L’ajout de deux médecins pour permettre la bonification des heures d’ouverture de l’urgence du CLSC Petite-Nation, à Saint-André-Avellin, ne représente peut-être pas la « solution miracle » afin d’améliorer l’offre de services en santé dans ce secteur de l’Outaouais, selon Mathieu Lacombe.

Urgence de Saint-André-Avellin : Lacombe envisage d’autres avenues

L’ajout de deux médecins pour permettre la bonification des heures d’ouverture de l’urgence du CLSC Petite-Nation, à Saint-André-Avellin, ne représente peut-être pas la « solution miracle » afin d’améliorer l’offre de services en santé dans ce secteur de l’Outaouais.

C’est ce qu’a laissé entendre le député de Papineau, ministre de la Famille et ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, en entrevue éditoriale avec Le Droit.

Tout en réitérant l’engagement qu’il a fait en campagne électorale d’attirer « le plus rapidement possible » les deux médecins manquants dans le but de faire passer le nombre d’heures d’ouverture de l’établissement de 52 à 84 par semaine, M. Lacombe soutient que d’autres scénarios pourraient faire l’objet d’une analyse dans le but de garantir un « modèle » optimal de soins de santé dans la Petite-Nation. 

« L’important, dans ce dossier-là, c’est de faire preuve de pragmatisme. [...] Je vous avoue très candidement qu’après avoir fait cette promesse, sur le terrain, notamment en allant parler directement avec les gens et les médecins présents à l’urgence, je me suis rendu compte que ce n’était peut-être pas la solution miracle. Il y a d’autres propositions qui m’ont été faites, que je trouve intéressantes et valables et qui méritent d’être étudiées », confie M. Lacombe, sans vouloir préciser, pour l’heure, la nature exacte des propositions en question.

Est-ce que l’ajout d’une infirmière praticienne spécialisée sur les lieux figure parmi les options sur la table ? Mathieu Lacombe n’a pas voulu se prononcer sur la question, mais il ne ferme la porte à aucune avenue.

« Ce qui est important, c’est d’offrir un service. [...] Il ne faut pas écarter aucun scénario », dit-il.

Pas question pour le député de donner d’échéancier sur l’ajout de la septième journée à la salle d’urgence du CLSC de Saint-André-Avellin. En ce moment, les patients peuvent s’y présenter du lundi au vendredi, de 8 h à 16 h, et le samedi, de 9 h à 16 h. « Si on peut le faire [en 2019], j’aimerais que ce soit fait, mais dans un dossier comme celui-là, je ne peux pas donner de date d’échéance. [...] L’idée n’est pas juste de faire un X à côté de la promesse électorale et de dire que c’est fait. [...] Je veux m’assurer que nous ayons la meilleure solution possible. Si c’est d’aller chercher deux médecins, je me suis engagé à aller faire le pied de grue moi même s’il faut pour les convaincre de venir s’installer dans la région », assure-t-il. 

Attirer la main-d’œuvre médicale en milieu rural demeure cependant difficile, reconnaît M. Lacombe. « Parce que c’est un défi. Souvent, les gens qui viennent s’installer à Saint-André-Avellin, en région, ce ne sont pas les mêmes médecins. Les médecins de la ville sont habitués d’avoir un rythme de vie beaucoup plus exigeant. Quand ils vont s’installer en région, souvent ils font ce choix-là pour avoir un rythme de travail un peu plus lent. À Saint-André-Avellin, c’est comme si on avait besoin du même service qu’en ville. Le défi est là », affirme le député de Papineau.

Rappelons que l’ancien ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette, avait annoncé en septembre 2017 l’octroi d’une enveloppe annuelle récurrente de 940 000 $ destinée au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). Cet argent devait permettre l’ouverture de l’urgence du CLSC de la Petite-Nation à raison de 7 jours par semaine, 12 heures par jour, à condition que le personnel supplémentaire pour offrir les services médicaux soit embauché. Le sujet ne date pas d’hier. L’ancien député libéral de Papineau, Alexandre Iracà, avait d’ailleurs promis en avril 2014 que la plage horaire de l’endroit serait doublée avant la fin de son mandat de quatre ans.

Avec Justine Mercier, Le Droit