Malgré le fait que des ententes de principes sont survenues ailleurs au Québec, rien n’est encore réglé en Outaouais.

Une entente avec les paramédics d’ici la fin de l’été ?

La flotte d’ambulances de la région, placardée d’autocollants et de gouache, n’a jamais été aussi colorée. Sans contrat de travail depuis mars 2015 et en grève depuis un an et demi, la Fraternité des paramédics de l’Outaouais veut que les négociations avec l’employeur s’accélèrent.

Alors que des ententes de principe sont survenues ailleurs au Québec, par exemple avec l’entreprise Dessercom, qui est présente dans 14 régions administratives, rien n’est encore réglé en Outaouais.

Le syndicat est toutefois d’avis qu’une lueur d’espoir pointe à l’horizon, et ce, plus tôt que tard.

« On croit que ça pourrait bouger d’ici la fin de l’été, considérant qu’on a des ententes avec à la fois des grosses et des petites entreprises. Ç’a déjà été accepté à certains endroits et des votes sont prévus ailleurs d’ici le 3 août. On a bon espoir que ce soit entériné », de dire Daniel Chouinard, président de la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), à laquelle est affilié le syndicat comptant 236 membres.

Selon lui, il n’y a pas de raison pour que la Coopérative des paramédics de l’Outaouais (CPO) n’emboîte pas le pas.

« Si l’entente est bonne pour des entreprises, elle l’est aussi pour des coopératives comme celle de l’Outaouais, surtout qu’elles ont toujours tendance à être plus généreuses et à offrir des conditions plus avantageuses. En tout cas, il n’est pas question qu’on retourne à la table de négociations, on n’offrira pas des conditions différentes à nos propres membres. C’est une entente très viable à la fois pour l’employeur et les salariés », lance M. Chouinard.

La convention collective proposée est d’une durée de sept ans et s’échelonnerait jusqu’en 2022.

En attendant, la Fraternité continue d’exercer une série de moyens de pression, dont l’apposition de multiples autocollants sur les véhicules, l’omission systématique de remplir certains formulaires administratifs, le boycott de séances de formation interne et le refus d’effectuer le transport de retour d’escortes médicales telles que des infirmières, à moins qu’un patient soit présent à bord du véhicule. Les paramédics étant assujettis aux services essentiels, les transports ambulanciers sont cependant assurés avec les mêmes effectifs qu’en temps normal.

Le syndicat se dit conscient que certaines personnes peuvent ne pas aimer l’image projetée par les véhicules ambulanciers pendant les négociations, mais il rappelle que les soins aux patients demeurent une priorité et que l’objectif est de démontrer que « le conflit s’éternise ».

Du côté de l’employeur, on espère également en venir à un accord bientôt.

« Les ententes conclues ailleurs font bouger les lignes, ont des répercussions sur les négociations, alors c’est effectivement possible que le dossier avance positivement dans les prochaines semaines. On souhaite conclure une entente d’ici le début de l’automne. Le principal point d’achoppement, c’est l’échelle salariale », de dire le directeur général de la Fédération des coopératives des paramédics du Québec (FCPQ) et porte-parole de la CPO, Paul Lévesque.