Armand Salvador, professeur associé à l'Université des Philippines a présenté des restes d'une nouvelle espèce humaine, lors d'une conférence de presse à Manille jeudi.

Désormais sept espèces humaines au compteur

Encore un Hobbit, mais d’une autre espèce, et pas sur la même île. Si vous avez du mal à suivre le portrait de nos cousins préhistoriques, vous n’êtes pas les seuls : les paléontologues ont aussi du mal.

Selon une recherche parue mercredi dans Nature, c’est à une nouvelle branche de la famille humaine, jusqu’ici inconnue, qu’il faudrait attribuer les ossements découverts dans une caverne d’une île des Philippines

Et pas n’importe quelle branche : un humain qui ne faisait qu’un mètre de haut, baptisé Homo luzonensis — du nom de l’île de Luçon. Un cas possible de nanisme insulaire, à l’image de l’Homo floresiensis — du nom de l’île de Florès, découvert en 2003.

Pour ajouter à la complexité, cet humain aurait vécu sur cette île il y a aussi peu que 50 000 ans, soit à une époque où l’Homo sapiens avait déjà colonisé le continent, de l’Europe à l’Asie, et avait peut-être déjà pris pied en Australie.

Une vue de la grotte de Callao aux Philippines, prise en 2011. C'est là qu'une équipe de chercheurs internationaux a découvert les restes d'une nouvelle espèce humaine, l'Homo Luzonensis.

Si d’autres paléontologues confirment, ça portera donc le total de cousins de l’Homo sapiens à sept, dont au moins quatre ont vécu dans un coin ou l’autre de la planète en même temps que lui :

Néandertaliens : les plus célèbres. La plus ancienne découverte à leur sujet remonte à 1856. Les paléontologues les placent en Europe entre il y a 400 000 et il y a 40 000 ans. Des croisements avec des Homo sapiens dans les 100 000 dernières années ont laissé des traces jusqu’à aujourd’hui dans notre ADN

Dénisoviens : eux aussi ont laissé des traces dans notre ADN, mais les traces fossiles sont encore très maigres. On semble s’entendre pour dire que, à partir d’un ancêtre commun, Néandertaliens et Dénisoviens ont divergé il y a 450 000 ans, mais l’expression « Néandertaliens d’Asie » est parfois utilisée pour les désigner — d’autant que tous les fragments d’os qui leur sont attribués sont en Asie. L’un d’entre eux, dans la « grotte de Denisova », en Sibérie, n’est vieux que de 41 000 ans.

Homo floresiensis : un mystère persistant. Ce « Hobbit » dont on a découvert des fragments d’une douzaine de représentants en 2003 sur l’île de Florès y aurait vécu il y a aussi peu que 60 000 ans. Des outils de pierre suggèrent toutefois une occupation de l’île commençant il y a 700 000 ans. Le débat se poursuit quant à ses origines et à sa petite taille : les premiers arrivants étaient-ils des Homo erectus plus grands, qui ont progressivement diminué de taille au fil des millénaires ?

Homo naledi : un mystère récent. En 2015, une caverne d’Afrique du Sud a révélé 1500 restes de 15 individus, qui pourraient avoir entre 335 000 et 235 000 ans. Ils présentent un mélange de caractéristiques anciennes et modernes.

Homo heidelbergensis : il aurait parcouru le monde il y a entre 700 000 et 200 000 ans. Les fossiles à son sujet sont également maigres. Il représente, avec l’Homo erectus, celui qui est le plus souvent pointé du doigt comme un possible ancêtre commun aux Homo sapiens, Néandertaliens et Dénisoviens.

Homo erectus : le plus ancien à avoir quitté l’Afrique, il y a plus d’un million d’années. Il a laissé des traces jusqu’en Chine et en Indonésie (où il a jadis été appelé « l’homme de Java »). Si le parcours qu’on lui attribue est exact, il aurait encore été dans les parages il y a 143 000 ans, une époque où il aurait pu croiser des Néandertaliens ou des Dénisoviens. Découvrir des traces de son ADN reste un des défis de l’heure pour les généticiens.

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