Le Dr David Fortin a rencontré Manon Bisson, quelque 36 heures après sa chirurgie, pour faire le point sur son état de santé.

Une chirurgie couronnée de succès [VIDÉO]

La chirurgie de Manon Bisson s’est finalement bien passée. Mieux que prévue même.

« Je pense qu’on est vraiment satisfaits. On a dû enlever 80 % de la lésion. Ç’a bien été. Tout le long de la chirurgie, la patiente n’a pas présenté de déficit ni sensitif ni moteur. C’est grâce à l’incroyable capacité du cerveau de faire de la plasticité et des connexions à distance », explique le neuro-oncologue et neurochirurgien David Fortin.

La tumeur va progresser de nouveau, mais lentement. « S’il le faut, on opérera de nouveau dans cinq ans ou dans dix ans », explique Dr Fortin, qui est aussi professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke.

La chirurgie éveillée a fait une grande différence dans la chirurgie. « Si on avait fait cette chirurgie alors que Manon était endormie, les risques d’avoir des déficits chez la patiente auraient été beaucoup plus importants, jusqu’à deux fois plus importants. On savait d’entrée de jeu qu’on ne pouvait pas aller enlever toute la tumeur. Et dans notre volonté de ne pas abîmer notre patiente, on en aurait enlevé beaucoup moins si elle avait été endormie », ajoute le neuro-oncologue.

Pour la patiente, l’expérience a été positive. Et si c’était à refaire? « Je le referais sans hésiter. Je n’ai pas eu mal. Mais j’ai presque tout senti : les vis, la vibration... » se souvient Manon Bisson.

Rencontrée 36 heures après sa chirurgie, la motricité de Manon Bisson n’était pas complètement revenue dans l’ensemble de sa jambe et de son bras gauche. La patiente ressentait un peu de déception. Bien préparée comme elle l’était, elle espérait récupérer très vite de sa neurochirurgie telle une wonderwoman, dit-elle.

« C’est normal. L’ergothérapie et la physiothérapie vont commencer. Si on te questionne dans un mois, je suis presque certain que plus rien n’y paraîtra », ajoute le Dr Fortin en s’adressant à sa patiente d’un ton confiant et rassurant.