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Les propriétaires du Domaine de L'Ange-Gardien, Julie Deschamps et Sylvain Léger, participent au projet « Ma cabane à la maison» .
Les propriétaires du Domaine de L'Ange-Gardien, Julie Deschamps et Sylvain Léger, participent au projet « Ma cabane à la maison» .

Sauver la saison des sucres grâce aux boîtes-repas [VIDÉO]

Claudia Blais-Thompson
Claudia Blais-Thompson
Le Droit
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Pour sauver les cabanes à sucre et les traditions qui s’y rattachent, 70 acériculteurs du Québec s’unissent pour donner un second souffle à cette industrie durement touchée par la pandémie l’année dernière, en participant au projet « Ma cabane à la maison ».

L’idée est de regrouper les produits d’érable et le menu des cabanes à sucre participantes sur une même plateforme pour faire profiter les consommateurs de l’expérience d’une cabane à la maison. Ainsi, les Québécois pourront se procurer une boîte repas grâce aux 196 points de cueillettes à travers la province.

Pour le copropriétaire du Domaine de L’Ange-Gardien, Sylvain Léger, cette initiative aidera grandement les érablières cette saison-ci.

« La fermeture l’an passé a eu des impacts majeurs, indique M. Léger. Le temps des sucres pour nous représente près de 60 % de notre chiffre d’affaires. Ma cabane à la maison est vraiment un beau projet. On n’a pas le choix de faire les choses autrement. »

Même si le passage de l’Outaouais en zone orange dès lundi permet d’accueillir des clients dans les salles à manger, selon M. Léger, il faut évaluer la rentabilité et la faisabilité de la situation.

« Ça demande un réaménagement de la salle pour respecter la distanciation entre chaque bulle. Ça nous amène entre 35 à 50 personnes dans une salle dont la capacité est de 250 personnes. Il y a des impacts majeurs. »

Même son de cloche du côté de l’Érablière J.B. Caron située à Gracefield, en Outaouais. 

« On va ouvrir une salle qui peut contenir 100 personnes pour des tablées de quatre personnes, souligne le propriétaire, Frédéric Tremblay-Carle. À mes yeux, ça ne fonctionne pas. » 

Ce dernier a acheté la propriété de ses beaux-parents - 18 000 entailles en plus de la cabane à sucre - en pleine pandémie. La production et la vente de sirop d’érable ont permis au jeune entrepreneur d’affronter les difficultés liées au virus.

Les propriétaires de l’Érablière J.B. Caron, Frédéric Tremblay-Carle et Mylène Caron, participent au projet « Ma cabane à la maison» .

« L’une des choses positives de la pandémie, c’est que les gens achètent de plus en plus au Québec », se réjouit-il.

D’ailleurs, celui qui est également porte-parole régional pour « Ma cabane à la maison » a profité du mouvement pour créer un site transactionnel qui lui permettra de vendre ses produits à une clientèle plus large.

« C’est tellement une belle façon d’apporter la cabane à la maison. Il n’y avait pas de point de chute en Abitibi-Témiscamingue. Pourquoi je ne pourrais pas aller porter ma cabane à la maison? L’Érablière J.B. Caron va desservir l’Abitibi-Témiscamingue. »

Sauver la saison des sucres

L’instigatrice du projet et porte-parole nationale de « Ma cabane à la maison », Stéphanie Laurin, ne pouvait pas rester les bras croisés face aux difficultés engendrées par la pandémie. Propriétaire du Chalet des Érables, à Sainte-Anne-des-Plaines, elle a voulu unir les érablières du Québec pour préparer la saison des sucres, mais surtout garantir l’avenir des cabanes à sucre.

« Je ne pouvais pas regarder la situation aller et me dire que j’allais faire faillite, explique Mme Laurin. Il y a déjà eu des fermetures, malheureusement. Au Québec, il y a 7400 producteurs de sirop d’érable. De ce nombre, nous étions 200 à servir des repas traditionnels, dont une quarantaine ont mis la clé dans la porte en raison de la COVID-19. »

Selon elle, le concept de « Ma cabane à la maison » va au-delà des boîtes-repas. Le projet promet en effet de faire vivre l’expérience traditionnelle des cabanes à sucre.

« On sait que les gens, quand ils viennent dans nos établissements, ils veulent vivre une expérience familiale, aller jouer dehors, marcher dans les érablières, manger de la tire sur la neige, danser. Il y a beaucoup de choses qui entourent la cabane à sucre parce que c’est bien plus qu’un repas. C’est une tradition, notre histoire et notre savoir-faire agricole. »

Tous les détails entourant « Ma cabane à la maison » seront dévoilés lundi.