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Madeleine Fréchette, 11 ans, accompagnée de ses deux parents Kerry et Luc
Madeleine Fréchette, 11 ans, accompagnée de ses deux parents Kerry et Luc

Sauvée par sa grande sœur après un arrêt cardiaque

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
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15 février 2015. La vie de la famille Fréchette allait changer. La jeune Madeleine, alors âgée de cinq ans, fait un arrêt cardiaque.

«Cet événement a complètement changé notre style de vie», affirme son père Luc Fréchette, en entrevue avec Le Droit samedi après-midi dans le cadre du Mois du cœur.

Ce jour-là, Madeleine et ses trois sœurs allaient passer l'après-midi chez leur grand-mère. Alors qu'il faisait un froid glacial à l'extérieur, les trois filles se mirent à courir en sortant de la voiture pour rentrer dans le vestibule de la résidence.

«C'est là que Madeleine s'est effondrée et a fait un arrêt cardiaque», raconte M. Fréchette.

La grande sœur de Madeleine, Lydia, alors dans la vingtaine, s'était aussitôt mise à effectuer des manœuvres de RCR pour tenter de sauver sa petite sœur. Pendant ce temps, ses deux autres sœurs cherchaient de l'aide pour contacter le 9-1-1. Les premiers répondants sont arrivés quelques minutes plus tard et ont réussi à réanimer Madeleine dans l'ambulance, en direction de l'hôpital.

«Elle a ensuite été transférée aux soins intensifs du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO), poursuit son père. Ils ont fait des tests et c'est là qu'ils ont vu qu'elle avait un gène rare qui a causé son arrêt cardiaque.»

Résultat: Madeleine a été plongée dans un coma artificiel pendant deux semaines.

«Sur le coup, en tant que parent, tu te sens impuissant, confie M. Fréchette. Tu ne sais pas comment réagir et personne ne réagit à ça de la même façon. On se demande constamment ce qui serait arrivé si Lydia n'avait pas été présente cette journée-là.»


« On ne sait jamais quand ça peut arriver [un arrêt cardiaque]. »
Luc Fréchette

À en écouter la famille Fréchette, Lydia a agi en véritable héroïne cette journée-là.

«On a toujours été et on sera toujours reconnaissant envers elle pour son acte de bravoure et sa réaction rapide, mentionne son père. Les premiers répondants et le cardiologue nous ont confirmé que c'était grâce à Lydia si Madeleine avait survécu à cet arrêt cardiaque.»

Cet événement a également rapproché les deux sœurs plus que jamais.

«On est très proche, dit timidement Madeleine, maintenant âgée de 11 ans. On s'amuse, on se parle souvent et on se texte beaucoup parce qu'on ne peut pas se voir présentement avec la COVID.»

«Elles sont inséparables», ajoute le père des deux filles.

Une crainte toujours présente

Bien que la condition de santé de Madeleine se soit améliorée quelque peu depuis, M. Fréchette avoue que la crainte qu'un événement de la sorte se reproduise est toujours présente.

«Présentement, ça va bien. Son arythmie est contrôlée avec des médicaments, mais elle demeure limitée dans les activités qu'elle peut faire. Elle continue quand même de jouer avec ses amis comme si rien n'était arrivé, mais le risque est toujours là. Partout où on va, on a un défibrillateur. […] La crainte est toujours présente et je ne crois pas qu'elle partira un jour.»

Ainsi, afin de sensibiliser la population aux maladies du cœur et à l'importance d'apprendre le RCR, la famille Fréchette a décidé de devenir ambassadeur du Mois du cœur. Au Canada seulement, environ 35 000 arrêts cardiaques surviennent hors de l'hôpital chaque année et le taux de survie est de 10%.

«On ne sait jamais quand ça peut arriver, souligne Luc Fréchette. Nous, on ne les avait pas vu les signes précurseurs puisque personne dans notre famille n'avait de maladie du cœur.»

«Prenez des cours de RCR, c'est important et ça peut sauver des vies», conclut-il.

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LES SIGNES À SURVEILLER

  • Effondrement soudain
  • État d'inconscience
  • Respiration absente