie des plans de transport pour la région.

Sixième lien: la famille Bourbonnais refuse d’être placée sur la voie d’évitement

Relativement silencieuse depuis que le débat sur le sixième lien dans l’est de Gatineau est revenu à l’avant-scène de l’actualité, cet automne, la famille Bourbonnais qui opère le traversier Masson-Cumberland donne signe de vie et refuse d’être placée sur la voie d’évitement alors que s’amorce de vastes travaux qui redéfiniront la façon de se déplacer dans la région pour les prochaines décennies.

C’est par la voix de son consultant et ancien ministre responsable de la région, Norman MacMillan, que l’entreprise Traversiers Bourbonnais a décidé de faire connaître son étonnement face à l’absence du lien qu’elle opère depuis des années dans le nouvel appel d’offres de la CCN pour l’élaboration d’un plan intégré des liaisons interprovinciales et de transport dans la région de la capitale fédérale.

« On ne voulait pas trop se mêler de la politique et du débat entre Steven MacKinnon et le maire Maxime Pedneaud-Jobin dans ce dossier cet automne, on ne voulait pas mettre de la pression inutilement sur personne, mais on s’attendait à ce que le tracé du traversier à Masson fasse partie des éléments à étudier, a affirmé au Droit M. MacMillan. On voit que ça ne s’y retrouve toujours pas. Il ne faudrait pas passer à côté d’une analyse de ce tracé. La famille Bourbonnais en fait la demande. »

Plus de 800 000 véhicules traversent d’une rive à l’autre grâce aux traversiers de la famille Bourbonnais chaque année.

M. MacMillan croit qu’un avis scientifique sur le tracé utilisé par les Bourbonnais est nécessaire dans le contexte du débat sur le sixième pont.

« Il faut à tout le moins l’analyser et si les études disent que ce n’est pas une bonne idée, on va vivre avec ça sans problème, mais faisons d’abord l’analyse avant qu’il ne soit trop tard », affirme M. MacMillan.

Pas nouveau

L’idée de transformer le service de traversiers de la famille Bourbonnais en pont n’est pas nouvelle. Elle avait été soulevée dès la fin des années 1990 pour revenir en force en 2003.

À l’époque, l’homme d’affaires Maurice Bourbonnais affirmait être prêt à investir 35 millions $ pour construire un pont à péage, mais le député de Glengarry-Prescott-Russel d’alors, Jean-Marc Lalonde, s’opposait à un tel projet en raison de la congestion qu’il provoquerait sur la route 174.

Les rencontres politiques s’étaient tout de même multipliées dans les mois et les années qui ont suivi, notamment avec la CCN, ainsi qu’avec les maires de Gatineau et d’Ottawa.

L’ancien ministre fédéral des Transports et député du Pontiac, Lawrence Cannon, avait même qualifié le projet de « perspective extrêmement intéressante » en 2007. Il s’était engagé à étudier le projet.

L’idée est cependant tombée dans l’oubli jusqu’à l’automne dernier alors que le débat sur le sixième pont est revenu dans l’actualité.

« Le même projet pourrait faire partie de l’étude, insiste M. MacMillan. La famille Bourbonnais construit le pont et l’opère pendant 30 ou 35 ans et ensuite elle le remet au fédéral, ou bien le gouvernement construit son propre pont et paie la famille Bourbonnais qui cesserait son service de traversier à cet endroit. Ce sont des choses qui resteraient à déterminer, mais avant tout, il faut que le fédéral analyse la possibilité d’utiliser ce tracé. Masson c’est à l’est de Gatineau. Je ne vois pas pourquoi ça ne ferait pas partie des études. »