La pétition lancée par Chantal Bessette pour revoir les critères de fin de vie concernant l’aide médicale à mourir a été signée par près de 10 000 personnes.

Une pétition pour revoir les critères de fin de vie franchit une nouvelle étape

La croisade entreprise par Chantal Bessette, cette femme dont le père s’est enlevé la vie faute d’avoir pu obtenir l’aide médicale à mourir, a franchi une nouvelle étape. Sa pétition a été déposée à l’Assemblée nationale et une consultation pourrait être menée par le gouvernement.

«Ça donne des résultats», se réjouit Mme Bessette. Près de 10 000 personnes ont signé la pétition lancée par la dame qui veut inciter le gouvernement du Québec à revoir les critères d’admissibilité pour obtenir l’aide médicale à mourir.

Rappelons que son père, atteint de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une forme de dystrophie musculaire, s’est suicidé il y a un an. Âgé de 70 ans, il avait franchi toutes les étapes du processus pour obtenir l’aide médicale à mourir. Une demande qui lui a finalement été refusée.

«Mon père ne voulait plus continuer. Ses souffrances étaient trop grandes. Il n’avait plus de qualité de vie», avait raconté Mme Bessette lors d’une entrevue avec La Voix de l’Est en mai dernier.

Le problème, avait-elle expliqué, ce sont les critères de fin de vie. «Il faut que le médecin puisse poser un diagnostic qu’il y aura une mort qui arrivera à cause de cette condition-là dans les 12 prochains mois. À part les gens en phase terminale de cancer, ce n’est bon pour à peu près personne», avait-elle dénoncé.

Sa pétition a été déposée à l’Assemblée nationale en septembre. Elle a appris que le gouvernement avait l’intention de mener une consultation qui pourrait potentiellement mener à l’élargissement des critères de fin de vie.

Des discussions seront également entamées avec le gouvernement fédéral pour harmoniser les exigences au provincial et au fédéral, explique Mme Bessette.

«Je suis très contente parce que, enfin, quelqu’un nous écoute. On semble avoir trouvé une écoute. C’est apaisant. On a atteint la cible, estime-t-elle. Tant que tu ne vis pas une situation comme ça, tu ne te rends pas compte qu’il y a des lacunes.»

Ses démarches ont également permis de lancer, à tous les niveaux, des discussions sur l’aide médicale à mourir.

«Depuis qu’on a commencé à en parler, on dirait que ça a délié des langues, que les gens dénoncent plus. Je pense que ça s’en va dans le bon sens, juge Mme Bessette. Le fait d’avoir parlé de la pétition, ça a suscité des discussions, des réflexions. Même si on n’a pas un membre de notre famille qui en a besoin, on a réfléchi à ce qu’on souhaite.»