Santé

Barrette émet de grandes réserves

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette n’a pas tardé à réagir à l’étude de l’IRIS sur le sous-financement de l’Outaouais, disant l’accueillir avec « une grande réserve » et spécifiant qu’elle tire des conclusions avec lesquelles il n’est pas d’accord.

« Je l’ai lue et la méthodologie n’est pas nécessairement claire. En plus, on parle de chiffres de 2016-2017, ça ne tient pas compte des corrections très importantes qu’on a apportées en termes d’équité interrégionale. Le déséquilibre, on vient de le corriger. [...] Quant aux 100 millions $ dépensés en Ontario, c’est le choix des gens d’y aller, ils ont le droit, c’est la loi », lance-t-il.

Santé

« L’argent est détourné de l’Outaouais »

Les effets du sous-financement chronique du système de santé et d’éducation « font avancer la région vers l’arrière », plaide l’organisme Équité Outaouais en réaction aux résultats de l’étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Formée de citoyens et d’organismes communautaires, la coalition affirme sans détour qu’il est grand temps que la vapeur soit renversée et que l’Outaouais reçoive sa juste part. 

« Ce sont des chiffres qui nous parlent, c’est clair qu’il y a un retard à tous les niveaux. On constate qu’ils sont encore plus criants que ce qu’on pouvait penser », a lancé lors d’un point de presse la porte-parole du groupe en matière d’éducation et présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay.

Le médecin de famille et porte-parole en matière de santé, Gilles Aubé, estime quant à lui qu’il est urgent de « corriger cette situation ». À huit semaines du scrutin provincial, il spécifie qu’il ne faut pas voir dans cette sortie publique une tactique politique visant à déloger les libéraux du pouvoir.

« Nous, ce qu’on veut, c’est une prise de conscience du public qu’il y a un problème important dans la qualité des services publics, au niveau du financement et des infrastructures. On veut développer notre région. Nous n’avons pas de visée partisane. Tous les partis devront réfléchir et amener des solutions intelligentes au public. [...] On vise un rattrapage à la moyenne du Québec, c’est tout à fait raisonnable de demander ça », affirme-t-il. 

Mme Tremblay soutient que l’objectif principal est de mobiliser la population pour forcer le gouvernement à « prendre en charge la région comme il se doit de le faire ». Faisant allusion aux milliers d’étudiants qui s’exilent ailleurs en province ou qui traversent sur la rive ontarienne pour leurs études postsecondaires, elle a indiqué que « la région ne peut plus se permettre de perdre sa jeunesse de cette façon ».

Pétition 

Une pétition au sujet du sous-financement a été lancée par Équité Outaouais, entre autres en ligne. Jusqu’au 5 septembre, le public est invité à aller la signer. Elle sera ensuite présentée durant la campagne électorale provinciale.

« Les chefs de parti vont tous passer en Outaouais, on va leur présenter notre pétition, nos revendications. On veut des réponses, tous les chefs devront se mouiller, note M. Aubé, qui ajoute qu’on récolte les fruits de la négligence des dernières années. L’argent est détourné de l’Outaouais, c’est ça qu’on ne veut plus. On veut une justice interrégionale. »

Le porte-parole en matière de justice sociale, Gaétan Ouellet, rappelle de son côté que les communautés rurales se dévitalisent à vitesse grand V et qu’il y a une cassure importante entre les revenus des mieux nantis et des plus pauvres dans la région. 

Plusieurs citoyens ainsi que des intervenants des milieux communautaires et syndicaux ont pris la parole lors de la conférence de presse d’Équité Outaouais pour s’indigner des sommes accordées à la région. Des candidats aux élections étaient également présents, dont Robert Bussière de la CAQ, Marysa Nadeau et Yves Destroismaisons du PQ, ainsi que Benoit Renaud de Québec solidaire. 

Dans le lot, on comptait aussi l’homme d’affaires et président de Brigil, Gilles Desjardins, qui a indiqué que la population de l’Outaouais doit lever la main et réclamer sa part du gâteau.

« On doit arrêter de brailler à l’intérieur et on doit aller à Québec pour faire valoir notre région », s’est-il exclamé. 

Dans l’étude publiée mercredi par l’IRIS mais obtenue la veille par LeDroit, on apprend entre autres que l’Outaouais reçoit 1938 $ par habitant en matière de financement public de la santé, alors que la moyenne provinciale se chiffre à 2569 $. D’autres régions comparables comme le Bas-Saint-Laurent et la Mauricie/Centre-du-Québec bénéficient quant à elles de sommes respectives de 2992 $ et 2498 $. 

+

Santé

Aucun commentaire sur la rencontre entre les spécialistes et Gaudreault

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, ainsi que les représentants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) rencontraient les chirurgiens et anesthésistes de l’Hôpital de Hull mardi soir, au siège social du CISSSO.

Cette rencontre faisait suite à une lettre signée par les spécialistes et publiée dans nos pages vendredi dernier, dans laquelle ceux-ci dénonçaient le « manque chronique de temps opératoire » et d’accès aux tables d’opération dans la région de l’Outaouais.

« Le manque de salles d’opération se traduit par un nombre réduit de personnel (pas seulement l’été) qui doit se répartir les tâches de garde le soir, la nuit, les fins de semaine et les jours fériés, pouvait-on lire dans la lettre. Ça alourdit grandement la tâche de nos infirmières, préposés et inhalothérapeutes. » 

Les chirurgiens et anesthésistes déploraient aussi le fait que les gens de l’Outaouais soient traités en « citoyen de second ordre. » 

Vendredi dernier, Mme Gaudreault et le CISSSO ont refusé de commenter ladite lettre avant d’avoir rencontré les spécialistes. 

Mardi soir, à la suite de la rencontre, le résultat était le même. 

La députée Gaudreault n’a pas voulu s’adresser aux médias, tout comme le CISSSO et les spécialistes. 

Santé

Le « cauchemar » d'un couple de Lefaivre

Un couple de Lefaivre, dans l’Est ontarien, souhaite que justice soit faite pour leur fils qui a perdu la vie 44 jours après sa naissance, en août 2017. Un décès qui soulève plusieurs questions pour les parents endeuillés, qui envisagent de poursuivre la médecin qu’ils ont vue à deux reprises quelques jours avant de vivre « un cauchemar ».

Zoe Lepage a donné naissance au petit Dakiel le 12 juillet 2017. Elle et son conjoint, Daniel Corrigan, étaient loin de se douter du dénouement tragique qui les attendait.