Pauline Parisien, âgée de 87 ans et atteinte d'Alzheimer, montre plusieurs ecchymoses au visage en plus d'une fracture de la mâchoire.

Une femme de 87 ans tabassée dans un CHSLD

Une femme de 87 ans atteinte d'Alzheimer qui réside au Foyer du Bonheur aurait été tabassée par un autre patient du centre samedi dernier. Le fils de la victime s'explique mal la situation et pointe du doigt la direction du CHSLD.
Un préposé de l'établissement a contacté un des deux fils de la victime pour l'informer des blessures présentes sur le visage de Pauline Parisien. La famille n'a pas tout de suite su ce qui s'était passé pour que Mme Parisien se retrouve avec des ecchymoses au visage.
Après avoir posé des questions au cours des derniers jours, Steven L. Harding comprend un peu mieux ce qui a pu arriver à sa mère.
« L'histoire est simple, ma mère a failli se faire tuer ! Elle s'est fait battre par un patient de la résidence », raconte-t-il, visiblement ébranlé par la situation. « Sa chambre est au premier étage. Ils sont une vingtaine à habiter là. C'est un peu comme un zoo. Je ne savais pas, mais j'ai appris à ma grande surprise qu'un des résidents est violent (N.D.L.R. : celui qui aurait tabassé sa mère). Il est très territorial, comme on dit. »
La mère de M. Harding serait rentrée dans la chambre d'un autre résident, qui l'aurait tabassée. Après avoir rencontré le dentiste, les deux fils ont appris que leur mère avait la mâchoire fracturée. Elle aurait aussi quatre dents de brisées. « Pour fracturer une mâchoire, ça prend un méchant coup, beaucoup plus que de tomber par terre, non ? Elle aurait pu y laisser sa peau ! » s'exclame-t-il.
La famille en colère
Le fils de l'octogénaire s'explique mal comment un tel événement a pu se produire. Il n'en veut pas à la personne qui a agressé sa mère.
C'est à la direction de l'établissement de prendre le blâme, selon lui. « Ce n'est pas la faute du monsieur. D'après ce que les préposés m'ont raconté, ils savaient que cet homme est violent. Pourquoi laisser sa porte ouverte ? Si une personne a des tendances violentes, on doit limiter l'accès à sa chambre », soulève-t-il.
Il ajoute que la faute ne revient pas aux préposés aux bénéficiaires. « Les préposés font des rapports et disent que cet homme est violent. Pourquoi la direction n'agit pas en conséquence ? C'est elle qui a le pouvoir de changer les choses. »
Le frère de Steven Harding a déposé une plainte au Service de police de la Ville de Gatineau. Il entend aussi en déposer une au commissaire aux plaintes du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG).
Depuis dimanche, les frères Harding tentent de rejoindre la direction du Foyer du Bonheur. Steven Harding confirme avoir reçu un appel de la directrice du centre, hier, mais il n'a pas eu la chance de lui parler de vive voix. « On ne prend pas au sérieux la situation. Ma mère s'est fait tabasser. Elle a le visage boursouflé », déplore-t-il.
Le CSSSG confirme l'incident
De son côté, le CSSSG confirme qu'il y a bel et bien eu un incident qui s'est produit entre deux résidents du Foyer du Bonheur samedi dernier. Étant donné qu'une plainte est déposée par la famille, le CSSSG ne peut pas commenter plus en détail.
Le directeur des communications au CSSSG, Sylvain Dubé, se fait rassurant. Des situations de la sorte ne sont pas monnaie courante dans les CHSLD, selon lui.
Par contre, il note que les nouveaux patients dans ces établissements ont besoin de services plus importants. « Les personnes qui arrivent dans nos centres sont de plus en plus des cas lourds. Ils ont des problèmes cognitifs importants, comme des problèmes de mémoire ou d'orientation, par exemple. Il faut prendre en considération que la condition de santé peut changer en cours de route », note M. Dubé. Le personnel doit s'adapter à la condition de chaque patient, accorder les soins nécessaires et assurer la sécurité de tous.