Le SPSO avait organisé une manifestation plus tôt cette semaine devant l'Hôpital de Gatineau

Une entente qui pourrait «éliminer» les heures supplémentaires obligatoires au CISSSO

Après un début de semaine marqué par deux sit-in à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et le syndicat représentant ses professionnelles en soins ont conclu une entente ayant «comme objectif de diminuer, voire d’éliminer» les heures supplémentaires obligatoires.

Tant du côté patronal que syndical, on estime que l’entente permettra d’atténuer la pression que vivent les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes des urgences, mais aussi des autres unités de soins où la pénurie se fait sentir, et ce pour «l’ensemble de la région», a précisé le président par intérim du Syndicat des professionnels en soins de l’Outaouais (SPSO), Patrick Guay.

«C’est la première fois depuis la création du CISSSO [en 2015] que je vois que l’employeur veut travailler avec nous», a-t-il souligné.

Du côté du CISSSO, la directrice des soins infirmiers, Marie-Ève Cloutier, a indiqué que le travail effectué mercredi en présence de représentants du Tribunal administratif du travail a permis d’en arriver à «une vision commune» des mesures à mettre en place pour mettre fin à la crise causée par la pénurie de personnel.

À l’heure actuelle, uniquement pour l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, il y a «six à sept postes vacants» chez les professionnelles en soins, de même que «quatre ou cinq postes» inoccupés en raison d’absences prolongées.

L’entente prévoit notamment une révision des «structures de postes», ce qui pourrait par exemple se traduire par la conversion de postes à temps partiel en temps complet. «Ce qu’on veut, c’est s’assurer d’avoir le personnel en quantité suffisante», a mentionné Mme Cloutier.

Il est aussi prévu qu’une «infirmière polyvalente» soit ajoutée lors de chaque quart de travail à l’urgence de Gatineau afin de soutenir les équipes en place. Cette mesure devrait entrer en vigueur dès vendredi, a fait savoir M. Guay.

La possibilité d’instaurer davantage de quarts de travail de 12 heures sera aussi évaluée. Les professionnelles optant pour une telle option ont accès à une prime de 7% découlant du statut particulier octroyé au réseau de la santé de la région en 2007.

Toutes ces mesures seront financées à même le budget du CISSSO. Mme Cloutier a précisé que l’organisation pourra récupérer une somme «assez importante» si elle parvient à réduire le recours aux heures supplémentaires. En parallèle, le CISSSO se dit toutefois prêt à rehausser ses dépenses auprès d’agences privées d’infirmières pour réduire la pression actuellement observée.

Une analyse sera aussi faite afin de voir s’il est possible d’ajouter une infirmière praticienne spécialisée (IPS) à l’urgence, pour voir les cas moins prioritaires. Cette avenue devra toutefois faire l’objet de «discussions» avec le ministère de la Santé, a précisé Mme Cloutier, puisque les orientations actuelles à Québec ne prévoient pas l’intégration d’IPS dans les urgences.

Les deux parties étudieront aussi «la possibilité d’implanter un système d’autogestion des horaires favorisant la conciliation travail-vie personnelle», de sorte que les professionnelles participeraient à la confection des horaires en fonction de leurs disponibilités et des besoins de l’organisation.

En début de semaine, les professionnelles en soins de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau avaient participé à deux sit-in en refusant de commencer leur quart de travail, estimant ne pas être assez nombreuses pour assurer la prestation de soins aux dizaines de patients qui s’y trouvaient. Mardi soir, afin d’atténuer la pression à cette même urgence, les ambulances transportant des patients ne nécessitant pas de soins spécialisés avaient été détournées vers l’Hôpital de Papineau.

«Je considère toujours les sit-in comme un appel à l’aide de dernier recours, a mentionné M. Guay. Je pense que c’est là que l’employeur a compris l’ampleur de la détresse psychologiques de nos membres.»