La région de l'Outaouais affiche le plus haut taux d'inoccupation dans les résidences pour personnes âgées au pays, soit 19%. Au Québec, la moyenne est de 8%.

Situation «catastrophique» pour les résidences d'aînés

Les temps sont durs, « catastrophiques » disent certains, pour les propriétaires et gestionnaires de résidences pour personnes âgées.
Il s'est construit des milliers d'unités en Outaouais au cours des 10 dernières années.
Aujourd'hui, la région affiche le plus haut taux d'inoccupation pour ce type de résidence au pays, soit 19 %, précise le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA). Au Québec, la moyenne est de 8 %.
« Les temps sont très durs, il ne faudrait pas que les taux d'intérêt grimpent de 1 %, lance le président-directeur général du RQRA, Yves Desjardins, de passage à Gatineau, hier. Environ le quart des résidences pour aînés de la province sont en déficit. Des grosses comme des petites. Ici dans la région, l'une des grosses résidences bien connues affiche un taux d'inoccupation de 40 %. »
Propriétaire de deux modestes résidences pour personnes âgées à Gatineau, Marcelin Chaumont croit que les grosses compagnies qui sont venues s'implanter dans la région au cours des dix dernières années paient aujourd'hui pour leur trop grand appétit.
« La Gappe, Cité Jardin, le Monastère à Aylmer, les Résidences Riviera et j'en passe, ce sont toutes des résidences qui s'arrachent le marché actuellement, c'est la guerre, explique M. Chaumont. Les grandes compagnies ont construit sans regarder ce que leurs concurrents faisaient à côté. Là, elles se font une guerre de prix. »
Celles qui passeront à travers la tempête en récolteront toutefois les fruits, laisse entendre M. Desjardins.
« Là, nous sommes dans un creux de vague, dit-il. La clientèle qui rentre dans nos résidences, actuellement, ce sont les enfants de l'après-Krash, du début des années 1930. Le taux de natalité était plus faible, c'était la crise. Mais quand les enfants des années 1940 vont arriver, il y aura un manque de places. Il y aura, en 2030, un million de plus d'aînés par rapport à aujourd'hui. »
Pression du gouvernement
Québec a annoncé, il y a deux semaines, qu'il resserrait les normes de qualité et de sécurité dans les résidences pour personnes âgées. Avoir un nombre d'employés minimal, rendre la formation obligatoire pour les préposés, vérifier les antécédents judiciaires des travailleurs et avoir un registre des incidents et accidents sont au nombre des nouvelles exigences de la certification gouvernementale.