C'est en Outaouais où les délais de prise en charge par un médecin à l'urgence sont les plus longs.

Urgences: prise en charge moins rapide que la moyenne

Les patients de l'Outaouais doivent attendre en moyenne une demi-heure de plus que dans l'ensemble du Québec pour être pris en charge par un médecin dans une salle d'urgence.
Des données du ministère de la Santé consultées par Le Droit montrent que pour l'année 2016-2017, le délai moyen avant qu'un patient se présentant aux urgences soit vu par un médecin était de deux heures et 47 minutes, toutes priorités confondues. À l'échelle provinciale, cette attente moyenne se situait à deux heures et 16 minutes.
La majorité des régions présentent donc de meilleures statistiques que l'Outaouais à cet égard. Seules l'Estrie (2 h 49), la Montérégie (3 h 3), les Laurentides (3 h 8) et Laval (3 h 9) présentaient une attente moyenne plus longue en 2016-2017.
La situation diffère cependant grandement d'une urgence à l'autre en Outaouais. La palme de délai de prise en charge le plus rapide revient à l'urgence du CLSC de Fort-Coulonge (1 h 11). La seule autre urgence en CLSC de la région, dans la Petite-Nation, suit avec 1 h 35 d'attente moyenne pour consulter un médecin.
À l'opposé, l'urgence de l'Hôpital de Gatineau présente l'attente la plus longue (3 h 48). L'Hôpital de Papineau suit de près avec un délai moyen avant prise en charge de 3 h 36. 
Viennent ensuite l'Hôpital de Hull (3 h 8), l'Hôpital de Maniwaki (2 h 29), l'Hôpital de Wakefield (2 h 11) et l'Hôpital du Pontiac (1 h 53).
Le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), le Dr Guy Morissette, note que plusieurs facteurs peuvent expliquer ces statistiques moins reluisantes pour l'Outaouais. Le grand nombre de patients orphelins et le manque de lits disponibles sur les unités de soins en font partie.
L'urgence étant « le reflet de ce qui se passe dans l'hôpital et dans la communauté », le Dr Morissette indique qu'il n'y a donc pas « une seule mesure qui va tout changer ». Le CISSSO continue ainsi de travailler pour libérer de lits aux étages, principalement ceux qui sont occupés par des patients dont l'état de santé leur permet d'être dans un autre type de ressource.
« Si on n'a pas d'accès aux lits ou si l'accès est plus lent, les médecins à l'urgence doivent continuer à s'occuper des patients, et ces patients de l'urgence qui ont besoin d'une hospitalisation, c'est dans les premières 24 à 72 heures que l'intensité des traitements est plus grande, donc ils ont besoin d'être revus plus souvent. »
Au fur et à mesure que de nouveaux cas se présentent, ces patients coincés à l'urgence en attente d'un lit se trouvent donc à faire gonfler le taux d'occupation sur les civières, ce qui alourdit la tâche des médecins. Les patients ambulatoires dont le cas n'est pas jugé prioritaire risquent ainsi d'attendre plus longtemps avant leur consultation. Il n'y a toutefois aucune inquiétude à avoir pour les patients dont l'état nécessite une prise en charge immédiate, assure le Dr Morissette.
Petite amélioration
Même si l'Outaouais ne figure pas parmi les régions où le délai de prise en charge aux urgences est le plus court, on dénote tout de même dans les plus récentes statistiques une petite amélioration de cinq minutes par rapport à 2015-2016, et de dix minutes par rapport à 2014-2015.
Il est par ailleurs trop tôt pour savoir si l'ouverture de la superclinique du secteur Hull, le 4 juillet, influera de manière bénéfique sur le délai d'attente pour voir un médecin aux urgences. 
« La superclinique a déjà permis de voir des centaines de patients qui autrement seraient peut-être allés à l'urgence ou à Ottawa, mais l'ouverture est trop récente et il y a trop de variables à considérer pour qu'on puisse voir une tendance à ce stade-ci », a mentionné le Dr Morissette.