Philippe Dallaire, un homme d’affaires de Trois-Rivières, vit aussi en Chine.
Philippe Dallaire, un homme d’affaires de Trois-Rivières, vit aussi en Chine.

Selon Philippe Dallaire, la situation s’améliore en Chine: «il faut être patient»

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — «Ce que fait le gouvernement est bon. Il met des mesures qui peuvent sembler extrêmes, mais je l’ai vécu ici et le gouvernement fait la bonne affaire. Il faut être patient. Ça va être payant au bout de la ligne. La patience sera la meilleure alliée.»

Philippe Dallaire est catégorique. Selon cet homme d’affaires de Trois-Rivières qui vit aussi en Chine, les Québécois doivent suivre les recommandations fixées par le gouvernement pour contrôler la pandémie de coronavirus, car c’est ce qui permet aujourd’hui à la Chine de retrouver un certain rythme de vie qui pourrait ressembler à l’après-Covid-19.

«Ça commence à ressembler à la Chine avant le virus. La vie à Shenzhen est de retour à la normale depuis deux semaines. Les restos et les supermarchés sont ouverts depuis environ deux semaines. Tout le monde est de retour au travail. Le nombre de nouveaux cas est pratiquement nul. C’est le fun de voir ça», dit M. Dallaire, le sourire aux lèvres, lors d’une entrevue accordée jeudi via une application de visioconférence.

Le pays est plongé dans cette épidémie depuis décembre. Les autorités avaient invité les citoyens à demeurer chez eux et à limiter leurs sorties, certaines provinces avaient demandé à leurs habitants de ne pas retourner travailler durant un certain temps, l’activité commerciale tournait au ralenti, les rues de villes étaient pratiquement désertes.

La Chine a été frappée durement par le coronavirus avec plus de 80 000 cas de contamination et plus de 3200 morts. Toutefois, le niveau de contamination d’origine locale est en baisse, la Chine ayant annoncé jeudi n’avoir aucune contamination de ce type, ce qui marque une étape importante dans la lutte à la pandémie.

«La Chine est le pays le plus peuplé (1,4 milliard d’habitants) et les autorités ont réussi à contrôler l’épidémie. L’Italie est moins peuplée (60,4 millions d’habitants) et le pays est presque rendu au même nombre de morts (plus de 2900) qu’en Chine. Les mesures mises de l’avant par le gouvernement québécois, c’est une bonne affaire. C’est pour protéger le monde. C’est la recommandation à suivre. Les gens veulent sortir et je comprends ça. Mais au bout de la ligne, c’est pour les personnes vulnérables. Il faut sacrifier notre temps personnel pour le bien commun.»

Des mesures de contrôle

La Chine semble se relever de la pandémie, certaines écoles sont rouvertes, mais des mesures de contrôle sont maintenues. Selon M. Dallaire, tous les citoyens se promènent avec un masque lorsqu’ils déambulent dans la rue. La température est prise pour s’assurer que les gens ne sont pas fiévreux lorsqu’ils entrent dans le métro ou dans un supermarché. Lorsque les gens prennent le métro, ils doivent aussi numériser avec leur portable leur numéro de téléphone sur un lecteur numérique.

«Avec ça, ils sont capables de te suivre dans le métro. Si je vais à l’hôpital avec un problème de santé, ils sont capables avec mon numéro de retracer toutes les personnes qui étaient en même temps que moi dans le wagon. Au restaurant, notre température est prise par le personnel. On doit écrire sur un papier notre nom, notre numéro de téléphone et notre température avant d’entrer dans le resto. Même chose à la banque. Ça permet de contrôler la situation de façon très solide.»

Des masques

Selon M. Dallaire, les masques ont toujours la cote en Chine. Le produit n’est pas en rupture de stock étant donné que les producteurs ont l’autorisation de fabriquer en masse tout en devant respecter un prix plafond imposé par le gouvernement.

Tout en s’interrogeant sur la recommandation du gouvernement du Québec faite aux citoyens de ne pas porter de masque s’ils ne sont pas malades, M. Dallaire profite de ses contacts d’affaires en Chine pour commander 10 000 masques qui seront vendus au Québec par le biais de sa compagnie Ibboo.

«Les masques sont supposés arriver mardi à Montréal, par avion. On va limiter la quantité de masques. Si ça se vend bien et que les gens se sentent aidés, on va en commander plus.»

Philippe Dallaire assure qu’il ne veut pas profiter de la situation pour faire une «passe de cash». Il entend remettre 5 % des ventes aux gouvernements afin de soutenir la recherche pour trouver un vaccin.