Élections 2018

Les médecins spécialistes présentent leur plan d’action

À l’aube de la campagne électorale, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) dévoile un plan d’action visant à rendre les soins plus accessibles aux patients, voulant aussi montrer ses réalisations, au moment où la CAQ ne cache pas son intention, si elle est élue, de rouvrir l’entente que les médecins ont négociée avec le gouvernement libéral.

Cette entente a été cible de critiques, notamment en raison des sommes d’argent consenties aux médecins en tant que rattrapage salarial. La Coalition avenir Québec (CAQ) juge qu’un milliard de dollars de trop leur a été versé. Mais l’entente ne vise pas que les salaires, elle couvre d’autres aspects allant des conditions de travail au déploiement des services de santé.

Selon la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, une fois que la question de l’accessibilité aux soins professionnels sera réglée, la rémunération des médecins ne sera plus un cheval de bataille.

L’entente entre Québec et la FMSQ a été signée en février dernier et cette dernière a tenu un point de presse jeudi à Montréal pour montrer aux Québécois qu’elle n’a pas été oisive depuis.

Entre autres actions déployées, elle a fait valoir le jumelage entre des centres de soins manquant d’anesthésistes et d’équipes se trouvant dans de plus grands centres pour offrir un meilleur accès aux patients en région.

Elle a de plus présenté un plan pour montrer que les médecins spécialistes ont aussi planifié le futur. Dans celui-ci figurent 14 mesures comme étendre les heures d’ouverture des services d’imagerie (CT-scan et IRM) dans les centres hospitaliers, multiplier les équipes interdisciplinaires pour les patients souffrant de maladies chroniques et le lancement d’un plan de jumelage similaire à celui mis en place pour les anesthésistes en région, mais cette fois-ci pour la chirurgie générale.

Il est aussi prévu de faciliter la téléconsultation et la eConsultation, de s’assurer d’un nombre suffisant de postes en résidence pour répondre au vieillissement à venir de la population et de s’opposer à l’ouverture de cliniques privées en chirurgie.

L’entente «nous a donné des ailes», a soutenu jeudi en conférence de presse la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur.

Selon elle, la collaboration finalement établie avec le ministère de la Santé a permis la création de ces nouvelles mesures d’accès aux soins.

Mais le ministre de la Santé, lui, a été écorché pour la signature de cette entente avec les médecins spécialistes.

La veille, lors d’un débat entre les représentants des quatre plus importants partis politiques québécois, Gaétan Barrette a déclaré que la question à se poser est de savoir si les Québécois «en ont pour leur argent».

Le Parti québécois, lui, propose d’imposer un gel de la rémunération des médecins, et, avec un mandat fort de l’électorat, de rouvrir l’entente avec les médecins spécialistes.

Mme Francoeur a indiqué que les médecins seront bien à mieux de livrer des soins accessibles lors des quatre prochaines années - la durée du mandat électoral - si elle peut mettre en place son plan de façon paisible, plutôt que de gaspiller ces années dans la bisbille.

«Une seule question se pose : voulons-nous quatre ans de confrontation à nouveau ou quatre années de collaboration avec des résultats tels que nous les avons présentés ce matin? « Poser la question, c’est y répondre, dit-elle.

Elle a d’ailleurs renvoyé la balle aux élus. Les Québécois sont très satisfaits des soins prodigués par les médecins spécialistes, soutient-elle. Mais encore faut-il qu’ils réussissent à entrer dans le système et puissent consulter ces médecins.

«Le problème, c’est l’accessibilité. Lorsqu’on l’aura réglée, on arrêtera de faire tout un plat avec la rémunération des médecins», a-t-elle soutenu.

Sur la promesse de la CAQ, elle oppose ceci: «Si M. Legault (le chef de la CAQ), s’il est élu, décide comme premier ministre, comme premier acte, de démontrer aux Québécois que la signature de l’État ne vaut rien et qu’ils veulent rouvrir notre entente, ça lui appartient.»

Des engagements ont été pris par la FMSQ dans cet accord, poursuit-elle.

«Je suis convaincue que les patients du Québec seront très heureux d’avoir une meilleure accessibilité à la médecine spécialisée et qu’ils seront mieux éclairés pour faire leur choix le 1er octobre», avance Mme Francoeur.

La FMSQ regroupe 10 000 médecins spécialistes.

Politique

Financement en santé : il ne faut pas sauter aux conclusions, prévient Vallée

«Il y a toujours matière a améliorer l’offre de service aux citoyens, mais de hurler et de prétendre que nous ne sommes pas considérés, je ne trouve pas ça honnête intellectuellement. On ferme sciemment les yeux sur les dernières années lors desquelles il y a eu de gros efforts de faits», lance la ministre responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, à la suite de la publication de l’étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) à l’effet que la région de l’Outaouais est sous-financée en matière de santé et d’éducation postsecondaire.

Comme ses collègues Maryse Gaudreault et Gaétan Barrette, elle est d’avis que beaucoup de projets bénéfiques pour la région se sont concrétisés et que la réalité des services de santé consommés en Ontario est là pour rester. 

«Maintenant, est-ce qu’on doit rapatrier ce qu’on peut rapatrier? La réponse est oui. C’est pour ça qu’on a investi, par exemple, avec l’unité de naissances de l’Hôpital de Gatineau, la Maison de naissance, l’urgence pédiatrique, etc. Ça a permis de rapatrier une certaine partie de la clientèle, mais on en aura toujours qui a besoin de services ultra-spécialisés, et ces services-là, à défaut de pouvoir les développer ici parce qu’on n’a pas la masse critique, permettons à notre population d’y avoir accès a proximité, J’espère que jamais une formation politique va dire non, non, vous allez aller à Montréal. Ce serait complètement déraisonnable et inacceptable pour notre population», lance Mme Vallée.

Santé

Campagne de sociofinancement pour les parents du petit Dakiel

Les parents du petit Dakiel Corrigan, qui a perdu la vie à peine un mois et demi après sa naissance, ont démarré une campagne de sociofinancement sur la plateforme gofundme.

Après avoir lancé un cri du cœur sur les réseaux sociaux et raconté leur histoire au Droit, le couple de Lefaivre dans l’Est ontarien a reçu un avis juridique. 

« L’avocat nous a fait savoir qu’on va devoir se payer un expert en médecine pour étudier le dossier d’hôpital », raconte Daniel Corrigan, le père de famille. L’objectif est d’amasser 20000 $. 

Le bambin a perdu la vie le 25 août 2017, après avoir reçu un diagnostic de coqueluche au terme d’une troisième visite au CHEO. Son état avait commencé à se détériorer le 13 août.

La famille estime ne pas avoir été prise au sérieux lors des deux premières visites effectuées à l’hôpital du chemin Smyth à Ottawa. Lors de ces deux visites, l’enfant a été vu par la même docteure qui affirmait que le bambin avait une intolérance  au lait et que sa toux était due à la grippe. 

Un an après avoir vécu un « cauchemar », les parents endeuillés s’expliquent mal pourquoi la docteure n’a pas vérifié si leur fils avait la coqueluche.

Ils souhaitent rendre justice à Dakiel et intenter une poursuite contre la docteure.

Pour se faire ils ont besoin de ressources financières et demandent l’aide du public.

Santé

Barrette émet de grandes réserves

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette n’a pas tardé à réagir à l’étude de l’IRIS sur le sous-financement de l’Outaouais, disant l’accueillir avec « une grande réserve » et spécifiant qu’elle tire des conclusions avec lesquelles il n’est pas d’accord.

« Je l’ai lue et la méthodologie n’est pas nécessairement claire. En plus, on parle de chiffres de 2016-2017, ça ne tient pas compte des corrections très importantes qu’on a apportées en termes d’équité interrégionale. Le déséquilibre, on vient de le corriger. [...] Quant aux 100 millions $ dépensés en Ontario, c’est le choix des gens d’y aller, ils ont le droit, c’est la loi », lance-t-il.