Le journaliste du Droit a pris part à une simulation d’alcool au volant en mettant des lunettes qui brouillent la vision.

Se préparer au pire derrière le volant

Conduire avec les facultés affaiblies en toute sécurité et sans risque de fâcheuses conséquences, c’est possible ? Peut-on se pratiquer à réagir face à un imprévu dans des conditions routières difficiles ?

De jeunes conducteurs avaient l’opportunité d’expérimenter ces aspects plus complexes et rares de la conduite automobile jeudi, à Ottawa. La formation Académie de conduite Ford sera également offerte gratuitement toute la journée, vendredi.

En deux jours, ce sont des dizaines d’automobilistes peu expérimentés qui auront reçu les conseils de professionnels pour savoir comment réagir devant un tas de situations qui peuvent survenir derrière le volant.

C’est aussi une opportunité de sensibiliser ces jeunes aux effets pervers de l’alcool et des drogues sur la capacité de conduire.

« L’important, pour Ford, c’est la sécurité, explique l’instructrice Isabelle Tremblay. À travers différents exercices, on leur montre comment reprendre le contrôle après avoir évité une situation de justesse. C’est vraiment un complément à une école de conduite. »

Le Droit a eu l’opportunité d’essayer certains des ateliers présentés à l’Aéroclub de Rockcliffe, notamment la conduite sur un parcours fermé avec une distraction — un téléphone mobile — et avec des lunettes qui brouillent la vision pour simuler la consommation d’alcool.

Un constat s’impose : on sous-estime l’impact de ces facteurs sur la capacité à conduire, surtout lorsqu’on parle des sources de déconcentration comme les textos, la radio ou une discussion avec une autre personne au sein du véhicule.

Rapidement, à l’ajout d’obstacles et de distractions, les erreurs se sont multipliées sur le parcours mis en place par les experts de Ford et ce, même si la vitesse moyenne était inférieure à 15 km/h.

L’instructeur Francis Marquis souligne que, dans le cas de la simulation de conduite avec facultés affaiblies, la vision est affectée, mais pas la capacité de concentration.

C’était suffisant pour écraser quelques cônes durant notre essai.

« C’est sûr que quelqu’un qui conduit en état d’ébriété ne va peut-être pas avoir ce niveau de concentration. [...] La petite erreur qui fait qu’on renverse un cône à 15 km/h devient amplifiée grandement », explique M. Marquis.

Le journaliste du Droit Julien Paquettte a participé aux à certains ateliers de Ford Driving Skills.

Une élève de l’école secondaire catholique anglophone St Francis Xavier d’Ottawa, Katie Dale, s’était inscrite à la séance de formation de jeudi matin. Elle raconte que son père l’a fortement incitée à participer à cette activité.

« Dans la rue, les choses peuvent arriver vraiment vite. C’est vraiment bon pour apprendre quoi faire quand ça se produit, être en confiance et savoir qu’on est capable de s’en sortir. C’est bon de pratiquer dans un environnement fermé et sécuritaire », affirme l’adolescente qui a un permis de conduire valide depuis environ deux mois.

« Quelqu’un qui conduit depuis longtemps, il sait à quoi s’attendre en conduisant régulièrement, explique Isabelle Tremblay. On met [les jeunes] dans ces situations pour qu’ils apprennent à les gérer. [...] Ils vont apprendre des manœuvres d’urgence, tout en s’amusant. À la fin de la journée, tous ces étudiants vont avoir le sourire et ils vont en parler à tout le monde. »

L’activité Académie de conduite Ford est passée par Ottawa une fois l’an au cours des cinq dernières années.