La rue Saint-Louis à Gatineau est complètement submergée.

Se résigner à quitter

Les larmes aux yeux, elle est descendue de la chaloupe des pompiers de Gatineau, là où la chaussée de la rue Saint-Louis réapparaissait. Elle était incapable de s'adresser aux journalistes, mais son regard voulait tout dire. Elle venait de laisser derrière elle tous les biens et le confort de sa maison de la rue Oscar.
Les sinistrés des inondations qui frappent Gatineau pour une deuxième fois en autant de semaines s'ajoutaient petit à petit, mardi, à la liste des évacués. Pour le moment, on ne parle que d'évacuations volontaires et préventives. Mais ils sont de plus en plus nombreux à faire comme la dame de la chaloupe et à se résigner à quitter leur domicile.
Stéphanie Martin fait partie du lot. Sac de vêtements à la main et bottes d'eau aux pieds, aux côtés de son chien dont les pattes étaient submergées dans l'eau glaciale, elle quittait pour se rendre chez sa belle-mère, avec son conjoint. Incapable de sortir par l'avant de sa résidence de la rue Saint-François-Xavier, il a fallu qu'elle passe par un trou dans sa clôture arrière pour ensuite traverser par le terrain de voisins, sur la rue Saint-Louis. « On avait déjà commencé les démarches pour obtenir un dédommagement du programme des sinistrés, mais là, ça va être à recommencer », a constaté Mme Martin.
À certains endroits au milieu de la rue Saint-Louis, l'eau montait bien au-delà des genoux. Alain Lepage se considérait donc chanceux de n'avoir qu'un peu d'eau sur son terrain. Il a tout de même pris ses précautions en installant plus de 200 sacs de sable devant sa résidence, car le niveau de l'eau doit continuer de monter. Il a aussi aidé des voisins à fabriquer des digues, le poids des sacs de sable ne permettant pas aux personnes plus âgées de se lancer dans une telle démarche.
Plus à l'est, près du boulevard Hurtubise, Sylvie Gingras souhaitait rester dans sa maison tant qu'elle est habitable. Il n'était pas question pour elle de fermer l'électricité, ce qui signifierait l'arrêt des pompes qui gardent son sous-sol en état. « Je vais juste partir s'ils viennent me chercher en bateau et si je suis obligée », a-t-elle mentionné.