La Fédération des employés du préhospitalier du Québec sera de passage en Outaouais au début septembre.

Une offre finale qui irrite le syndicat

Alors que la grève des paramédics dont ceux de l’Outaouais perdure depuis trois ans et demi, Le Droit a appris qu’une offre finale a été déposée par la partie patronale, mais que le syndicat recommande aux membres de la rejeter.

L’employeur propose une convention collective identique à celle signée la semaine dernière entre la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ) ainsi que les entreprises Dessercom et Ambulances Côte-de-Beaupré. Cependant, plutôt que d’offrir un contrat de travail d’une durée de sept ans comme ce fut le cas dans cette récente entente, il propose un contrat de travail d’une durée de cinq ans assorti d'une lettre d’entente pour deux années additionnelles.

Or, c’est là où le bât blesse, estime le syndicat auquel est entre autres affiliée la Fraternité des paramédics de l’Outaouais, qui compte 235 membres.

« Je peux vous le confirmer officiellement, on recommande que cette offre ne soit pas acceptée. On ne veut pas de lettre d’entente, car on a un avis juridique là-dessus. Avec une telle lettre, ça ne nous permettrait pas d’aller en arbitrage. On veut que ce soit conventionné, on veut une paix industrielle jusqu’en 2022. [...Il est plus que temps que ça se règle, on veut faire avancer le domaine plutôt qu’être toujours en négociation. Ça n’a aucun sens », affirme le vice-président de la FPHQ, Michel Fradette.

Le syndicat se dit incapable d’expliquer pourquoi la partie patronale préfère opter pour cette formule plutôt qu’une convention collective de sept ans, indiquant ne pas comprendre le « principe ».

La FPHQ effectuera dans les semaines à venir une tournée provinciale pour soumettre la proposition de l’employeur à ses membres. En Outaouais, la rencontre est à l’agenda au début septembre. « On va leur spécifier que nous ne sommes pas chauds à l’idée, que ce n’est pas notre recommandation primaire. Mais s’ils acceptent, on va les écouter », note M. Fradette.

De son côté, l’employeur soutient que ce serait « particulier » si les syndiqués disent non à son offre. Il affirme aussi qu’un contrat de travail échelonné sur sept ans est risqué pour les différentes entreprises et coopératives. « À l’exception de la FPHQ, les autres contrats de travail dans l’ensemble de la province se termineront en 2020. Notre objectif, c’est que tout le monde arrive à échéance en même temps. On veut éviter l’effet accordéon. Si on négocie en 2020 avec la CSN et qu’ils obtiennent des gains, deux ans plus tard la FPHQ va vouloir avoir comme base de départ ce qui a été négocié avec la CSN, et non pas la dernière convention collective. Ensuite, ce sera l’inverse. On croit que ça nous mettrait à risque », de dire le directeur général de la Fédération des coopératives des paramédics du Québec (FCPQ) et porte-parole de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais, Paul Lévesque.