L'infirmière-ressource en don d'organes et de tissus en Outaouais, Nicole Therriault.

Une infirmière de l'Outaouais honorée pour 15 ans consacrés au don d'organes

Johanne Le Blanc et Pierre Lainesse se souviennent encore du soutien que leur a apporté «l’ange de bienveillance» Nicole Therriault lorsque leur fils s’est éteint, en 2012. Cet ange, infirmière-ressource en don d’organes et de tissus en Outaouais depuis 2003, vient d’être honorée par Transplant Québec pour son dévouement à la cause.

L’émotion a envahi Mme Therriault, vendredi, alors que plusieurs collègues et gestionnaires ont louangé le travail qu’elle effectue depuis 15 ans auprès des familles endeuillées lorsque leur proche est identifié comme un donneur potentiel, un travail qui lui vaut le titre de lauréate du Grand Prix 2018 de Transplant Québec.

Les parents d’Alexandre Le Blanc-Lainesse tenaient aussi à y être. «En juillet 2012, mon conjoint et avons reçu l’appel que tous les parents appréhendent, a raconté Johanne Le Blanc. Nous devions nous rendre aux soins intensifs de l’Hôpital de Hull. Mais en passant par les portes de l’unité, un ange prénommé Nicole nous attendait. Un ange de bienveillance, dotée d’une âme hors du commun. Un ange de compassion – pas dans le sens de la pitié, mais bel et bien d’altruisme et de générosité. Un ange protecteur.»

Ce jour de juillet 2012, Alexandre, 23 ans, marchait sur le trottoir du boulevard Alexandre-Taché lorsqu’il a été happé par un conducteur victime d’un malaise. «Un accident bête et banal», mais aussi «une tragédie sans nom», a laissé tomber Mme Le Blanc, en soulignant que le soutien de Nicole Therriault a permis aux proches du disparu «de ne pas s’effondrer en mille miettes et de trouver une lueur d’humanité».

Alexandre avait déjà signé sa carte de don d’organes. Ses parents le savaient. Nicole Therriault n’a pas eu à les convaincre, mais son soutien a quand même fait toute la différence, affirment sans hésiter les parents du jeune homme, dont les organes ont pu sauver la vie de six personnes.

Quand Mme Therriault a pris le poste d’infirmière-ressource en dons d’organes et de tissus en 2003, «tout était à bâtir», a souligné le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, Jean Hébert.

La région a trouvé en elle «une infirmière visionnaire» dans ce domaine, a mentionné M. Hébert. En 2003, à peine un ou deux donneurs québécois venaient de l’Outaouais. L’an passé, 41 «donneurs potentiels» ont été identifiés, et dix sont devenus des «donneurs effectifs». Certains prélèvements peuvent maintenant être faits dans la région, ce qui était impossible il y a 15 ans.

La principale intéressée se dit fière de voir que l’Outaouais «se démarque», au Québec, en matière de don d’organes. Son travail n’est pas facile, mais il en vaut grandement la peine, affirme Mme Therriault.

Les familles endeuillées vivent toutes une tragédie qui leur est propre, mais lorsqu’elles quittent «plus sereines» qu’à leur arrivée, Nicole Therriault se dit «mission accomplie».