Une infirmière auxiliaire qui effectuait des prélèvements sanguins au privé est radiée pour avoir utilisé les services de laboratoire du CISSSO.

Une infirmière auxiliaire radiée quatre mois

Une infirmière auxiliaire qui effectuait des prélèvements sanguins au privé est radiée quatre mois pour avoir utilisé, sans les payer, les services de laboratoire du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

Dans une décision rendue à la fin juin, le conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) a déclaré Josée Champagne coupable de deux infractions à son code de déontologie.

Mme Champagne était une employée du CISSSO depuis 2002. La plainte déposée par le syndic de l’OIIAQ soutenait qu’entre avril 2016 et janvier 2017, elle a réalisé et facturé des prélèvements sanguins « à des fins personnelles et lucratives » et qu’elle les a fait analyser par le CISSSO sans avoir de contrat avec l’organisation. Durant cette période, elle était en congé d’invalidité en raison d’une blessure, avant d’être suspendue par le CISSSO pour avoir effectué du « gardiennage » dans une résidence privée pour aînées pendant son arrêt de travail.

Après son retour au travail au CISSSO, à l’hiver 2017, Josée Champagne a continué d’effectuer des prélèvements et de les envoyer au laboratoire du CISSSO. Une collègue l’avait pourtant informée, à la fin 2016, qu’elle devait détenir une entente avec le laboratoire du CISSSO. « Aucune démarche » n’a toutefois été entamée pour qu’une telle entente soit conclue.

Selon ce qui est relaté dans la décision, elle effectuait les prélèvements dans une résidence pour personnes âgées non desservie par le CLSC.

« [Mme Champagne] utilise donc les ressources matérielles de l’établissement de santé, seringues et laboratoire, sans être autorisée à le faire et sans avoir de contrat de services avec le laboratoire », indique la décision.

Elle réclamait 20 $ par prise de sang, mais ne payait pas les 17 $ par client qui sont normalement exigés pour l’utilisation du laboratoire du CISSSO. Le laboratoire envoyait les résultats aux médecins ayant demandé les prélèvements.

Congédiement

Après avoir été informé de la situation, le CISSSO a rencontré Mme Champagne en septembre 2017. Elle a été suspendue, avant d’être congédiée le mois suivant.

Josée Champagne a reconnu sa culpabilité aux deux chefs basés sur un article du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec.

« L’appropriation illégale prive l’employeur de ses ressources matérielles et lui cause un préjudice direct, lit-on dans la décision du conseil de discipline. [...] Elle porte atteinte tout autant à l’ensemble des citoyens payeurs d’impôt de qui proviennent les fonds publics nécessaires au financement des établissements de santé. »

L’infirmière auxiliaire, qui n’avait aucun antécédent disciplinaire, « a admis les faits à la première occasion ». La décision note qu’elle a exprimé « des regrets sincères ».

Le conseil de discipline a suivi la recommandation commune des parties dans ce dossier, en imposant une radiation temporaire de quatre mois à Mme Champagne.

Interrogé à savoir si des mesures ont été mises en place pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, le CISSSO n’a voulu émettre « aucun commentaire ».