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La dernière fois qu'un astronaute est allé sur la Lune remonte à 1972, lors de la mission américaine Apollo 17.
La dernière fois qu'un astronaute est allé sur la Lune remonte à 1972, lors de la mission américaine Apollo 17.

Un astronaute canadien ira en orbite autour de la Lune 

Clara Descurninges
La Presse Canadienne
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Un astronaute canadien ira en orbite autour de la Lune au cours des cinq prochaines années, dans le cadre du projet «Gateway», dirigé par la NASA.

C'est ce qu'a annoncé le ministre fédéral de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne, en conférence de presse virtuelle mercredi.

Accompagné de la présidente de l'Agence spatiale canadienne (ASC), Lisa Campbell, et de l'astronaute David Saint-Jacques, le ministre a qualifié cette annonce d'«historique», alors que jusqu'à présent seuls les États-Unis peuvent se vanter d'avoir envoyé plusieurs des leurs autour de la Lune. «Nous voulons que le Canada fasse partie de l'histoire spatiale», a-t-il dit.

Le Canada avait déjà annoncé en 2019 qu'il ferait partie de «Gateway», le projet américain de station orbitale lunaire auquel participent aussi l'Europe et le Japon. L'installation devrait ensuite devenir une escale pour des voyages plus lointains, notamment vers la planète Mars.

«Nous serons un partenaire clé» du projet, a indiqué Mme Campbell. Une troisième version du «Canadarm», ce bras robotique équipé d'une intelligence artificielle, sera utilisée pour entretenir la station spatiale. Le Canada prévoit aussi envoyer un rover sur le sol lunaire afin de faire des expériences scientifiques.

La dernière fois qu'un astronaute est allé sur la Lune remonte à 1972, lors de la mission américaine Apollo 17.

Avancées technologiques

Le projet permettra aussi de tester plusieurs technologies développées au Canada. La compagnie sherbrookoise NGC Aerospace a développé un système permettant à un appareil de connaître sa position exacte en se basant sur la disposition des cratères de la Lune. Le président de l'entreprise, Jean de Lafontaine, a expliqué lors de la conférence de presse que son logiciel permettrait «d'atterrir de manière autonome, mais aussi en évitant les obstacles».

Une fois au sol, le rover sera équipé d'une caméra de Canadensys Aerospace, conçue pour résister aux dures conditions lunaires, et d'un système de navigation et de détection d'obstacles de Mission Control Space Services.

L'ASC a lancé un appel d'offres pour les compagnies qui souhaitent se charger de la conception et de la construction du rover lui-même. Le gouvernement a déjà investi 39 millions $ pour financer la recherche et le développement entourant la mission lunaire au courant de la dernière année, a indiqué le ministre Champagne.

Des applications sur terre

Mme Campbell a tenu à souligner que le secteur aérospatial avait contribué à «2,5 milliards $ au PIB canadien» lors de la dernière année, en plus de permettre des avancées scientifiques.

De plus, certaines technologies d'exploration spatiale peuvent être converties à un usage terrestre. M. de Lafontaine a par exemple expliqué que son système de «GPS lunaire» pourrait dans le futur guider des drones qui doivent «transporter des médicaments ou des vivres dans des zones accidentées».

Le président de Canadensys Aerospace, Christian Sallaberger, a aussi mentionné que les rovers créés par son entreprise dans le passé ont servi de modèles à des véhicules militaires terrestres.

Le Canada a lancé en 2019 sa Stratégie spatiale, qui vise à demeurer «une puissance spatiale de premier plan» et à «appuyer l'excellence scientifique, l'innovation et la croissance économique».