Santé

Révolution dans le traitement des grands brûlés

Des greffons de peau «bilamellaires» (derme et épiderme) cultivées en laboratoire à partir des cellules du patient brûlé. C’est la technique prometteuse qu’a mise au point une équipe de chercheurs du CHU de Québec-Université Laval et dont peuvent bénéficier les grands brûlés de tout le Canada dans le cadre d’un essai clinique.

L’équipe de chercheurs du Laboratoire d’organogénèse expérimentale (LOEX), dirigée par les professeurs et chercheurs François A. Auger, Lucie Germain et Véronique Moulin, a présenté mercredi à la presse cette nouvelle technique, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique European Cells and Materials (eCM) Journal.

Santé

Les enfants canadiens présentent des lacunes en matière de littératie physique

Une étude portant sur plus de 10 000 enfants canadiens montre que seulement le tiers d’entre eux ont atteint un niveau acceptable de ce que l’on appelle la «littératie physique».

La littératie physique va au-delà de la forme physique. Elle inclut la motivation, la confiance en soi et les connaissances pour entreprendre des activités physiques susceptibles d’aider les enfants tout au long de leur vie.

Cela implique également des habiletés pour effectuer des mouvements de base tels que lancer, attraper, courir, donner des coups de pied et sauter.

Selon le scientifique principal à l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) d’Ottawa, Mark Tremblay, la recherche démontre que les enfants canadiens âgés de 8 à 12 ans n’atteignent pas les normes de la littératie physique.

Le docteur Tremblay souligne que les garçons et les filles à travers le Canada se classent au 30e percentile mondial en ce qui concerne la santé aérobique. Seulement 20 % des enfants canadiens respectent les recommandations en matière d’activité physique.

L’étude, menée de 2014 à 2017, portait sur des enfants de 11 villes canadiennes et était dirigée par le Groupe de recherche sur la vie active saine et l’obésité du CHEO. Les chercheurs n’ont pas eu accès aux élèves du Québec.

L’évaluation canadienne de la littératie physique a été publiée mardi sous forme de supplément dans la revue MC Public Health.

«Nous entendons parler de l’augmentation du taux d’obésité chez les enfants, de la baisse du taux d’activité physique et de l’augmentation du temps passé devant des écrans, souligne M. Tremblay. La littératie physique aborde différents aspects des enfants pour donner une meilleure vue d’ensemble de leur vie active et de leur santé future.»

«Les enfants ayant une bonne littératie physique sont des enfants plus actifs et en bonne santé, ce qui les prépare pour la vie.»

Plus de 100 chercheurs et cliniciens provenant de différents domaines d’étude ont participé à cette recherche.

Santé

AVC, démence ou Parkinson: 1 femme sur 2 et 1 homme sur 3 à risque

PARIS — Une femme sur deux et un homme sur trois risquent de développer une maladie neurologique telle qu’un AVC, une démence ou un Parkinson au cours de sa vie, estime une étude néerlandaise publiée mardi dans le Journal of Neurology Neurosurgery and Psychiatry.

L’étude se base sur l’observation de 12.102 personnes de plus de 45 ans, de 1996 jusqu’à leur mort ou jusqu’au 1er janvier 2016.

Sur les 5.291 décès intervenus au cours des 26 ans sous revue, 1.489 avaient une démence, pour la plupart Alzheimer (80%) 1.285 un accident vasculaire cérébral (AVC) et 263 une maladie de Parkinson.

Sans surprise, le risque s’accroît avec l’âge, mais il diffère aussi sensiblement selon le sexe: une femme sur deux (48%) de 45 ans risque sur la base de cette étude épidémiologique de développer une des trois maladies au cours de sa vie contre un homme sur trois seulement (36%).

Les femmes ont nettement plus de risque de développer une démence que les hommes, tandis que les hommes risquent l’AVC à un âge plus précoce que les femmes.

Une femme a deux fois plus de risque qu’un homme de développer à la fois une démence et un AVC.

L’étude a ses limites, notent les auteurs, notamment parce qu’elle porte sur une population européenne dont l’espérance de vie est élevée: 83,5 ans pour les femmes aux Pays-Bas et 81,7 ans pour les hommes aux Pays-Bas.

Les chercheurs soulignent que le risque de mourir d’une de ces maladies neurologiques reste mal apprécié, comparé au risque posé par le cancer du sein (une femme sur 8) ou une maladie cardiovasculaire (une personne sur 4), ce qui entrave les stratégies de prévention.

Pourtant, les trois maladies partagent les même facteurs de risque, et pèsent de plus en plus dans la dépense publique avec le vieillissement de la population, observent-ils.

Les personnes diagnostiquées avec l’une des trois maladies dans le cadre du suivi entre 1990 et 2016 présentaient davantage d’hypertension, de trouble du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire), de cholestérol et de diabète de type 2 (le plus courant), constate l’étude.

La prévention, qui permettrait de repousser de quelques années l’apparition des maladies neurologiques, pourrait réduire le risque de 20 à 50%, relèvent les chercheurs.

Ces résultats militent en faveur de mesures de prévention énergiques «pour réduire le fardeau que font peser les maladies neurologiques dans la population âgée», concluent les chercheurs.

Santé

VPH: la campagne de sensibilisation cible les hommes

À l’occasion de la deuxième semaine de prévention des VPH, les organisateurs cibleront particulièrement les hommes, qui ont été nombreux à se faire diagnostiquer un cancer lié à ces virus, mais ils incitent tout de même tous les jeunes à recevoir le vaccin, qui a fait ses preuves.

Les Virus du Papillome Humain (VPH), une infection transmissible sexuellement, affecteraient environ 80% des Canadiens au cours de leur vie, selon un médecin de l’Institut national de santé publique du Québec, Marc Steben.

Certains de ces virus causent des lésions corporelles traitables, mais d’autres peuvent aussi causer un cancer chez le patient. Les VPH pourraient être liés à onze sortes de cancers, selon le docteur Steben.

Pour la deuxième Semaine de prévention du VPH du Canada, qui commence lundi, les organisateurs ont choisi de s’adresser particulièrement aux hommes, car les cancers les plus fréquents chez eux sont ceux de la bouche et de la gorge, qui ne peuvent être dépistés à leur stade précoce.

Chez les femmes, le cancer le plus répandu est celui du col de l’utérus, qui peut être détecté tôt, avant qu’il ne s’aggrave.

La Société canadienne du cancer estimait qu’en 2016, près de 4400 Canadiens recevraient un diagnostic de cancer lié aux VPH. Le tiers de ces patients seraient des hommes.

Le docteur Steben rappelle qu’il est fortement conseillé pour les garçons et les filles de se faire vacciner le plus tôt possible et de faire le fameux test Pap chez le médecin pour les filles.

Au Québec, le vaccin est gratuit pour les filles de 9 à 17 ans, et pour les garçons de 4e année.

«Au Canada, on a maintenant plusieurs études qui viennent confirmer l’efficacité et la sécurité des vaccins contre le VPH, a souligné le docteur Steben, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Les vaccins ont diminué les infections, ont diminué les cancers, les précancers.».

Certains parents s’inquiétaient qu’en offrant le vaccin leurs enfants, cela les inciterait à avoir plus de relations sexuelles non protégées, ce qui ne s’est pas avéré, selon le docteur Steben.

«On a des données qui nous montrent que les jeunes qui ont été vaccinés ont moins d’infections transmises sexuellement qui ne sont pas reliées aux VPH et ont moins de grossesses. Donc, ce n’est pas vrai que les jeunes auront des comportements non sécuritaires lorsqu’ils ont été vaccinés contre les VPH», a-t-il soutenu.

Selon le ministère de la Santé du Québec, en 2016-2017, 73 % des filles de la quatrième année du primaire avaient reçu le vaccin contre les VPH, alors que cette proportion était de 69 % chez les garçons.

Mis à part les cancers du col de l’utérus, les VPH seraient liés à...

- 80 à 90 % des cancers de l’anus

- 40 % des cancers du vagin et de la vulve

- 40 à 50 % des cancers du pénis

- 25 à 35 % des cancers de la bouche et de la gorge

Source: Société canadienne du cancer