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La police de Gatineau souligne que 46 plaintes ont été déposées entre le 1er janvier le 30 novembre pour des tentatives d'extorsion ou de chantage liées au sextage.
La police de Gatineau souligne que 46 plaintes ont été déposées entre le 1er janvier le 30 novembre pour des tentatives d'extorsion ou de chantage liées au sextage.

Sextage: «Ne vous faites pas enguirlander» durant les Fêtes, dit la police

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Avec une hausse de 50% du nombre de plaintes liés à l'insidieux phénomène du sextage sur son territoire depuis le début de l'année, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) lance une mise en garde à la population, y compris les adultes, pour la période des Fêtes.

«Ne vous faites pas enguirlander. Tes boules, ta queue: #gardeçapourtoi!», lancent les autorités. 

Alors que le télétravail est de mise et que le confinement amène les gens à passer de plus longs moments en ligne, le corps policier a de nouveau senti le besoin de lancer un message de sensibilisation au sujet des risques associé à la transmission ou au partage de messages, photos ou vidéos à caractère sexuel. 

Le SPVG rappelle que 46 plaintes ont été déposées entre le 1er janvier le 30 novembre pour des tentatives d'extorsion ou de chantage liées à l'utilisation d'images ou de vidéos de ce type. Il s'agit d'une hausse marquée car pour l'ensemble de l'année 2019, 31 plaintes avaient été traitées à ce sujet. 

«Pour nous, l'hypothèse la plus probable est que les gens passent plus de temps en ligne. Les célibataires, par exemple, ne peuvent plus sortir dans les bars ou faire des rencontres en personne, alors ils se tournent vers le web, les applications. On veut prévenir tout le monde, parce qu'on a eu 46 plaintes, mais c'est sans compter les gens qui ont peut-être trop honte pour nous contacter. [...] Il y a une bonne augmentation, et ce qui ne semble pas changer, c'est que les victimes sont majoritairement des hommes dans la fin vingtaine», de dire la porte-parole du SPVG, l'agente Andrée East.

À quelques jours de Noël, le corps policier a adapté le visuel de sa campagne #GardeÇaPourToi avec des couleurs festives pour rappeler l'importance d'être extrêmement prudent dans ses échanges d'images intimes en ligne. Une fois de plus, le concept utilise le double sens d'expressions sexuelles surtout populaires chez les jeunes et reliées à des parties du corps comme les organes génitaux. On y voit par exemple la queue d'un chat dans une boîte cadeau ou encore des boules de Noël. 

Le SPVG rappelle que même avec son propre conjoint ou encore lorsqu'on croit que la conversation est privée, il n'est «jamais recommandé» de poser des gestes compromettants ou intimes sur Internet.

«Pour les adolescents, on se doit de couvrir ce volet-là avec eux parce qu'en plus d'être une infraction (publication d'images intimes non consensuelle), c'est une forme de pornographie juvénile. Là, on se rend compte que ça s'applique aussi de plus en plus aux adultes. Dans ce cas, ce ne sera pas de la pornographie juvénile, mais les impacts peuvent être majeurs. Au-delà de l'aspect financier (menace de publication à moins d'obtenir une somme d'argent), si l'arnaqueur partage les images et met ses menaces à exécution, c'est pratiquement impossible de les effacer par la suite. Les conséquences peuvent être graves pour les victimes, car une fois lancées sur le web, c'est perdu. On peut aussi ne pas revoir ces images puis elles ressurgissent des années plus tard», affirme l'agente East.