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Environ le quart de la population canadienne n'aurait pas accès à des soins dentaires.
Environ le quart de la population canadienne n'aurait pas accès à des soins dentaires.

Vaste enquête sur la santé buccodentaire des Canadiens

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne
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Une nouvelle enquête d'une durée de trois ans brossera le premier portrait de la santé buccodentaire des Canadiens en près de 15 ans.

Dix facultés de médecine dentaire du pays — dont celles de l'Université Laval, de l'Université de Montréal et de l'Université McGill — y contribueront.

«C'est une enquête majeure pour décrire la santé buccodentaire de la population canadienne, a résumé la professeure Aimée Dawson, de l'Université Laval. On veut avoir des données sur l'état de santé dentaire des individus […] pour bien comprendre ce qui se passe côté dentaire.»

La dernière enquête du genre date de 2007. Menée dans le cadre de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé élargie, elle avait permis de recueillir les réponses de 6000 participants canadiens âgés de 6 à 79 ans sur diverses questions concernant la santé buccodentaire.

La nouvelle enquête ciblera des Canadiens âgés de 1 à 79 ans. Elle englobera plusieurs mesures de la santé dentaire, comme la carie dentaire et la santé parodontale (la santé des gencives), mais aussi la douleur dentaire.

Les participants seront choisis, avec la participation de Statistique Canada, de manière à constituer un échantillon représentatif de la population du pays.

«Il y a plusieurs volets, a dit la docteure Dawson. On parle d'une gamme de critères dans cette enquête-là pour l'ensemble de la population.»

«C'est long et c'est lourd et c'est compliqué de faire une enquête sur la santé dentaire parce qu'on parle de milliers d'examens dentaires. Ça prend du temps et ça prend de l'argent.»

Environ le quart de la population canadienne n'aurait pas accès à des soins dentaires, a-t-elle ajouté, et le tiers devrait se débrouiller sans assurances privées ou publiques.

D'ailleurs, dans la littérature scientifique, le coût serait l'obstacle à l'accès aux soins le plus fréquemment cité.

«Mais il y a assurément des barrières autres que ça, a souligné la docteure Dawson. En région, il y a possiblement un manque de dentistes. Il y a de multiples barrières à l'accès, donc de comprendre ce qui se passe [est important]. Est-ce qu'on voit qu'il y a une augmentation? Est-ce qu'on voit qu'il y a des iniquités ou des inégalités ? Est-ce qu'on voit que la situation s'améliore ou qu'elle se dégrade ?»

Le premier ministre Justin Trudeau a récemment demandé à la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, d'examiner la création possible d'un système national de soins dentaires.

Les données colligées dans le cadre de cette enquête permettront éventuellement d'étudier l'accès aux soins dentaires de populations comme les gens âgés ou les résidants des régions éloignées.

La science est également en pleine évolution. On réalise ainsi depuis cinq ou dix ans qu'il existe «une relation entre la santé buccodentaire et des maladies telles que le diabète, l'arthrite, le cancer ainsi que les maladies respiratoires, cardiovasculaires et mentales», peut-on par exemple lire dans un document obtenu des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), qui financeront le projet à hauteur de 3,3 millions $.

L'état de santé buccodentaire est également lié à des facteurs de risque comme la nutrition, l'environnement et les déterminants sociaux, ajoute le document.

«Il y a aussi des facteurs de risque en commun, a rappelé la docteure Dawson. Chez des gens qui ont certaines maladies chroniques, on voit souvent qu'ils peuvent avoir des maladies buccodentaires.»

Il est donc intéressant, poursuit-elle, que la nouvelle enquête s'inscrive dans le cadre beaucoup plus large d'une enquête sur la santé des Canadiens, ce qui mènera possiblement à l'émergence de certains recoupements ou de certaines associations.

Le document des IRSC ajoute que le financement proposé «vise à soutenir l'élaboration d'un sondage exhaustif sur la santé buccodentaire des Canadiens, qui permettra à l'ensemble des chercheurs, des cliniciens et des responsables des politiques d'analyser des données représentatives à l'échelle nationale. Les données obtenues serviraient ainsi à évaluer l'état actuel de la santé et soins buccodentaires au Canada.»