Santé

Des installations à la fine pointe de la technologie au CHEO

La clinique d’ophtalmologie du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) a subi une véritable cure de rajeunissement. Les installations — désuètes selon le personnel — n’avaient pas été réaménagées ni bonifiées depuis la construction en 1974.

« Si c’était désuet ? Absolument ! C’était la même clinique depuis l’ouverture. On a maintenant deux salles d’examens complètes de plus qui ont chacune des équipements à la fine pointe. On a aussi des instruments qui permettent aux enfants de passer leurs tests ici sans avoir à aller dans un autre endroit. C’est une grande étape parce qu’on devait souvent les envoyer à l’hôpital des adultes. Maintenant on peut rapatrier beaucoup plus de soins ici », explique Dre Annick Fournier, ophtalmologiste pédiatrique.

actualité

Au volant pour se rendre au bloc opératoire

Subir une chirurgie représente un moment stressant pour un enfant. Une nouvelle initiative vient de voir le jour à l’unité de pédiatrie de l’Hôpital Fleurimont afin de détendre les enfants : les jeunes usagers de quatre à neuf ans se rendront au bloc opératoire au volant d’une mini-voiture électrique plutôt que sur une civière.

« Le fait de conduire la mini-voiture diminue l’angoisse des enfants liée à leur expérience à l’hôpital, ce qui la rend plus positive », souligne Hélène Rodrigue, chef de l’unité de pédiatrie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Un peu plus de 1800 enfants ont subi une chirurgie à l’Hôpital Fleurimont et à l’Hôtel-Dieu en 2017-2018.

Les impacts sont concrets, comme l’ont prouvé des études en Europe et ailleurs en Amérique du Nord. « Les enfants arrivent plus calmes en chirurgie et il a été prouvé que leur calme permet de réduire les doses de médicaments administrés en anesthésie. Ils sont également plus calmes au réveil », ajoute Mme Rodrigue.

« C’est extraordinaire pour les enfants pour les calmer, pour les distraire. C’est facilitant pour eux mais aussi pour leurs parents et pour le personnel qui va prendre soin des enfants. Ça désensibilise le fait de se promener dans un hôpital, qui peut paraître froid et inhospitalier pour les enfants », corrobore la pédiatre Thérèse Côté-Boileau, chef et directrice du département de pédiatrie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Elle précise toutefois que les petites voitures n’effacent en rien la nécessité de la présence parentale qui est nécessaire aux enfants pour vivre un tel moment.

Santé

Programme pour patients ayant des problèmes respiratoires: succès pour le RLISS de Champlain

Les patients aux prises avec des problèmes respiratoires complexes peuvent désormais réintégrer la communauté, une fois leur congé de l’hôpital obtenu, grâce à un nouveau programme du Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain.

Dans ce nouveau programme, une thérapeute respiratoire autorisée effectue des évaluations et des changements de tube de trachéotomie à la maison et offre une formation et des renseignements aux patients.

La chef de la direction du RLISS de Champlain, Chantale LeClerc, est convaincue que cette mise en action ne comporte que des avantages. « C’est vraiment un exemple d’une innovation assez simple, mais qui a des avantages à plusieurs niveaux », félicite-t-elle. 

Tout le monde y gagne

Pour le patient qui est atteint de problèmes respiratoires complexes, ce programme lui permet de vivre dans le confort de son foyer. 

Mme LeClerc explique qu’il peut être parfois compliqué d’avoir un membre de sa famille qui demeure dans un hôpital loin de chez soi, surtout dans une vaste région rurale comme celle de Champlain. « Comme ça, ils peuvent retourner dans la communauté avec leurs proches, là où ils veulent vraiment être », affirme-t-elle. 

Pour l’hôpital, le programme du RLISS sert aussi à libérer les lits, et, par le fait même, à réduire les coûts engendrés par la présence d’un patient dans l’établissement. 

Selon Mme LeClerc, hormis le financement de base nécessaire de 267 000 $ par année, le coût par personne demeure tout de même moins élevé quand il reçoit ses soins à domicile plutôt qu’à l’hôpital. 

Jusqu’à présent, 34 personnes ont profité de ce nouveau projet. 

« On pense déjà que c’est un succès. On a déjà de nombreux exemples de personnes qui ont été capables d’obtenir leur congé de l’hôpital et de faire une transition dans la communauté. On entend les familles et les patients affirmer que leur qualité de vie s’est déjà améliorée », conclut Mme LeClerc. 

Santé

Des patients ayant refusé l’attribution d’un médecin doivent patienter longtemps au GAMF

Les patients en attente depuis plusieurs années au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) sont souvent ceux qui ont refusé l’attribution d’un médecin, notamment pour des raisons discriminatoires, apprend-on dans une circulaire que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) vient d’envoyer aux établissements.

«Certains GACO [guichets d’accès pour la clientèle orpheline, maintenant réunis au sein du GAMF] qui demeurent en attente depuis plusieurs années sont souvent ceux qui ont refusé l’attribution de médecin. Il est souligné que les GACO n’ont pas les outils nécessaires afin de retirer ou de suspendre les enregistrements de patients au GAMF lorsque ces derniers refusent l’attribution à un médecin de famille», écrit le sous-ministre Michel Fontaine dans cette circulaire datée du 1er novembre, avant de préciser les modalités que les établissements doivent appliquer dans de tels cas.

Une porte-parole du ministère de la Santé, Noémie Vanheuverzwijn, a confirmé au Soleil que les établissements avaient signifié au MSSS «vivre des difficultés dans la gestion des enregistrements de patients au GAMF». 

«Ces difficultés concernent notamment les patients qui refusent l’attribution de médecin de famille pour des raisons discriminatoires, c’est-à-dire sur la base des caractéristiques personnelles suggérées par la Commission des droits de la personne», comme l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, la religion, l’origine ethnique, la condition sociale, une grossesse, les convictions politiques ou un handicap, précise Mme Vanheuverzwijn. 

Pas de statistiques

Il n’a pas été possible de savoir auprès du ministère combien de patients sont en attente au GAMF après avoir refusé l’attribution d’un médecin et quelles sont les raisons du refus les plus souvent évoquées. Impossible, donc, de vérifier si la discrimination est courante ou anecdotique. «Le MSSS ne dispose pas de statistiques, ces cas nous ayant été signalés par les établissements», a indiqué la porte-parole, sans préciser de quels établissements il s’agit. Au 1er juillet dernier, un peu plus de 450 000 patients étaient en attente d’un médecin de famille, selon les plus récentes données de la Régie de l’assurance maladie du Québec.

Le ministère de la Santé juge nécessaire que soient menées des opérations d’épuration des listes d’attente des établissements «afin de prioriser les clientèles qui ont réellement besoin d’un médecin de famille et d’identifier les types de demandes qui peuvent contaminer les données recueillies : doublons, patients non rejoignables, refus, no show, etc.» explique Noémie Vanheuverzwijn.

Informer les patients

Lorsque le patient refuse l’attribution d’un médecin pour une raison discriminatoire, le MSSS demande aux établissements d’aviser ce patient par écrit que «le GAMF ne peut pas prendre en considération ce type de demande lors de l’attribution à un médecin de famille», et que sa demande sera retirée du guichet s’il maintient son refus. Le patient doit également être informé qu’il peut rechercher lui-même un médecin de famille et qu’il lui est possible de se réinscrire au guichet, mais que son délai d’attente sera remis à zéro.

Lorsque toute autre autre raison est évoquée (le patient veut être suivi dans une clinique en particulier, par exemple), le patient doit être là aussi avisé qu’il est possible, s’il le désire, de rechercher lui-même un médecin de famille et que le GAMF tentera de lui trouver un autre médecin de famille, mais qu’au prochain refus d’attribution, l’enregistrement du patient sera retiré, précise le ministère dans sa circulaire. 

«Dans tous les cas, le GACO a la responsabilité de déployer tous les moyens nécessaires afin de trouver un médecin de famille pour les patients qui vivent des situations de vulnérabilité particulières», souligne le MSSS.